Le 6 juin dernier, le prisonnier maoïste Kobad Ghandy a mis un terme à la grève de la faim qu’il avait entamée le 1er juin (lire notre article). Il a pris cette décision suite à une ordonnance du tribunal ordonnant aux autorités pénitentiaires de lui fournir un accès aux équipements de premières nécessités ainsi que des soins de santé adéquats. L’homme, souffrant et âgé de 68 ans avait entamé sa grève pour dénoncer l’attitude des fonctionnaires de la prison et leur adoption ‘d’une méthode de harcèlement’ visant à détruire sa santé, principalement par le biais des transferts répétés de cellule en cellule ainsi que la privation de nécessités de base telles que des médicaments, de l’eau chaude, d’un lit, etc.

Kobad Ghandy

Kobad Ghandy

Un combat entre des membres des forces de sécurité et des guérilleros maoïstes sur la frontière entre les districts de Palamau et de Latehar (Jharkhand) a entrainé la découverte et la saisie d’une grosse quantité de matériel de combat. Le commissaire de police local a déclaré que la fusillade entre les deux camps avait commencé mercredi vers 6 heures du matin, mais qu’il semblerait qu’elle n’ait fait aucune victime de part et d’autre. Par contre, un grand nombre de détonateurs, des cartouches, du fil électrique, du matériel destiné à la confection d’explosifs ont été découverts durant l’opération de ratissage qui a suivi le combat.

Par ailleurs, toujours dans le Jharkhand, un rapport en provenance du district de Khunti fait état de l’arrestation de trois maoïstes au cours d’une descente organisée mardi. Une équipe de policiers avait été envoyée à proximité du barrage de Sosoguti après que le commissaire ait été informé de la présence d’une brigade de guérilleros à proximité. Trois d’entre eux ont été interpellés tandis que quatre autres sont parvenus à battre en retraite. Un fusil INSAS, saisi à un soldat de la CRPF durant un combat dans la jungle de Jorko en 2008, un chargeur, deux pistolets, quelques cartouches et d’autres choses telles que de la littérature maoïste ont été saisis.

Ce lundi, un policier a été blessé au cours d’une fusillade entre des membres des forces de sécurité et des guérilleros maoïstes dans une dense forêt du district de Rajnandgaon, dans le Chhattisgarh. L’échange de tirs a eu lieu durant la soirée, alors que les soldats menaient une opération de ratissage basée sur des tuyaux reçus plus tôt dans la journée. Alors qu’ils encerclaient une large zone, les forces de sécurité ont repéré un campement naxalite et ont commencé à l’encercler avant d’ouvrir le feu, entrainant une longue fusillade à l’issue de laquelle les guérilleros sont parvenus à battre en retraite, blessant grièvement un soldat. Sur place, ils ont retrouvé une grosse quantité de matériel lié à la guérilla. Des hommes ont immédiatement été envoyés sur place en renfort après avoir été informé de la fusillade et une opération de ratissage est en cours depuis lors à travers la région pour tenter d’appréhender les maoïstes présents dans le camp.

Un cadre haut placé du parti maoïste dans le Chhattisgarh, dont la tête était mise à prix pour une grosse somme a été arrêté ce vendredi au Masturba Hospital à Wardha, où il venait de se faire opérer. Rasul, alias Anil Shauri (30 ans), commandant adjoint d’une brigade locale et membre du comité local de la division East Bastar dans le district de Narayanpur (Chhattisgarh), était recherché dans le cadre de plus de cinquante affaires distinctes. C’est la deuxième fois qu’un cadre maoïste est arrêté à l’hôpital de Whardha.
Deux de ses camarades, Raju et Mahesh, ont également été interpellés. Rasul était hospitalisé depuis le 11 juin pour traiter une hernie. Raju et Mahesh étaient présents pour le soutenir et subvenir à ses besoins.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les forces de sécurité ont tiré sur un groupe de personnes dont elles avaient reçu l’information qu’il s’agissait de guérilleros maoïstes (notre article). Il semblerait que seul une personne faisait partie du parti. Depuis mardi, des questions se sont élevées quant à savoir s’il s’agissait d’un réel combat, et si les hommes étaient des guérilleros. Des rapports suggèrent même que cinq des personnes assassinées n’avaient pas 18 ans. Seul sept des douze corps ont été identifiés jusqu’à présent. Il s’est avéré que l’un d’entre eux appartient à un commandant haut placé maoïste, mais que les six autres étaient totalement inconnus de la justice. La famille du commandant en question a déclaré que tous les autres étaient des membres de la famille, mais aucunement lié aux activités de la guérilla maoïste.

Dans un courrier envoyé à un quotidien local de Ranchi, le porte-parole du CPI(Maoist) a déclaré que le combat prétendu était factice. De son côté, un officier retraité a déclaré que la théorie de la police manquait de contenu ‘Comment douze personnes voyageant dans un seul SUV avec autant d’armes? Comment un des deux SUV a-t-il peut échapper à l’attaque si puissante tandis que les douze occupants de l’autre ont été abattus? Tous les douze ont été tués alors qu’il n’y a eu aucun blessé parmi les membres des forces de sécurité. Dans le cas d’un combat réel avec des soldats, les maoïstes auraient au moins blessés quelques soldats. Au milieu de la nuit, il ne peut pas être si simple de tuer douze personnes’.

Personnes abattues par les forces de sécurité

Personnes abattues par les forces de sécurité

Douze personnes présumées maoïstes ont été tuées lors d’une ‘rencontre’ avec la police dans le district de Palamu tôt hier matin. L’incident s’est déroulé vers 2h30 du matin, à environ 140 kilomètres de la capitale, Ranchi. La police avait reçu une information selon laquelle des naxalites circulaient dans la région. Elle a donc envoyé une équipe de soldats de son bataillon spécial CoBRA ainsi que des policiers locaux sur place. Le directeur général de la police prétend que, parmi les morts, figure un commandant zonal. Huit armes, dont des fusils INSAS, ont été retrouvés sur place.

Des équipes conjointes de la branche de contre-espionnage de l’état du Jharkhand ainsi que de la police locale ont arrêté ce dimanche un membre présumé du CPI(Maoist) dans la localité de Basti Bawa Khel. L’homme, commandant de section, Deen Bandh Pater, 28 ans, vivait là sous une fausse identité et y travaillait comme ouvrier agricole depuis le mois de décembre. Les autorités l’accusent d’être impliqué dans six assassinats, plusieurs enlèvements et d’autres crimes divers, ainsi que dans plusieurs affrontements avec les forces de l’ordre depuis 2010. D’après les autorités, il aurait été formé par le commandant de zone maoïste Kundan Pahan, recherché depuis de longues années et dont la tête est mise à prix. Elles déclarent également que durant sa scolarité, Pater fournissait des informations aux guérilleros à propos des mouvements de la police, et qu’il leur fournissait de la nourriture et d’autres matériaux. Il avait été arrêté en janvier 2009 par la police de Ranchi, capitale de l’état, pour ses prétendues activités, mais avait été relâché en novembre 2009, faute de preuves. Entendu par le magistrat dimanche soir, il a été placé en détention préventive pour cinq jours.

Deen Bandh Pater

Deen Bandh Pater

Dossier(s): Archives Inde-Népal

Le tribunal de Gadchiroli a rejeté ce mercredi la demande de libération sous caution du professeur Saibaba, détenu depuis plus d’un an maintenant pour ses prétendus liens avec la guérilla maoïste. Saibaba avait, par l’intermédiaire de ses avocats, introduit une demande de libération sur base d’une grave détérioration de sa santé, l’homme étant considéré comme handicapé à 90% (il est paralysé des deux jambes). Le juge a déclaré que Saibaba n’avait pas droit à cette libération sur la base de sa maladie dans la mesure où un tribunal avait déjà statué de son maintien en détention sur cette base, et qu’il recevait un traitement adéquat en prison, ce que dément le prisonnier. Il a récemment mené une grève de la faim pour dénoncer ses conditions de détention et le manque de soins spécifiques nécessaires à ses problèmes de santé, grève qui l’a amené à l’hôpital duquel il vient de sortir pour retrouver sa cellule.

Professeur Saibaba

Professeur Saibaba

Une femme présumée guérillero a été abattue au cours d’une fusillade avec les forces de sécurité dans le district de Bijapur (Chhattisgarh) ce mardi. Celle-ci a été abattue dans un échange de coups de feu entre une équipe conjointe de membres des forces de l’ordre et des maoïstes mardi à l’aube, selon les autorités. Plusieurs équipes conjointes de la Special Task Force, de la CRPF, du commando CoBRA et de la police locale avait été mobilisé durant la journée dans le cadre d’une vaste opération de contre-insurrection. De source policière, alors qu’elles encerclaient une zone, les forces de sécurité ont repéré un camp de la guérilla, duquel elles se sont approchées. A leur arrivée, les maoïstes ont ouvert le feu, entrainant une longue fusillade à la suite de laquelle les guérilleros ont battu en retraite. C’est en ratissant la zone à l’issue du combat que les soldats ont découvert le corps d’une femme en uniforme. Ils ont également trouvé des armes et d’autres matériaux.

Kobad Ghandy, arrêté à Delhi en 2009 accusé d’être membre du CPI(Maoist) a entamé une grève de la faim illimitée ce samedi à la Tihar Jail où il est détenu pour dénoncer ce le harcèlement continuel des autorités à son égard. L’homme de 68 ans déclare avoir été transféré trois fois ces derniers mois dans des quartiers différents de la prison dans ce qu’il affirme être une tentative de ruiner sa santé défaillante. Outre ses problèmes cardiaques, Ghandy souffre d’arthrite, de problèmes rénaux, de tension artérielle et d’autres maladies. Il a été incarcéré en vertu du Unlawful Activities Prevention Act ainsi que de diverses lois du Code Pénal pour une série de délits et de crimes. Il fait actuellement l’objet de 20 procédures pénales à travers tout le pays. Il avait été arrêté à Delhi en septembre 2009 alors qu’il suivait un traitement spécifique pour sa maladie rénale. Ses avocats affirment qu’à l’époque déjà, il avait été détenu illégalement et torturé durant quatre jours avant que son arrestation ne soit officiellement annoncée.

Kobad Ghandy

Kobad Ghandy

Déclaration de Kobad Ghandy, 1er juin:
J’ai 68 ans et j’ai passé cinq ans et demi dans la prison de Tihar avec l’affaire de Delhi quasi bouclée. Bien que des transferts de routine (tous les trois à cinq mois) de prisonniers vers le quartier à haut risque de la prison aient lieu depuis quatre ans, je n’y suis sujet que depuis août 2014. Celui-ci est le troisième en neuf mois. Auparavant, les transfers en prison n’étaient effectués qu’en tant que punition.
J’ai un problème cardiaque, de tension artérielle, d’un glissement de disque vertébral, de spondylarthrite ankylosante, d’un problème rénal et de nombreux autres problèmes de santé – et tous se sont aggravés spécifiquement après août 2014.
Durant nos transfers, nous devons transporter nos sacs nous-mêmes (environ 10-15 kilos), subir diverses fouilles de tous nos objets, on nous fait patienter devant les portes de la prison pendant 4-5 heures dans l’attente d’un véhicule, serrés comme des sardines avec nos bagages dans un seul van et emmenés vers la nouvelle porte de prison.
Ensuite deux fouilles minutieuses supplémentaires, et à nouveau transporter toutes nos affaires vers le quartier, etc. On doit passer l’examen médical effectué pour tout nouvel arrivant. Puis, une ruée pour les cellules, le derniers arrivés obtenant les pires. Ensuite, ou moins 2 ou 3 jours passent au nettoyage de la cellule dégoutante et au rangement de nos affaires, sans aucune aide.
Dans la nouvelle prison, tous les traitements médicaux sont interrompus, les régimes médicaux et autres permissions doivent être à nouveau demandés, tout comme le lit et les toilettes à l’occidentale. Ceci peut prendre de quelques jours à quelques mois. De plus, l’équipement Vodaphone doit aussi être recommencé à zéro. A peine est-on installé, et adapté au nouveau lot de criminels (dont certains peuvent être très méchants) que survient le transfert suivant, et tout le processus reprend.
Mon transfert du 30 mai fut effectué au milieu d’un examen pour un problème cardiaque à la GB Pant Hospital.
Depuis l’ordonnance de la High Court en 2012 demandant à la Tihar Jail de mieux prendre soin de ses citoyens âgés (de lus de 65 ans), j’ai demandé à être transféré dans le quartier réservé au citoyens âgés, ou que l’on me donne des équipements similaires dans le quartier à haut risque, mais en vain. Au contraire, alors qu’au début il ne me transférait jamais, il ont recours à cela depuis août 2014, ceci étant manifestement une méthode de harcèlement, ainsi que de destruction de ma santé.
Etant donné que tous les appels, tant sur des bases légales qu’humanitaires ont été ignorés, j’ai, en dernier recours, dû me mettre en grève de la faim illimitée depuis mon dernier transfert le 30 mai dernier.

Kobad Ghandy
Tihar Jail 8/9
High Risk Ward (Ward 5)

Dossier(s): Archives Inde-Népal