Des chercheurs de la KU Leuven ont mis au jour une faille de sécurité critique dans le système « Google Fast Pair », utilisé par des centaines de millions d’appareils Android pour faciliter la connexion d’accessoires Bluetooth. Cette vulnérabilité permet à un individu malveillant de prendre le contrôle d’écouteurs sans fil à distance, sans contact physique ni alerte pour le propriétaire, afin d’enregistrer des conversations ou de géolocaliser l’utilisateur. Bien que Google ait classé cette faille comme « critique » et prépare des correctifs pour fin janvier, l’étude souligne un défaut structurel où la facilité de connexion a été privilégiée au détriment de la sécurité et du respect de la vie privée.

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Une récente opération de désanonymisation a montré que le réseau Tor peut être fragilisé sans que son chiffrement ou son protocole ne soient techniquement compromis. La désanonymisation consiste à relier une activité supposée anonyme à une identité réelle ou à une adresse IP, non pas en « cassant » la cryptographie, mais en exploitant des corrélations indirectes, notamment par l’analyse de trafic. En observant sur une longue période les volumes de données, les rythmes d’échange et les timings des paquets à différents points du réseau, des acteurs étatiques ont pu établir des correspondances statistiques entre un service caché et son point d’entrée sur Tor. Cette approche a été rendue possible par la surveillance et l’exploitation de nombreux nœuds, par la concentration géographique de l’infrastructure Tor et par l’usage de logiciels obsolètes ou de connexions persistantes. Une fois un nœud Guard identifié, la coopération des fournisseurs d’accès a permis de réduire l’anonymat jusqu’à l’identification de l’opérateur. Cette affaire confirme que Tor protège efficacement contre des adversaires limités, mais atteint ses limites face à une surveillance massive, coordonnée et durable. Tor reste néanmoins l’un des outils d’anonymisation les plus robustes actuellement disponible, à condition d’une hygiène numérique rigoureuse et de protections renforcées.

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En général, mieux vaut privilégier Signal, mais que ceux et celles qui utilisent WhatsApp soient alerté·es contre la multiplication des attaques visant les comptes de cette messagerie. Les attaques combinent ciblage sophistiqué et ingénierie sociale (de manipulation, autrement dit) pour obtenir un accès non autorisé, puis déployer d’autres logiciels malveillants susceptibles de compromettre tout le smartphone. Le mode opératoire repose sur des vecteurs classiques : liens empoisonnés, QR codes falsifiés, applications piégées ou encore clones d’apps populaires. Et malgré cette montée en puissance technique, la première menace reste d’une simplicité déconcertante : le vol du code d’authentification envoyé par WhatsApp. C’est le scénario le plus courant. Un attaquant contacte sa victime, la convainc de partager le code à usage unique reçu par SMS, puis transfère le compte sur son propre appareil. Une fois l’opération réalisée, l’utilisateur légitime se retrouve éjecté et doit entamer un processus parfois long pour récupérer son compte. Bref: ne jamais partager votre code de connexion, même avec vos proches. L’entreprise n’a d’ailleurs aucun moyen de désactiver un compte sans pouvoir prouver que le numéro appartient bien à son propriétaire.

Face à ces menaces, l’entreprise invite à vérifier trois réglages essentiels dans Paramètres > Compte. D’abord, l’activation de la vérification en deux étapes. L’utilisateur définit un code PIN permanent, demandé lors de toute tentative de connexion. C’est la barrière la plus importante. L’ajout d’une adresse e-mail de récupération servira en cas de perte du PIN ou si le compte est détourné. Enfin, l’activation d’une passkey (ou clé de passe) : ce système d’authentification renforce encore la sécurité du compte en l’associant à un identifiant cryptographique, généralement une empreinte digitale ou le scan du visage. Au-delà des protections existantes, certains experts plaident pour une transformation plus profonde : associer l’authentification de WhatsApp non pas au numéro de téléphone, mais à la carte SIM physique présente dans l’appareil. Aujourd’hui, n’importe quel attaquant peut détourner un compte simplement en interceptant un code reçu par SMS. Lier l’application à la SIM empêcherait ce transfert silencieux : l’identifiant deviendrait indissociable du téléphone réel.

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L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, la NSA et le FBI alertent sur la montée des logiciels espions capables de contourner les protections classiques des smartphones, allant jusqu’à simuler un redémarrage pour continuer à fonctionner à l’insu de l’utilisateur. Selon leurs dernières recommandations, un simple redémarrage ne suffit plus : seule une extinction complète et régulière — idéale chaque soir ou au moins plusieurs fois par semaine — permet de stopper efficacement ces malwares. Les agences appellent également à adopter quelques réflexes simples, comme couper le Wi-Fi, le Bluetooth et le NFC hors usage, éviter les réseaux publics, appliquer rapidement les mises à jour et rester vigilant face aux liens ou pièces jointes douteux. Des gestes basiques, mais décisifs pour réduire les risques d’intrusion.

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À la suite d’un article du Parisien présentant GrapheneOS comme un outil prisé des narcotrafiquants, les développeurs du système d’exploitation sécurisé ont annoncé leur retrait immédiat de France et la migration de leurs serveurs auparavant hébergés chez OVH vers le Canada et l’Allemagne. Il dénonce un climat hostile aux initiatives open source de protection de la vie privée, alimenté par des amalgames techniques : l’article confondrait en effet GrapheneOS, un Android renforcé et open source, avec des versions piratées et modifiées par des revendeurs criminels. Dans ce contexte, et face aux débats français sur la surveillance des communications ou au discours sécuritaire visant le chiffrement, les développeurs affirment ne plus se sentir en sécurité pour opérer dans l’Hexagone. Cette décision n’a aucune incidence pour les utilisateurs en France.

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Au départ, AppCloud n’était qu’une gêne en plus pour les utilisateurs de Galaxy A, M et F : un service qui affiche des recommandations d’applications lors de la configuration du téléphone et qui est bien difficile à désactiver. Pour Samsung, c’est une source de revenus additionnels sur certains modèles aux marges très faibles. Mais l’entreprise qui développe AppCloud est ironSource, fondée en Israël et désormais propriété de Unity. AppCloud est profondément intégré au système, il ne peut normalement pas être désinstallé, et même sa désactivation peut être annulée par une simple mise à jour. La suppression nécessite des commandes ADB, une manipulation hors de portée de la majorité des utilisateurs. Selon une organisation libanaise de défense des droits numériques, SMEX, qui a adressé une lettre ouverte à Samsung, AppCloud collecte « des données sensibles », dont des informations biométriques, des adresses IP et des identifiants uniques, le tout sans consentement explicite. Ni Samsung ni ironSource n’ont publié de politique de confidentialité claire pour AppCloud, et l’utilisateur n’a aucun moyen simple d’y échapper. Les pratiques passées d’ironSource ajoutent à la suspicion : son ancien service « installCore », utilisé autrefois sur Windows et macOS, avait permis l’installation de logiciels tiers sans information explicite, au point d’être classé comme « programme potentiellement indésirable » par plusieurs outils anti-malware.

Une panne majeure de Cloudflare a rendu de nombreux sites et services inaccessibles le 18 novembre 2025, provoquant une vaste perturbation d’Internet. L’entreprise a signalé un pic de trafic inhabituel vers 12h20, entraînant des erreurs sur une partie de son réseau, sans cause encore identifiée. Plusieurs géants du web — de X à OpenAI, Facebook, Spotify ou encore League of Legends — ont été touchés, illustrant la dépendance mondiale à l’infrastructure Cloudflare, utilisée par près de 20% du web. Un correctif a été progressivement déployé dans l’après-midi, et Cloudflare a indiqué que les services revenaient peu à peu à la normale tout en poursuivant la surveillance et l’analyse de l’incident.

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Le système WhoFi, une technologie ultra-récente, est capable de vous identifier simplement en lisant comment votre corps interagit avec les ondes Wi-Fi environnantes. Projet académique, il n’existe actuellement aucun projet commercial ou gouvernemental pour le mettre en œuvre. Cependant, il est possible que nous voyions bientôt une application similaire, car ses avantages pour la surveillance sont importants. En effet, cette technologie peut fonctionner dans l’obscurité, à travers les murs et dans des zones obstruées ou cachées. Elle est également moins sensible aux facteurs tels que le brouillard ou la fumée et plus discrète que les caméras traditionnelles.

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Le vote sur le projet controversé Chat Control, prévu initialement le 14 octobre devant le Conseil de l’Union européenne (UE), a été retiré de l’ordre du jour de la réunion du Conseil « Justice et affaires intérieures ». En effet, ce projet suscite de vifs débats en raison du risque de surveillance de masse qu’il comporte (voir notre article). Ce report du vote s’explique car le projet n’a pas recueilli un soutien suffisant, notamment en raison  de l’Allemagne qui n’aurait pas approuvé la proposition actuelle. Cependant, la question n’est pas pour autant écartée. Le Danemark ou la prochaine présidence du Conseil de l’UE pourraient soumettre une proposition amendée. Pour être approuvé et poursuivre son parcours législatif, la proposition nécessite l’approbation de 15 des 27 États membres de l’UE.

Le projet de règlement visant à lutter officiellement contre la pédocriminalité en ligne, baptisé « Chat Control » par ses opposants, entre dans une nouvelle phase (voir notre article). Une réunion fixée au 12 septembre prochain devrait permettre de finaliser une proposition de compromis avant le vote prévu au Conseil de l’Union européenne (UE) en octobre.  Le projet exigerait le scan de toutes les communications numériques privées. Chaque photo, chaque message, chaque fichier que vous envoyez sera automatiquement scanné, sans votre consentement, ni même sans qu’on doive donner de raison à cette surveillance. Plusieurs applications, dont Signal, ont menacé de quitter l’UE si le texte est adopté.