L’entreprise de défense américaine Raytheon vient de breveter un tout nouveau bouclier anti-émeute. De l’extérieur, il est tout à fait semblable aux boucliers traditionnels. Mais il dispose de propriétés technologiques particulières: il produit des ondes à basse fréquence qui interfèrent directement avec la respiration humaine. Selon l’intensité avec laquelle il est utilisé, il provoque une gêne au niveau de la respiration mais peut aller jusqu’à une ‘incapacité temporaire’ de respirer. Raytheon évoque également la possibilité de faire fonctionner ces boucliers en réseau, où un bouclier agirait comme un maître qui contrôle les autres boucliers afin que les faisceaux acoustiques puissent se combiner efficacement.

Après l’affaire des mouchards pisteurs sur IPhones, un expert informatique – Trevor Eckhart – vient de révéler l’existence d’un programme informatique indétectable dans plusieurs modèles de smartphones (Android, Nokia et Blackberry). Edité par Carrier IQ, le logiciel installé sur les appareils permet de récolter des statistiques en temps réels sur les ‘appuis de boutons’ ou les ‘anomalies rencontrées’. Inoffensif à première vue car il permet, par exemple, d’envoyer des rapports de plantage à l’opérateur, le ‘Insight Experience Manager’ fonctionne en fait en permanence, de manière invisible, ne peut pas être désinstallé ni désactivé manuellement. En outre, les fournisseurs peuvent configurer l’application pour qu’elle soit totalement invisible pour l’utilisateur, ce qui en fait le parfait logiciel espion.

Insight Experience Manager

Insight Experience Manager

Eckhart en a détaillé le fonctionnement. ‘Tout le processus repose sur deux catégories d’informations: les mesures et les déclencheurs. Les mesures sont les données enregistrées, les déclencheurs sont les moments où elles sont enregistrées. ‘Insight Experience Manager’ enregistre les données directement depuis le mobile pour donner un aperçu précis de la façon dont les services et applications sont utilisées, même quand le téléphone n’est pas connecté au réseau. Et quand la connexion est rétablie, il peut cafter à l’opérateur tout ce qui s’est passé entre temps’. Par exemple, le logiciel peut enregistrer la mesure ‘géolocalisation’ liée au déclencheur ‘appel reçu’ et donc savoir où se trouvait le propriétaire du téléphone quand il a décroché. Chaque action effectuée sur le smartphone est décortiquée par l’application et chaque clic engendre une ligne de code. Par exemple, quand l’utilisateur compose un numéro, chaque touche pressée est enregistrée et associée à un chiffre. On peut donc reconstituer le numéro en lisant le lot. ‘Insight Experience Manager, pour ne citer que quelques exemples supplémentaires, collecte la géolocalisation de l’appareil quand l’utilisateur surfe sur internet, enregistre les mots tapés dans google (et même dans les pages HTTPS – cryptées), archive le contenu des SMS,… D’ailleurs, la publicité sur internet de Carrier IQ est claire: ‘Voyez précisément comment vos clients interagissent avec leurs téléphones; identifiez les services qu’ils utilisent et les contenus qu’ils constituent, même sur internet!’.

Divers organismes ont mené une large enquête dans le but de recenser les entreprises participant à la surveillance au niveau mondial. Ils en ont fait une carte interactive grâce à laquelle il est possible de déterminer les outils de surveillances utilisés par ces entreprises par pays et d’avoir accès aux documents s’y référant. Tous ces documents (1100) ont été rendus publics par Wikileaks il y a quelques jours. Les outils sont classés en six catégories: les systèmes de surveillance d’internet, les outils de pénétration ou chevaux de Troie, les systèmes d’écoutes téléphoniques, les outils de captation et d’analyse de la voix, les systèmes d’interception des SMS et les outils de géolocalisation. Accéder à la carte interactive.

Carte de la surveillance numérique

Carte de la surveillance numérique

Les photos prises par les appareils numériques ne contiennent pas uniquement les données constituant l’image. Elles contiennent aussi des métadonnées sous format exif (EXchangeable Image File Format). Ces exif sont incorporées au fichier image (JPEG, TIFF, …), et contiennent des informations sur la date et l’heure de la prise de vue, la marque et le modèle de l’appareil (parfois même son numéro de série), les caractéristiques de la prise de vue (orientation, l’ouverture, vitesse d’obturation, longueur de focale, sensibilité) et la géolocalisation (lorsque l’appareil est équipé d’un système GPS).

Autrefois, pour « nettoyer » une photo de ses exif, il suffisait d’utiliser un programme de traitement de l’image dans un cyber-café et de changer de format, mais les programmes récents de traitement d’images (Photoshop, etc.) conservent les données exif lors de la modification du fichier. Si vous voulez mettre en circulation des photos qui préserve « l’anonymat » de votre appareil photo (et donc votre anonymat si vous avez ou vous comptez mettre une photo non nettoyée sur le net), il faut désormais utiliser des logiciels spécialement conçus pour supprimer les données exif.

Parmi ceux-ci, nous pouvons conseiller le programme jstrip 3.3, qui enlève tout ce qui est block inconnu dans le fichier, il ne garde que l’image. Il y a juste un zip à télécharger et vous aurez un petit installeur :

http://davidcrowell.com/jstrip

Depuis plusieurs mois, plusieurs pays européens ont développé l’utilisation des scanners corporels dans leurs aéroports. Jusqu’à aujourd’hui, celle-ci se faisait dans le cadre de procédures nationales. Ce lundi, la commission européenne a adopté des règles autorisant leur utilisation dans tous les aéroports européens. Les députés européens ont en outre appelé tous les gouvernements à se doter de la technologie adéquate avant la fin 2013, sans que cela soit une mesure contraignante. Les appareils, rebaptisés ‘scanners de sécurité’, ne pourront pas, entre autre, ‘enregistrer, conserver, copier et imprimer’ les images.

Scanner corporel

Scanner corporel

Dans une communication présentée lors de l’Internet Measurement Conference 2011, qui s’est tenu à Berlin du 2 au 4 novembre, des chercheurs ont démontré que tous les utilisateurs de Skype pouvaient voir leurs adresses IP identifiées, et donc les zones géographiques d’où ils se connectent, mais également qu’il était possible de savoir s’ils téléchargeaient ou partageaient des fichiers sur un système de partage de fichiers P2P. Et ce, quand bien même ils auraient configuré leur logiciel pour ne permettre qu’à leurs amis de voir s’ils sont connectés, ou pas…

Skype est censé garantir la confidentialité de nos télécommunications, en les chiffrant via un algorithme propriétaire. Nul ne sait jusqu’où cet algorithme propriétaire est fiable, ou pas (en vertu du Principe de Kerckhoffs, un système ne peut être considéré comme sécurisé que si l’on en connaît le code source, et donc le mode d’emploi, le secret ne devant reposer que sur la clef, secrète, en tout cas personnelle). Mais en l’espèce, le problème n’est pas une « faille de sécurité » plus ou moins facile de corriger, mais un problème de conception : par défaut, Skype transmet en effet l’adresse IP de tous ses utilisateurs, quand bien même ils aient pourtant interdit aux autres utilisateurs de savoir s’ils étaient connectés… ce que les chercheurs ont pu vérifier en traquant 20 volontaires, et 10.000 utilisateurs de Skype choisis aléatoirement (et anonymisés). Pour 500$ seulement, il a été possible de créer une base de données circonstanciée de 10.000 utilisateurs (avec leurs noms, prénoms, adresses, professions et employeurs), en croisant ces données avec celles disponibles sur les réseaux sociaux…

La révélation, le 8 octobre, par le Chaos Computer Club, que l’administration utilisait illégalement un logiciel-virus (conçu par la société DigiTask) de type  » cheval de Troie  » permettant de contrôler un ordinateur-cible à distance, et présentant de gros défauts de conception (permettant à n’importe quel hackeri sur Internet d’accéder à ses fonctions), a provoqué un scandale qui a des conséquences politiques. En février 2008, la Cour constitutionnelle allemande avait fixé des limites très strictes à l’utilisation de tels logiciels : il fallait que des vies humaines soient en danger, que la sécurité de l’Etat soit menacée et qu’un juge ait donné son approbation.

Lundi, le ministre de l’intérieur de Bavière a reconnu qu’entre 2009 et février 2010, la police bavaroise avait, à cinq reprises, utilisé ce logiciel et opéré par ce biais entre 20000 et 30000 captures d’écrans pour résoudre des affaires criminelles. Le ministre a annoncé, mardi 11 octobre, que la police bavaroise n’utiliserait plus ce logiciel. Le ministre de l’Intérieur du Bade-Würtemberg a fait une déclaration similaire.

Un livre vient d’être mis en ligne en français, qui aide à s’y retrouver parmi la multitude d’outils et techniques permettant de mettre en échec la censure sur Internet, et qui révèle également comment cette censure prend place en coulisses. Le livre traite aussi des risques liés à l’utilisation de ces outils de contournement, et comment minimiser ces risques grâces aux technique de cryptage et d’anonymat en ligne.

Le livre en html

Le livre en .pdf

Le livre en epub

htbic_cover.png

Depuis plusieurs mois, les pays européens travaillent à améliorer leurs techniques pour contrer les groupes anticapitalistes qui se manifestent lors de sommets européens et mondiaux. L’attitude de l’Europe à l’égard de ces manifestants est éloquente. Ils sont devenus la cible d’une surveillance préventive et sont souvent amalgamés aux hooligans présente lors de grands événements sportifs. D’ailleurs, l’idée d’une ‘carte du manifestant’ à l’instar de la ‘carte du supporter’ (qui existe dans de nombreux pays et interdit de stade toute personne liée à un débordement) a déjà été évoquée.

L’objectif des autorités est maintenant de créer une base de données croisée pour cibler les participants réguliers à ces rassemblements anticapitalistes. Aujourd’hui, seuls Europol et SIS permettent de ficher les simples suspects accusés de pouvoir un jour troubler l’ordre public. Mais le Conseil de l’Union a récemment publié un document dans lequel il évoque les ‘travelling violent offenders’ (contrevenants frontaliers violents) et indique à la Commission qu’elle doit, d’ici à 2012, proposer des moyens concrets pour améliorer l’échange d’informations.

Statewatch, un organisme britannique, révèle par ailleurs trois projets actuellement en cours d’élaboration pour développer la coopération policière. ECRIS (European Criminal Records Information System) qui sera un ‘super casier judiciaire européen’ contenant toutes les personnes ayant déjà été condamnées à des crimes et délits, mais qui pourrait rapidement s’étendre aux condamnations civiles et administratives. EPRIS (European Police Records Index System) qui sera une passerelle commune pour que chaque organe policier national puisse piocher dans les bases des autres états membres. IXP (Information Exchange Platform for Law Enforcement Authorities) sera également une passerelle mais dont la portée sera plus étendue. Elle donnera accès à tous les fichiers gérés par les organes supranationaux européens: Europol, mais aussi les fichiers des douanes, de Frontex (sorte d’agence de l’immigration), le fichier biométrique d’Eurodac (demandeurs d’asile),…