Rédigée par le militant anarchiste Luca « Stecco » Dolce depuis sa cellule de prison en Italie, cette déclaration propose une analyse du génocide à Gaza à travers le prisme de la lutte des classes et de l’anti-autoritarisme. L’auteur dénonce le « complexe techno-industriel » : un système où la guerre, la surveillance des frontières et l’exploitation des travailleurs sont interconnectées. Par ailleurs, il appelle à transformer l’émotion collective en action directe et en auto-organisation, tout en dénonçant l’hypocrisie et la complicité des États européens et des institutions internationales (lire en intégralité).

[…] Les anarchistes, et pas seulement eux, n’attendent pas qu’une révolution se produise d’elle-même ; ils la vivent ardemment, en étudiant et en s’organisant.

Saboter et attaquer le système de domination ne suffit certainement pas à préparer un changement radical, mais cela nous en rapproche, et nous permet de regarder en face la vie que nous désirons, en agissant contre un ennemi qui nous lie à son système, dont nous voulons nous libérer. Cette vie libre nous est de plus en plus refusée ; nous ne sommes pas éduqués à la capacité de choisir, à réfléchir et à activer une volonté libre qui dicte les lignes directrices et les règles sociales qui brisent celles, autoritaires, actuelles, en choisissant consciemment les voies et les méthodes qui évitent un système meurtrier, toxique et injuste.

Nous devons détruire l’idée moraliste de la « confrontation démocratique » : elle nous éloigne de certaines possibilités de lutte, et je crois que le meilleur exemple de fracture insurrectionnelle se manifeste à travers les émeutes indonésiennes de ces derniers mois. En réponse aux revendications du peuple, à leurs propositions d’auto-organisation et de communisme anti-autoritaire, l’autorité s’est montrée arrogante et violente. La réponse subversive a été claire et précise : la mise en scène démocratique a été réduite en cendres dans les incendies des maisons des politiciens. Leur arrogance s’est retournée contre eux et ils sont devenus, pour une fois, les cibles matérielles, la proie d’une fureur libératrice. […]