Une soirée commémorative est organisée le 9 mai en hommage à Ulrike Meinhof, membre fondatrice de la Fraction armée rouge (RAF), à l’occasion du 50e anniversaire de son assassinat en détention le 9 mai 1976 dans un contexte de forte répression contre les prisonniers du groupe. Organisé par le Secours Rouge International de Rome, cette rencontre va aborder à la fois l’internationalisme révolutionnaire et la question de la répression politique dans le système pénitentiaire allemand des années 1970. Voir ci-dessous l’appel à cette soirée :
9 mai 1976 – Ulrike Meinhof tombait en luttant contre l’isolement carcéral
La RAF, le courage de l’internationalisme révolutionnaire
Entre 1976 et 1977, l’affrontement entre la RAF, ses prisonniers et prisonnières, et la République Fédérale d’Allemagne a atteint son apogée. Depuis 1970, l’organisation de guérilla urbaine avait mené des attaques significatives tant contre l’État et le patronat que contre leur lien avec l’impérialisme américain. Dans les faits, ils en faisaient partie intégrante, en étant complètement subalternes. Cela résultait de l’ordre reconstitué après la défaite de 1945. Et ce que la RAF a révélé par ses actions, c’était aussi une certaine continuité entre le régime nazi et le régime « démocratique ».
Le cœur de l’État suivait les mêmes exigences de domination de classe et impérialiste, en adaptant ses formes et ses instruments à la nouvelle époque, d’autant plus avec la menace imminente du « péril rouge » d’un mouvement communiste international qui s’entremêlait à ceux de la libération anticoloniale, alors en pleine expansion. Le mouvement étudiant lui-même, ayant explosé dans les années soixante, avait touché du doigt ces contradictions et en particulier cette continuité entre les deux régimes, ainsi que le poids qui s’en faisait ressentir tant socialement que politiquement. La RAF est d’ailleurs née au sein de ce mouvement, assumant l’affrontement que le pouvoir a imposé d’emblée, et le développant avec une proposition stratégique de grande envergure.
La guerre de libération au Vietnam et en Palestine est devenue une référence fondatrice. L’action éclatante contre le centre de commandement américain à Heidelberg, avec la destruction de l’ordinateur central qui coordonnait les bombardements au Vietnam, ainsi que la relation organique avec la résistance palestinienne jusqu’aux opérations communes de l’automne 1977, en furent une concrétisation forte. Celle-ci sera développée au cours de la décennie suivante.
Mais ici, nous nous concentrerons sur cette première période et sur un autre aspect fondamental : l’affrontement dans et autour de la prison. L’État, pour la première fois en Europe, a appliqué un traitement centré sur l’isolement, sur la « torture blanche ». Une violence moins évidente et pourtant cruelle et efficace. Les prisonnières et prisonniers ont lutté durement par plusieurs grèves de la faim, en phase avec les opérations extérieures de la guérilla. Face à cette force, le côté le plus sombre et nazi de l’État « démocratique » a ressurgi : 5 prisonnières/i ont été tués, leurs morts ayant été maquillées en suicides. Ulrike Meinhof était parmi eux. Comme les autres, elle était fondatrice et dirigeante de la RAF.
Voici les deux points sur lesquels nous souhaiterions concentrer l’attention lors de cette soirée : l’internationalisme révolutionnaire et la confrontation avec la répression, dans son essence contre-révolutionnaire. Des points qui concernent notre présent ! La soirée débutera par la projection d’une vidéo historique dans laquelle Ulrike Meinhof intervient en tant que journaliste et chercheuse, époque à laquelle elle était également accréditée à la télévision. Un document précieux.
Samedi 9 mai à 18h, chez la Rossa Primavera, via Mecenate 27
Secours Rouge International – Collectif de Rome