Le Parlement turc a adopté le 10 août 2026 une loi-cadre destinée à encadrer la réintégration dans la vie civile des combattants du PKK renonçant aux armes, dans le cadre du processus visant à mettre fin à plusieurs décennies de guérilla kurde. Adopté à une très large majorité, le texte prévoit notamment la suspension de certaines poursuites et peines pendant cinq à dix ans et pourrait permettre, dans une première phase, la libération d’environ 3 500 d’ex combattants sur un total de 10 000 prisonniers politiques kurdes. Il ne prévoit toutefois pas d’amnistie générale et ne traite pas de la situation d’Abdullah Öcalan, fondateur du PKK, toujours détenu à perpétuité.
De nombreuses organisations et personnalités critiquent les limites de la loi. Les principales critiques portent sur l’absence de garanties concernant l’égalité des droits, la langue kurde, la participation politique, la démocratie locale, la justice et les réparations liées aux crimes de l’Etat turc. La situation d’Öcalan, l’absence d’amnistie générale et le manque de garanties sont également pointés.
Plus largement, des organisations et intellectuels de la gauche révolutionnaire de Turquie dénoncent l’esprit de la loi elle-même. Axé en priorité sur le désarmement du PKK, le texte aborde la question kurde sous l’angle sécuritaire et de la lutte contre le « terrorisme », sans reconnaître sa dimension historique et politique ni le caractère politique du mouvement kurde. Ils considèrent que face à cette situation, la priorité devrait plutôt s’inscrire dans une démarche de lutte commune contre le colonialisme et le militarisme de l’Etat fasciste turc, incluant également la fin des opérations militaires turques au Rojava et au Kurdistan irakien.