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USA : Le militant anti-impérialiste Jakhi McCray s’exprime avant sa condamnation à une peine de prison

Jakhi McCray, militant anti-impérialiste et défenseur des prisonniers, a plaidé coupable pour avoir incendié près d’une douzaine de véhicules de la police de New York (NYPD) durant l’été 2025. Après une traque de plusieurs semaines menée par plusieurs agences, il s’était rendu à la suite de négociations judiciaires. Il a ensuite été placé sous contrôle judiciaire à domicile dans le New Jersey, où il a poursuivi ses études universitaires en attendant sa condamnation, prévue dans le courant de l’année.

Neuf mois après s’être rendu, il a publié un texte intitulé “Neuf mois plus tard”, présenté comme la continuité de sa “Lettre au mouvement” et paru dans la newsletter du Sénat populaire. Il y décrit son quotidien sous bracelet électronique, tout en revenant sur son arrestation, la surveillance policière et la répression entourant son affaire. Le texte aborde également ses analyses sur la séquence actuelle.

[…] Dans ma première lettre, j’ai dit que je n’avais pas peur, et que je n’avais jamais eu peur. Je veux revenir là-dessus parce que ce sont de sacrées conneries. J’avais peur de ne plus jamais revoir les gens que j’aime, peur que ma famille souffre à cause de mes actes, peur d’être complètement dépassé par les événements. J’ai toujours peur, vous savez, à l’idée de faire les 20 ans de prison complets, que ma maison puisse être à nouveau perquisitionnée, que les gens de ma ville chuchotent sur mon compte dans mon dos. J’ai appris que la chose la plus révolutionnaire qu’on puisse faire n’est pas de prétendre qu’on n’a pas peur, mais de continuer à avancer malgré elle jusqu’à ce qu’elle ne soit plus un obstacle, mais un rappel de ce contre quoi on se bat. J’ai peur que les fascistes détruisent tout ce que j’aime, mais je continue à m’organiser contre eux parce que je ne veux pas que ma petite sœur ait un jour peur de la même manière que moi. La peur est faite pour être maîtrisée, retournée contre l’entité qui cherche à vous opprimer.

Dans ma déclaration de reddition, j’ai dit que ce que je traversais n’avait rien de nouveau. Les Noirs continuent d’être battus, lynchés et déshumanisés. Le racisme anti-Noirs persiste dans nos communautés et nos mouvements. Mais mon peuple est toujours là, devenant plus fort malgré tout, et construisant nos propres infrastructures et réseaux pour nous protéger, de Lincoln Heights à Philadelphie. L’ICE continue de sévir, bénéficiant désormais de l’immunité accordée par les alcooliques du parti Turning Point au pouvoir, mais les Haïtiens, les Latinos, les Somaliens, les Palestiniens et toutes les communautés immigrées construisent des réseaux de réponse rapide et des communautés d’entraide pour riposter. Ils ont survécu à l’ICE sous Obama, Clinton et Bush, et ils survivront sans aucun doute à ces enfoirés. J’ai rencontré tant de révolutionnaires et d’anciens prisonniers ces dernières années, mais les personnes les plus fortes que je connaisse restent les membres ordinaires des communautés noires et métissées. […]