À la veille de l’ouverture de leur procès devant la Cour régionale supérieure de Düsseldorf (voir notre article), plusieurs antifascistes poursuivis ont publié une déclaration politique dans laquelle ils dénoncent une criminalisation ciblée de l’antifascisme. Ils qualifient l’accusation de tentative de meurtre « d’escalade politiquement motivée et totalement absurde » et affirment que les autorités cherchent avant tout à « dissuader toute activité antifasciste ». Rejetant les représentations médiatiques les décrivant comme un groupe violent et structuré, ils dénoncent des récits construits en synergie avec l’extrême droite. Inscrivant leur procès dans un contexte de montée de l’extrême droite et de banalisation des violences néonazies, ils rappellent que « la violence d’extrême droite est une réalité » et interrogent frontalement le monopole étatique de la force : « dans quelle mesure privilégions-nous le monopole de l’État sur l’usage de la violence à la nécessité de combattre le fascisme ? ». Revendiquant l’héritage historique de l’antifascisme, ils soulignent enfin que, « une fois le fascisme au pouvoir, il est impossible de le dissuader par la discussion », et présentent leur procès comme un moment éminemment politique, dépassant largement les faits qui leur sont reprochés.
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