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Albanie : Menacée d’extradition vers la Turquie, la prisonnière Jülide Yazıcı réaffirme son engagement

Dans une récente déclaration, la militante emprisonnée Jülide Yazıcı remercie toutes les personnes qui ont pris de ses nouvelles et lui ont témoigné leur soutien, ainsi que ses camarades. Elle rassure sur son état et explique s’être adaptée à son incarcération, malgré le caractère inattendu de son arrestation. Réfugiée politique en France, elle est aujourd’hui détenue dans une prison albanaise et toujours sous la menace d’une procédure d’extradition vers la Turquie.

Les arrestations de militants en Turquie, en Palestine et en Europe l’avaient déjà amenée à considérer la prison comme une réalité possible de l’engagement politique. Elle affirme ainsi vouloir tenir bon et poursuivre la lutte, en solidarité avec les prisonniers politiques en Turquie et en Palestine, confrontés, comme elle le souligne, à des conditions bien plus difficiles, notamment dans les prisons turques dites de « type puits », connues pour leurs conditions de détention et d’isolement particulièrement inhumaines.

Alors qu’une première audience devant un juge doit avoir lieu dans les prochains jours, les soutiens en France multiplient les initiatives de solidarité. En particulier, de nombreuses personnes ont manifesté leur soutien lors de la Fête de l’Humanité le weekend dernier en région parisienne.

Je tiens à remercier toutes celles et ceux qui ont pris de mes nouvelles et m’ont témoigné leur soutien, ainsi que tous les camarades avec qui j’ai eu l’occasion de lutter, à un moment ou à un autre. Merci à toutes et à tous pour votre soutien. Je tiens aussi à vous rassurer : je vais très bien. Même si mon arrestation a été inattendue, aussi bien dans la manière dont elle s’est passée que dans sa raison, je me suis rendu compte que, finalement, l’idée de pouvoir un jour me retrouver en prison ne m’était pas complètement étrangère et que je n’étais pas non plus totalement prise au dépourvu. Je n’ai donc pas eu beaucoup de mal à m’adapter.

En effet, comme beaucoup d’entre vous, je vois depuis des années des personnes être arrêtées en Turquie, mon pays, pour avoir défendu des causes justes et lutté contre le pouvoir d’Erdoğan. Je vois aussi celles et ceux qui résistent au colonialisme et au génocide israéliens être emprisonnés en Palestine. En Europe également, je vois de mes propres yeux comment celles et ceux qui s’opposent au génocide sont intimidés par les violences policières et les menaces d’arrestation et d’emprisonnement. D’ailleurs, quelques semaines seulement avant mon arrestation, des dizaines de communistes et de révolutionnaires avaient été arrêtés en Turquie pour s’être opposés au sommet de l’OTAN et avoir dénoncé l’hypocrisie du soutien d’Erdoğan à la Palestine, alors même qu’il est un proche allié des États-Unis, l’un des principaux responsables du génocide à Gaza. Nous avons encore en tête les images du fasciste Ben-Gvir maltraitant, devant les caméras, des prisonniers palestiniens et des militants de la flottille. Quelques minutes avant mon interpellation, je lisais les récits que Deniz Göktaş faisait parvenir de la prison dite « de type puits ».

Tout cela fait que, comme beaucoup de celles et ceux qui, depuis des années, sont témoins de luttes aussi justes que difficiles et qui s’engagent eux-mêmes à leur manière, j’avais fini, moi aussi, par considérer la prison comme une réalité possible de la lutte. C’est aussi pour cela que, lorsque je pense aux prisonniers politiques qui continuent de résister avec courage dans les prisons « de type puits » en Turquie comme dans les prisons israéliennes en Palestine, dans des conditions bien plus dures que les miennes, je sais que je dois, moi aussi, tenir bon et continuer à prendre part à la lutte, quelles que soient les conditions.

Je vous remercie encore une fois toutes et tous pour votre soutien.

Salutations.
Jülide
2 septembre 2026