Microsoft a licencié quatre employés qui ont participé à des manifestations devant ses locaux contre les liens de l’entreprise avec Israël qui poursuit son opération génocidaire à Gaza depuis près de deux ans. Parmi les personnes licenciées, deux ont participé à un sit-in cette semaine devant les bureaux du président de l’entreprise. Ces personnes ont reçu des messages vocaux les informant de leur licenciement.

Depuis plusieurs mois, Casey Goonan est incarcéré à Santa Rita aux États-Unis en attente de son procès pour l’incendie d’une voiture de police et d’autres actions visant à dénoncer la répression du mouvement pro-palestinien par l’Université de Californie et le gouvernement fédéral. Son audience devrait se tenir le 23 septembre prochain. En solidarité avec la prisonnière T Hoxha en grève de la faim depuis plus de 15 jours en Angleterre (voir notre article), il a annoncé faire une grève de la faim avec un autre codétenu. Nous relayons ci-dessous un extrait de sa déclaration.

[…] « En tant que prisonniers emprisonnés pour notre participation au mouvement de libération palestinien en Occident, nous avons la responsabilité les uns envers les autres, au-delà des frontières, de mener notre vie en prison avec la même détermination que le mouvement des prisonniers palestiniens détenus dans les prisons « israéliennes ».

Les États qui nous ont capturés sont les facilitateurs du génocide accéléré des Palestiniens par l’entité sioniste, ainsi que des génocides en cours des peuples noirs et autochtones dont ils continuent d’occuper les terres.

Alors que la gauche occidentale continue de passer de crise en crise, évitant ses responsabilités envers la Palestine, nous sommes tout ce que nous avons. Par « nous », je fais référence aux personnes qui souffrent de dépression parce qu’elles soutiennent la Palestine, aux personnes qui font de véritables sacrifices. Comme T Hoxha, qui a souffert de 16 jours de famine juste pour recevoir son courrier. […] À ce jour, l’un de mes codétenus et moi-même sommes en grève de la faim à la prison de Santa Rita jusqu’à ce que ses revendications soient satisfaites. » […]

Réunis dans le réseau Solidarity International, plusieurs groupes de soutien anarchistes, anti-répression et anti-autoritaires de différentes régions du monde (notamment de l’Anarchist Black Cross) appellent à participer à une semaine internationale de solidarité avec les prisonnier·es anarchistes, du 23 au 30 août 2025 (lire l’appel). En particulier, ils invitent les personnes et groupes solidaires à organiser des actions comme des collages, des déploiements de banderoles ou encore des ateliers d’écriture aux prisonnier·es (contactez-nous si vous souhaitez des adresses).

L’Anarchist Black Cross de New-York City vient de publier en anglais une nouvelle version de son « Guide illustré des prisonniers politiques et des prisonniers de guerre » (disponible en cliquant ici). Il comprend des mini-biographies, des photos et des changements d’adresse à propos de prisonniers du mouvement africain-américain, antifasciste, anti-spéciste ou encore des luttes autochtones aux Etats-Unis.

Les révolutionnaires accusés d’avoir participé à l’action ciblant l’ICE au centre de détention de Prairieland à Alvarado, au Texas (voir nos articles ici et ici), sont confrontés à des conditions de détentions extrêmement dures à la prison du comté de Johnson où ils sont détenus. Dix personnes sont détenues pour l’accusation d’avoir participé à l’action, six autres sont accusés de complicité. Les inculpations associent des accusations étatiques et fédérales, notamment la tentative de meurtre d’agents fédéraux et la décharge d’une arme à feu par rapport à un crime de violence.
Elles sont à l’isolement depuis des semaines, et la prison invoque des « documents incomplets » pour les priver de visite d’avocats, alors qu’ils refusent de faire quelque déclaration que ce soit sans la présence de leurs avocats. Elles sont privées de douche, de visite, interdit d’avoir de quoi écrire, parfois placé dans des cachots couverts d’excréments, leur cellule est l’objet de raid où tout est jeté pêle-mêle au sol, vêtement et nourriture.
Les familles, amis et colocataires des inculpés ont fait la cible de violents raids policiers avec lancement et explosion de grenades flashbang, arrestation et pression sur un enfant d’un·e des activistes, arrestations sans motif, etc. Un comité de soutien aux personnes inculpées a été créé : le site de ce groupe

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Le président américain a annoncé mettre Washington sous contrôle fédéral, ce qui l’autorise à prendre le contrôle de la police. Il a également déclaré l’état d’urgence. Des mesures exceptionnelles pour cette ville qu’il dit « envahie par des gangs violents », alors que les statistiques officielles montrent une baisse de la criminalité à Washington. Il a sommé les sans-abris de Washington de partir « loin » de la ville dans une publication la veille sur sa plateforme Truth Social, promettant aussi que son initiative ne s’arrêterait pas à Washington. « Ça va aller plus loin. Nous commençons de manière très forte à (Washington) et nous allons nettoyer ça bien rapidement », a-t-il déclaré. Donald Trump a aussi déployer la Garde nationale, un corps de militaires de réserve, « afin de rétablir la loi, l’ordre, et la sécurité publique ». Il avait déjà mobilisé en juin la Garde nationale en Californie (voir notre article), affirmant vouloir ainsi rétablir l’ordre à Los Angeles après des manifestations contre des arrestations d’immigrés par la police fédérale de l’immigration (ICE).

L’université publique de Californie a annoncé, le vendredi 8 août, que le gouvernement américain lui réclamait une amende monstre d’un milliard de dollars pour les manifestations pro-palestinienne de 2024 (photo). Le montant représente cinq fois ce que l’université privée new-yorkaise de Columbia a consenti à payer fin juillet, plus de 200 millions de dollars, pour régler un différend sur des accusations de soi-disant antisémitisme lors des manifestations en 2024 contre la guerre génocidaire à Gaza. Un accord à 500 millions de dollars serait en discussion avec Harvard.

Gavin Newsom, gouverneur de Californie et membre du conseil d’administration de l’UC, a dénoncé une « extorsion » visant à « museler la liberté académique », promettant de saisir la justice. Le gouvernement fédéral réclame en outre 172 millions de dollars pour indemniser des étudiants juifs se disant victimes de discrimination. Le réseau UC regroupe dix campus, parmi lesquels UCLA, Berkeley ou San Diego, tous régulièrement classés parmi les meilleures universités publiques américaines. L’UCLA subit déjà un gel de plus d’un demi-milliard de dollars de subventions fédérales dans ses recherches médicales et scientifiques.

Un juge fédéral a rejeté mercredi les poursuites contre un activiste anti-ICE accusé d’avoir distribué des masques de protection à des manifestants le mois dernier à Los Angeles. Âgé de 29 ans et membre de l’organisation communautaire basée à Boyle Heights, Alejandro Orellana avait été inculpé en juin par un grand jury fédéral pour « crime de complot »et « aide et encouragement au trouble civil ». Il a finalement été libéré. « La protection de notre communauté n’est pas un crime », a déclaré Orellana qui, avec au moins deux autres personnes, avait distribués des masques de protection Bionic Uvex aux manifestants anti-ICE rassemblés près du bâtiment fédéral sur la rue Los Angeles le 9 juin.

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Le 25 juillet, le FBI a mené une opération matinale à Portland et arrêté Robert Jacob Holmes, 24 ans, sur des accusations fédérales liées à une manifestation au bâtiment de l’ICE le 14 juin. Iel est soupçonné·e d’avoir blessé un agent de l’ICE à la tête avec une pierre et tenté de forcer une porte en usant d’un panneau de signalisation comme bélier. Iel encourt jusqu’à 20 ans de prison. Le FBI l’a indentifié·e en passant une photo prise par un photographe pendant les actions dans un logiciel de recherche par reconnaissance faciale.

Jesse Cannon est un militant antifasciste qui a été condamné à cinq ans de prison en 2021. Il était accusé d’avoir défendu, avec d’autres antifascistes, une zone touristique de San Diego contre une foule de fascistes pro-Trump lourdement armés, trois jours seulement après la tentative d’insurrection au Capitole. Malgré tous les efforts du procureur de San Diego pour le maintenir en prison en raison de ses convictions et de son refus de coopérer, il vient d’être libéré.