Le tribunal de Gadchiroli a rejeté ce mercredi la demande de libération sous caution du professeur Saibaba, détenu depuis plus d’un an maintenant pour ses prétendus liens avec la guérilla maoïste. Saibaba avait, par l’intermédiaire de ses avocats, introduit une demande de libération sur base d’une grave détérioration de sa santé, l’homme étant considéré comme handicapé à 90% (il est paralysé des deux jambes). Le juge a déclaré que Saibaba n’avait pas droit à cette libération sur la base de sa maladie dans la mesure où un tribunal avait déjà statué de son maintien en détention sur cette base, et qu’il recevait un traitement adéquat en prison, ce que dément le prisonnier. Il a récemment mené une grève de la faim pour dénoncer ses conditions de détention et le manque de soins spécifiques nécessaires à ses problèmes de santé, grève qui l’a amené à l’hôpital duquel il vient de sortir pour retrouver sa cellule.

Professeur Saibaba

Professeur Saibaba

Une femme présumée guérillero a été abattue au cours d’une fusillade avec les forces de sécurité dans le district de Bijapur (Chhattisgarh) ce mardi. Celle-ci a été abattue dans un échange de coups de feu entre une équipe conjointe de membres des forces de l’ordre et des maoïstes mardi à l’aube, selon les autorités. Plusieurs équipes conjointes de la Special Task Force, de la CRPF, du commando CoBRA et de la police locale avait été mobilisé durant la journée dans le cadre d’une vaste opération de contre-insurrection. De source policière, alors qu’elles encerclaient une zone, les forces de sécurité ont repéré un camp de la guérilla, duquel elles se sont approchées. A leur arrivée, les maoïstes ont ouvert le feu, entrainant une longue fusillade à la suite de laquelle les guérilleros ont battu en retraite. C’est en ratissant la zone à l’issue du combat que les soldats ont découvert le corps d’une femme en uniforme. Ils ont également trouvé des armes et d’autres matériaux.

Kobad Ghandy, arrêté à Delhi en 2009 accusé d’être membre du CPI(Maoist) a entamé une grève de la faim illimitée ce samedi à la Tihar Jail où il est détenu pour dénoncer ce le harcèlement continuel des autorités à son égard. L’homme de 68 ans déclare avoir été transféré trois fois ces derniers mois dans des quartiers différents de la prison dans ce qu’il affirme être une tentative de ruiner sa santé défaillante. Outre ses problèmes cardiaques, Ghandy souffre d’arthrite, de problèmes rénaux, de tension artérielle et d’autres maladies. Il a été incarcéré en vertu du Unlawful Activities Prevention Act ainsi que de diverses lois du Code Pénal pour une série de délits et de crimes. Il fait actuellement l’objet de 20 procédures pénales à travers tout le pays. Il avait été arrêté à Delhi en septembre 2009 alors qu’il suivait un traitement spécifique pour sa maladie rénale. Ses avocats affirment qu’à l’époque déjà, il avait été détenu illégalement et torturé durant quatre jours avant que son arrestation ne soit officiellement annoncée.

Kobad Ghandy

Kobad Ghandy

Déclaration de Kobad Ghandy, 1er juin:
J’ai 68 ans et j’ai passé cinq ans et demi dans la prison de Tihar avec l’affaire de Delhi quasi bouclée. Bien que des transferts de routine (tous les trois à cinq mois) de prisonniers vers le quartier à haut risque de la prison aient lieu depuis quatre ans, je n’y suis sujet que depuis août 2014. Celui-ci est le troisième en neuf mois. Auparavant, les transfers en prison n’étaient effectués qu’en tant que punition.
J’ai un problème cardiaque, de tension artérielle, d’un glissement de disque vertébral, de spondylarthrite ankylosante, d’un problème rénal et de nombreux autres problèmes de santé – et tous se sont aggravés spécifiquement après août 2014.
Durant nos transfers, nous devons transporter nos sacs nous-mêmes (environ 10-15 kilos), subir diverses fouilles de tous nos objets, on nous fait patienter devant les portes de la prison pendant 4-5 heures dans l’attente d’un véhicule, serrés comme des sardines avec nos bagages dans un seul van et emmenés vers la nouvelle porte de prison.
Ensuite deux fouilles minutieuses supplémentaires, et à nouveau transporter toutes nos affaires vers le quartier, etc. On doit passer l’examen médical effectué pour tout nouvel arrivant. Puis, une ruée pour les cellules, le derniers arrivés obtenant les pires. Ensuite, ou moins 2 ou 3 jours passent au nettoyage de la cellule dégoutante et au rangement de nos affaires, sans aucune aide.
Dans la nouvelle prison, tous les traitements médicaux sont interrompus, les régimes médicaux et autres permissions doivent être à nouveau demandés, tout comme le lit et les toilettes à l’occidentale. Ceci peut prendre de quelques jours à quelques mois. De plus, l’équipement Vodaphone doit aussi être recommencé à zéro. A peine est-on installé, et adapté au nouveau lot de criminels (dont certains peuvent être très méchants) que survient le transfert suivant, et tout le processus reprend.
Mon transfert du 30 mai fut effectué au milieu d’un examen pour un problème cardiaque à la GB Pant Hospital.
Depuis l’ordonnance de la High Court en 2012 demandant à la Tihar Jail de mieux prendre soin de ses citoyens âgés (de lus de 65 ans), j’ai demandé à être transféré dans le quartier réservé au citoyens âgés, ou que l’on me donne des équipements similaires dans le quartier à haut risque, mais en vain. Au contraire, alors qu’au début il ne me transférait jamais, il ont recours à cela depuis août 2014, ceci étant manifestement une méthode de harcèlement, ainsi que de destruction de ma santé.
Etant donné que tous les appels, tant sur des bases légales qu’humanitaires ont été ignorés, j’ai, en dernier recours, dû me mettre en grève de la faim illimitée depuis mon dernier transfert le 30 mai dernier.

Kobad Ghandy
Tihar Jail 8/9
High Risk Ward (Ward 5)

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Pour renforcer la sécurité dans dix districts où la présence maoïste est prépondérante, le gouvernement central a décidé la construction de 400 nouveaux commissariats et postes de police. Selon les informations révélées par le département du ministère de l’Intérieur en charge de la lutte contre ‘l’extrémisme de gauche’, le gouvernement est actuellement en train de construire 400 bâtiments fortifiés dans dix états, pour un budget moyen de 20 millions de roupies (près de 300.000 €) par commissariat. Les dix états concernés par ce plan sont l’Andhra Pradesh, le Telangana, le Bihar, le Chhattisgarh, le Jharkhand, le Madhya Pradesh, l’Odisha, l’Uttar Pradesh et le Bengale occidental.

Dans deux actions distinctes, la police a arrêté six présumés guérilleros appartenant au CPI(Maoist) dans les districts de Vaishali and d’Arwal (Bihar) dans la nuit de samedi à dimanche. Les autorités du district de Vaishali ont affirmé avoir lancé une opération après avoir été informée d’une présence maoïste dans le village de Patepur, entrainant l’arrestation d’Amarjit Sahni. L’homme était recherché dans le cadre de plusieurs affaires de violence reliées aux actions de la guérilla dans la région. Dimanche, le commissaire a déclaré qu’il était actuellement interrogé. Toujours la même nuit, mais dans une seconde opération, un sous-commandant zonal du parti, Indradip Mahto et quatre autres personnes ont été interpellées avec des armes dans le village de Laltenbigha, dans le district d’Arwal. Un fusil, deux pistolets, quarante cartouches, de la littérature maoïste et d’autres choses leur ont été saisis. Eux aussi ont été interrogés dimanche.

En avril dernier, à Gurgaon, l’HUDA (Autorité de développement urbain de l’État de l’Haryana) et la police de Gurgaon avaient en partie détruit plus de 200 maisons dans le secteur 47, sans réussir à expulser ses habitants, qui étaient restés sur place, déterminés à ne pas quitter leur quartier. Certains habitants affirment vivre là génération après génération depuis plus de 100 ans.

Vendredi 15 mai, les mêmes autorités locales sont retournées sur place pour forcer les habitants expulsés à dégager du vaste terrain qu’elles convoitent. Plus de 400 policiers ont commencé, dans la matinée, à installer une clôture pour délimiter le terrain (et démolir les habitations restantes), mais ont été confrontés à une résistance acharnée. Les habitants du quartier les ont repoussé en leur lançant des pierres et en mettant le feu en divers endroits du terrain. Les affrontements ont été violents, des dizaines de personnes ont été blessées, , plus d’une cinquantaine de personnes ont été arrêtées.

Affrontements à  à Gurgaon

Affrontements à à Gurgaon

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Vendredi dernier, un haut tribunal du Kerala a statué qu’être maoïste n’était pas un crime et qu’une personne ne pouvait pas être arrêtée pour le simple fait d’en être un. Réagissant à une requête de Shyam Balakrishnan, lequel affirme avoir été illégalement interpellé par la police du Kerala l’an dernier car suspecté d’être un maoïste, le juge a déclaré que quelqu’un ne pouvait être arrêté que s’il était impliqué dans des activités illégales. ‘Etre un maoïste n’est pas un crime. La liberté de pensée et la liberté de conscience sont des droits fondamentaux. La liberté ne devient qu’illégale que quand elle concerne la loi de l’état’ a affirmé le juge. Suite à cette décision, le gouvernement de l’état a été condamné à payer une compensation financière à Balakrishnan. Ce dernier a d’ores et déjà annoncé son intention de faire appel de cette décision, affirmant que sous ces conditions, il serait impossible de mettre en oeuvre le Unlawful Activities Prevention Act, loi antiterroriste accordant de nombreuses prérogatives aux autorités de le cadre de leur lutte contre la guérilla maoïste.

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Un présumé leader maoïste, actif dans le Chhattisgarh, le Maharashtra et le Madhya Pradesh depuis plus de deux décennies et accusé dans plus de 200 affaires, y compris des assassinats et des tentatives d’assassinat a été interpellé à Balaghat (Madhya Pradesh). Dilip, alias Guha Uike (36 ans) a été placé en détention provisoire après une fusillade mercredi, a annoncé la police locale vendredi. Cinq autres guérilleros présumés, qui étaient avec Dilip, sont parvenus à échapper aux forces de sécurité, tout en emmenant son arme. Dilip, dont la tête était mise à prix dans les trois états, serait membre du comité de la division locale du parti maoïste opérant dans le Gadchiroli. La police dit qu’il était d’abord membre du Malajkhand Dalam durant quatre ans avant de devenir commandant adjoint d’une brigade spéciale de guérilleros entre 2004 et 2006 pour ensuite devenir membre du comité de division de la région Gadchiroli-Gondia du CPI(Maoist) en 2008. Selon la police, elle aurait reçu un tuyau selon lequel Dilip aurait été vu dans les jungles de Songudda le 20 mai dernier. Accompagné de guérilleros armés, Dilip était lui en civil. D’autres sources disent qu’il était présent afin d’assister à un mariage.

Dilip

Dilip

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Trois policiers et deux maoïstes ont été tués dimanche dans un combat dans le district de Bijapur (état du Chhattisgarh). La fusillade a eu lieu lorsqu’un détachement de policiers de la STF (unité spécialement entraînées pour la contre-guérilla) se déployait pour une opération anti-maoïste. Parmi les maoïste tué figure Hemla Masa alias Vijay, commandant d’une compagnie de guérillero. La STF subit de lourdes pertes dans le Chhattisgarh. Elle compte déjà pour 2015 11 tués et une trentaine de blessés.

combattants maoïstes dans le Chhattisgarh

combattants maoïstes dans le Chhattisgarh

Chhatradhar Mahato, un des membres principaux du People’s Committee Against Police Atrocities et cinq de ses camarades ont été condamnés ce mardi à la prison à perpétuité par un tribunal du Bengale occidental. Mahalo, Sukhsanti Baske, Sambhu Soren et Sagun Murmu ont été condamné par le juge du tribunal du West Midnapore en vertu du Unlawful Activities Prévention Act, l’une des lois anti-terroriste indienne. Ils étaient également poursuivis pour divers délits punis par le Code Pénal, tels que le meurtre, la conspiration criminelle, guerre contre l’état et divers autres sections du Arms Act et du Explosives Act. Les deux autres personnes, Raja Sarkhel et Prasun Chatterjee, aussi membre du PCAPA ont également été condamné à la perpétuité, mais pour sédition, et non en vertu de l’UAPA.

Chhatradhar Mahato

Chhatradhar Mahato

Chhatradhar Mahato, président et membre fondateur du People’s Committee Against Police Atrocities, a été arrêté le 26 septembre 2009 dans une opération menée par la police du Bengale occidental dans le village de Birkar, à proximité de Lalgarh. Cette arrestation s’est déroulée en violation des lois indiennes, l’homme ayant été interpellé par des policiers déguisés en journalistes et dépourvus de mandat d’arrêt.
Chhatradhar Mahato, militant pour la défense des Adivasis, a créé le PCAPA en novembre 2008 suite à l’attaque de Salboni. A la tête de ce mouvement populaire, Mahato, qui n’est pas lui-même issu d’une population tribale, entendait lutter contre les violence de la police et des paramilitaires à l’encontre de la population principalement aborigène de la région. Dès sa création, l’organisation fut cataloguée par les autorités comme étant une organisation de front de la guérilla maoïste, entraînant une répression de ses membres et de toutes ses actions.

A l’annonce du verdict, sa femme a immédiatement annoncé l’intention de son mari de faire appel de ce dernier. Elle a ajouté: « Ils avaient organisé un mouvement contre les atrocités perpétrées à l’encontre des tribaux. La ministre en chef actuelle du Bengale occidentale, Mamata Banerjee (qui était alors dans l’opposition) les soutenait. Mais dès son arrivée au pouvoir, tous ceux qui étaient à la tête du mouvement ont été qualifiés de ‘anti-nationaux’ et arrêtés ».

L’ATS (Maharashtra Anti-Terrorism Squad) a déclaré avoir arrêté un prétendu dirigeant maoïste identifié comme étant K Muralidharan, alias Thomas Joseph, alias Skaria, alias Gopi, alias Raghavan, alias Ajith (62 ans), ainsi que son étroit associé identifié comme étant Hamaza Chiragilli, alias Pravin, alias James Mathew (29 ans) dans la région de Malegaon Dabhade, à environ 30 kilomètres de Pune, la capitale de l’état. Ajith était le secrétaire national du Communist Party of India (ML) Naxalbari, lequel a fusionné avec le CPI(Maoïst) le 1er mai 2014. Selon les sources policières, il serait alors devenu membre du CC du CPI(Maoist). L’homme était entré dans la clandestinité en 1990, et est accusé de multiples actions attribuées à la guérilla maoïste dans le Kerala, ainsi que dans d’autres états. Son assistant, originaire de la même région, faisait également partie du CPI(ML) Naxalbari et a rejoint le CPI(Maoist) après la fusion. Des membres de l’ATS ont déclaré avoir arrêté le duo au Moraya Hospital à Talegaon Dabhade vendredi. Tous deux ont comparu samedi devant un tribunal local et sous haute protection policière. Ils resteront un minimum de sept jours en détention provisoire.

Ajhit, membre haut placé du CPI(Maoist)

Ajhit, membre haut placé du CPI(Maoist)

Les sources de l’ATS affirment qu’Ajith, qui est une des dirigeants maoïstes le plus haut placé dans le pays, a pris part à de multiples opérations maoïstes dans le Sud de l’Inde, et dans d’autres régions. Ajith et Ganapathy, secrétaire général du CPI(Maoist) ont signé conjointement la déclaration de fusion entre les deux partis le 1er mai 2014.

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