En réponse à l’appel de ses camarades et de ses proches (voir notre article), des affiches ont été vues dans les rues de Bruxelles pour exiger la libération immédiate de María José Baños, prisonnière politique des GRAPO, incarcérée par l’État espagnol depuis 36 ans, sa peine actuelle ayant débuté en 2002. Atteinte du VIH et de plusieurs autres maladies, María est victime de négligence médicale et de torture psychologique de la part de l’État espagnol, qui lui a lancé un ultimatum : elle ne sera libérée que lorsqu’elle renoncera à ses convictions politiques révolutionnaires. Ce faisant, l’État espagnol révèle sa politique meurtrière à l’encontre des militants antifascistes et révolutionnaires, politique qu’il tente de dissimuler en se présentant comme un État européen relativement progressiste. Comme l’explique son camarade Pablo Hasél depuis la prison de Lledoners : « Si la solidarité avec tous les prisonniers politiques et autres victimes de représailles est essentielle, elle l’est d’autant plus avec ceux qui risquent d’être exterminés en prison. »

Le 20 janvier marque le début des auditions judiciaires des militants antifascistes arrêtés lors des événements du 12 octobre 2025, jour de la fête nationale espagnole, à Vitoria-Gasteiz. Ces poursuites font suite aux affrontements survenus lors d’une mobilisation convoquée par la Falange Española de las JONS. En réaction, des centaines de personnes avaient manifesté, étant le théâtre de répression policière. Les personnes mises en cause dénoncent une criminalisation politique protégeant les fascistes, soulignant qu’aucun membre de la Falange n’a été poursuivi.

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En Espagne, María José Baños, prisonnière politique des GRAPO gravement malade (voir notre article), reste incarcérée malgré les dispositions légales prévoyant la libération des détenus dans cet état. La militante et ses soutiens affirment que l’administration pénitentiaire a conditionné sa libération à un renoncement de son engagement politique, une pratique dénoncée comme une forme de torture visant à punir et briser les prisonniers. Plusieurs décès de détenus gravement malades rappellent le danger de cette politique, et les militants appellent à une mobilisation urgente pour obtenir sa libération et prévenir de nouveaux cas.

Le 10 janvier 2026, l’ouverture de la première antenne en Catalogne du groupe d’extrême droite Núcleo Nacional à Sentmenat (Vallès Occidental) a provoqué des affrontements et des charges policières pour empêcher les 400 manifestants antifascistes d’approcher le site. Des centaines de personnes ont protesté contre l’implantation du groupe, connu pour ses positions xénophobes et homophobes. Les affrontements ont blessés six policiers, sans arrestations à ce stade. Les manifestants, bien plus nombreux que les participants à l’événement, scandaient des slogans tels que « Voici les antifascistes » et « Pas un pas en arrière ».

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Les autorités italiennes poursuivent une répression judiciaire contre le militant anarchiste Gabriel Pombo da Silva, condamné à deux ans de prison pour « incitation au délit » dans le cadre de l’opération Scripta Manent, malgré la reconnaissance par l’État espagnol qu’il a déjà purgé 2 ans et 8 mois de détention en trop. Refusant de reconnaître cette peine excédentaire ou d’accorder toute mesure alternative, le tribunal de Turin a activé un Ordre européenne de détention en s’appuyant notamment sur l’absence de « repentir ». Le 7 décembre, Gabriel a été arrêté en Espagne après s’être présenté au commissariat de Vigo à la suite de la notification de cette OEDE, avant d’être remis en liberté provisoire par l’Audience nationale de Madrid (voir notre article), qui a jugé la demande illégitime car fondée sur un « délit d’opinion ». Il reste néanmoins soumis à un strict contrôle judiciaire, tandis que s’ouvre une longue bataille juridique contre cette répression transnationale.

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Dans l’Etat espagnol, les plateformes anti-répression de Barcelone et de Ponent alertent sur la situation de prisonniers politiques antifascistes à travers le lancement d’un répertoire visant à empêcher leur invisibilisation. Cette initiative met en lumière une répression persistante exercée contre des militants engagés dans la lutte contre le fascisme. Face à cette réalité, les collectifs appellent à une solidarité accrue, notamment par l’envoi de lettres, afin de rappeler que la lutte continue derrière les barreaux et d’exiger une amnistie totale.

Les autorités espagnoles et l’Institut Gogora recherchent les familles pour recueillir l’ADN des prisonniers républicains décédés dans la prison franquiste d’Orduña entre juillet 1937 et juillet 1941. Depuis 2021, plusieurs campagnes d’exhumation ont permis de retrouver 93 corps, dont l’identité de 23 victimes a déjà été confirmée. Parmi eux, Miguel Fuentes Molina, mort en mai 1941 de malnutrition à 26 ans, après avoir été envoyé à Orduña pour avoir soutenu la République. Les restes de Miguel et d’autres victimes ont été restitués à leurs familles à Badajoz et Ciudad Real. Gogora poursuit l’identification des 70 corps restants et appelle les familles à fournir leur ADN.

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Le 9 décembre 2025, la publication d’un poème de Pablo Hasél, « Quand les rues ne seront plus appelées injustice », extrait du recueil L’Art de résister, a remis en lumière son œuvre politique et poétique. Écrit en prison, le texte projette une société future libérée de la misère et de l’oppression, où l’espace urbain devient symbole de justice sociale et de mémoire révolutionnaire. Ce poème rappelle la détention de Pablo Hasel lui-même, rappeur antifasciste et communiste condamné à plusieurs années de prison en 2021 pour « apologie du terrorisme ».

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Imad et Daniel sont deux antifascistes qui sont emprisonnés depuis plus de 600 jours dans le cadre de l’affaire des 6 de Saragosse (voir notre article). Ils sont maintenus en détention malgré des situations judiciaires identiques à celles d’autres personnes récemment graciées pour la même affaire. Par ailleurs, l’un d’entre eux, Imad, a enfin pu commencer un suivi thérapeutique après plusieurs mois d’attente pour que ses troubles psychiques soient pris en charge en prison.

Les soutiens des prisonniers communistes et antifascistes toujours incarcérés appellent à leur écrire à l’occasion des fêtes de fin d’année. L’objectif est d’encourager la solidarité active par la correspondance, afin de briser l’isolement carcéral et de soutenir les prisonniers politiques. En particulier, ils invitent à écrire à Lucio García Blanco, Juan García Martín, Victoria Gómez Méndez, Marcos Martín Ponce, Israel Torralba Blanco, Pablo Rivadulla Duró, ainsi qu’Israel Clemente López, Mónica Refoxos Pérez, Ignacio Varela Gómez et Mª José Baños Andújar, détenus dans les prisons de Villabona, A Lama, Mansilla de las Mulas, Murcia II ou Lledoners.