Dans le cadre d’une enquête menée par le parquet d’Istanbul, des perquisitions ont été effectuées le 16 décembre 2025 à Istanbul et dans d’autres villes contre le Parti socialiste des opprimés (ESP), aboutissant à l’arrestation de 13 personnes, membres ou proches du parti. Les personnes arrêtées sont İsmet Yurtsever, Muhammed Bedran Çoğaltay, İbrahim Gerçek, Zeynep Gerçek, Selvinaz Göçmez, Mustafa Naci Toper, Ezgi Bahçeci, Deniz Bahçeci, Serhad Demirtaş, Gül Sağlık, Cansu Akkaş, Ömer Sinan Yıldız et Mustafa Kırca. L’ESP a vivement dénoncé cette nouvelle vague d’arrestations.

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Cinq citoyens kurdes iraniens supplémentaires ont été arrêtés par les forces de sécurité à Mahabad et Piranshahr et emmenés vers des lieux inconnus, dans le cadre de la nouvelle vague d’arrestations qui se poursuit dans les régions kurdes. Le 8 décembre, les forces de sécurité ont arrêté Ahmad Khodadadi, originaire de Naqadeh et résidant à Piranshahr. Deux jours plus tard, le 10 décembre, les forces de sécurité ont interpellé Akam Sheikheh, du village de Qarah Qeshlaq à Mahabad, ainsi que trois habitants du village de Khorkhoreh, également à Mahabad : Hazhar Mohammadzadeh-Aghdam, Iman Mohammadzadeh et Karzan Bahmani. Il semble qu’aucune de ces arrestations n’a été effectuée sur la base d’un mandat judiciaire. Les cinq détenus auraient été transférés dans un centre de détention des services de sécurité à Orumiyeh, dans la province d’Azerbaïdjan occidental. Malgré leurs demandes répétées, les familles n’ont reçu aucune information des autorités sécuritaires et judiciaires concernant le lieu de détention ou le statut juridique des détenus. Au cours des deux dernières semaines, les forces de sécurité ont arrêté au moins 29 citoyens et militants kurdes à Marivan, Bukan, Mahabad, Oshnavieh, Piranshahr, Orumiyeh et Naqadeh. Ces arrestations ont été principalement menées par des agents de l’Organisation du renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et du ministère du Renseignement. Tous les détenus sont incarcérés sans avoir accès à un avocat ni à leurs familles.

Dans un récent communiqué, le Birleşik Devrimci Parti (Parti révolutionnaire uni) dénonce les prisons de type puits, affirmant que ces établissements imposent des conditions inhumaines (absence de soleil, isolement prolongé, restrictions des communications) et ciblent particulièrement les détenus révolutionnaires. Afin de s’y opposer, deux prisonniers de l’organisation, Celal Punar et Fergil Fırat, ont entamé une grève de la faim le 5 décembre dernier pour exiger la fin de ce régime, alors que d’autres prisonniers révolutionnaires sont également en grève de la faim (voir notre article).

Du 4 au 6 décembre, plusieurs actions de solidarité ont eu lieu en Europe pour soutenir Ayberk Demirdogen, prisonnier révolutionnaire en Turquie, à l’occasion de son 270ᵉ jour de grève de la faim contre l’isolement carcéral et les prisons de type puits. Les mobilisations ont compris des campagnes sur les réseaux sociaux, des manifestations devant les ambassades et consulats turcs à Minsk, Moscou, Marseille, Berlin, Bruxelles, Rotterdam et Londres, ainsi que des jeûnes de solidarité d’une journée dans de nombreux pays européens, réunissant plusieurs centaines de participants.

Le programme turc des Centres d’Enseignement Professionnel (MESEM), qui oblige les jeunes de 14 ans et plus à travailler quatre jours par semaine en entreprise, est massivement critiqué par les syndicats et les défenseurs des droits pour institutionnaliser le travail des enfants et fournir une main-d’œuvre bon marché, ce qui a entraîné au moins 15 décès d’élèves ces deux dernières années scolaires. Les protestations contre ces politiques ont été violemment réprimées, notamment l’arrestation et l’incarcération de 16 étudiants membres du TİP (Parti des travailleurs de Turquie) lors d’une manifestation dénonçant les crimes du MESEM le 3 décembre 2025.

Le Dr Barış Kaya, connu pour offrir des soins médicaux gratuits aux populations vulnérables, sera jugé le 9 décembre 2025 devant la Cour criminelle d’Istanbul. Arrêté sous des accusations jugées infondées par ses soutiens, il aurait été maltraité et privé de son droit de pratiquer la médecine. Ses partisans dénoncent une criminalisation de l’accès gratuit aux soins et appellent la population à assister au procès, à envoyer des messages aux ministères de la Santé et de la Justice, et à diffuser des vidéos de soutien, affirmant que fournir des soins gratuits à la population n’est pas un crime.

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Le journaliste turc Furkan Karabay, arrêté lors d’une opération à l’aube le 15 mai en raison d’une vidéo YouTube et de publications sur les réseaux sociaux, a été libéré ce mardi après que la 25e Cour d’assises d’Istanbul a ordonné sa remise en liberté lors de sa première comparution. Condamné à trois peines distinctes pour « insulte au président », « insulte à un agent public » et « mise en danger de fonctionnaires engagés dans la lutte antiterroriste », Karabay a toutefois été acquitté pour d’autres accusations visant deux magistrats. Quelques heures après la décision, le parquet a immédiatement fait appel, mais la procédure étant en cours, Karabay a pu sortir de la prison de Marmara à Silivri, où il a retrouvé ses proches et collègues, célébrant la fin de 201 jours de détention.

La libération conditionnelle de Mehmet Sait Yıldırım, prisonnier malade détenu depuis 31 ans à la prison de Buca Kırıklar, a été une nouvelle fois reportée, cette fois jusqu’au 27 août 2026. La décision a été justifiée par le comité de surveillance au motif que le détenu « ne montrait pas de bonne conduite » et « ne faisait pas preuve de remords ». Son avocate, Fatma Demirer, dénonce une décision arbitraire, soulignant que Yıldırım, âgé de 74 ans et souffrant de graves problèmes de santé, dont une maladie cardiaque, est confiné en cellule individuelle depuis huit ans et que des échanges téléphoniques avec sa famille ont été utilisés à tort pour bloquer sa libération. Condamné à perpétuité en 1995 pour son rôle important au sein du PKK, Yıldırım a affirmé qu’il souhaitait retrouver sa liberté « sans que son honneur soit bafoué ».

En grève de la faim depuis le 11 mars 2025 pour exiger la fermeture des prisons de type puits et la fin des violations des droits humains à la prison de Kırıkkale, Ayberk Demirdögen a été transféré de force à l’hôpital le 21 novembre après avoir annoncé qu’il cesserait également de boire de l’eau et du sucre. Emmené menotté sur une civière et maintenu 5H30 à l’hôpital, il a refusé tout traitement et a été renvoyé le jour même en détention. Son état de santé est décrit comme critique : perte de connaissance récente, incapacité à marcher, douleurs thoraciques et cardiaques, faiblesse extrême et gonflement persistant de la cheville. Ses avocats exigent que les autorités acceptent ses revendications, mettent fin aux abus signalés à Kırıkkale et transfèrent huit autres détenus de la prison de type puits d’Antalya vers un établissement ordinaire.

C’est au tour de la Turquie d’agir, a déclaré un des dirigeants de l’ex-PKK. Ce dernier n’ira pas plus loin dans les négociations de paix avec Ankara : « Nous avons fait ce qu’on nous a demandé, a déclaré le commandant Amed Malazgirt. C’est au tour de l’État turc. En Turquie il y a eu des discussions mais aucune avancée concrète (…). Désormais nous attendons que l’État turc prenne des mesures et c’est à lui de faire les prochains pas ». Le chef militaire de l’ex-PKK, rencontré samedi dans les montagnes du Kurdistan dans le nord de l’Irak, salue la création d’une commission transpartisane au sein du Parlement turc : « L’État turc a fait un geste positif, mais ce n’est pas la seule action nécessaire », juge-t-il tout en précisant « suivre de près » ses travaux. « Nous avons deux revendications. Premièrement, la libération du leader Apo. Faute de quoi, le processus ne réussira pas. La deuxième est la reconnaissance constitutionnelle et officielle du peuple kurde en Turquie ». Le responsable a tenu également à clarifier la notion de désarmement après une opération symbolique, en juillet, lors de laquelle une trentaine de combattants de l’ex-PKK avaient brûlé leurs fusils (voir notre article). « C’est l’État turc qui a promu ce récit affirmant qu’il nous avait appelés à déposer nos armes : nous, nous nous sommes engagés à ne pas les utiliser contre l’État turc. Il y a une différence et ce que nous avons fait correspond à ce que le leader Apo a demandé », a-t-il déclaré. « Nous avons dit que nous n’utiliserons pas les armes contre l’État turc et jusqu’à ce jour, nous ne les avons pas utilisées », a-t-il relevé.

À propos d’Abdullah Öcalan, un autre commandant, Serdar Mazlum Gabar, a fait valoir que « Nous visons d’abord la reconnaissance du droit à l’espoir et ensuite la liberté totale de la direction (…) Par liberté, nous entendons qu’il soit libre d’agir, de diriger son mouvement et de s’intégrer au peuple ». Cette notion de « droit à l’espoir » avait été avancée l’an dernier par le principal allié du gouvernement turc à l’initiative du processus de paix. « Nous pouvons garantir la sécurité de notre direction », poursuit-il en suggérant dans un premier temps « une assignation à résidence » d’Abdullah Öcalan. Une délégation de la commission parlementaire chargée du processus de paix a rendu visite le 24 novembre pour la première fois à Abdullah Öcalan.

Militants et militantes du PKK

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