Dimanche dernier, une jeune femme a été agressée sexuellement dans un bus circulant à New Delhi. Agée de 23 ans, elle a été hospitalisée dans un état critique. Depuis, les manifestations massives se multiplient dans la capitale indienne pour dénoncer l’attitude du gouvernement à l’égard des femmes, et notamment celles issues des minorités tribales. Tous les rassemblements ont entraîné de violents affrontements entre les forces de l’ordre et la foule. Ces dernières n’ont pas hésité à faire usage de gaz lacrymogène et de canons à eau, notamment contre des groupes d’étudiants qui ont tenté de passer outre les cordons policiers pour se diriger vers le palais présidentiel.

Manifestation à Delhi

Manifestation à Delhi

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Selon certaines sources proches du gouvernement, la CRPF, la force CoBRA, la Special Task Force, les Chhattisgarh Armed Forces ainsi que les forces de police des districts de Dhamtari, du Bastar et de Kondagaon prévoient de déclencher une opération massive dans les régions des districts du Dantewada, de Sukma, du Bastar et de Bijapur, tous situés aux frontières entre l’Odisha, le Maharashtra et l’Andhra Pradesh. Au cours de l’opération, les forces de sécurité utiliseront des télescopes à longue portée, des fusils de snipers, des lance-grenades à rechargement manuel, des mortiers 81mm et d’autres armes de guerre moderne. Les forces de sécurité déployées au Chhattisgarh seront également assistées par leurs homologues de l’Andhra Pradesh, du Maharashtra et de l’Odisha dans leurs zones respectives. Le nouveau directeur général de la police du Chhattisgarh a fait une visite d’inspection dans le Bastar il y a une quinzaine de jours pour évaluer les préparatifs et rencontrer les soldats qui prendront part à l’opération et qui sont actuellement formés au maniement des armes. Cette formation est nécessaire dans la mesure où les soldats ne sont pas habitués à utiliser ces armes modernes. Un grand contingent de paramilitaires campent dans les régions du Sud et du Nord Bastar à ces fins depuis plusieurs semaines.

Selon le Coordination of Democratic Rights Organisations, cinq hommes tués par la CRPF en raison de leurs prétendus liens avec la guérilla maoïste étaient en fait des travailleurs saisonniers et des hommes d’église. Les meurtres ont eu lieu à proximité du village de Bhaliaguda, dans le district de Gajapati (Odisha). Dans sa déclaration ce jeudi, l’organisation a affirmé qu’une équipe d’enquêteurs indépendants avaient mis au jour le fait que les hommes tués par la CRPF n’étaient ‘membres d’aucun groupuscule ni d’aucun parti d’extrême gauche comme annoncé. Ces hommes étaient en fait des travailleurs et des hommes d’églises, dont certains étaient activement engagés dans des activités sociales et politiques conventionnelles’.

Soldats de la CRPF

Soldats de la CRPF

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Un des commandants de la CRPF s’est exprimé hier, affirmant que la guérilla maoïste constituait actuellement la pire menace pour la force paramilitaire et que c’était elle qui donnait le plus de ‘travail’ à ses soldats. Il a en outre déclaré que ses hommes disposaient de toutes les armes modernes et de tous les gadgets disponibles pour endiguer le maoïsme. ‘En terme de modernisation, nous avons procuré à nos soldats un équipement du plus haut niveau, avec des armes et une technologie dernier cri. En fait, la CRPF utilise les meilleures armes. Dans ce domaine, nous sommes bien au-dessus de nos adversaires. Nous utilisons également des drones pour observer les mouvements des guérilleros au sol’. Sur un total de 207 bataillons, environ 40% des forces sont déployées dans les régions où la guérilla est active. ‘Actuellement, toute notre attention porte sur les zones touchées par les actions maoïstes’.

Samedi, au cours d’une opération anti-naxalite, le 170ème bataillon de la CRPF a abattu un guérillero et a saisi une grosse quantité de matériel dans la région de Kachlaram, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale du district, Bijapru (Karnakata). Les autorités, ayant reçu un tuyau selon lequel une brigade armée de la guérilla stationnait dans un coin densément forestier du district depuis deux jours, ont envoyé le bataillon de la CRPF sur place. Celui-ci, arrivé sur les lieux, a commencé à encercler le groupe de guérilleros. Ceux-ci avaient néanmoins été alertés de l’avancée des soldats et ont donc immédiatement ouvert le feu à leur approche. La CRPF a répliqué, entraînant une violente fusillade de plus d’une heure à l’issue de laquelle les guérilleros sont parvenus à battre en retraite. Dans l’opération de ratissage organisée peu après par les soldats, ils ont découvert le corps d’un maoïste mort durant l’échange de tirs. Ils ont également retrouvé 23 détonateurs, une bombe, des munitions, un fusil et des articles d’usage quotidien.

Huit maoïstes ont été tués vendredi par les forces de sécurité qui en ont également capturé neuf autre à l’issue d’une fusillade féroce au cours d’un raid sur un camp d’entraînement de la guérilla. La fusillade s’est déclenchée lorsqu’une équipe conjointe de la police du district et de la Special Task Force ont pris d’assaut le camp situé dans une zone densément forestière relevant du poste de police de Bande (district de Kanker, Chhattisgarh). Le corps d’un guérillero a été récupéré par les policiers alors que les sept autres ont emmené par leurs camarades.

En novembre, Arundhati Roy a répondu à cinq questions concernant les élections et la politique en Inde. Dans ses réponses, elle dénonce le rôle joué par les politiciens corrompus, les grandes sociétés privées et les médias bourgeois. Celles-ci ont été publiée le 26 novembre dans le magazine ‘Outlook’. Ci-dessous, la traduction effectuée par nos soins.

Ceux qui ont tenté de changer le système au moyen des élections ont fini par être changé par lui – format pdf

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Les autorités indiennes ont annoncé que la récente opération Anaconda II déclenchée pour éliminer les maoïstes des forêts de Saranda devrait durer plus longtemps que l’opération du même nom menée en août-septembre 2011. Des sources haut placées ont affirmé qu’elles s’attendent à ce qu’elle dure largement plus que les trois mois initiallement annoncés. Anaconda II, impliquant 1500 soldats et fonctionnaires de la CRPF, du India Reserve Battalion, des troupes anti-naxales CoBRA, des Jharkhand Jaguar et de la Jharkhand Police, a été lancée le 9 décembre dernier. Elle a début dans la région de Thalkobad et ses 850 kilomètres carrés de jungle dans le district de West Singhbhum (Jharkhand), laquelle comprend 56 village. L’objectif principal d’Anaconda II est d’instiller la peur parmi les rangs maoïstes et d’assurer une présence sécuritaire. Selon un porte-parole des autorités, cette nouvelle opération fait suite aux récentes tentatives de la guérilla de se réimplanter dans le district et celles-ci veulent le libérer de toute présence maoïste: ‘Au cours de la dernière opération, nous avions détruit des camps. Cette fois, nous voulons en outre les affaiblir moralement’.

Jharkhand Jaguar

Jharkhand Jaguar

La police a annoncé que 27 maoïstes, parmi lesquels plusieurs commandants régionaux, s’étaient livrés aux autorités ce jeudi dans le district de Muzaffarpur (Bihar). Ceux-ci ont également rendu leurs armes, dont certaines très sophistiquées, ainsi que des munitions. Plus tôt cette année, 23 guérilleros s’étaient déjà rendus avec leurs armes dans ce même district de Muzaffarpur.

A la fin du mois dernier, la haute cour du Jharkhand avait autorisé la mise en liberté sous caution de Sushil Roy, cadre du CPI(m) détenu depuis 2005, en raison notamment de la dégradation de son état de santé. Agé de plus de 70 ans, il souffre d’un sévère cancer. Dès l’annonce de la décision, il a d’ailleurs été hospitalisé. Hier, il a été annoncé qu’à l’issue de son traitement, Roy serait réincarcéré. Les autorités ont déclaré qu’il serait transféré à la prison de Jhargram au Bengale occidental (il était jusqu’alors détenu à la prison de Giridih, dans le Jharkhand) en raison d’un mandat délivré par un tribunal de cet état. ‘Dès qu’il sortira de l’hôpital, nous l’emmènerons à Jhargram dans la mesure où un mandat est pendant à son encontre là-bas. Nous avons reçu la confirmation de la délivrance de ce mandat et donc nous ne pouvons pas le libérer même après la décision de la haute cour du Jharkhand’.