La 4e édition du Petit guide légal des manifestant.e.s vient de paraître. Il expose les informations de base, actualisées, relatives aux types de manifestations et d’arrestations, aux prises de photo ou d’empreinte, aux conditions des premiers interrogatoire etc. Les groupes qui désirent en disposer pour les distribuer à leurs membres et/ou aux participants à leurs activités peuvent se mettre en contact avec nous. Ont aussi été réimprimées des milliers de cartes « légal team » indiquant le numéro de la permanence et les liens vers diverses ressources anti-répression (dossier légal complet, liste des lieux de détention, etc.). Le Secours Rouge remercie la Fondation Marius Jacob pour sa contribution aux frais de ces rééditions.

Avis

Ce guide n’est pas une invitation à respecter la loi

Le travail anti-répression du Secours Rouge est partie intégrante de la lutte révolutionnaire anti-capitaliste. Si nous pensons qu’il est parfois envisageable d’utiliser les moyens légaux, nous savons qu’ils ne suffiront pas pour renverser l’ordre existant, puisque le droit ne fait qu’entériner un rapport de force social. Adopter les limites du droit bourgeois pour lutter contre le pouvoir de la bourgeoisie, c’est se couper le pied pour le faire entrer dans la chaussure.

Ce petit guide légal se contente d’aider à faire les choix pour savoir quand on franchit la ligne autorisant la répression légale (même si elle est souvent la première à ne pas respecter ses propres règles) et donc de prendre les dispositions d’usage, à commencer par l’anonymat.

Anonymat et photos

La police filme les manifestant·e·s à des fins de fichage, via des photographes en civil, des caméras fixes, des hélicoptères, des drones… Dans certains pays, la tradition militante est de ne pas se laisser faire : masques, calicots, expulsion des photographes à l’intérieur de la manif,… Si les cagoules sont interdites, les réglements corona imposent un masque qui couvre la bouche et le nez.

Photos prises par les manifestants

Le SR mène une campagne de sensibilisation sur les photos en manif. Un flyer explicatif, ainsi qu’un sticker affichable pour ne pas être photographié, sont distribués dans les manifs. Info : secoursrouge.org/no-photo

Filmer la police

On a le droit de filmer la police mais ils ne se laissent pas faire et peuvent prétexter une rébellion à posteriori. Les flics peuvent demander la carte d’identité. En revanche, la jurisprudence n’est pas claire concernant la diffusion de ses images.

Manifestations

Autorisée, interdite, tolérée

Le droit de manifester est garantit par la constitution, mais noyé parmi les règlements de police, communaux,… Les communes exigent une demande préalable, la plupart du temps acceptée par téléphone. Les manifestations non-autorisées peuvent être réprimées avant de commencer ou être tolérées.

Il y a deux zones où la tolérance est nulle : à -50m de toute ambassade/consulat (possible avec autorisation) et dans les “zones neutres” autour des parlements et de la chambre. Voir la carte détaillée sur le site du SR.

Les règlements coronavirus limitent les “rassemblements de personne” et peuvent servir de justification légale à la répression de tout type de manifestation.

Dans les lieux publics, la police le droit de :

  • Vous demander de prouver votre identité. En théorie vous pouvez le faire de n’importe quelle manière, en pratique ne pas montrer votre carte d’identité ou votre passeport mène souvent à une arrestation administrative.
  • Procéder à une “fouille de sécurité” superficielle et sans vous déshabiller, dans le cas où l’ordre public serait menacé. Personnes, sacs, voitures,… peuvent-être fouillés. Cela doit-être fait en moins d’une heure, la police ne peut pas vous forcer à monter dans un combi pour le faire. Les agents de sécurité (dont STIB et Securail) peuvent également procéder à cette fouille.
  • Procéder à une fouille approfondie si elle dispose d’un mandat d’arrêt. La fouille peut durer 6h, vous pouvez y être déshabillé·e. Un examen de l’intérieur du corps ne peut être opéré que par un médecin mandaté.
    Les fouilles doivent être faites par un agent du même sexe, sauf en cas de fouille judiciaire s’il n’y a pas assez d’agents disponibles.

Ce qui est interdit

Rébellion

Un délit dont les policiers n’hésitent pas à se servir. C’est une résistance avec violence (même légère), ou menaces (le policier craint un danger réel et imminent) contre les forces de l’ordre qui agissent pour exécuter les lois. Ceci comprend les cas où vous vous débattez alors que vous êtes maintenu·e par un policier, vous frappez un policier hors légitime défense, ou vous foncez sur un barrage de police. Il y a circonstance aggravante si vous êtes en bande (2 ou +) et si vous êtes armé·e (une pancarte suffit).

Refuser d’obéir à un ordre n’est pas de la rébellion : vous pouvez vous coucher par terre et vous laisser trainer (il faudra 2-3 policiers pour vous déplacer), vous enfermer dans un refuge, vous enfuir pour échapper à l’arrestation, garder le silence.

Calomnie

La peine encourue est de huit jours à un an d’emprisonnement et une amende. La dénonciation calomnieuse est punie par un emprisonnement de quinze jours à six mois et une amende. Ce qui constitue la calomnie est évalué par le tribunal.

Emploi de la force

Un policier peut recourir à la force moyennant trois principes : légalité (objectif et cadre prévus par la loi), nécessité (il ne doit pas avoir d’autres moyens d’accomplir son objectif), proportionnalité (il ne peut pas utiliser plus de force qu’il n’en faudrait). Il doit également avertir qu’il va faire usage de la force sauf si cela rend l’action inopérante.

Un policier peut utiliser son arme dans trois cas : légitime défense, contre une/des personnes armées ou très probablement armées, en cas d’absolue nécessité pour défendre les personnes/biens/lieux confiés à sa protection.

Résistance

Si un policier commet une illégalité grave et flagrante vous pouvez l’en empêcher, même par la violence. Cette violence doit être nécessaire et proportionnelle. Ceci est très théorique, dans le cas d’un passage au tribunal la police aura un dossier en béton, vous devez être en mesure de prouver que l’usage de la violence était légitime. Deux notions juridiques rentrent en jeu ici : la légitime défense et la violence excusée par la provocation. Nous renvoyons ici à notre version longue de notre guide pour plus de détails.

Types d’arrestation

Administrative

La police use souvent de ce type d’arrestation sous prétexte de menace à l’ordre public, parfois préventivement. Il n’y a pas de mandat d’arrêt, vous êtes privé·e de liberté pour max 12h. Vous n’avez ni le droit à un·e avocat·e, ni de prévenir que vous êtes là, sauf si vous êtes mineur·e. En cas d’arrestation administrative, on ne peut rien faire d’autre que de prendre son mal en patience.

Les étranger·e·s en situation irrégulière peuvent être privé·e·s de liberté durant 24h. L’arrestation administrative en cas de troubles sur la voie publique en état d’ivresse est quant à elle limitée à 6 h.

Judiciaire sans mandat

Le procureur du roi est prévenu, la durée maximale de privation de liberté est portée à 48h. Ce type d’arrestation a lieu en cas de flagrant délit et permet plus de choses aux policiers, comme : perquisition nocturne, fouille corporelle, surveillance des communications.

Judiciaire avec mandat

Le procureur du roi ou un juge d’instruction en décide, vous êtes entendu dans les 48h par un juge d’instruction qui peut décider de délivrer un mandat d’arrêt et vous faire mettre en prison. Dans ce cas, exigez un·e avocat·e : même s’il est peu probable que la police respecte ce droit.

Coup de téléphone

Vous avez le droit de prévenir quelqu’un·e pourvu que cet appel ne risque pas de nuire à une éventuelle enquête judiciaire.

Interrogatoire

“Rien à déclarer”

Un interrogatoire signifie en général qu’il n’y a pas assez de preuves. N’ayez pas peur : le véritable danger est qu’ils soient en train d’en récolter. Ne les aidez pas. Vous n’avez rien à déclarer.

Quoique la police vous demande, vous pouvez et devriez refuser de répondre, garder le silence et expliquer que vous n’avez rien à dire. Ce refus ne peut être considéré comme un aveu. Si vous faites malgré tout une déclaration, vous avez le droit de relire, de modifier, d’ajouter et d’en recevoir une copie. Vous n’êtes pas obligé·e de la signer. Il n’y a pas d’exception à ces droits.

Les règles sont les mêmes face au juge d’instruction.

Informez vos co-détenu·e·s sur ce point en prêtant garde aux éventuels policiers en civil, micros ou co-détenu·es bavard·es qui pourraient se trouver dans la cellule.

Avocat·e

Vous y avez droit si vous êtes inculpé·e. Votre avocat·e est votre allié·e dans le cadre du droit et veut votre libération. Mais ne perdez pas de vue les enjeux politiques et collectifs. Il vaut mieux perdre sur le terrain légal que de charger vos co-détenu·es ou de perdre sur le terrain politique.

Sanctions Administratives Communales

Les SAC permettent aux communes de punir d’amendes (50 à 350€) à peu près tout comportement, y compris les “rassemblements non-autorisés”. Ces sanctions ne dépendent que d’un “fonctionnaire sanctionnateur” qui base sa décision sur le rapport de l’agent communal ou policier qui a constaté l’infraction. Les SAC s’appliquent dès 14 ans et sont contestables.

Photos, empreintes, ADN

Au commissariat, la police a-t’elle le droit de prendre :

  • Des photos de vous ? Oui, la police a le droit de prendre en photo les personnes arrêtées, administrativement ou judiciairement.
  • Vos empreintes ? Uniquement en cas d’arrestation judiciaire.
  • Votre ADN ? Uniquement en cas d’arrestation judiciaire et à la demande d’un juge d’instruction.

Les polices ont un charroi énorme et extrêmement diversifié.
Cet article se limitera aux types de véhicules susceptibles d’être rencontrés lors des manifestations.
Une connaissance de ceux-ci vous permettra de mieux apprécier la situation et, au besoin, de mieux informer qui de droit.

1° Généralités

Police fédérale et polices locales.
La sérigraphie des véhicules de ces différents services est lettrée de la même manière mais avec des couleurs et un logo spécifiques. Quatre lignes partent de l’extrémité du véhicule jusqu’au bas de caisse situé à proximité de la roue la plus proche de cette extrémité.
Police Fédérale : Trois bandes bleu foncé, une bande orange sur les côtés et deux bandes orange à l’avant et à l’arrière.
Police Locale : Trois bandes bleu foncé, une bande bleu ciel sur les côtés et deux bandes bleu ciel à l’avant et à l’arrière.
Deux lignes de la couleur propre au service se trouvent également sur le capot et le coffre du véhicule.

Ci-dessous: à gauche un 4X4 de la police fédérale, à droite un combi d’une police locale

Le présence de la police fédérale en renfort des policiers locaux est une indice de l’importance accordée par les services de police à la manifestation: soit en raison de son ampleur, soit en raison des incidents potentiels.

Le maintien de l’ordre est, dans la police fédérale, d’abord l’affaire du Corps d’intervention.
Il compte environ 500 hommes réparti en 11 détachements d’une cinquantaine d’hommes (par province et pour les grandes villes dont Bruxelles). Si les véhicules portent encore parfois « Réserves générale », celle-ci n’existe plus en tant que telle. Ses effectifs ont été versés au « Corps d’intervention » et marqués comme tel (d’un côté Police/Corps d’intervention, de l’autre Politie/interventiecorps).

Le Corps d’intervention a une réserve de 50 hommes qui est basée à Bruxelles.
Ce sont donc cent hommes formés à la répression des manifestations qui sont basé à Bruxelles en permanence.
Ceux-ci bénéficient de l’appui des 600 policiers de la Direction Sécurité Publique, qui offre toute une série de « service » allant de l’installation de barrage sur les rues à la gestion des images fournies par les arroseuses, l’installation de PC mobile ou la gestion du CRPA, le Centre de rassemblement pour personnes arrêtées, dans la caserne Géruzet à Etterbeek.

La police belge est en voie d’adopter le marquage « Battenburg » sur ses véhicules, soit un damier jaune et bleu, à l’anglaise. Ce nouveau look, déjà en vigueur à Anvers fin avril 2021, est testé dans plusieurs zones de police du pays, dans le cadre d’un projet pilote. Les grosses unités de la police fédérale suivront.

 

2° Les monospaces du Corps d’intervention

Leur présence près d’une manifestation indique presque toujours une force plus importante prête à intervenir.
Peugeot 807 du Corps d’intervention (trois exemplaires):

VW Jetta du Corps d’intervention (deux exemplaires):

Opel Zafira du Corps d’intervention (trois exemplaires):

 

3° Motos, motocyclettes, patrouilleuses et combis des polices locales

Dans les manifestations, elles servent à l’observation, au blocage de la circulation, à ouvrir et à fermer la marche du cortège.
Il peut y avoir des véhicules (voiture ou motos) banalisées dans le dispositif, servant à l’observation..
Elles sont de dizaines de types différentes possibles.

4° Combi et minibus: ne pas confondre

Il ne faut pas confondre ces minibus avec ce que l’on appelle les « combis ».
Combi vient de l’abréviation du mot allemand Kombinationenwagen, et a d’abord désigné l’utilitaire VW à moteur de coccinelle. Si l’acception la plus restrictive réserve le terme « combi » aux utilitaires VW de cette génération, une acceptation plus large désigne ainsi toutes les utilitaires VW héritiers (la gamme Transporter).
Dans l’acceptation « policière », combi désigne une camionnette dont l’arrière est partiellement aménagé en espace bureau, de telle sorte que les policiers peuvent y procéder à des auditions, procéder à des alcootests, etc.
Certains modèles de véhicules peuvent servir à l’un comme à l’autre, comme les très courants VW Transporter T5 et T6, utilisés généralement comme combi, est aussi utilisé comme minibus pour le transport du personnel.
En règle générale, les minibus sont allongés et ont le toit rehaussé, etc.
Bien entendu, en cas de grande mobilisation, des combis peuvent être mobilisés, et parfois appartenant à des services â priori étrangers au maintien de l’ordre.

Un combi:

Un minibus:

Deux combis de la Police des chemins de fer mobilisés, pour leur plus grand malheur, à une manifestation des Gilets Jaunes:

5° Les minibus

Parqués généralement hors de vue mais à proximité immédiate de la manifestation, ils transportent les policiers susceptibles d’intervenir en « robocop ».
On a un indice de l’imminence d’une intervention selon que les policiers soient entièrement équipés (casque sur la tête) ou non.

Minibus Renault Master (14 exemplaires) de l’Openbare veiligheid (Sécurité publique):

VW Transporter 5b rehaussés (trois exemplaires) du Corps d’intervention:

Certains de ces véhicules sont spécialement équipés pour amener les policiers au plus près de l’affrontement, où de les appuyer dans l’affrontement en faisant barrage. Ces véhicules ont des protèges phares, des grilles amovibles pour protéger les vitres ainsi qu’une peinture ignifuge (à l’aspect granuleux).

Mercedes Sprinter rehaussé et protégé (remarquez le plexi qui protège les phares):

Usage tactique classique du minibus protégé: le barrage des rues

6° Les transporteurs blindés IVECO

Les Iveco 40 Turbo Daily 4×4 sont des transports de personnel blindés et protégés (peinture ignifuge), ils peuvent amener du personnel au plus près de l’affrontement et donner de la solidité à un barrage ou à une charge de police.

Cet IVECO porte encore la marque de l’ancienne Réserve générale. Ces véhicules sont anciens et en voie de retrait:

 

7° Les blindés Shortland 300

A la différence des IVECO blindés, ils n’ont pas pour mission de transporter du personnel, mais de barrer les rues ou de forcer les barricades:

 

8° L’arroseuse Ziegler

Ces 12 camions sont équipés de 2 jets et comprennent 4 membres dans la cabine: le chauffeur, le chef de bord, et 2 opérateurs pour chacun des jets. Arroser n’est qu’on partie de leur fonction: elles jouent aussi le rôle de poste d’observation blindé avec une caméra dans chaque canon à eau, et une troisième sur mat télescopique, sur le toit, derrière la cabine. Les images peuvent être envoyées vers le centre de commandement.

9° Bus pour le transport de manifestants arrêtés

De type IVECO GX 337, ses vitres sont revêtues de telles sorte qu’on puisse voir du dedans vers l’extérieur mais pas le contraire. Il est aménagé en cellules et est équipé à l’intérieur d’un système de caméras (voir ici notre dossier sur les lieux de détention).

10° L’U.M.S. Viséo

L’U.M.S. Viséo est une tour d’observation mobile, déployable à quatre mètres de hauteur,  adopté par la police de Bruxelles. Equipé de caméras embarquées, l’U.M.S. Viséo peut être stationné et s’élever sans pilote pour compléter provisoirement un dispositif de vidéosurveillance fixe. Il peut enregistrer ou transmettre en direct par 4G les images vidéo ainsi récupérées. Silencieux car électrique, l’U.M.S. Viséo se déplace en toute discrétion et peut être équipé de caméras infrarouges ainsi que de projecteurs longues portées.

11° L’unité anti lock-on

Ce Toyota Hilux est celui de l’unité anti-lock-on, spécialisée dans l’extraction de manifestants s’attachant ou s’enchainant à des grilles, des rails, etc.

12° Brigade canine

La police de Bruxelles (mais aussi celles des autres zones de police de la région bruxelloise) a une brigade canine. Elle roule dans en Volkswagen Caddy facilemeznt reconnaissance aux grands autocollant à tête de berger allemand.

13° Les hélicoptères

Ils sont de deux type, l’Explorer, bimoteur, généralement déployé pour les manifestations. Il est équipé de caméras susceptibles de produire des images capables d’identifier un manifestant.
Le 520, monomoteur et moins bien équipé en optronique, est davantage utilisé hors des villes (surveillance du trafic routier etc.)

Mc Donnell Douglas 902 Explorers (5 exemplaires):

Mc Donnell D:ouglas 520N – monomoteurs (deux exemplaires):

 

14° Les drones

La DAFA, la Direction de l’Appui Aérien) possèdent cinq drones.
L’administration régionale Bruxelles Prévention et Sécurité (BPS) en a acquis six pour des missions en extérieur (et deux pour des vols à l’intérieur des bâtiments). Ils sont mis en oeuvre par la Direction de Coordination et d’Appui (DCA) de la Police fédérale.
Leur optronique est inférieure à celle des hélicoptères

Ci-dessous: un drone de la DAFA. Remarquez les feux de navigation: rouge à babord et vert à tribord. Si vous voyez les feux vert à gauche (et donc les rouges à droite), le drone avance vers vous, si vous ne voyez que des feux verts ou rouges, il est de profil par rapport à vous.

Ci-dessous: un drone de BPS

Type d’image prise par un drone

15° Le camion-barrière

Dernier venu dans l’arsenal anti-manifestation, acquis par la zone de police Bruxelles ville/Ixelles

 

 

 

Les mobilisations contre la brigade Uneus de la zone de police Midi nous amène à proposer ce dossier pour faire le point sur cette brigade et de cette zone (dossier actualisé le 20 juin 2021).

1. Comment fonctionne une zone de police?

Comme tout service public, une zone de police est l’interaction : d’une administration au sens large (les fonctionnaires) ; d’instances politiques, législatives et exécutives ;  de moyens financiers. Les instances politiques sont toujours de deux ordres : législatif et exécutif. Le législatif contrôle l’exécutif, auquel certaines compétences peuvent être déléguées (en matière de personnel par exemple), mais garde la main sur les aspects budgétaires. L’exécutif met en œuvre et est le seul habilité à donner des injonctions à l’administration, en particulier envers le chef de corps de la zone.

Le législatif d’une zone de police est le conseil de police. Il est composé de conseillers communaux des communes de la zone en proportion de la taille de la population. La zone Midi regroupe les communes d’Anderlecht, Forest et Saint Gilles. Anderlecht y est majoritaire. Forest et Saint Gilles ont le même nombre de conseillers. Formellement, ces conseillers sont élus parmi leurs pairs au terme d’un scrutin un peu compliqué (chaque conseiller dispose de plusieurs suffrages). En pratique, les partis forment alliance pour modifier un tout petit peu l’équilibre strictement proportionnel.
Contrairement à ce qui se passe dans les conseils communaux, il n’y a pas de majorité politique fixe au conseil de police, puisqu’il est possible qu’un parti soit dans la majorité dans une commune et dans l’opposition dans une autre. À noter : les majorités des trois communes sont identiques, PS-ECOLO ou ECOLO-PS (à l’exception du CDH qui est embarqué avec le PS à Anderlecht).

Dans la pratique, les séances du conseil de police sont essentiellement consacrées à des attributions de marchés publics, dont certains consistent en des adhésions à des centrales d’achat fédérales. Il peut y avoir des interpellations des conseillers sur des sujets généraux. Comme dans les conseils communaux, il peut y avoir des interpellations du public, qui sont cadrées par un règlement. Les aspects liés au personnel (nominations, retraites,…) se tiennent à huis-clos. Le chef de corps participe aux réunions du conseil et est invité par le président à répondre le cas échéant. Le secrétariat est assuré par un fonctionnaire de police.

Le conseil de police se réunit à une fréquence similaire à celle d’un conseil communal (tous les mois/toutes les six semaines).
Les conseillers communaux (2018 – 2024) du Conseil de Police sont :

  • Pour Anderlecht (14) : Sunny MOHAMMAD AAMIR NAEEM (PS-CdH-Spa) ; Safouane AKREMI (PS-CdH-Spa) ; Sofia BENNANI (PS-CdH-Spa) ; André CRESPIN (PTB) ; Isabelle DE CONINCK (ECOLO) ; Amin EL BOUJDAINI (MR) ; Abdurrahman KAYA (PS-CdH-Spa) ; Alain KESTEMONT (DEFi) ; Mohammed KHAZRI (PS-CdH-Spa) ; Lofti MOSTEFA (PS-CdH-Spa) ; Sofia SEDDOUK (ECOLO) ; Achille VANDYCK (MR) ; Gaëtan VAN GOIDSENHOVEN (MR) ; Julie VAN LIERDE (ECOLO).
  • Pour Forest (6) : Catherine BEAUTHIER (ECOLO) ; Alexander BILLIET (open-VLD) ; Séverine DE LAVELEYE (ECOLO) ; Caroline DUPONT (PS) ; Nadia EL YOUSFI (PS) ; Dominique GOLDBERG (DEFi).
  • Pour Saint-Gilles (6) : Saïd AHRUIL (PS) ; Victoria de VIGNERAL (Indépendante) ; Francesco IAMMARINO (ECOLO) ; Fabrice MPORANA (ECOLO) ; Yasmina NEKHOUL (PS) ; Suzanne RYVERS (GROEN).

L’exécutif d’une zone de police est le collège de police. Il est composé des bourgmestres des communes. Dans la zone Midi, la présidence du collège de police est tournante (ce n’est pas le cas par exemple dans la zone Bruxelles-Ville-Ixelles puisque Bruxelles est cinq fois plus grand qu’Ixelles). Les réunions du collège ne sont pas publiques. Elles ont lieu toutes les deux semaines. Le chef de corps et le Secrétaire de zone y participent également. Les aspects disciplinaires y occupent une place très importante. Dans le cas de gros événements (sportifs ou grosses affaires criminelles), certains points concrets sont abordés.

L’administration est constituée par le personnel de police, en ce compris sa propre administration (finances, personnel, logistique,…) sous la direction du chef de corps. En principe, les administrations sont assez autonomes par rapport au politique. Dans le cas de la police, ça tourne carrément à la roue libre. Il y a plusieurs facteurs qui expliquent cela. Il y a d’abord la dilution liée au fait qu’il y a plusieurs communes (dans une commune, le bourgmestre et les échevins travaillent plus directement avec leur administration). Il y a ensuite le fait qu’il s’agisse de questions de sécurité ; donc, le politique n’a pas trop envie de se retrouver avec des « problèmes » qui lui serait collés en raison de mesures qu’il aurait prise ; à titre d’exemple, Yvan Mayeur a eu énormément de problèmes à partir du moment où il a fait installer des caméras de surveillance dans les commissariats suite à certaines bavures retentissantes. Il y a enfin le manque d’intérêt.

Les finances des zones de police sont alimentées par des dotations communales (une dotation est une forme de subside mais qui ne doit pas être justifié). Ces dotations sont de gros postes dans les budgets communaux, en général après celles aux CPAS et loin derrière les frais de personnel. Dans le cas de Forest, 50 % du budget communal était engagé pour la rémunération du personnel, 17 % pour le CPAS et 13 % pour la zone Midi. Différence notable entre CPAS et zone : la négociation de la dotation au CPAS fait l’objet d’une discussion politique lors de la discussion du budget. La Commune doit toujours équilibrer le budget puis le compte (après clôture de l’exercice) du CPAS. Sur le principe, c’est la même chose avec les zones de police. En pratique, la gestion budgétaire est un foutoir sans nom, on y approuve les comptes des années après et le budget est un gros exercice de vogelpik.

L’essentiel du personnel d’intervention est alloué à Anderlecht. Les brigades de modèle « koban » (cf ci-dessous) telle Uneus sont des unités financées (en partie) directement par les communes, de façon à avoir « leur » personnel sur place. Il y a un esprit de corps assez fort. En gros, ils font un peu ce qu’ils veulent. Il y a des masses de policiers qui viennent de province, notamment pour bénéficier d’avantages financiers, et qui ne connaissent absolument pas les endroits où ils travaillent.

2. Une vieille et vaste pétaudière

La zone de police Bruxelles Midi est l’une des plus importante du pays (951 policiers). Elle a sur les bras la gestion des quartiers populaires, d’une politique de gentrification, la lutte contre le radicalisme islamique, des grands événements (Forest National), une gare internationale, deux stades de football dont un de première importance (avec les holligans du O-Side en prime), deux prisons, etc.

La zone de police Midi a une vieille histoire de panier de crabes dysfonctionnant. En avril 2016, son chef de corps Alphonse Peeters, a été muté à l’Office d’information policière. Il s’agissait d’une mise à l’écart « d’une manière honorable » en raison de son incompétence à gérer la zone de police, tant au niveau financier, avec une dette colossale, qu’au niveau du personnel. Exemple de l’incompétence d’Alphonse Peeters : lorsque la police de la zone a été mise en grosse difficulté lors de la manifestation nationale de novembre 2014 (120.000 manifestants, des affrontements entre la gare du midi et la porte de Hal, avec des dizaines de manifestants et de policiers blessés et une dizaine de voiture incendiées), Alphonse Peeters n’était pas sur le front mais bien en train de manger au restaurant pendant tout l’après-midi. La charge de la dette s’élevait, en décembre 2013, à près de 1,8 million d’euros. Trois ans plus tard, elle atteignait presque les 3 millions d’euros.

Patrick Evenepoel fait fonction de chef de corps de la zone de police Midi depuis le départ d’Alphonse Peeters mais les choses ne vont pas en s’améliorant. Selon un rapport de l’Inspection Générale de Police publié rendu en août 2018, la zone de police Bruxelles-Midi serait toujours confrontée à de nombreux dysfonctionnements : conflits interpersonnels, faiblesses du pouvoir central, problème de management, démotivation des agents et d’absence de stratégie… D’autres tensions existent: comme les accusations de « flamandisation » délibérée (à la division d’Anderlecht, 5 directeurs sur 6 fonctions étaient néerlandophones).

En septembre 2019, un nouveau rapport de l’Inspection Générale de Police dénonce l’absence de structure forte, les difficultés à atteindre les objectifs, le manque de concertation et la démotivation des agents. Le taux d’absentéisme au sein de la police de Bruxelles Midi est énorme, en avril, on parlait déjà d’un peu moins ou d’un peu plus – selon les jours – de 200 malades parmi les 951 membres du personnel ! Le rapport de septembre 2019 expose que les brigades type Uneus ne font l’objet d’aucune évaluation autre que statistique, et que de nombreux postes de commissaires sont attribués sans que les compétences soient rencontrées, ce qui oblige les cadres moyens à assumer une charge de travail pour laquelle ils ne sont pas formés.

Stratégiquement, le rapport souligne que le caractère zonal de la police est plutôt secondaire pour les bourgmestres qui consacrent leurs moyens à des missions sur le territoire de la commune plutôt que de tenir compte d’une approche globale. Forest et Saint-Gilles tendraient à décentraliser une série de services à leur profit. Résultat : la zone de police Midi fonctionne nettement en faveur des deux plus petites communes, alors qu’Anderlecht rassemble quasiment 50 % de l’ensemble de la population de la zone.

3. Le combat des chefs

Patrick Evenepoel faisait fonction de chef de corps de la zone de police Midi depuis avril 2016. Depuis que son prédécesseur, Alphonse Peeters, a pris la direction de Bruxelles Prévention et Sécurité. Au terme d’un examen validé par un jury présidé par le président du collège de Police, Eric Tomas (PS), bourgmestre d’Anderlecht (depuis remplacé par Fabrice Cumps), ce même Patrick Evenepoel, commissaire divisionnaire et chef de corps faisant fonction depuis trois ans et demi, arrive en tête, suivi, à la deuxième place, de Jurgen De Landsheer.

Patrick Evenepoel (58 ans) était notamment le candidat de Piqué et a une réputation de tout-répressif. C’est un policier issu du rang. Il a gravi un à un les échelons de la hiérarchie policière anderlechtoise. Simple agent en 1983, il devient sept ans plus tard commissaire adjoint, puis commissaire de police en 1996. En 2000, il devient le commissaire en chef de la police d’Anderlecht.


Jurgen De Landsheer (43 ans) a une réputation de partisan d’une police de proximité. Après sa formation à la Gendarmerie à la fin des années nonante, De Landsheer commence sa carrière au sein de la Brigade d’Anderlecht. Suite à la réforme de la police, il est rattaché à la Zone de Police Midi en tant que responsable du Quartier Midi dont le territoire comprend la Gare du Midi et ses alentours. Quelques années plus tard, Jurgen De Landsheer sera nommé à la tête du Service Intervention de la Division Saint-Gilles-Forest.

En 2008, il devient officier de liaison au Ministère de la Justice où lui seront principalement confiés les dossiers suivants : les nouvelles prisons, le transport de détenus et la médiation lors d’actions syndicales au sein des établissements pénitentiaires. Jurgen De Landsheer occupait son deuxième mandat de Chef de Corps de la Zone de Police Grammont/Lierde avant d’intégrer la Zone de Police Midi.

Selon la procédure, il revient ensuite au conseil de police de désigner formellement le nouveau chef de corps par un vote à bulletin secret. Alors qu’en règle générale, les conseillers suivent l’avis du jury, ce ne sera pas le cas ici. Le 24 septembre 2019, c’est Jurgen De Landsheer qui recueillera la majorité des voix (17 sur 29). Plutôt inhabituel, et un affront pour Charles Piqué. Un certain nombre de conseillers était mécontent du travail de Patrick Evenepoel. C’est à ce moment que place l’incident tragi-comique de Patrick Evenepoel et de ses sbires sortant en crise de rage de la séance et détruisant la barrière du parking  de la Maison communale d’Anderlecht en tirant dessus avec une arme de service…

De Landsheer est donc désigné. Encore faut-il motiver la décision, et c’est in fine au ministre de l’Intérieur de la valider. Pour ce faire, le conseil de police fait appel à deux avocats qui rédigent un avis juridique. Celui-ci servira de base à la motivation adoptée le 21 octobre et envoyée ensuite au ministre de l’Intérieur. Problème : la décision du conseil de police de présenter De Lansheer comme chef de corps est annulée le 28 novembre par le ministre, qui juge la motivation insuffisante. Conséquence : le conseil de police doit produire une nouvelle motivation. Et la nomination est reportée à plusieurs mois, et en attendant, Patrick Evenepoel reste faisant fonction.

Au mois de septembre, un rapport de l’Inspection générale de police fuitait dans la presse … le jour-même où le nouveau chef de corps devait être désigné. Le document faisait état de problèmes de management, de conflits interpersonnels, et d’absence de structure forte. Il y a des querelles interpersonnelles à la direction de la zone mais aussi entre les trois bourgmestres (Eric Tomas puis Fabrice Cumps (PS) pour Anderlecht; Charles Picqué (PS) pour Saint-Gilles et Stéphane Roberti (Ecolo) pour Forest) qui ne partagent pas la même ligne quant à la remise en question du travail zonal, au profit d’une décentralisation larvée. Les tensions existent également entre le politique et la zone.

La candidature de Jurgen De Landsheer à la tête de la zone de la police Midi (Anderlecht, Forest, Saint-Gilles) a une nouvelle fois été recalée début juin par le ministre de l’Intérieur, Pieter De Crem. L’affaire connait une fin définitive le 22 juin 2020 avec la validation finale de la nomination de Jurgen De Landsheer.

4. La fondation de l’Uneus

La commune de Saint-Gilles est à l’initiative, en juillet 2012, d’un « koban ». Un kōban (交番, « intersection-garde ») est un petit poste de police de proximité au Japon où il en existe plus de 6.000. Le concept s’est exporté. Une petite brigade de police de proximité visant à assurer prévention et sécurité dans la zone de Midi a été créée dans le cadre du dispositif UNEUS (pour Union pour un environnement urbain sécurisé). C’est un projet pilote de la commune de Saint-Gilles, une créature de Piqué.

L’Uneus se compose de 30 policiers opérant 7/7 en trois équipes de 8 inspecteurs et un inspecteur principal chargé de l’encadrement. La commune de Saint-Gilles a financé l’engagement de 8 inspecteurs supplémentaires, et un glissement interne permet de compléter l’effectif. Les inspecteurs du service d’intervention et de la BAC travaillent aussi dans le cadre d’UNEUS (même s’ils ne sont pas dans la brigade)

Le volet policier d’Uneus rassemble : la commune, la zone de police Midi, le directeur-coordinateur-administratif Dirco de Bruxelles, la police fédérale et le parquet de Bruxelles. Son objectif, tel que défini dans la convention de partenariat : « Œuvrer activement et de manière solidaire à une amélioration de la qualité de vie et au maintien d’un cadre de vie harmonieux et sûr à long terme dans les périmètres d’action définis (couvrant initialement la gare du Midi, la place Bethléem, le square Jacques Franck et le parvis de Saint-Gilles). » Pour y parvenir, le bourgmestre socialiste Charles Picqué dégage une somme annuelle de 400.000 euros de dotation supplémentaire en faveur de la zone de police Midi. En 2015, le projet reçoit le prix « David Yansenne » (décerné par Rudy Vervoort, ministre-président de la Région), qui vise à récompenser les « projets remarquables en matière de prévention et de sécurité ». Plus largement, le projet Uneus se présente comme un projet « intégral et intégré » réunissant différents partenaires impliqués dans la gestion des politiques urbaines : services prévention, environnement, jeunesse et cohésion sociale de la commune, secteur associatif.

Uneus est un projet pilote mais pas un cas unique. Forest a créé son koban Silva (Forêt en latin, avec une vingtaine de policiers) et Anderlecht a un moment suivi avec le koban Virtus (Vaillance en latin, pour le quartier de la place de la Vaillance – ce sont deux agents de ce koban qui ont tué le jeune Adil). Les policiers des kobans peuvent être détachés dans d’autres communes (par exemple, suite aux incident de Peterbos en août 2018, un détachement spécial a été formé de trois inspecteurs de police détachés du service d’intervention, trois inspecteurs de police détachés du koban Virtus et un inspecteur de police détaché du koban forestois Silva.

Les policiers d’Uneus ont été recrutés sur une base volontaire et en fonction de leur expérience. Leur travail de proximité exige théoriquement une connaissance pointue des quartiers dans lesquels ils opèrent, la finalité étant de créer une relation de confiance avec les habitants et de collaborer avec différents acteurs dans l’esprit du « community policing », reposant sur l’implication des institutions et services locaux. Mais loin de se comporter en police de proximité, le koban Uneus va se comporter en armée d’occupation, d’autant que ces policiers sont souvent des provinciaux attirés à Bruxelles par des primes, étrangers à la commune et à sa poplation.

Le commissaire de la brigade Uneus est Filip Bombaert.

Son supérieur est le commissaire Gabriele Evangelisti (photo ci-dessous), chef de corps de la division Saint-Gilles à la zone de police Midi.

5. Les exploits de l’Uneus

Depuis la fondation de l’Uneus, les jeunes du quartier, notamment du square Jacques Franck, subissent des violences et des humiliations. Les témoignages d’une vingtaine d’entre eux ont été compilés dans le rapport du délégué général des Droits de l’enfant sorti l’automne 2018. Dents et bras cassés, gifles, insultes racistes ou homophobes, contrôles d’identité abusifs, arrestations arbitraires, usage disproportionné de la force sur des jeunes déjà menottés, étranglements ou étouffements… À ces témoignages s’ajoutent ceux des parents : perquisitions sauvages, maman plaquée au sol alors qu’elle ne faisait que « demander ce qui se passait », menaces, notamment lorsque des citoyens évoquent la possibilité de porter plainte, humiliations de parents devant leurs enfants etc.

Le Collectif des Madre fait une première interpellation citoyenne en mars 2018. Picqué, méprisant, réfute les faits. Les incriminations sont ensuite relayées par Écolo (alors dans l’opposition), mais aussi par la Ligue des droits de l’homme et le DGDE, qui se saisit du dossier et remet à la commune son rapport. Plusieurs mois plus tard, Picqué fournit un rapport d’une trentaine de pages en réponse au DGDE (rapport est également transmis au procureur du Roi de Bruxelles et au Comité P) : « À défaut d’éléments tangibles et en l’absence du moindre dépôt de plaintes, j’en arrive à la conclusion que ces témoignages sont non fondés. Les policiers du ‘Koban Uneus’ gardent donc toute ma confiance ».

Faute de plainte, le Comité P a classé l’affaire. Une plainte, il y en a pourtant au moins eu une celle d’un éducateur de l’AMO Itinéraires, John. Arrêté juste parce qu’il filmait une intervention policière. On l’a attrapé par le cou, on lui a pris son téléphone, ses images. Il a porté plainte au Comité P. Cela a été balayé. On l’a accusé d’incitation à l’émeute, mais l’accusation est tombée quand ils ont vu qu’il était soutenu par l’institution, qu’il avait un avocat…

Le 25 avril, l’Uneus fait encore parler d’elle. Une de ses patrouille arrête, insulte, humilie et frappe le fils d’une conseillère communale de Saint-Gilles présidente des logements sociaux de la commune (le Foyer du Sud) et ancienne membre du Conseil de police de la zone midi, Catherine François. Celle-ci, faisant face à l’omerta à l’intérieur du PS et de la commune lorsqu’elle veut s’en plaindre, poste sur Facebook une attaque directe et publique contre le policier qui a maltraité son fils: “Le confinement donne aux flics un pouvoir sans limite et libère les pulsions nazies de certains policiers de la Zone Midi qui insultent, humilient, frappent et violent nos jeunes en toute impunité. Le 5 mai, des policiers et une commissaire d’Uneus provoquent ouvertement les jeunes du square Jacques Franck (confisquant leur ballon de foot)  ce qui déclenche un début d’émeute où un policier tirera au flash-ball sur un père de famille.

Une 4e interpellation citoyenne au Conseil communal a eu lieu le 26 juin 2020 alors qu’un rassemblement se tient devant l’Hôtel de ville de Saint-Gilles. Face à elle, Piqué fait pour la première fois un semblant de marche arrière et fait valoir que les récépissés de contrôles d’identité, les bodycams sur les policiers et les formations spécifiques, demandés par les citoyens, figurent dans l’accord de majorité et que leur mise en œuvre a été retardée par la nomination du chef de corps. Il met en avant le prétendu travail de prévention avec la jeunesse et le programme « de proximité » existant et a précisé qu’un budget de 75.000 euros visait à faire évaluer en 2020 ces dispositifs de sécurité par un centre de criminologie ou une université. C’est la première fois qu’il est question d’une évaluation.

Survient ensuite, le samedi 15 août 2020, les violences fortement médiatisées faites par les policiers de l’Uneus à trois jeunes femmes victimes d’un harcèlement de rue et à un photographe témoin de la scène (une des jeunes femmes aura un poignet cassé). Violences suivies le 22 août d’une manifestation de plusieurs centaines de personnes revendiquant la dissolution d’Uneus. Une 5e interpellation verra l’envahissement de l’hôtel de ville et, à la 6e interpellation (le 28 octobre) il est enfin annoncé la dissolution de la brigade. La dissolution d’Uneus laisse cependant de nombreuses questions ouvertes. A commencer par ce qu’il adviendra de ceux de ses membres qui s’étaient distingués par leur brutalité, leur racisme et leur sexisme. Et la commune va toujours dans le sens d’une augmentation des moyens et des pouvoirs des policiers, comme en témoigne le vote, en octobre 2021, de l’octroi de bodycam aux policiers.

6. Et maintenant?

Charles Picqué avait annoncé au début de son mandat qu’il renoncerait à son siège à la moitié de son mandat, en mai 2022. Trois candidats s’étaient manifestés fin 2021 pour lui succéder : Cathy Marcus, actuelle échevine aux Affaires sociales et au Logement, Jean Spinette, Échevin de l’Enseignement et Myriem Amrani, Présidente du CPAS. Marcus était la candidate de Piqué à sa propre succession. Mais le vote organisé en décembre par la section socialiste de Saint-Gilles en décembre dernier a désigné Spinette.
Il en a résulté la démission de Marcus (en février 2022) et un rebattage des cartes.
Spinette a été le président du CPAS de St-Gilles de 2007 à 2018 (et président de la Fédération des CPAS bruxellois de 2013 à 2018) avant de devenir échevin de l’enseignement, des finances et… de la prévention.
Signe de mécontentement, Piqué n’a toujours cédé son siège.

Mais avec Spinette et Jurgen De Landsheer (et Marcus hors de leurs pieds), malgré quelques inamovibles comme le commissaire Erwin Zoete (en charge de St-Gilles), les partisans d’un infléchissement de la politique sécuritaire tiennent les manettes. Une refonte du service de proximité a rassemblé tous les éléments sous une seule direction, celle de Koen De Brandt, qui était précédemment commissaire dans la Zone Bruxelles-Nord (Schaerbeek, Evere, Saint-Josse). Reste à  voir si la volonté politique pourra s’imposer à l’inertie (voire la mauvaise volonté, voire le sabotage) des policiers.

En mars 2022, un inspecteur de la zone était arrêté dans le cadre d’une enquête du parquet fédéral contre les grands réseaux de trafiquant de drogues usant les communications cryptées Sky-ECC. Une perquisition a également eu lieu au commissariat de Forest… En attendant, les investissements policiers vont bon train. La zone va s’installer dans un nouveau commissariat en 2023 ou 2024. La nouvelle infrastructure sera le fruit, sinon d’une construction, d’une rénovation d’un bâtiment aux abords de la gare du Midi, proche du territoire des trois communes couvertes par la zone, Saint-Gilles, Forest et Anderlecht. Budget pour ce nouveau commissariat: 78 Millions d’euros.

1° Introduction

Lors d’arrestations de masse, les deux endroits les plus utilisés sont « Les casernes » (complexe de la police fédérale) et « L’amigo » (commissariat central de la police de Bruxelles).
A ces deux endroits s’ajoutent parfois: Le « RAC » (siège notamment de la police judiciaire) et le palais de justice qui disposent de nombreuses cellules.
En cas d’arrestation judiciaire un transfert peut vite avoir lieu vers la prison de Saint-Gilles, de Forest ou de Berckendael (pour les femmes).
Des détentions peuvent aussi se produire dans un des commissariats de la zone de police où l’arrestation a été opérée.
Voici la répartition des zones de police:

2° « L’Amigo »

C’est le commissariat central de la zone de police Bruxelles Capitale Ixelles. Il se situe près de la Grand Place, 30 rue du Marché au charbon.
C’est un immeuble assez ancien, partie pierre, partie brique, les personnes arrêtées y pénètrent souvent par le garage.
Il y a un accueil téléphonique: 02 279 79 79

3° « Les casernes »

La Caserne Lieutenant Général Baron de Witte et la Caserne Major Geruzet sont des anciennes casernes de cavalerie du XIXe siècle, en briques ornées de pierres. Excentrées, elles sont occupées par la Police fédérale et recèlent un complexe de vastes cellules équipé et adapté aux arrestations de masse.
294 boulevard Général Jacques, 1040 Bruxelles (Etterbeek).

3° Le « RAC »

C’est le siège de la police judiciaire, mais il s’y trouve un complexe cellulaire exploité par la zone de police locale Bruxelles-capitale/Ixelles.
C’est un bâtiment moderne de la dite « cité administrative », dans le centre ville.
Bâtiment « Polis », 202 rue Royale 202A à 1000 Bruxelles.

4° Le Palais de justice

Dispose aussi de nombreuses cellules, dans lesquelles sont transférées les personnes en arrestations judiciaires devant être entendues par un juge d’instruction.
Place Poelaert 1, 1000 Bruxelles.

5° La prison de Forest

Totalement évacuée au profit de la prison de Haren (novembre 2023).

6° La prison de Saint-Gilles

Presque totalement évacuée au profit de la prison de Haren.
La prison de Saint-Gilles est une maison d’arrêt.
Toutefois, elle héberge également un nombre limité de condamnés.
Avenue Ducpétiaux 106, 1060 Saint-Gilles
Accueil téléphonique: 02 543 58 26
Lien pour des renseignements supplémentaires (heures des visites etc.)

7° La prison de Berkendael

C’était la prison pour femmes jusqu’à ce qu’elles soient transférée à Haren après l’ouverture de la nouvelle prison.
C’est désormais une maison de détention destinée aux personnes condamnées à de courtes peines.
Les détenus y bénéficient d’un régime moins strict qu’au sein d’une prison ordinaire.
Rue de Berkendael 42-44, 1190 Forest
Accueil téléphonique: 02 349 32 11
Lien pour renseignements supplémentaires (heures des visites etc.)

8° La prison de Haren

Nouveau complexe pénitentiaire de Haren, destiné à remplacer les prisons de Forest, Saint-Gilles et Berkendael. Le centre comptera finalement 1190 places (ce qui ne permet pas d’accueillir le nombre de détenus actuels dans les trois prisons) réparties en plusieurs institutions: certaines réservées aux hommes, d’autres aux femmes, avec des régimes plus ou moins stricts, la structure pour la détention préventive,…
Adresse: R22, Woluwelaan, 1130 Bruxelles

9° Les commissariats de la zone de police Bruxelles Capitale et Ixelles

Outre l’Amigo déjà cité:
Direction de Proximité et d’intervention « Laeken », 246 Boulevard Emile Bockstael à 1020 Laeken: plus d’info
Direction de Proximité et d’intervention « Ixelles-Louise », 1 rue du Collège à 1050 Ixelles: plus d’info
Direction de Proximité et d’intervention « Neder-over-Hembeek/Haren », 130 avenue de Versailles: plus d’info
Commissariat de quartier « Europe », 10 boulevard Clovis: plus d’info
Commissariat de quartier « Dansaert », 6 rue du Houblon: plus d’info
Commissariat de quartier « Vieux Marché », 15 rue de l’Hectolitre: plus d’info
Commissariat de quartier « Nicolay », 8 rue Nicolay: plus d’info
Commissariat de quartier « Houba », 141 avenue Houba de Strooper: plus d’info

9° Les commissariat de la zone de police « Midi » (Saint-Gilles, Anderlecht et Forest)

Commissariat central de Saint-Gilles, 104 rue Antoine Bréart: plus d’info
Commissariat central d’Anderlecht, 36 rue Démosthène: plus d’info
Commissariat central de Forest, 30 rue du Curé: plus d’info
Commissariat de quartier, 2C avenue des Droits de l’Homme à 1070 Anderlecht: plus d’info
Commissariat de quartier, 2 rue Van Lint à 1070 Anderlecht: plus d’info
Commissariat de quartier, rue Victor Rauter à 1070 Anderlecht: plus d’info
Commissariat de quartier, 1 Parvis Saint-Gilles à 1060 Saint-Gilles: plus d’info

10° Les commissariats de la zone de police « Nord » (Schaerbeek, Saint-Josse et Evere)

Commissariat de police 1 « Rodenbach », 15 avenue Georges Rodenbach à 1030 Schaerbeek: plus d’info
Commissariat de police 2 « Hoedemaekers », 9 Square S. Hoedemaekers à 1140 Evere: plus d’info
Commissariat de police 3 « Roodebeek », 66 avenue de Roodebeek à 1070 Anderlecht: plus d’info
Commissariat de police 4 « Bériot », 2A rue de Bériot à 1210 Saint-Josse-ten-Noode: plus d’info
Commissariat de police 5 « Brabant », 82 rue de Brabant à 1210 Saint-Josse-ten-Noode: plus d’info
Antenne « Koban-Brabant », 2 rue Brichaut à 1030 Schaerbeek: plus d’info
Antenne « Haut-Evere », 52  v. du Cimetière de Bruxelles à Evere : plus d’info

11° Les commissariats de la zone de police « Ouest » (Molenbeek, Jette, Ganshoren, Berchem-Sainte-Agathe et Koekelberg)

Commissariat « Centre », 2 rue du Facteur à 1080 Molenbeek-Saint-Jean: plus d’info
Commissariat « Canal », 30A quai des Charbonnages à 1080 Molenbeek-Saint-Jean: plus d’info
Commissariat « Marie-José », 3 avenue De Rooveres à 1080 Molenbeek-Saint-Jean: plus d’info
Commissariat « Maritime », 22-24 rue François Mus à 1080 Molenbeek-Saint-Jean: plus d’info
Commissariat « Mettewie », 535 chaussée de Gand à 1080 Molenbeek-Saint-Jean: plus d’info
Antenne de quartier « Liverpool », 33 rue de Liverpool à 1080 Molenbeek-Saint-Jean: plus d’info
Commissariat de Jette, 11 place Cardinal Mercier à 1090 Jette: plus d’info
Commissariat de Ganshoren, 163 avenue Van Overbeke à 1083 Ganshoren: plus d’info
Commissariat de Berchem-Sainte-Agathe, 15 rue des Alcyons à 1082 Berchem-Sainte-Agathe: plus d’info
Commissariat de Koekelberg, 4 rue de la Sécurité à 1081 Koekelberg: plus d’info

12° Les commissariats de la zone de police Uccle/Watermael-Boisfort/Auderghem

Commissariat central « Marlow » (Uccle), 17 rue Rouge à 1180 Uccle: plus d’info
Commissariat Tritomas (Watermael-Boisfort et Auderghem), 7 rue des Tritomas à 1170 Watermael-Boitsfort: plus d’info
Antenne Fort-Jaco, 22 avenue du Fort Jaco à 1180 Uccle: plus d’info

13° Les commissariats de la zone de police « Montgommery » (Etterbeek, Woluwe-Saint-Pierre et Woluwe-Saint-Lambert)

Maison de police Etterbeek, 122 chaussée Saint-Pierre à 1040 Etterbeek: plus d’info
Maison de police Woluwe-Saint-Lambert, 15 rue François de Belder à 1200 Woluwe-Saint-Lambert: plus d’info
Maison de police Woluwe-Saint-Pierre, 100 rue François Gay à 1150 Woluwe-Saint-Pierre: plus d’info

14° Hors Bruxelles

Les étrangers en situations irrégulières peuvent être placé (s’il ne leur est reproché que leur situation irrégulière) au:
Centre de rapatriement 127bis, 300 Tervuursesteenweg à 1820 Steenokkerzeel
Téléphone: 02 759 42 99

Considérant les manifestations qui s’y déroulent en raison de la proximité du centre 127 bis nous ajoutons à cette liste:
Commissariat de Zaventem, 20 Hoogstraat à 1930 Zaventem: plus d’info

L’aéroport international de Zaventem possède son propre commissariat.
Les services de police de l’aéroport sont joignables en permanence via le numéro de téléphone centralisé : 02 709 66 66.

1. Pourquoi cette campagne ?

Suite à l’explosion de l’usage des appareils photo (smartphones, tablettes, drônes,…) par les manifestants, certaines personnes n’ont pas tout à fait conscience du danger qu’elles courent et font courir à d’autres en capturant des images et en les diffusant sur le net.

Un gréviste lançant un pavé (ou se tenant à côté d’un de ses camarades qui en ferait autant), une travailleuse qui aurait menti à son patron pour aller à une manifestation, des sans-papiers qui ne savent pas que l’Office des Etrangers tiendront leur activité politique en motif contre leur régularisation, un jeune manifestant qui s’est discrètement éclipsé face à des parents ou à des profs réactionnaires, militante antifasciste menacée par l’extrême-droite dans son quartier. Tous ces exemples, toutes ces « exceptions », nous les connaissons. Les manifestants prennent le danger de manifester face aux répressions policière, fasciste, patronale. Ils prennent le danger d’être fiché par la police et d’être filmé par des chaînes de télévision bourgeoises. Mais lorsqu’ils se retournent vers la manifestation, vers leurs camarades, ce sont certains manifestants qui le menacent, parfois sans même s’en rendre compte.

Certaines personnes argumentent que nous devons tous manifester à visages découverts dans les manifestations et que si les manifestants ne veulent pas être exposés aux yeux de tous, ils devraient se masquer, ayant ainsi le choix entre prendre un risque supplémentaire ou être interdit de manifestation. Dans d’autres cas, ce sont des gestes de rupture qui ne peuvent plus avoir lieu tant les téléphones et les perches à selfie sont omniprésentes.

Un coup de pied pour la banque, 50 photos pour la police...
Un coup de pied pour la banque, 50 photos pour la police…

S’il est clair que les images des luttes doivent circuler et servir à partager les informations ainsi qu’à la propagande, le problème ne doit pas être retourné : la photographie doit rester un outil du mouvement social, et pas l’inverse. Trop souvent à présent, les manifestants sont devenus les modèles involontaires et forcés de photographes irresponsables.

photocop4.jpg
photocp.png
Un assemblage d'images prises à des moments différents par des personnes différentes, lors des émeutes de Baltimore, ont permis à la police de lancer un avis de recherche.
Un assemblage d’images prises à des moments différents par des personnes différentes, lors des émeutes de Baltimore, ont permis à la police de lancer un avis de recherche.

Face à cette problématique et suite à des situations où des militantes et des militants ont dû payer le prix de ces photos à la place des photographes, le Secours Rouge lance une campagne et une plateforme pour que les photos en manifestations -et ailleurs dans la scène- soient prises de façon responsable et réfléchie.

2. La plateforme No Photo

La Plateforme No Photo est une série de comportements que des organisations s’engagent à respecter et à diffuser parmi leurs membres. Essentiellement, cette plateforme fait la promotion d’un usage responsable et intelligent. Il serait idiot d’interdire en bloc tout usage de la photographie en manifestation. Cette plateforme demande en somme à chaque photographe de réfléchir à chaque étape de sa photographie aux personnes qu’il met en danger.
– Avant de prendre quelqu’un en photo : cette personne est elle d’accord d’être prise en photo ?
– En transportant des photos qui n’ont pas été traitées : suis-je en mesure de détruire des photos qui pourraient servir de preuves contre des militants au cas où je suis arrêté ?
– En mettant la photo en ligne : cette photo est elle débarrassée des données qui identifient le photographe (EXIF) ? Permet elle de reconnaître des militants ? Met elle des progressistes en danger ?

3. Matériel

– Un dépliant qui informe sur les risques et les méthodes de la photographie en manifestation. Télécharger
– Un autocollant avec un logo explicite que les personnes qui ne veulent pas être prises en photo peuvent porter.
Une brochure « petit procès grands enjeux » sur un procès qui impliquait des images de « photographes militants ».

Petit procès, grands enjeux - format pdf
Petit procès, grands enjeux – format pdf

4. Tutoriels

4.1 Logiciels

4.2 Flouter les visages avec Photoshop


5. Liens et notes

PRISON D’ANDENNE

– 2, rue du Géron
– 5300 Andenne
– 085/82 34 00

GEVANGENIS TE ANTWERPEN

– 42, Begijnstraat
– 2000 Antwerpen
– 03/233 66 40

PRISON D’ARLON

– 29, rue Léon Castillon
– 6700 Arlon
– 063/24 28 11

STRAFINRICHTING TE OUDENAARDE

– 4, Bourgondiestraat
– 9700 Oudenaarde
– 055/31 15 27

PENITENTIAIR COMPLEX TE BRUGGE

– 200, Lege Weg
– 8200 Brugge
– 050/ 45 71 11

PRISON DE BERKENDAEL

– 44, rue Berkendael
– 1190 Bruxelles
– 02/349 32 11

PRISON DE FOREST

– 52, avenue de la Jonction
– 1190 Bruxelles
– 02/ 349 74 11

PRISON DE SAINT-GILLES

– 106, avenue Ducpétiaux
– 1060 Bruxelles
– 02/ 543 56 11

PRISON DE DINANT

– 1, Place d’Armes
– 5500 Dinant
– 082/21 37 80

GEVANGENIS TE GENT

– 89, Nieuwe Wandeling
– 9000 Gent
– 09/234 65 00

GEVANGENIS TE HASSELT

– 4, Zwarte Brugstraat
– 3500 Hasselt
– 011/27 80 90

PENITENTIAIR SCHOOLCENTRUM TE HOOGSTRATEN

– 131, Gelmelstraat
– 2320 Hoogstraten
– 03/314 50 18

PRISON DE HUY

– 4, rue de la Résistance
– 4500 Huy
– 085/ 27 81 00

ETABLISSEMENT PENITENTIAIRE DE JAMIOULX

– 172, rue Fr. Vandamme
– 6120 Jamioulx
– 071/22 94 70

ETABLISSEMENT PENITENTIAIRE DE LANTIN

– Rue des Aubépines
– 4450 Lantin
– 04/ 239 65 00

CENTRALE GEVANGENIS TE LEUVEN

– 68, Geldenaaksevest
– 3000 Leuven
– 016/31 03 50

HULPGENVANGENIS TE LEUVEN

– 74, Maria Theresiastraat
– 3000 Leuven
– 016/28 47 11

GEVANGENIS TE LEUVEN

– 2, Liersesteenweg
– 2800 Mechelen
– 015/44 62 70

ETABLISSEMENT PENITENTIAIRE ECOLE DE MARNEFFE

– 208, rue du Sart
– 4210 Marneffe
– 085/71 02 00

STRAFINRICHTING TE MERKSPLAS

– 1, Steenweg op Wortel
– 2330 Merksplas
– 014/63 32 24

PRISON DE MONS

– 24, boulevard W. Churchill
– 7000 Mons
– 065/40 28 00

PRISON DE NAMUR

– 7, Place Abbé Joseph André
– 5000 Namur
– 081/74 00 44

PRISON DE NIVELLES

– 4, avenue de Burlet
– 1400 Nivelles
– 067/89 51 00

ETABLISSEMENT DE DEFENSE SOCIALE DE PAIFVE

– Route de Glons
– 4452 Paifve
– 04/289 36 36

PENITENTIAIR LANDBOUWCENTRUM TE REUISELEDE

– 128, Bruggesteenweg
– 8755 Ruiselede
– 051/65 03 60

PRISON DE SAINT-HUBERT

– Thiers den Born
– 6870 Saint-Hubert
– 061/61 17 91

GEVANGENIS TE DENDERMONDE

– 26, St Jacobstraat
– 9200 Dendermonde
– 052/21 90 51

GEVANGENIS TE TONGEREN

– 65, Wijngaardstraat
– 3700 Tongeren
– 012/39 05 50

PRISON DE TOURNAI

– 1, rue du Chantier
– 7500 Tournai
– 069/ 89 03 10

GEVANGENIS TE TURNHOUT

– 1, Wezenstraat
– 2300 Turnhout
– 014/41 10 47

PRISON DE VERVIERS

– 83, chaussée de Heusy
– 4800 Verviers
– 087/22 51 26

STRAFINRICHTING TE WORTEL

– 17, Kolonielaan
– 2323 Wortel
– 03/340 45 11

GEVANGENIS TE IEPER

– 72, Elverdingestraat
– 8900 Ieper
– 057/21 72 08