Selon une enquête de Mediapart, le gouvernement cherche à généraliser l’usage de la définition de l’antisémitisme de l’IHRA, critiquée par de nombreux obervateurs comme un outil visant à assimiler l’antisionisme à de l’antisémitisme. Après l’échec de la proposition de loi de la députée Caroline Yadan, cette définition serait intégrée au plan national 2026-2029 de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations (dit « plan Prado »), destiné à orienter les politiques publiques en la matière, via un vadémécum qui serait généralisé à l’ensemble des administrations.
Le ministère de la Justice s’est opposé à une circulaire qui aurait rendu cette définition plus contraignante pour les magistrats, estimant qu’elle risquait de porter atteinte à leur indépendance. Le plan Prado prévoit toutefois de diffuser ce vadémécum, déjà utilisé dans l’Éducation nationale, à l’ensemble des administrations, y compris la police et la justice. Parallèlement, le projet de loi « cohésion républicaine par la lutte contre le racisme et l’antisémitisme », qui doit être examiné à la rentrée 2026, reprend plusieurs dispositions de la proposition de loi Yadan et prévoit un renforcement de l’arsenal répressif de l’Etat.