Secours Rouge

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Le tension monte au Gabon à l’approche des élections présidentielles. La police a opéré une violente répression le 25 juillet à Libreville lors d’une marche pacifique de l’opposition. Plusieurs personnes ont été arrêtées et incarcérées. Des policiers encagoulés ont porté des coups à des journalistes. Trois dirigeants syndicaux ont arrêtés le 9 juillet lors du dépôt de candidature du président Bongo.Plus d’une vingtaine de personnes avaient été interpellées ce jour-là. Quelques autres ont été arrêtées les jours suivants. Depuis, l’affaire a pris une tournure internationale. Des ONG dénoncent la répression et demandent à la France de cesser sa coopération policière avec Libreville. Les autorités affirment que ces dirigeants syndicaux ont été vu participant à des violences lors de manifestation, ce que réfutent absolument les avocats.

La répression du 25 juillet à Libreville

La répression du 25 juillet à Libreville

Afin de contraindre les autorités judiciaires à libérer sans condition tous les syndicalistes détenus à la prison centrale de Libreville et d’obtenir le paiement d’une prime due au 2e trimestre 2015, les membres de la confédération syndicale Dynamique unitaire ont décidé le 16 juillet de paralyser l’administration, sur l’ensemble du Gabon. Les syndicalistes détenus sont : le président du Syndicat national des enseignants et chercheurs (Snec), Jean Remy Yama, par ailleurs président de la confédération syndicale Dynamique unitaire ; le président du Syndicat national des travailleurs du secteur social (Synatrass), Roger Ondo Abessolo ; le président du Syndicat national des personnels de l’agriculture (Synpa), Cyrlin Koumba Mba Essiane ; et bien d’autres militants dont Francky Nguizomo, Nang Mendome Gilbert, Jean Rémy Ebanega, etc.

Syndicalistes de la Dynamique unitaire

Syndicalistes de la Dynamique unitaire

La mesure de suspension de leurs salaires n’a pas produit les effets escomptés. Les fonctionnaires en grève depuis plus d’un mois ont décidé de résister au gouvernement et aux forces de l’ordre. Réuni en assemblée générale au rond-point de la Démocratie, ils ont refusé de reprendre le travail à la cravache. Du coup, le pays reste paralysé par le mouvement de grève générale illimitée. Après avoir squatté le rond-point de la Démocratie, les grévistes veulent désormais récupérer, par tous les moyens possibles, leur siège de l’école Martine Oulabou, pris d’assaut par les forces de l’ordre depuis la semaine dernière.

Au Gabon, le bras de fer se poursuit entre les syndicats des fonctionnaires et le gouvernement. La grève déclenchée le 9 février continue à paralyser l’administration publique. Le secteur de l’éducation est le plus touché. Plusieurs élèves, étudiants, syndicalistes et opposants ont manifesté lundi à Libreville pour revendiquer la reprise des cours (pour les élèves et étudiants) ou les augmentations de salaires pour les syndicalistes tous membres de la coalition Dynamique unitaire (DU) et enfin pour accélérer la chute du régime d’Ali Bongo. Le calme est revenu à Libreville après les manifestations de lundi. Mais le pouvoir ne décolère pas. La présidence a décidé de couper les salaires des syndicalistes récalcitrants.

Gabon: Grévistes privés de salaires et manifestants gazés

La police a investit ce dimanche l’école Martine Oulabou à Libreville pour tenter d’empêcher le grand rassemblement, lundi matin, des fonctionnaires en grève depuis un mois. Les forces de sécurité se sont déployées à l’intérieur et à l’extérieur de l’établissement. Cette mobilisation fait suite au communiqué de principales centrales syndicales appelant leurs membres et sympathisants à s’y rendre lundi matin pour organiser une marche pacifique. Le gouvernement a déjà déployé des forces de sécurité et de défense à travers la ville.

Gabon: La police envahit le QG des grévistes

Trois personnes ont été tuées samedi dans Libreville et de nombreuses autres blessées au cours d’une manifestation contre le pouvoir du président Ali Bongo Ondimba. Les unités spéciales de la gendarmerie et de la police, s’en sont pris samedi dans la capitale à une manifestation de l’opposition interdite par le ministère de l’Intérieur. Les heurts ont été violents. Au moins une vingtaine de personnes ont été interpellées.

Gabon: Trois manifestants tués

Les étudiants et des enseignants grévistes ainsi les ex-agents hospitaliers de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) qui avaient élu domicile à la cathédrale Sainte Marie Rechercher Sainte Marie de Libreville pour protester contre le mauvais traitement dont ils sont l’objet, ont été attaqués par la police dans la nuit du vendredi 12 au samedi 13. Ils ont été brutalement embarqués à destination de Malibé (à quelques kilomètres de Libreville, mais suite à une crevaison, il ont été abandonné à Awendjé.

EDIT: Les protestataires sont revenus à la cathédrale. Sous le regard de la police, ils sont assis derrière l’église attendant d’être reçu par l’archevêque pour savoir si l’église aurait donné son aval à l’opération policière nocturne de la veille.

Gabon: Les protestataires chassés de Libreville

Le personnel des Eaux et forêts est en grève depuis février pour réclamer le paiement des primes et des meilleures conditions de travail. A Libreville, des fonctionnaires du ministère des Eaux et forêts ont séquestré pendant plusieurs heures leur ministre de tutelle ainsi que son ministre délégué pour les obliger de trouver une solution immédiate à la grève qui dure depuis deux mois. Les grévistes ont érigé des barricades et brûlé des pneus devant l’entrée principale du ministère.

L’unité spéciale de la gendarmerie a finalement donné l’assaut vers 21 heures. Deux bombes assourdissantes ont été lancées. Les gendarmes encagoulés ont ensuite pénétré dans le ministère et embarqué les deux ministres dans une Jeep. Les manifestants ont fuit nuitamment vers Gabon Télévision, l’immeuble le plus proche du ministère. D’autres se sont cachés dans une broussaille. Un homme a été interpellé.

Gabon: Opération armée pour libérer des ministres séquestrés par des grévistes

Selon la loi gabonaise, les étudiants non boursiers peuvent obtenir une bourse pour avoir obtenu un succès l’année passée. Mais cela leur a été refusé par l’Agence nationale des bourses Gabon. Des étudiants ont alors voulu manifester jusque devant la présidence de la République, à Libreville. La police a stoppé leur marche à environ 500 m du palais. Déterminés, ils ont occupé la chaussée, brandissant des pancartes face à la police antiémeute qui est intervenue et a interpellé 30 étudiants. Ceux-ci ont finalement été relaxés dans la soirée.

Cet événement s’inscrit dans un contexte troublé au sein de l’université Omar-Bongo. En avril dernier, avait ainsi pris fin une grève d’enseignants de plus de 80 jours, et en 2012, des manifestations d’étudiants avaient donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre.