Alors que de nombreuses manifestations demandent la démission du président de la Malaisie, la police a raflé le Rumah Api, un lieu bien connu de la scène punk à Kuala Lumpur. La rafle a eu lieu ce 28 août aux alentours de 23h30, entre 120 et 150 personnes ont été arrêtées, ce qui représente à peu près toutes les personnes présentes. La police n’a pas voulu leur dire pourquoi elles étaient arrêtées, mais c’est probablement en lien avec les manifestations antigouvernementales. Une fois qu’elle a transféré tous les prisonniers vers son QG, la police a posé des scellés sur le squat où quelques habitants étaient toujours présents.

Au QG de la police, les avocats ont attendu toute la nuit devant la porte sans que la police ne les laisse entrer. Finalement, après trois jours, les punks auraient été relâchés très tôt ce matin. Deux d’entre eux sont toujours enfermés car ils ne sont pas Malaisiens, il s’agit d’un Philippin et d’un Indonésien.

La rafle au Rumah Api

La rafle au Rumah Api

Lundi 23 mars, au moins 79 manifestants ont été arrêtés lors d’un sit-in devant le Département des douanes de la région de Petaling Jaya, à Kuala Lumpur. Ils protestaient contre une nouvelle taxe sur les biens et les services. Deux avocats défenseurs des droits humains ont également été interpellés au titre de la Loi relative à la sédition de 1948, loi draconienne qui remonte à l’époque coloniale. Tous deux ont été libérés sous caution. Cette loi relative date de l’époque coloniale et visait à l’origine les personnes revendiquant l’indépendance de la Malaisie, qui érige en infraction toute une série d’actes, notamment ceux « tendant à inciter au mécontentement envers les personnes qui exercent le pouvoir ou envers le gouvernement » ou le fait de « remettre en cause un sujet » protégé par la Constitution malaisienne. Les personnes reconnues coupables de tels faits sont passibles de trois ans de prison et d’une amende.

Les manifestations de l’opposition sont rares en Malaisie, la dernière de grande ampleur remontant à 2007. Celle-ci était annoncée depuis plusieurs semaines par une soixantaine d’organisations réclamant que les prochaines élections soient “libres et transparentes”. Malgré l’interdiction de manifester, les rues bouclées et des arrestations préventives, 50 000 personnes sont descendues dans la rue. La police a fait usage à plusieurs reprises de gaz lacrymogènes pour tenter de disperser la foule qui continuait en fin d’après-midi samedi à tenter de forcer les cordons de police pour gagner le stade de Merdeka puis le palais royal, et a arrêté 1.401 manifestants.

Malaisie: 1400 arrestations