Cinq jeunes kurdes dont trois travailleurs du bâtiment, ont été arrêtés le 24 août par la DCRI à Marseille. Deux de ces jeunes kurdes sont membres du Centre Culturel de Mésopotamie, et avaient participé aux manifestations pacifiques pour dénoncer la répression anti-kurde en Turquie et revendiquer les droits du peuple kurde. Ils seraient présumés membres du PKK.

Près d’un mois après le début des opérations militaires contre le PKK dans le sud-est de la Turquie, les affrontements meurtriers se poursuivent et s’intensifient entre les forces de l’armée et les guérilleros. Hier, les soldats ont tué cinq guérilleros qui avaient lancé un assaut contre des bâtiments officiels de Semdinli le soir du 23 août. Ce jour-là, plus de trente membres du PKK ont déclenché des actions armées contre les bureaux du gouverneur du district et le commissariat. Cela porte à 21 le nombre de guérilleros tués depuis deux jours. Les cinq derniers l’ont été dans une fusillade de plus de deux heures dans le centre de Semdinli. D’intenses opérations de ratissage ont été déclenchées pour poursuivre et retrouver tous les guérilleros qui sont parvenus à battre en retraite dans les zones montagneuses avoisinantes.

D’autre part, une brigade de guérilleros a lancé une offensive contre un bataillon frontalier dans la province de Hakkari. L’attaque a eu lieu hier vers 11h30 lorsque les guérilleros ont visé les soldats avec des fusils d’assaut et des mortiers. L’affrontement qui s’en est suivi a duré plusieurs minutes avant que toute la brigade de guérilleros ne parvienne à battre en retraite. Une opération terrestre soutenue par plusieurs hélicoptères a immédiatement été déclenchée dans la région.

Le PKK a démenti ce mardi être responsable de l’explosion de la voiture piégée qui a fait neuf morts lundi soir dans la ville de Gaziantep, dans le sud-est de la Turquie. Le bilan s’est alourdi mardi à neuf morts et 69 blessés. Gaziantep abrite un établissement ouvert par la Turquie pour centraliser l’aide internationale destinée aux réfugiés syriens.

Une délégation composée des dirigeants des partis politiques opposants et des organisations de la société civile ont rencontré le 17 aout les combattants du PKK entre le village de Baglar et la commune de Derecik à Semdinli, dans la région de Hakkari. Cette rencontre devant le barrage dressé par la guérilla confirme tout d’abord la prise de contrôle de la guérilla dans cette zone où l’armée n’arrive plus à pénétrer par voie terrestre. Les autorités avaient annoncé avoir terminé les opérations militaires dans cette région, affirmant avoir tué 115 combattants. Cette information n’a été confirmé ni par des hôpitaux, ni par des responsables locaux. Le mouvement qui publie régulièrement les identités et les photos des combattants tués dans des combats pour permettre aux familles d’organiser les funérailles avait annoncé avoir perdu 12 combattants dans ses rangs.

Les images tournées par des journalistes qui accompagnaient la délégation montrent l’accueil chaleureux de la foule. Des centaines de personnes descendues des véhicules crient des slogans en faveur du PKK et ils s’embrassent tour à tour, sous l’acclamation. Une vaste zone est sous contrôle du PKK depuis 23 juillet à Semdinli et depuis 4 aout à Cukurca, toujours dans la région de Hakkari. La guérilla a pris le contrôle d’une autre zone près de la ville de Hakkari, après avoir lancé le 16 aout un assaut d’envergure contre plusieurs postes des forces de l’ordre.

Un policier a été blessé hier dans une explosion à proximité des bureaux du gouvernement dans le district de Semdinli (province de Hakkari). L’action s’est déroulée vers 18h et les autorités ne sont pas encore parvenues à établir le type d’explosifs utilisés. Dans ce même district mais à 20h, des mines ont été déclenchées à distance au passage d’un convoi de l’armée. Une fusillade entre les soldats et les guérilleros en a résulté. Dans le même temps, une brigade de guérilleros a pris d’assaut un poste de contrôle policier situé à sept kilomètres du centre de Hakkari. Les membres du PKK ont ouvert le feu avec des fusils d’assaut depuis trois endroits distincts, entraînant un affrontement violent avec les forces de sécurité. In contingent de la police spéciale a été envoyé sur place pour retrouver les guérilleros qui sont tous parvenus à battre en retraite.

Hier, deux groupes distincts de guérilleros du PKK ont pris d’assaut les bureaux de la police régionale et un commissariat dans le district d’Erzin (province de Hatay – sud du pays). Les attaques ont eu lieu vers 23h30. Les officiers de police de garde devant la résidence du gouverneur et les soldats au commissariat ont immédiatement répliqué. Deux policiers ont été blessés au cours de la fusillade devant les bureaux de la police. Dans les deux cas, les guérilleros, qui disposaient d’armes à canon long, ont quitté les lieux dans des voitures. Une de ces voitures a été retrouvée abandonnée à proximité par les forces de sécurité qui ratissaient la zone alors que toutes les entrées et sorties du district étaient fermées. Une opération à grande échelle est en cours depuis hier soir dans tout le district pour retrouver les guérilleros. Par ailleurs, deux membres du PKK ont été tués dans une fusillade cette nuit. Ils faisaient partie d’un groupe qui a tenté de pénétrer dans le village de Gültepe (province de Van) et a été pris pour cible par des soldats qui montaient la garde devant l’endroit où logeait un membre de l’AKP, parti au pouvoir en Turquie.

Hier également, un groupe de manifestants a érigé des barricades sur une rue importante de la ville d’Hakkari pour commémorer l’anniversaire de la première action du PKK le 15 août 1984. Ils ont scandé des slogans en faveur du parti kurde avant que la police n’intervienne pour les disperser avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes. Les manifestants ont répliqué en jetant des pierres et des cocktails Molotov entraînant de violents affrontements dans les rues de Hakkari.

Un soldat turc a été tué et onze autres blessés lorsqu’un bus militaire dans lequel ils se trouvaient a explosé sur un IED. Le véhicule les conduisait vers une base navale de la province d’Izmir (ouest de la Turquie) lorsqu’il a roulé sur une mine déposée par des guérilleros du PKK. L’explosion a détruit le bus et endommagé plusieurs véhicules qui se trouvaient à proximité. Plusieurs représentants de l’armée et de la police étaient déjà sur les lieux lorsqu’une seconde explosion a touché une pompe à incendie, environ huit minutes après la première explosion. Les soldats ont alors ouvert le feu vers la zone boisée le long de la route, mais personne n’a répliqué à cette contre-attaque.

Bus incendié par le PKK

Hier, un soldat avait déjà succombé à ses blessures après avoir été touché par l’explosion d’un IED au cours d’une opération militaire dans la province de Sirnak (sud-est). Dans un même temps mais dans la province de Hakkari, un bataillon de l’armée a été la cible de tirs de mortiers. Plusieurs obus sont tombés juste devant la garnison. Les soldats, dont aucun n’a été blessé, ont immédiatement déclenché une frappe d’artillerie vers les positions présumées des guérilleros.

Bus incendié par le PKK

Trois soldats turcs ont été fait prisonniers par un groupe de guérilleros lundi soir dans la province de Diyarbakir. Les membres du PKK avaient installé un barrage sur la route Lice-Bingöl à proximité du village de Tuzla vers 20h. Ils y ont arrêté un bus et ont fait prisonniers trois soldats qui se rendaient chez eux, à Trabzon. Ils les ont emmenés dans une zone montagneuse proche. Des opérations aériennes et terrestres ont été déclenchées pour les retrouver.

Dans la nuit de samedi à dimanche, des guérilleros du PKK ont pris d’assaut trois avant-postes militaires dans la province de Hakkari. Celui du village de Gecimli était la cible principale de cette attaque. Un grand nombre de guérilleros ont attaqué le bâtiment depuis trois endroits différents avec des lance-roquettes et des fusils d’assaut vers 23h. Un groupe de guérilleros tentant de s’approcher de l’avant-poste dans un camion civil avait été repéré par les soldats, ce qui a entraîné une longue fusillade au cours de laquelle six soldats et deux ‘gardiens de village’ ont été tués, et quinze autres soldats blessés. Selon les autorités, 22 guérilleros auraient également été tués au cours de cette offensive. Les deux autres actions de la soirée n’auraient par contre fait aucune victime de part et d’autre. Hier soir, le ministère de l’Intérieur turc a communiqué son premier bilan de l’offensive déclenchée par l’armée le 23 juillet dernier dans le sud-est du pays. Au moins 115 guérilleros auraient été tués ces quinze derniers jours alors qu’il n’est pas question pour l’armée turque de se retirer. Des renforts ont même été envoyés dans la province de Hakkari ce dimanche.

Tanks de l’armée turque

Tanks de l'armée turque

Un soldat a été tué et treize autres blessés dans l’attaque d’un poste de gendarmerie dans la province de Siirt (sud-est du pays) par des guérilleros du PKK. Les soldats turcs ont répliqué lorsque le guérilleros ont ouvert le feu alors qu’ils étaient en train de manger vers 19h30 hier soir dans le bâtiment situé dans une zone rurale du district de Eruh. Des équipes militaires supplémentaires ont été envoyées dans la régions où les combats se poursuivaient dans la soirée. Des hélicoptères militaires ont bombardé les possibles campements des guérilleros. Au même moment, des membres du PKK ont également attaqué un autre poste militaire dans le district de Pervari dans la même province de Siirt. Les guérilleros ont battu en retraite quand les soldats ont commencé à répliquer. Les opérations pour capturer les guérilleros sont toujours en cours.

Poste de gendarmerie

Aujourd’hui à midi, deux véhicules de l’armée ont été la cible d’un IED dans la province de Hakkari alors qu’ils effectuaient une patrouille à proximité du village de Baglar.

Poste de gendarmerie