Après une progression rapide dans les zones arabes, les forces gouvernementales ont subi de lourdes pertes face aux Forces démocratiques syriennes en tentant de progresser vers Kobané et Hassaka (photo : quelques combattants et combattantes des FDS et des YPJ tué·es ces derniers jours). La ligne de front s’est stabilisée et des cessez-le-feu, plus ou moins bien respectés, se sont succédé jusqu’à ce qu’un accord général soit signé le 30 janvier. Selon cet accord, l’armée gouvernementale et les FDS se maintiendront dans leurs propres zones, séparées par une distance de sécurité. Les FDS s’intégreront à l’armée en formant trois brigades autonomes stationnées à Hassaka et une brigade à Kobané. Il s’agira de brigades régionales à recrutement local, qui conserveront leurs commandements issus des FDS ainsi que leur propre mode de formation politico-militaire. Les YPJ (Forces de défense des femmes) resteront une force constituée au sein des FDS. Les forces de sécurité gouvernementales seront déployées à Hassaka, mais les forces de sécurité du Rojava, les Asayish, continueront d’assurer la sécurité des habitant·es de la région.

L’enseignement dans la langue maternelle sera officiellement accepté. Les lycées et les universités du Rojava seront officiellement reconnus. Les diplômes délivrés par l’Administration autonome le seront également. Le gouverneur de Hassaka sera désigné par l’Administration autonome et les institutions feront l’objet d’une intégration. La sécurité des frontières sera assurée par la région. Le poste-frontière de Semalka (vers le Kurdistan irakien) sera ouvert. Des discussions sont en cours afin que des représentant·es de l’Administration autonome puissent travailler au sein des ministères de l’État syrien. Des élections pourraient également avoir lieu à l’avenir. Les négociateurs du Rojava ont pris des initiatives pour permettre aux habitant·es de Sheikh Maqsoud, d’Ashrafiyah et de Shehba de rentrer chez eux. Des efforts sont également déployés concernant Serêkaniyê, toujours sous contrôle turc. Afrin est également toujours aux mains de la Turquie, mais elle devrait aussi être évacuée.

Il reste deux jours avant la fin du cessez-le-feu de quatre jours entre les Forces démocratiques syriennes (FDS) et l’Armée arabe syrienne (AAS), alors que les accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu persistent. Le territoire contrôlé par les FDS est passé de 50 000 km² à 10 000 km² en deux semaines, seules les villes et villages kurdes restant sous leur contrôle (contrairement à ce que nous avions annoncé, la ville de Sarrine, au sud de Kobané, est finalement restée sous le contrôle des FDS). Les attaques de l’AAS dans les environs de Hasaka menacent de couper les routes entre les centres urbains, tandis que le siège de Kobané s’intensifie. Au moins 18 000 personnes, principalement kurdes, ont été déplacées de Raqqa et Tabqa, portant le total à 170 000 personnes déplacées depuis le 6 janvier. Le siège de Kobané se resserre, environ 150 000 civils y sont piégés. L’électricité est coupée, les pompes à eau ne fonctionnent pas et l’accès à Internet est instable, tandis que l’AAS poursuit ses attaques. L’encerclement empêche l’acheminement de carburant, de nourriture et de fournitures médicales. La Turquie renforce sa présence à la frontière avec la Syrie, face à Kobané, avec des chars et des armes lourdes.

Le réseau Rise Up 4 Rojava, auquel appartient le Secours Rouge de Belgique, organise une soirée publique d’information le lundi 26 janvier à 18H30 au Steki, 6 rue Gustave Defnet à 1060 Bruxelles.

Le rassemblement de soutien aux Rojava qui a eu lieu le 21 janvier au matin à Bruxelles place du Luxembourg a débouché sur une manifestation spontanée qui a atteint le rond point Schuman, devant la Commission européenne. La police est alors intervenue avec des gaz lacrymogènes, a nassé un groupe de manifestants et arrêté cinq d’entre eux.

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Une nouvelle offensive a été lancée contre le Rojava démocratique, cette fois par l’armée et les forces de sécurité du nouveau gouvernement islamiste de Damas. Les forces gouvernementales syriennes ont pris le contrôle des quartiers kurdes d’Alep la semaine dernière, puis a pénétré samedi matin dans la ville de Deir Hafer, à une cinquantaine de km à l’est d’Alep, sur la rive occidentale de l’Euphrate. A ce moment un accord de cessez-le-feu était survenu, patronné par les USA, mais cet accord a été violé et les forces gouvernementales qui, lourdement appuyées par la Turquie (au moyen de frappes de drones), ont attaqué et pris la ville de Tabka, la dernière ville liée à l’administration autonome démocratique du Nord-Est syrien à l’Ouest de l’Euphrate et défendue par les Forces Démocratiques Syriennes. Les forces islamistes ont ensuite franchit l’Euphrate à Deir ez-Zor et  progressé dans les gouvernorats de Raqqa et Deir ez-Zor, largement évacués par les FDS qui se sont retranchée dans les gouvernorats de Hassaka et du Jazira. La progression des forces de Damas a été facilitée par le soulèvement armé, dans le dos des Forces Démocratiques Syriennes, des forces jihadistes et des forces tribales. La ville de Kobané et ses environs sont isolées du reste du Rojava. L’armée de Damas approche de la grande ville d’Hassaka que les FDS semblent résolues à défendre.

Mise à jour (21/01) : Le grand camp d’Al-Hol, où sont confinées des dizaines de milliers de membres des familles de militants de l’État islamique, est passé sous le contrôle des forces du régime. Des drones turcs ont de nouveau frappé des installations des YPG-YPJ, notamment à Qamishlo. Des poches de résistance des FDS se maintiennent à Raqqa, essentiellement autour de la prison d’al-Aqtan. Le commandant en chef des FDS, Mazlum Abdi, a déclaré que ses forces s’étaient retirées dans les zones à population majoritairement kurde afin de les défendre. La ville de Sarrine, au sud de Kobané, est également tombée aux mains des forces gouvernementales islamistes.

Le Nord-Est syrien auto-administré, comprenant les parties non-occupées du Rojava, est sous le feu d’une offensive militaire du nouveau pouvoir islamiste syrien appuyée par la Turquie. Les combattant·es kurdes, arabes et assyrien·nes ont déclaré une mobilisation générale pour protéger les fruits de la révolution démocratique, socialiste et féministe. Alors que des milliers de combattant·es de tous âges répondent à l’appel, y compris celles et ceux provenant d’autres régions du Kurdistan, des mobilisations ont lieu en Europe pour soutenir la résistance. Le réseau international Rise Up 4 Rojava, auquel appartient notre Secours Rouge Belgique, appelle à deux rassemblements le 20 (13H) et 21 janvier (10H) place du Luxembourg, à Bruxelles.

Situé au 270 avenue de Muret à Toulouse, le local du Chat Noir organise sa rentrée anti-autoritaire du vendredi 10 octobre au jeudi 16 octobre 2025. Dans ce cadre, l’UCL Toulouse vous invite dimanche 12 octobre dès 16H à une rencontre avec Libre Flot autour de son ouvrage « Anticiper le bruit sec des verrous », paru aux éditions du bout de la ville. En 2017, comme tant d’autres militant·es internationalistes, Libre Flot s’engage auprès des forces kurdes du Rojava pour défendre la révolution sociale alors attaquée par Daesh mais le 8 décembre 2020, il est accusé avec d’autres personnes d’association de malfaiteurs terroriste. Il est incarcéré pendant près d’un an en détention provisoire. Placé en isolement, il écrit pour survivre.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) et le gouvernement intérimaire de Damas ont procédé lundi à un grand échange de prisonniers à Alep. 469 prisonniers des deux camps, dont 293 combattants et civils kurdes, ainsi que 176 membres de groupes islamistes affiliés aux autorités de Damas. L’échange a été finalisé à la limite du quartier gouvernemental d’al-Awarid et du quartier kurde (autogouverné) de Cheikh Maqsoud, dans le nord d’Alep. L’échange de prisonniers s’inscrit dans le cadre de l’accord signé le 10 mars entre le commandant des FDS, Mazloum Abdi, et le président syrien par intérim, ci-devant commandant d’Al-qaïda puis d’AlNosra, Ahmed al-Sharaa. L’échange aurait du avoir lieu la semaine précédente, et avait été reporté suite au refus de Damas de libérer plusieurs combattantes des Unités de protection des femmes (YPJ), ces dernières constituant la branche exclusivement féminine des Unités de protection du peuple (YPG), pilier des FDS. Finalement l’échange de lundi incluait sept combattantes des YPJ.

Les Forces Démocratiques Syriennes ont remporté sur le front de l’Euphrate une grande victoire contre les mercenaires de l’Armée « Nationale » Syrienne, – un ramassis de milices islamistes, et parfois même jihadistes, armés, payés et commandés par la Turquie. Malgré un appui aérien intensif turc, les SDF, exploitant un réseau de tunnels, a infligé de lourdes pertes à l’ANS et préservé des têtes de pont à l’ouest du fleuve (voir un article). Les pertes ont induit une démoralisation et un début de désagrégation de l’ANS.

Des négociations ont alors eu lieu avec le régime de Damas (qui a des relations étroites avec la Turquie mais qui a son propre agenda). Un cessez-le-feu a été établi (qui concerne aussi la Turquie qui a suspendu ses bombardements sur le Rojava), Le barrage de Tishreen sera démilitarisé et la ligne de fleuve devrait séparer les forces de Damas (qui prendraient la place de l’ANS devant d’évacuer la zone) des SDF (qui évacueraient la petite tête de pont à l’ouest de Tishreen). Des techniciens ont pu se mettre à l’oeuvre sur le barrage dont dépend la production d’électricité et l’alimentation de l’irrigation de la région de Deir ez-Zor. C’est le deuxième accord concret passé entre le Rojava et le nouveau pouvoir islamiste de Damas après celui concernant Alep (voir notre article).

Le 1er avril, le Conseil des deux quartiers kurdes d’Alep, la seconde ville de Syrie, les quartiers de Cheikh Maqsoud et d’Achrafiyah, ont passé un accord avec le nouveau gouvernement de Damas. Selon cet accord, les forces de sécurité kurdes (assayeshs) continueront d’assurer la sécurité de ces deux quartiers, mais les forces militaires kurdes (YPG et YPJ) se retireraient à l’Est de l’Euphrate. Depuis le début de la guerre civile, ces deux quartiers se sont auto-organisés et auto-défendus, parvenant presque toujours à rester en dehors des combats entre l’opposition islamiste et le régime baasiste (mais en combattant épisodiquement l’une et l’autre). Ces quartiers ont par ce fait servi de refuge aux habitants des autres quartiers de la ville.

Conformément à cet accord, les forces YPG et YPJ qui était stationnées à Alep ont quitté la ville et sont arrivées à Tabka hier 5 avril (pĥoto). L’accord a aussi permis un échange de prisonniers: 146 membres des Forces démocratiques syriennes (FDS), des YPG et des YPJ ont été libérés jeudi 3 en échange de 97 miliciens islamistes proches du gouvernement de Damas.

Le cas Marie Gilow (voir notre article) n’est pas isolé. Une deuxième personne, de nationalité française, et vivant en Belgique depuis plus de 20 ans, active dans la vie associative et politique et notament dans la solidarité avec le Rojava, a également été placée en septembre 2024 sur liste « Terrorisme, Extrémisme, processus de Radicalisation » de l’OCAM, en tant que « prédicatrice de haine » de niveau 2. Suite à ce classement, elle a reçu dernièrement le même courrier de l’Office des Étrangers que Marie Gilow, menaçant de lui retirer son droit de séjour en Belgique et de lui interdire l’entrée sur le territoire, en invoquant la « sécurité nationale ».