Depuis plusieurs semaines, la ville d’Hama (centre) est le théâtre d’énormes manifestations rassemblant régulièrement plus de 500.000 personnes contre le pouvoir. Dans la nuit, les chars de l’armée sont entrés dans la ville avant de lancer leur assaut, faisant 95 tués dans l’attaque. D’autres villes du pays ont également été la cible de telles attaques aujourd’hui. Les derniers chiffres font état de 121 morts et de dizaines de blessés.

Les forces de sécurité syrienne ont effectué un raid sur la ville de Kanaker (sud-ouest) après y avoir coupé l’électricité et les lignes de communication. Quatre tanks et un bulldozer sont entrés dans le centre, alors que quatorze autres tanks l’encerclaient. La population, qui poursuit sa lutte depuis plus de quatre mois, a tenté d’empêcher l’avancée des véhicules en brûlant des pneus sur la route et en leur jetant des projectiles. Au moins huit opposants ont été tués lors de ces affrontements, et plusieurs autres blessés. 250 personnes ont également été arrêtées.

Plus d’un million de manifestants sont descendus dans les rues ce vendredi. Les forces de sécurité ont encore une fois usé de leurs armes. Dans la seule ville de Damas, les tirs ont fait neufs morts : six dans le quartier de Qaboune et trois dans celui de Roukn Eddine. Au total, une quinzaine de personnes ont perdu la vie au cours de cette énième journée de manifestations dans plusieurs villes syriennes.

Depuis le début des manifestations à la mi-mars, la répression du régime aurait fait quelque 1.600 morts. L’opposition syrienne a dédié les manifestations de vendredi aux milliers de personnes arrêtées depuis le début du mouvement de protestation. Environ 15.000 seraient toujours détenues.

La répression se poursuivait dimanche 3 juillet, après les manifestations les plus importantes depuis le début de la contestation, il y a quatre mois. Vendredi, ils étaient un demi-million à réclamer le départ du président Bachar Al Assad à Damas, Homs, Hama, Idleb et dans de nombreuses autres villes du pays lors de « la plus grande manifestation anti-régime » depuis le début de la contestation le 15 mars. L’armée a intensifié dimanche 3 juillet sa répression dans le nord-ouest du pays, procédant à de nouvelles arrestations et déployant des troupes dans le centre de la ville de Hama, un des noyaux de la contestation.

Comme tous les vendredis depuis de nombreuses semaines, les militants pour la démocratie avaient appelé à une journée de manifestation dans toutes les villes majeures de Syrie. Comme tous les vendredis, des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées pour exiger la chute du régime en place. D’après les militants sur place, la mobilisation d’hier est la plus importante depuis le début du mouvement de contestation. Ils étaient entre autres 500.000 à Hama et 100.000 à Homs. Et comme tous les vendredis, les forces de l’ordre ont tiré à balles réelles pour disperser les foules. Un premier bilan fait état de onze morts et d’au moins douze blessés parmi les manifestants. En outre, la police a à nouveau procédé à un grand nombre d’arrestations.

Les forces de l’ordre ont ouvert le feu vendredi pour disperser plusieurs manifestations à travers la Syrie. A Kessoua, près de Damas, la manifestation est partie après la prière hebdomadaire: les manifestants ont défilé quelques minutes, avant que les forces de sécurité ouvrent le feu pour les disperser, tuant cinq personnes et en blessant six. Les forces de police ont également ouvert le feu sur des rassemblements dans différents quartiers de Homs (centre), faisant trois morts et une vingtaine de blessés. A Damas, cinq personnes ont par ailleurs été tuées et 25 blessées dans le quartier de Barzeh. Les forces de sécurité ont dispersé une manifestation appelant à la chute du régime, faisant d?abord usage de gaz lacrymogène, avant de tirer. Les forces de sécurité menaient dans la soirée des perquisitions maison par maison, procédant à des dizaines d’arrestations Un couvre-feu a été décrété.

Ce vendredi, les forces syriennes ont à nouveau fait usage de la force pour disperser plusieurs manifestations à Banias (ouest), à Homs (centre), à Deraa (sud) et à Jableh (ouest). A Banias, les militaires ont tiré de manière intensive sur la foule, allant jusqu’à pourchasser les manifestants dans les ruelles pour les disperser. Il y a eu de nombreuses victimes mais aucun bilan n’a encore pu être communiqué. Toute la journée dans ce quatre villes, les manifestants ont scandé des slogans hostiles au régime et solidaires des villes assiégées.

Répression à Banias

Répression à Banias

D’énormes manifestations de contestation se sont déroulées hier à travers tout le pays. Les forces de police appuyées par des tanks et des hélicoptères de l’armée ont tiré sur les foules, faisant au moins 25 morts. A Maaret al-Nouman dans le nord-ouest, les troupes ont fait feu sur les dizaines de milliers de manifestants qui s’étaient rassemblés pour dénoncer le régime et la répression. Au moins dix d’entre eux sont décédés. Néanmoins, la foule est parvenue à prendre le contrôle d’une station de police après la fuite des forces de sécurité. Les hélicoptères sont ensuite intervenus pour tirer sur le bâtiment. Dans le centre-est du pays, la population s’était rassemblées pour dénoncer les actions militaires orchestrées par le pouvoir pour détruire les villages afin de permettre l’avancée vers Damas. Là encore, le régime a réagi violemment tuant au moins dix personnes. Selon plusieurs témoins, la répression s’est encore intensifiée: tirs d’hélicoptères, assaut des tanks, mitraillages des cortèges funéraires et des ambulances,…

Les autorités syriennes ont libéré des centaines de prisonniers politiques, dans le cadre de l’amnistie générale décrétée par le président Bachar al Assad après dix semaines de contestation de son pouvoir. La plupart des personnes relâchées sont des manifestants des banlieues de la capitale, Damas, de Banias, d’Homs et de Lattaquié, ainsi que de la ville de Deraa, berceau de la contestation situé dans le sud du pays. Plus de 10 000 personnes auraient été arrêtées depuis le début des manifestations, mi-mars.

Mais la répression des manifestations se poursuit dans le pays. Au moins onze civils auraient été tués par les forces de sécurité ce jeudi à Rastan, dans le centre du pays. Au moins 52 civils auraient été tués et 200 arrêtés dans cette ville de 60 000 habitants depuis le début de l’assaut lancé par l’armée dimanche.

Diverses manifestations se sont déroulées ce vendredi à travers toute la Syrie à l’appel de l’opposition. Les forces de sécurité ont à nouveau tiré à balles réelles sur la foule afin de disperser les rassemblements. A Homs, dans le centre du pays, dix personnes ont été tuées. A Sanamein, à proximité de Deraa, une onzième personne est décédée. Sept autres civils ont également été tuées dans différentes localités de la région. Plusieurs villes jusqu’ici non touchées par le mouvement ont été le cadre de manifestations cette après-midi. Selon des témoins, les autorités auraient également tiré sur la foule à Alep et à Damas. Aucun bilan officiel n’a été transmis, mais on parle de plus de trente morts. Depuis le 15 mars, la répression à fait 850 victimes en Syrie, et a entraîné plus de 8000 arrestations.