Dans une tribune diffusée à l’occasion d’une grève lancée le 8 février 2026 dans les prisons de l’Alabama (voir notre article), le détenu anarchiste Michael Kimble présente l’arrêt de travail comme « un coup porté à l’État », accusé de maintenir « une situation d’esclavage et de surexploitation » à travers le travail pénitentiaire. « Quand nous refusons de travailler gratuitement (ce qui est de l’esclavage), nous affirmons notre pouvoir en tant que travailleurs et en tant qu’êtres humains », écrit-il, dénonçant le 13e amendement de la Constitution états-unienne qui interdit l’esclavage sauf en cas de condamnation pénale. Revenant sur l’histoire du « convict leasing » en Alabama (système qui louait la main-d’œuvre carcérale à des entreprises privées), le militant affirme que la prison demeure un dispositif d’exploitation économique. Il décrit leur mobilisation comme une stratégie destinée à bloquer la production, éveiller la conscience des prisonniers « en tant que classe opprimée » et exiger l’abolition du travail forcé, de la perpétuité sans libération conditionnelle et des lois sur les récidivistes. « Nous exerçons notre droit de riposter. Qu’y a-t-il de mal à cela ? », conclut-il.

Lire la tribune