Emprisonné depuis le 18 juillet 1996 et condamné à une peine de 50 ans de prison pour « agression aggravée » contre un shérif, le militant chicano Alvaro Luna Hernández (Xinachtli) est aujourd’hui âgé de 73 ans et gravement malade. Il souffre d’un important problème médical non diagnostiqué, peine à marcher, à rester debout et à utiliser les toilettes, et a déjà fait deux chutes, dont une où il s’est ouvert la tête. Détenu dans l’unité médicale de McConnell sans diagnostic, sans accès à ses dossiers médicaux ni possibilité de communiquer par téléphone. Il subit une politique de négligence médicale et des mauvais traitements, après plus de 23 ans passés à l’isolement. Une campagne d’appels urgents demande que ses moyens de communication soient rétablis, qu’il reçoive immédiatement des soins adaptés et qu’il soit transféré vers un établissement médical ou gériatrique (voir ici).

Né en 1943, Jamil Abdullah al-Amin est une figure historique du mouvement des droits civiques aux États-Unis et a été président de la SNCC (Student Nonviolent Coordinating Committee) et ministre du Black Panther Party dans les années 60. Condamné en 2002 pour la mort d’un policier, il purge une peine à perpétuité.  Avec une profonde tristesse, son collectif de soutien annonce qu’il n’aurait plus qu’environ trois mois à vivre alors que sa tumeur cancéreuse au visage a été gravement négligée par l’administration pénitentiaire. Engagé toute sa vie dans le mouvement révolutionnaire africain-américain, il ne reçoit plus aucun courrier depuis plus de deux mois et demi. Un appel est lancé à toutes et tous pour lui envoyer des lettres manuscrites de soutien afin de rappeler à la prison qu’il n’est pas oublié.

L’adresse pour lui écrire : Jamil Abdullah Al-Amin · FMC Butner · P.O. Box 1600 · Butner, NC 27509 · USA

Les soutiens états-uniens à Mumia Abu Jamal organisent une marche de 160km en 13 étapes du 28 novembre au 9 décembre (jour du 44ᵉ anniversaire de son arrestation). À chaque étape du parcours, seront organisées des conférences de presse et des rencontres entre les marcheurs et la population. Cette initiative a pour objectif de sensibiliser les habitants de Pennsylvanie sur les conditions de vie des prisonniers et l’état de leur santé. À ce propos, Mumia n’a toujours pas de rendez-vous pour les traitements dont il a absolument besoin pour retrouver une vue normale (voir notre article). Cette marche sera l’occasion de dénoncer cette politique négligence médicale.

L’Anarchist Black Cross de New York City vient de publier une nouvelle édition, en anglais, de son « Guide illustré des prisonniers politiques et des prisonniers de guerre » (disponible en cliquant ici). On y trouve de courtes biographies, des photos et des mises à jour d’adresses concernant des prisonniers issus des mouvements africains-américains, antifascistes, antispécistes ainsi que des luttes autochtones aux États-Unis.

Les États-Unis ont annoncé jeudi désigner quatre mouvements antifascistes et/ou anarchistes en Allemagne, Italie et en Grèce comme étant des “organisations terroristes”, dans le cadre de l’offensive menée par le président Donald Trump contre la mouvance antifa. Cela vise “Antifa Ost” en Allemagne, la FAI/FRI italienne et deux groupes révolutionnaires de Grèce : la Justice Prolétarienne Armée et Autodéfense de classe révolutionnaire. Ces forces seront considérées comme “organisations terroristes étrangères, à compter du 20 novembre”, selon un communiqué du secrétaire d’État américain Marco Rubio. Selon Washington, ces groupes adhèrent “à des idéologies anarchistes ou marxistes révolutionnaires, notamment l’anti-américanisme, l’anticapitalisme et l’antichrétienté, qu’ils utilisent pour inciter et justifier des agressions violentes aux États-Unis et à l’étranger”. La désignation comme “organisation terroriste étrangère” rend les membres du groupe inéligibles à entrer aux États-Unis, gèle tous les actifs qu’ils pourraient y détenir et interdit de leur fournir un soutien matériel.

Dans un geste à portée symbolique, Donald Trump a instauré aux États-Unis une « Semaine de l’Anticommunisme », présentée comme un hommage aux victimes des « régimes totalitaires » et comme une mise en garde contre les idéologies de gauche. Signée le 7 novembre, mais couvrant la période du 2 au 8 novembre, cette proclamation présidentielle revêt avant tout une dimension politique. Donald Trump affirme que cette lutte idéologique demeure d’actualité : « De nouvelles voix répètent aujourd’hui de vieux mensonges, les enveloppant dans le langage de la « justice sociale » et du « socialisme démocratique » », a-t-il déclaré.

Tarek Bazrouk est un Palestinien de 20 ans originaire de New York qui était en détention provisoire depuis plusieurs mois (voir notre article). Le 28 octobre dernier, il a été condamné à 17 mois de prison fédérale, assortis de trois ans de mise à l’épreuve, suite à des accusations fédérales liées à des manifestations en faveur de la Palestine. Selon la défense, le temps déjà passé en détention pourrait ramener la peine effective à environ 11 mois. Ses avocats ont demandé son transfert vers la prison de Fort Dix (New Jersey), afin qu’il puisse rester proche de sa famille et bénéficier d’un suivi psychiatrique adapté. Le parquet fédéral avait réclamé une peine de 36 mois, mais cette demande a été rejetée après une forte mobilisation des soutiens venus en nombre assister à l’audience au tribunal fédéral de Pearl Street, à New York.

Le 7 novembre, Joseph « Shine White » Stewart a été transféré à la prison centrale de Raleigh, probablement à l’unité médicale. Il est en grève de la faim depuis plus de 30 jours (voir notre article). Il a indiqué qu’il ne s’alimenterait pas tant qu’il n’aura pas la confirmation de son transfert hors de la région Ouest. Une manifestation de soutien à Shine et à tous les détenus victimes de traitements inhumains de la part du Département correctionnel de Caroline du Nord est organisée le 14 novembre prochain. Le rassemblement débutera à 16h30 devant le bâtiment Randall, situé au 831 W Morgan St., à Raleigh, en Caroline du Nord. Ce bâtiment abrite la Division des prisons, la branche du Département correctionnel de Caroline du Nord qui contrôle directement le quotidien de Shine White et de plus de trente mille autres personnes incarcérées.

Le 15 octobre, le bureau du procureur général des États-Unis a inculpé Daniel Sanchez, un artiste de Dallas, pour avoir transporté « une boîte contenant de nombreux documents Antifa ». Bien qu’il était à distance d’une manifestation, il a été arrêté deux jours plus tard. Les autorités lui reprochent uniquement d’avoir déplacé une boîte contenant des documents et tracts politiques — en réalité, de simples fanzines et brochures. La situation est particulièrement grave pour Daniel Sanchez, titulaire d’une carte verte, dont le statut de résident permanent légal le rend vulnérable à des poursuites fédérales et à une possible expulsion. Le gouvernement a d’ailleurs exploité cette position : l’agence ICE a publié sur ses réseaux sociaux son statut migratoire, sa photo et ses informations personnelles. Les publications de l’ICE confirment que l’objet de l’inculpation n’est qu’une boîte de documents politiques, criminalisée pour son contenu. Sous l’administration Trump, ce type de procédure laisse entendre que la simple possession d’écrits politiques pourrait exposer à des poursuites fédérales et à l’expulsion.

En 2016, Jessica Reznicek a participé à des actions pour empêcher la construction du Dakota Access Pipeline en démantelant des équipements de construction et des vannes du pipeline. En 2021, elle a été condamnée à 8 ans de prison avec une aggravation pour « terrorisme ». En 2022, une cour d’appel a confirmé sa condamnation (voir notre article). Fin octobre 2025, elle est sortie de prison fédérale et purge ses deux dernières années de détention dans un centre de semi-liberté à Des Moines.

Sa nouvelle adresse : Jessica Reznicek · c/o Fresh Start Women’s Center (Women’s Residential Correctional Facility) · 1917 Hickman Rd · Des Moines, IA 50314