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Inde-Népal 1886

Des affiches maoïstes mettant en évidence les atrocités policières et les inconvénients des multiples décisions gouvernementales sont monnaies courantes, notamment dans le district de Visakhapatnam (Andhra Pradesh). Les autorités ont décidé de mener le combat idéologique en adoptant la même technique. La police a collé des affiches dans plusieurs villages pour répandre un message de bonne volonté, tout en mettant en évidence les effets négatifs que peuvent avoir l’adhésion au mouvement maoïste. Soutenant la guerre idéologique, le commissaire local affirme « L’idée des maoïstes est d’attirer les jeunes dans leur giron. Nous ne voulons pas que cela arrive. Les maoïstes disent qu’il y a besoin de médecins, pas de routes. Nous controns cet argument en disant que sans routes, il n’est pas possible de construire des hôpitaux et d’y poster des médecins ». Notons que depuis le début de l’opération Green Hunt lancée à travers le pays dans les régions occupées par la guérilla, les autorités mettent en place de multiples travaux de construction routière afin de pouvoir acheminer leurs soldats dans les régions forestières et inaccessibles.

Propagande et contre-propagande

Propagande et contre-propagande

Selon certains documents communiqués à la presse par la guérilla maoïste, le parti envisagerait de planifier moins d’attaques dans son bastion du Bastar (Chhattisgarh) pour mener des frappes plus importantes et mieux préparées. Il souhaite également parvenir à parer les efforts menés par le gouvernement pour rassembler de plus en plus de renseignements dans la région. Ces documents, compte-rendus d’une récente réunion de commandants maoïstes entre le 5 et le 7 juillet dernier montrent que les guérilleros sont inquiets du renforcement des renseignements obtenus par les forces de sécurité. On peut également y lire que le parti souhaite mettre l’accent sur la formation et à la colmatage des brèches dans ses propres services de renseignements. « Les forces de sécurité distribuent des téléphones portables aux enfants dans les écoles situées dans les régions occupées par la guérilla pour faciliter le rassemblement d’informations. Il faut décourager l’utiliser de téléphones portables » affirme les documents.

Forces antiguérillas à l'entraînement

Forces antiguérillas à l’entraînement

Trois combattants de la NPA ont été tués vendredi dans une fusillade avec des troupes gouvernementales à San Nicolas (province de Pangasinan). L’affrontement a eu lieu vers 17h20. Les militaires ont récupéré un IED, des armes à feu, des munitions et une carte de la ville de San Nicolas.

Equipements récupérés par les militaires sur le lieu de la fusillade

Equipements récupérés par les militaires sur le lieu de la fusillade

Les opérations anti-maoïstes de la police de l’Odisha vont toute se voir doter de nouveaux équipements high-tech par le gouvernement de l’état qui a décider d’acheter une quantité d’équipements modernes, dont des drones, des détecteurs de vapeur, des caméras thermiques, des appareils pour détruire les produits de contre-bande. L’objectif premier est de pouvoir contrôler un maximum tout mouvement opéré par la guérilla.

Une partie du budget sera destinée à l’achat de drones ainsi qu’à la construction d’une station d’atterrissage et un local de contrôle où seront collectées, en temps réel, les images de zones forestières inaccessibles. Les détecteurs de vapeur serviront à dénicher les explosifs dans les forêts. Ces appareils peuvent tracer et identifier tous les types de vapeur et toutes les traces de composés organiques, biologiques et chimiques de manière juste et rapide. En outre, de multiples achats de matériel tel que des gilets pare-balles, des caméras thermiques, des casques, etc. ont été provisionnés.

Actuellement, un total de seize bataillons des Central Armed Police Forces sont déployés dans l’état, dont huit bataillons de la CRPF et huit bataillons de la Border Security Force aux côtés d’un bataillons du Commando Battalion for Resolute Action.

L'état d'Odisha

L’état d’Odisha

Sept membres présumés du PCI(maoïste) se sont rendus aux autorités du Chhattisgarh ce vendredi. Par ailleurs, un guérillero a été abattu dans le district de Gadchiroli (Maharashtra). « Sept maoïstes se sont rendus à la police aujourd’hui dans le Narayanpur (district du Chhattisgarh). Ils ont décidé de rejoindre le courant dominant après avoir été influencés par la politique gouvernementale de reddition menée par le gouvernement local ainsi qu’en raison de la pression croissante des forces de sécurité face aux rebelles dans le Bastar » a déclaré le commissaire de la police du Narayanpur, Santosh Singh. Parmi les hommes qui se sont livrés vendredi se trouvait le dirigeant maoïste Manish Salam, qui formait les nouvelles recrues dans la région d’Antagad du district de Kanker. « A l’exception de Manish, tous les autres étaient des membres actifs de la milice et du Janatana Sarkar (gouvernement populaire). Ils seront réhabilités conformément à la politique du gouvernement Chhattisgarh » a ajouté Singh.

Reddition de sept guérilleros

Reddition de sept guérilleros

Par ailleurs, toujours vendredi, un maoïste présumé a été tué dans un combat avec la police dans le district de Gadchiroli, dans le Maharashtra. « Un maoïste a été abattu dans un combat avec la police dans la forêt à proximité du village de Rope. Le combat s’est déroulé après qu’une brigade policière ait été attaquée par les maoïstes. Les policiers ont répliqué aux coups de feu. Tous les autres maoïstes sont parvenus à battre en retraite, tirant profit de la densité de la forêt », selon le communiqué publié par le commissaire de la police du Gadchiroli. Une arme a également été retrouvée sur les lieux. L’identité du guérillero n’a pas encore pu être établie.

Dossier(s): Archives Inde-Népal

La police de Charla, petit village du district de Bhadradri Kothagudem dans le Telengana, a arrêté deux membres d’une milice du PCI(maoïste) ce mardi. Les autorités ont identifié les deux hommes, Madivi, alias Kodi Vinod (25 ans) et Muski Soma (23 ans). Ils ont été capturé lors d’une opération de contrôle routier menée conjointement par la police locale et la CRPF à la frontière entre le Chhattisgarh et le Telengana. Des médicaments ont également été saisis lors de l’arrestation.

Etat du Telengana

Etat du Telengana

La police de la province de Papouasie a identifié six personnes comme suspectes parmi les 17 arrêtés samedi lors d’une manifestation d’anciens mineurs de la mine de cuivre Grasberg de Freeport McMoRan Inc. Des affrontements ont eu lieu le samedi 19 août à la mine de Grasberg, en Papouasie occidentale, lorsque des centaines de mineurs grévistes ont bloqué les accès de la mine dès 14 heures pour empêcher la production et forcer la direction à négocier. Plusieurs mineurs ont été blessés par des tirs de balles en caoutchouc lors d’affrontements avec la police et les vigiles. Des bâtiments administratifs et plusieurs véhicules ont également été incendiés. La police et les gardes avaient repris le contrôle des lieux vers 23h et Le chef de la police locale a annoncé que l’armée serait déployée pour maintenir l’ordre.

Ces affrontements sont la suite d’une crise débutée en mai (voir notre article ici) suite au litige entre Freeport et le gouvernement indonésien concernant la juridiction de la mine, ce dernier souhaitant obtenir une participation de 51 pour cent sur la mine. Suite au refus de Freeport, le gouvernement a annulé les permis d’exportation de la compagnie qui a riposté en ralentissant la production et en commençant à licencier du personnel, ce qui a déclenché la grève. Suite à cette grève, 4. 200 travailleurs ont été licenciés.

Vehicule brulé lors des affrontements à la mine Grasberg de Freeport le 19 août 2017

Vehicule brulé lors des affrontements à la mine Grasberg de Freeport le 19 août 2017

Le 16 août, une cinquantaine de travailleurs de la compagnie coréenne Haesong Corporation Ltd. (située à Hizalhati dans le district de Gazipur près de Dhaka) ont été attaqués par des hommes de mains alors qu’ils participaient à une manifestation pour protester contre le non-paiement de congés non-utilisés en 2016. La secrétaire général et la vice-président de la Fédération nationale des travailleurs du vêtement (NGWF – syndicat organisateur de la manifestation) ont été blessées lors de l’attaque et un organisateur du même syndicat a été enlevé et libéré plusieurs heures plus tard. Par la suite, la police locale a refusé d’enregistrer les plaintes des travailleurs concernant l’enlèvement ou les attaques.

La manifestation est la suite du renvoi de 218 travailleurs le 4 avril dernier et du non-paiement de leur congé non-utilisé en 2016. En juin 2017, les travailleurs avaient conclu un accord avec la direction de l’usine qui promettait de payer toutes les sommes restantes avant le 4 juillet 2017. Bien que la date n’ait pas été respectée par la direction, un nouveau délai leur fut octroyé leur laissant jusqu’au 4 août pour verser les sommes dues. Les payements n’ayant toujours pas été fait, les travailleurs ont organisé la manifestation du 16 août où les attaques ont eu lieu.

Travailleur blessé lors de l'attaque de la manifestation

Travailleur blessé lors de l’attaque de la manifestation

Manifestation organisée par la NGWF le lendemain de l'attaque

Manifestation organisée par la NGWF le lendemain de l’attaque

Le service du renseignement de la police du Kerala suspecte le nouveau syndicat Democratic Students’ Association (DSA) dont le lancement est prévu le 26 août prochain d’être une organisation maoïste de masse. Selon le tract publié par les organisateurs de la soirée d’inauguration du syndicat, son projet est de « soutenir les luttes des sections opprimées de la société ». De leur côté, les autorités affirment qu’il s’agirait d’une nouvelle tentative de diffusion de l’idéologie maoïste pour « influencer le coeur et l’esprit des jeunes ». Un fonctionnaire en charge de la sécurité intérieur au bureau de la State Special Branch a déclaré dimanche à la presse que des sympathisants maoïstes « tentaient de s’emparer de diverses sphères de nos vies à travers des organisations de fronts actives dans différents domaines ». Il a indiqué que Paadaantharam, sous les auspices duquel la DSA est lancé, était le groupe d’étudiants de Porattam, qui avait des liens avec les maoïstes. « Ils disposent d’une branche culturelle intitulée Njattuvela. Bien que la DSA ne puisse pas être qualifié d’organisation maoïste, leur agenda caché est de propager cette idéologie ». Il a ajouté que la police allait garder l’oeil sur leurs activité, d’autant plus que Ami, une des membres du syndicat, est la fille d’un couple actuellement détenu pour ses prétendus liens avec la guérilla. A cet égard, elle a déclaré « ce n’est pas démocratique de nous relier avec les maoïstes simplement parce que je suis leur fille. J’ai mes propres opinions politiques ». Selon elle, la DSA est une organisation estudiantine indépendante qui n’est affiliée à aucun parti. En les qualifiant de maoïstes, l’establishment tente de réprimer tous les mouvements politiques d’opposition.

Pochoir de la Democratic Students’ Association

Pochoir de la Democratic Students’ Association

Dossier(s): Archives Inde-Népal Tags:

Les trois activistes, leaders du mouvement de désobéissance civile (révolte des parapluies) de 2014 (voir nos articles ici et ici), Joshua Wong, Nathan Law et Alex Chow ont été condamné en appel ce 17 août à des peines de six, huit et sept mois d’emprisonnement. En août 2016, les trois activistes avaient été condamnés à des travaux d’intérêt général et pour Alex Chow, à trois semaines de prison avec sursis. Le parquet avait avait fait appel estimant les peines prononcées en première instance trop clémentes. Les accusations portaient sur leur rôle dans un rassemblement du 26 septembre 2014 jugé illégal. Les manifestants avaient escaladé des barrières métalliques et étaient entrés dans Civic Square, une place située dans un complexe gouvernemental. Aujourd’hui, des milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Hong Kong pour réclamer la « libération de tous les prisonniers politiques ».

Nathan Law, Joshua Wong et Alex Chow

Nathan Law, Joshua Wong et Alex Chow