Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

Des manifestants opposés à l’installation du bouclier antimissile THAAD (Terminal High-Altitude Area Defense) sur la base de Seongju, à 300 kilomètres au sud de Séoul, se sont affrontés à la police. Des douzaines de policiers et de manifestants ont été blessés. L’installations est critiquée d’une part par les habitants des environs qui redoutent que le système placé à proximité fasse de leurs domiciles une cible de choix en cas de guerre, d’autre part par ceux qui dénoncent la course aux armements dans la région. Ces quatre lanceurs viennent s’ajouter à ceux qui ont déjà été installés en Corée du Sud depuis le mois de mars. Ces développements s’inscrivent dans le contexte des récents tests balistiques et nucléaire du régime nord-coréen.

Affrontements à Seongju

Affrontements à Seongju

Des heurts ont éclaté à Séoul jeudi entre la police et des manifestants sud-coréens qui voulaient perturber la cérémonie d’ouverture d’une fondation pour les femmes contraintes à l’esclavage sexuel par l’armée impériale japonaise durant la Seconde guerre mondiale. Les deux pays ont conclu en décembre un accord “définitif et irréversible” aux termes duquel le Japon offre ses “excuses sincères” et verse un milliard de yens (7,5 millions d’euros) à une fondation afin d’aider les “femmes de réconfort” sud-coréennes toujours en vie. Cet accord est dénoncé par ceux qui dénoncent le refus de Tokyo de reconnaître sa responsabilité légale. “Vous ne pouvez faire taire les victimes avec de l’argent”, ont lancé les manifestants lors de la cérémonie d’ouverture jeudi de la fondation. Certains ont réussi à forcer l’entrée de la fondation où devait se tenir une conférence de presse. Ils ont été évacués par la police.

Les incidents ce jeudi à Séoul

Les incidents ce jeudi à Séoul

Le leader de la Confédération coréenne des syndicats a fini par se rendre ce jeudi, soutenu par plusieurs centaines de partisans. Il était retranché depuis près d’un mois dans un temple bouddhiste de Séoul pour que la police ne procède pas à son arrestation. Hang Sang-Gyun est accusé d’incitation à la violence lors d’une grande manifestation (voir notre article), qui visait notamment à dénoncer la réforme du droit du Travail proposée par le gouvernement, un texte qui facilite le licenciement de salariés et plafonne les revenus des employés proches de la retraite. Ce n’est pas la première fois qu’un syndicaliste se réfugie dans un temple bouddhiste, où les policiers préfèrent ne pas rentrer pour ne pas choquer l’opinion publique.

Hang Sang-Gyun (second à partir de la droite)

Hang Sang-Gyun (second à partir de la droite)

Plus de 130.000 travailleurs, agriculteurs, étudiants et les citoyens ordinaires, certains avec des enfants et des membres de la famille, rejoint ce samedi 14 un rassemblement organisé par la Confédération coréenne des syndicats du commerce KCTU. Ce rassemblement pacifique était prévue depuis plus d’un an pour dénoncer la réforme du code du travail. La police a utilisé des gaz lacrymogènes et des canon à eau (mais avec des produits au poivremélqngé à l’eau) contre des manifestants exigeant la démission du président conservateur Park Geun-hye.
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Les agents ont également essayé d’arrêter le président du KCTU pendant qu’il parlait, mais les membres de la KCTU ont réussi à bloquer la tentative d’arrestation. Les manifestants sud-coréens ont tenté de marcher vers la Maison Bleue présidentielle après le rassemblement. La police mis en place d’énormes barricades avec des véhicules de police. De nombreux manifestants ont été blessés, paröi lesquels un vieux fermier de 69 ans qui a été soufflé au sol par les canons à eau.

Manifestant blessé à Séoul

Manifestant blessé à Séoul

Le quartier de Séoul connu grâce au tube “Gangnam Style” est l’objet d’une lutte entre les autorités coréennes qui veulent le transformer en une sorte de parc d’attractions, et les nombreux et populaires vendeurs ambulants. Le maire du quartier a prévu de modifier la zone pour attirer plus de touristes et en faire un luxueux emblème de la culture pop coréenne. Les traditionnels vendeurs de rue qui l’occupent ont déjà reçu des ordres de quitter les lieux et des bagarres ont lieu entre les petits vendeurs et les gros bras enagés par les autorités pour les d’expulser.

Kinect, le détecteur de mouvements de la console de jeu Xbox 360, a trouvé un nouvel usage en Corée du Sud. Jae Kwan Ko, programmeur, a créé un système permettant de l’utiliser pour surveiller la zone démilitarisée qui sépare la Corée du Sud et du Nord. Bien qu’il soit actif depuis août 2013, l’existence de ce système vient seulement d’être dévoilée. Pour des raisons de sécurité nationale, les informations concernant le programme sont relativement maigres. Il semblerait toutefois que le logiciel permette à Kinect de détecter les animaux et êtres humains qui traversent la frontière. Le programmeur entrevoit de nouvelles fonctionnalités à son logiciel telles que la possibilité de détecter le rythme cardiaque ou la chaleur.

kinect

kinect

La police a déposé ce mercredi une demande de mandats d’arrêt contre neuf dirigeants syndicalistes de Korea Railroad Corp. (KORAIL), dont le chef du syndicat Kim Myung-hwan. Ils sont accusés d’avoir été à la tête du mouvement de grève qui a duré trois semaines, le plus long dans l’histoire de l’entreprise. Les syndicalistes en question se sont rendus volontairement à la police mardi après s’être réfugiés dans différents endroits pendant un mois, ignorant les appels de la police. Ils discutaient de diverses questions en suspens, telles que les mesures disciplinaires prises par la direction à l’encontre des syndiqués ayant participé à la grève, selon le syndicat de KORAIL.

Des milliers de syndicalistes font face à des mesures disciplinaires suite à leur participation à la grève. Malgré la création d’un sous-comité parlementaire destiné à empêcher la privatisation du secteur ferroviaire ayant mis fin à la grève, la police et les procureurs se sont engagés à poursuivre les chefs de file du mouvement gréviste.

Les services de renseignement (National Intelligence Service, NIS) étendent leurs ramifications dans tous les milieux, politique, économique et médiatique pour peser sur la politique coréenne.
Le NIS est le premier soutien de la présidente conservatrice Park Geun-hye, élue en décembre 2012. L’entourage de la présidente en dit long: le secrétaire général de la présidence y avait déjà travaillé du temps de la dictature (1961-1979) de Park Chung-hee, père de l’actuelle dirigeante, et il dirigeait la lutte contre le communisme au sein de la KCIA, ancêtre du NIS. De 1980 à 1982, il était chargé de la sécurité publique au parquet de Séoul. L’actuel patron du NIS, Nam Jae-joon, n’est autre que l’ancien chef d’état-major des armées.

A l’approche de la présidentielle, des milliers de tweets auraient été postés par les agents du NIS pour discréditer son adversaire Moon Jae-in. Mal vu par la Présidence pour son zèle à enquêter sur le scandale de l’élection, le procureur général Chae Dong-wook a été la cible de révélations sur sa vie privée, dont on soupçonne la NIS, qui l’ont contraint à la démission. Un parti d’extrême gauche, le Parti progressiste unifié (PPU) est menacé de dissolution car un de ses élus est accusé d’un projet de rébellion au profit de la Corée du Nord, sur base d’un dossier trafiqué par les enquêteurs du NIS. Enfin, bien qu’innocenté en première instance, les animateurs d’un podcast populaire, risquent, en appel, la prison pour diffamation envers le frère de la présidente.

Le siège du NIS

Le siège du NIS

Les deux principaux partis politiques de la Corée du Sud ont mis fin à une année de relations glaciales pour parvenir à un accord qui mettra fin à la longue grève des travailleurs de chemin de fer. Les leaders du Parti de la Nouvelle Frontière (au pouvoir) et du Parti Démocrate (opposition) ont eu des entretiens avec le chef du syndicat des chemins de fer, Kim Myung-hwan, poursuivi depuis le 16 décembre sous l’accusation de mener une grève illégale. La majorité des 20.000 travailleurs des chemins de fer s’étaient mis en grève le 9 décembre pour protester contre une décision qui annonçait une processus de privatisation.

Ce 28 décembre, la KCTU (Confédération coréenne des syndicats) lançait un appel à la grève générale en solidarité avec les syndicalistes du rail menacés de lourdes sanctions pour avoir refusé la privatisation de leur entreprise. Les travailleurs ont répondu présent. Plus de 100 000 manifestants dans les rues de Séoul, des dizaines de milliers d’autres à Pusan, Gwangju, Daejon ou Daegu au cri de « Non à la privatisation de KORAIL ».

Car l’étincelle qui a mis le feu à la rue coréenne, c’est le projet de privatisation de KORAIL, la SNCF coréenne, commençant par une ouverture à la concurrence des trains inter-cités. Les travailleurs du rail ont commencé une grève il y a 20 jours et la répression a suivi : interdiction de la grève, menaces de sanctions financières à la hauteur du « préjudice financier », arrestation des cadres syndicaux, prise d’assaut du siège du syndicat par les CRS coréens, enfin menaces de révocation de tous les grévistes.

grève générale en corée

Le gouvernement a déployé plus de 13.000 policiers anti-émeutes dans le centre de la ville. Si l’immense majorité des cortèges était composé de syndicalistes, à noter que les étudiants, avocats, médecins ont aussi rejoint les cortèges. Petite anecdote: la comédie musicale “Les Misérables” a connu un grand succès en Corée et le refrain « Entendez-vous le peuple chanter ? » est repris dans plusieurs villes par les manifestants.


grève générale en corée