L’université publique de Californie a annoncé, le vendredi 8 août, que le gouvernement américain lui réclamait une amende monstre d’un milliard de dollars pour les manifestations pro-palestinienne de 2024 (photo). Le montant représente cinq fois ce que l’université privée new-yorkaise de Columbia a consenti à payer fin juillet, plus de 200 millions de dollars, pour régler un différend sur des accusations de soi-disant antisémitisme lors des manifestations en 2024 contre la guerre génocidaire à Gaza. Un accord à 500 millions de dollars serait en discussion avec Harvard.

Gavin Newsom, gouverneur de Californie et membre du conseil d’administration de l’UC, a dénoncé une « extorsion » visant à « museler la liberté académique », promettant de saisir la justice. Le gouvernement fédéral réclame en outre 172 millions de dollars pour indemniser des étudiants juifs se disant victimes de discrimination. Le réseau UC regroupe dix campus, parmi lesquels UCLA, Berkeley ou San Diego, tous régulièrement classés parmi les meilleures universités publiques américaines. L’UCLA subit déjà un gel de plus d’un demi-milliard de dollars de subventions fédérales dans ses recherches médicales et scientifiques.

Un juge fédéral a rejeté mercredi les poursuites contre un activiste anti-ICE accusé d’avoir distribué des masques de protection à des manifestants le mois dernier à Los Angeles. Âgé de 29 ans et membre de l’organisation communautaire basée à Boyle Heights, Alejandro Orellana avait été inculpé en juin par un grand jury fédéral pour « crime de complot »et « aide et encouragement au trouble civil ». Il a finalement été libéré. « La protection de notre communauté n’est pas un crime », a déclaré Orellana qui, avec au moins deux autres personnes, avait distribués des masques de protection Bionic Uvex aux manifestants anti-ICE rassemblés près du bâtiment fédéral sur la rue Los Angeles le 9 juin.

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Le 25 juillet, le FBI a mené une opération matinale à Portland et arrêté Robert Jacob Holmes, 24 ans, sur des accusations fédérales liées à une manifestation au bâtiment de l’ICE le 14 juin. Iel est soupçonné·e d’avoir blessé un agent de l’ICE à la tête avec une pierre et tenté de forcer une porte en usant d’un panneau de signalisation comme bélier. Iel encourt jusqu’à 20 ans de prison. Le FBI l’a indentifié·e en passant une photo prise par un photographe pendant les actions dans un logiciel de recherche par reconnaissance faciale.

Jesse Cannon est un militant antifasciste qui a été condamné à cinq ans de prison en 2021. Il était accusé d’avoir défendu, avec d’autres antifascistes, une zone touristique de San Diego contre une foule de fascistes pro-Trump lourdement armés, trois jours seulement après la tentative d’insurrection au Capitole. Malgré tous les efforts du procureur de San Diego pour le maintenir en prison en raison de ses convictions et de son refus de coopérer, il vient d’être libéré.

Sur les 15 manifestants arrêtés lors de la répression brutale d’une manifestation anti-ICE sur le pont Roebling le 17 juillet dernier, quatre font toujours face à des accusations pour émeutes après une audience préliminaire mercredi 6 août devant le juge du comté de Kenton. Certains autres manifestants ont plaidé coupables mercredi de délit de refus de dispersion en échange de l’abandon des accusations d’émeute. Dans leur cas, les accusations ont été rejetées avec préjudice, ce qui signifie qu’elles ne peuvent être portées à nouveau. Leur peine a été réduite et ils devront payer 169 dollars d’amende. Une journaliste et un photographe ont également vu leurs accusations de délit abandonnées, mais restent poursuivis notamment pour refus de dispersion. Leurs audiences préliminaires auront lieu le 14 août.

La manifestation spontanée et pacifique sur le pont suspendu Roebling, entre Cincinnati (Ohio) et Covington (Kentucky) suivait une veillée organisée en soutien à l’imam apprécié par la communauté, aumônier de l’hôpital pour enfants de Cincinnati, arrêté et détenu par l’ICE le 9 juillet. La manifestation avait été le théâtre de brutalités policières extrêmes. Des manifestants ont été tasés, blessés au moyen de flash-ball, frappés et plaqués au sol par les forces de l’ordre locales. Commentant une vidéo montrant un policier s’approchant d’un homme et le frappant à plusieurs reprises près de la tête avant de le plaquer au sol, le chef de la police de Covington a expliqué que le policier « avait d’abord pensé que l’homme cherchait peut-être une arme à feu potentielle dans une pochette autour de sa taille et qu’il avait porté les coups pour empêcher les personnes de tomber du pont, l’homme s’y tenant »…

Le bureau de terrain du FBI Dallas a déclaré qu’il avait appréhendé Benjamin Song, 32 ans, à Dallas. Benjamin Song aurait rejoint un groupe de 10 à 12 autres personnes dans l’attaque organisée contre des agents du Prairieland Detention Center à Alvarado, au Texas, le 4 juillet (voir notre article). Dix assaillants ont été appréhendés le jour même non loin des lieux de l’action et un onzième par la suite (il est accusé de complicité), tandis que Song réussissait à échapper à la capture. Le FBI avait offert une récompense de 25 000 $ pour des informations menant à son arrestation et à sa condamnation. Song, un ancien réserviste du Corps des Marines, est accusé d’être l’un des deux tireurs qui ont ouvert le feu au AR-15 contre les agents de l’ICE. Il fait face à trois chefs de tentative de meurtre d’un officier fédéral et de trois chefs d’accusation de tirs avec une arme à feu dans la poursuite d’un crime de violence.

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Un groupe imposant de personnes masquées et vêtues de noir a attaqué, le 4 juillet, le Centre de Détention de l’ICE de Prairieland avec des feux d’artifice. Des messages anti-ICE ont été peints sur des véhicules présents sur le site. Cela a attiré les policiers hors du Centre de Détention. Le groupe a alors battu en retraite mais deux personnes sont restées postées dans un bois proche et l’une d’elle a ouvert le feu sur les policiers, tirant au fusil d’assaut une trentaine de balles, et blessant un agent de l’ICE dans le cou.

Lors de la grande opération policière qui a suivi (photo), les shérifs du comté de Johnson ont intercepté un véhicule avec un conducteur et des armes à feu – un pistole et un AR-15. D’autres personnes ont été arrêtées dans les environs, certaines avec des tracts portant les slogans « COMBATTRE LA TERREUR DE L’ICE PAR LA GUERRE DES CLASSES ! » ainsi qu’une banderole portant « RÉSISTEZ AU FASCISME, COMBATTEZ L’OLIGARCHIE ». Une personne a été arrêtée le lendemain suite à l’enquête, et une autre reste recherchée.

Ce sont finalement 11 personnes, dont 10 détenues, qui sont poursuivies pour terrorisme, tentative de meurtre sur agents fédéraux et autres crimes et délits. Trois de ces 11 personnes avaient déjà été arrêtées dans des manifestations anti-capitalistes au Texas.

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Le rassemblement « No Kings » du 14 juin à Los Angeles avait tourné au chaos quand les policiers de la ville de Los Angeles (LAPD) et les shérifs du comté de Los Angeles (LASD) ont violemment dispersé la foule, quelques heures avant le couvre-feu, avec des tirs de flash-ball, de balles au poivre, et de granades lacrymogènes (voir notre article). Les tirs ont également visé (volontairement) des journalistes et (involontairement) (enfin on suppose) d’autres policiers.

Un juge fédéral a statué le 7 juillet que le LAPD ne pouvait pas forcer les journalistes à quitter les zones de manifestation ni utiliser d’armes non létales contre eux, après que des reporters aient été pris pour cible. Le juge a accordé au Los Angeles Press Club une ordonnance restrictive de 14 jours contre la police de la ville, après que le groupe a déclaré avoir documenté des dizaines d’incidents au cours desquels des policiers ont forcé des journalistes à quitter les espaces publics où se déroulaient des manifestations, frappés par des balles en caoutchouc et des armes non létales et exposés à des gaz lacrymogènes.

Les policiers du LAPD se sont eux-mêmes retrouvés pris sous les tirs gaz lacrymogènes, de balles de poivre et de balles en caoutchoux de la part des shérifs du comté de Los Angeles. Le premier signalement de tirs « amis » est arrivé à 16h55 lorsque les policiers voulaient éloigner les manifestants de l’hôtel de ville. 20 minutes plus tard, les policiers essuyaient de nouveaux tirs des shérifs à l’angle des rues Temple et Main. Trois minutes plus tard, les shérifs arrosaient une nouvelle fois les policiers de balles de poivre et d’autres projectiles. Les vidéos montrent des agents du LAPD se réfugier derrière des piliers en béton sur les marches de l’hôtel de ville et l’un d’eux être toucher directement par une grenade lacrymogène.

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Peter Hatch, haut responsable des enquêtes sur la sécurité intérieure de l’ICE, a reconnu mercredi devant un tribunal fédéral que les trois quarts des noms des manifestants étudiants sur lesquels l’ICE a été enquêté ont été extraits d’un site web pro-israélien visant à mettre sur liste noire les étudiants et universitaires pro-palestiniens. Ce site vise spécifiquement ceux, dans les universités, soutiennent les initiatives de boycott, de désinvestissement ou de sanctions contre Israël ou les entreprises associées à Israël,

Peter Hatch est intervenu au troisième jour d’un procès à Boston concernant la politique d’expulsion idéologique de l’administration Trump, dénoncée par un groupe de professeurs d’université comme entravant leur liberté d’expression politique. Hatch a déclaré qu’il avait reçu début mars une liste de noms d’étudiants sur laquelle son agence devait enquêter et que la plupart de ces noms provenaient du site web Canary Mission qui contenait plus de 5 000 personnes. Les analystes de Hatch rassembleraient des informations sur ces personnes et, si les informations étaient jugées suffisantes, ils dénonçaient la personne au Département d’État.

Le 14 juin, dans le cadre des manifestations No King qui ont rassemblés des millions d’Américains contre la politique migratoire de Trump, des manifestants de Portland (Oregon) ont affronté des agents fédéraux devant le siège local de l’ICE. Des groupes ont scandé des slogans et  parfois lancé des objets – principalement des bouteilles d’eau et au moins une pierre – sur le bâtiment. Les forces de sécurité avaient tiré des munitions anti-émeute depuis le toit et l’entrée du bâtiment, aggravant encore les tensions alors que la manifestation se poursuivait en soirée. À un moment donné, des manifestants ont tenté de forcer l’entrée du bâtiment, finissant par briser une porte vitrée avec un bélier improvisé. Ils ont ensuite remonté la rue tandis que des agents fédéraux en tenue tactique montaient tiraient des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes et utilisaient des armes acoustiques.

La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, avait publié un communiqué menaçant les manifrestants de poursuites pénales, ajoutant que les agents de l’ICE étaient « confrontés à une augmentation de près de 700 % des agressions à leur encontre ». Ce sont finalement 20 personnes ont été inculpées de crimes fédéraux liés à des manifestations devant le bâtiment de l’ICE. Cinq personnes sont accusées de crimes graves.

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