Samedi 13 juillet tôt dans la matinée la police a abattu Willem Van Spronsen, un militant anarchiste qui menait une opération contre un centre de détention de migrants à Tacoma. La police affirme que le militant était armé d’un fusil et lançait des objets enflammés contre des véhicules et un bâtiment de la « Immigration and Customs Enforcement » (ICE, l’agence en charge de la répression des migrants aux États-Unis). Selon la version policière, des coups de feux auraient été échangés avec la police (sans qu’il soit précisé de quel coté ils ont commencé) et Willem Van Spronsen aurait été tué dans la fusillade.

Willem Van Spronsen avait déjà été arrêté et poursuivi en justice suite à des affrontements avec la police l’année passée lors d’une manifestation devant le même centre de détention alors qu’il était venu au secours d’un autre manifestant arrêté.

Un centre de détention pour migrants de l'ICE

Un centre de détention pour migrants de l’ICE

Les « Proud Boys », des chauvinistes blancs, qui prônent la fin de la sécurité sociale et la fermeture des frontières, ont organisé le rassemblement Demand Free Speech pour protester contre le blocage de certains publicistes fascistes sur des médias sociaux. Des centaines de policiers étaient mobilisés samedi dans la zone entourant le Freedom Plaza de Washington, pour tenter d’empêcher les antifascistes de s’affronter avec des manifestants d’extrême-droite. La police finalement mis fin aux escarmouches et empêché les antifascistes, vêtus de noir et cagoulés, d’ériger des barricades dans les rues avec des coffres à journaux et des chaises. La police a aussi rapidement exfiltré Joey Salads, orateur de Proud Boys, qui avait été encerclé par des antifas.

Antifas samedi à Washington DC

Antifas samedi à Washington DC

Les groupes Rose City Antifa et Democratic Socialists of America avaient appelé samedi à une contre-manifestation devant des dizaines de personnes réunies pour un rassemblement « Him Too ». « Him Too » défends les hommes accusés selon eux injustement d’agression sexuelle. Des membres du groupe fasciste « Proud Boys » étaient également présents. Les antifas ont lancé divers projectiles sur le rassemblement d’extrême droite et notamment des gobelets de ciment à prise rapide, liquide mais contondant. Andy Ngo, militant fasciste qui couvre comme « journaliste » les manifestations à Portland, et qui avait déjà été attaqué en novembre 2018, a été pris violemment à parti. Rossé et blessé, il a dû être hospitalisé. Trois antifas ont été arrêtés pour s’est heurtés aux policiers.

Le publiciste fasciste Andy Ngo en train d'essuyer des coups

Le publiciste fasciste Andy Ngo en train d’essuyer des coups

Les États-Unis se sont dotés, selon le MIT, d’une technologie laser capable d’identifier une personne grâce aux battements de son cœur, à une distance maximum de 200 mètres. Cette technologie intitulée Jentson a été créée par l’entreprise américaine Ideal Innovations Incorporated et est en développement depuis au moins deux ans.

Cette technologie présente plusieurs avantages par rapport à la reconnaissance faciale, le rythme cardiaque étant unique, constant et ne pouvant être ni alteré ou dissimulé. Elle pourrait atteindre une précision de 95% dans de bonnes conditions. Cependant le dispositif ne fonctionne pour l’instant que sur les individus habillés d’un t-shirt ou d’une veste.

L’outil Jetson utilise la vibrométrie laser qui détecte les mouvements d’une surface, causés par les battements du cœur. Les informations récoltées sur chaque individu devront ensuite être comparées à une base de données cardiaques, enregistrée au préalable, pour permettre au dispositif d’identifier avec précision la « signature cardiaque » d’une personne.

Le Pentagone est désormais capable d'identifier une personne grâce à son rythme cardiaque

Le Pentagone est désormais capable d’identifier une personne grâce à son rythme cardiaque

Dans le nord de la ville de Memphis, la mort d’un jeune homme noir a provoqué des protestations par les habitant-e-s de son quartier. Entre 100 et 300 personnes étaient descendues dans les rues pour manifester leur colère suite à la mort de Brandon Webber. Le jeune homme âgé de 20 ans était poursuivi par la police, et a été abattu par plusieurs balles à l’issue d’une course poursuite le soir du 12.06.2019. Les habitant-e-s de Frayser, un quartier majoritairement noir dans le nord de la ville et dont Webber était originaire, ont balancé des pierres et des briques sur la police. La police a employé du gaz lacrymogène pour disperser la foule. 3 personnes ont été arrêtées, 24 policiers et 2 journalistes blessés.

Memphis Brandon Webber

Cette semaine un groupe de militants opposé à la construction d’un nouveau centre d’internement d’immigrants à Laval a revendiqué la dégradation d’un véhicule de la société Englobe. Cette société participe, en effet, à ce projet de future prison pour migrant. C’est au moins la troisième fois en un peu plus d’un an que des entreprises participant au projet sont attaquées.

Ainsi la firme d’architecture Lemay, qui a conçu les plans de la future prison, a vu des militants lâcher des criquets vivants à l’intérieur de son siège social. Les locaux de l’entreprise d’excavation Loiselle, qui s’est pour sa part chargée de décontaminer l’emplacement, ont également été dégradés en février dernier. Le Service de police de la Ville de Montréal a confirmé vendredi qu’il menait une enquête sur ces actions.

D’autres actions publiques sont également menées contre ce projet. Deux manifestations contre le projet se sont ainsi déroulées coup sur coup les 17 et 20 février derniers. De plus, une cinquantaine d’organismes ont annoncé le mois dernier qu’ils s’engageaient à faire front commun pour bloquer la construction de la future prison. Enfin, l’organisme au cœur de la contestation, « Ni frontières, ni prisons », a soutenu les actions de sabotage menées contre les trois entreprises.

Le lieu de la future prison pour migrants

Le lieu de la future prison pour migrants

Ce samedi 25 juin, Janine Phillips Africa et Janet Holloway Africa ont obtenu une libération conditionnelle après 40 ans de prison. Les deux femmes avaient été arrêtées en 1978 suite à l’attaque de la communauté Move à Philadelphie. Ces libérations font suite à celles de Mike Africa libéré sous condition en octobre 2018 quelques mois après Debbie Africa libérée en juin 2018 (voir nos articles ici et ici).

Janet Holloway Africa et Janine Phillips Africa

Janet Holloway Africa et Janine Phillips Africa

Jeudi 9 mai, Chelsea Manning a été libérée de la prison de Virginie où elle a passé 62 jours (dont un mois à l’isolement) pour avoir refusé de témoigner au sujet de ses liens passés avec WikiLeaks devant un grand jury fédéral dans le district est de Virginie. Cette libération n’est pas le fruit d’une victoire juridique. En avril, une Cour d’appel avait rejeté une requête déposée par son équipe juridique pour la libérer (voir notre article).

Cette libération intervient plutôt suite à l’expiration du mandat du grand jury jeudi. Son équipe juridique a cependant déjà reçu une autre assignation à comparaître qui exige qu’elle comparaisse devant un autre grand jury le 17 mai. Manning s’est engagée à ne répondre à aucune question et pourrait donc être remise en détention dès la semaine prochaine.

Le refus de Manning de témoigner est un acte de protestation contre les grands jurys en général qui ont toujours été utilisé pour «piéger et persécuter des militants pour des propos politiques protégés». L’immunité est imposée aux témoins du grand jury, ce qui leur enlève le privilège de ne pas s’incriminer et les prive de tout «droit de garder le silence».

Chelsea Manning

Chelsea Manning

Un juge de la cours fédéral au Texas a bloqué l’application d’une loi de l’état du Texas interdisant aux employés de l’Etat et aux sous-traitants de boycotter Israël. Le juge estimait, en effet que cette loi contrevenait au premier amendement de la constitution états-unienne relatif à la liberté d’expression.

La loi texane obligeait les employés de l’État ou ses contractants à signer un engagement déclarant qu’ils « ne boycottaient pas actuellement Israël », qu’ils « ne boycotteront pas Israël pendant la durée du contrat » ​​et qu’ils éviteront toute action « qui est destiné à pénaliser, infliger un préjudice économique à, ou limiter les relations commerciales avec Israël, ou avec une personne physique ou morale faisant affaire dans Israël ou dans un territoire sous contrôle israélien.

Le Texas est le troisième État depuis 2017 à bloquer ou à annuler une législation anti-BDS, à la suite des décisions de tribunaux rendues dans le Kansas et en Arizona. Notons que 25 autres États ont ou prévoient d’adopter des lois ou des décrets anti-BDS.

Le mouvement BDS au États-Unis

Le mouvement BDS au États-Unis

Lundi 22 avril, une cour d’appel fédérale a rejeté la demande de remise en liberté sous caution de l’ancienne analyste du renseignement de l’armée américaine Chelsea Manning, et confirmé la décision d’une juridiction inférieure d’emprisonner Manning suite à son refus de témoigner devant un grand jury d’un tribunal de l’Etat de Virginie. Ce grand jury a pour mission de superviser une enquête sur Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks (voir notre article).

Chelsea Manning

Chelsea Manning