Le 16 octobre, le tribunal d’application des peines siégeant à la prison des Baumettes à Marseille avait décidé, après seulement cinq minutes de délibération, la révocation du régime d’aménagement de peine appliqué à Jean-Marc Rouillan depuis décembre 2007 après 21 ans de prison. Nous venons d’apprendre la date de l’audience d’appel: celle-ci se tiendra le jeudi 27 novembre à Paris.

Il y a deux jours, le 1er octobre, le Parquet de Paris annonçait qu’il demandait la révocation du régime de semi-liberté auquel Jean-Marc Rouillan était astreint depuis dix mois, et qui devait l’amener à une libération conditionnelle en fin d’année (cf. ci-dessous). Cette demande doit faire l’objet d’une audience judiciaire le 16 octobre prochain. En attendant cette date, Jean-Marc Rouillan a été réincarcéré.

Communiqué de NLPF:

ROUILLAN, TAIS-TOI OU C’EST LA PERPETE!

Alors que la crise financière fait rage, que l’armée s’embourbe dans la sale guerre d’Afghanistan, que les charettes de licenciements économiques, à Renault Sandouville ou ailleurs, plongent des familles dans le désespoir, le gouvernement français mène la chasse à … Jean Marc Rouillan! Il fallait oser! Prenant prétexte d’une banale interview à l’Express, le Parquet central, à la botte de la Chancellerie, veut révoquer le régime de semi-liberté auquel Jean-Marc Rouillan est astreint depuis dix mois, et qui devait l’amener à une libération conditionnelle en fin d’année. Cette mise en cause n’a aucun fondement juridique: Jean-Marc Rouillan a accepté et intégralement respecté les conditions très restrictives de sa semi-liberté. Mais l’opération en dit long sur l’état des libertés démocratiques dans ce pays.

Vingt ans se sont écoulés depuis les arrestations des militants d’Action directe, mais la volonté de vengeance de l’Etat reste intacte. Après l’isolement et les interminables grèves de la faim pour en sortir, l’acharnement se poursuit par cet odieux chantage aux regrets. On continue ainsi à exiger d’eux qu’ils renient leur engagement politique, passé, présent ou à venir. Les militants d’Action directe ont purgé leur peine, qu’on leur fiche la paix!

Comme le premier jeudi de chaque mois, le Collectif Nlpf! appelle à un rassemblement devant la Direction de l’Administration pénitentiaire (angle rue Beaubourg-rue de la Verrerie, Paris 4e) pour exiger la libération de tous les militants d’Action directe (Georges Cipriani et Régis Schleicher sont toujours détenus).

Halte au chantage au reniement! Libération des militants d’Action directe!

Collectif ‘Ne laissons pas faire!’, Paris, le 2 octobre 2008

Lire l’interview de Jean-Marc Rouillan à l’Express

Nathalie Ménigon a quitté la prison de Seysses le samedi 2 août au matin. Elle était incarcérée dans cet établissement pénitentiaire de la région toulousaine depuis août 2007, dans le cadre d’un régime de semi-liberté.

Pratiquement cela signifie que pour les 5 prochaines années, Nathalie n’aura plus à séjourner en prison mais devra respecter ces restrictions de liberté:

-signaler de toute sortie du département de la Haute-Garonne
-s’abstenir de parler des faits pour lesquels elle a été condamnée, aux médias ou dans un ouvrage

Après plus de vingt ans en prison, Nathalie Ménigon est enfin sortie de prison, mais avec l’interdiction de témoigner de sa lutte ni de ses conditions de détention.

Communiqué du collectif ‘Ne laissons pas faire!’ du 18 juillet 2008

Site du collectif ‘Ne laissons pas faire’!

Communiqué de NLPF:

Nathalie Ménigon, militante d’Action Directe, a obtenu le 17 juillet, une libération conditionnelle qui a pris effet le 3 août 2008. La durée du régime de conditionnelle a été fixée à cinq ans. Les contraintes sont étendues, ainsi l’assignation à résidence dans un seul département.

Jean-Marc Rouillan est placé en régime de semi-liberté depuis 7 mois. Il n’y a pas de raison qu’il n’obtienne pas, lui aussi, une libération conditionnelle au terme d’une année de semi-liberté. Après avoir été jugés par des tribunaux d’exception et avoir été emprisonnés pendant une durée excédant de plusieurs années la peine de sûreté assortie à leur condamnation, les militants d’Action Directe ont réussi, jusqu’au bout, par leur résistance et leur ténacité, à conserver leur identité révolutionnaire. Parmi les militants toujours incarcérés, Georges Cipriani et Régis Schleicher ont été, eux, envoyés à Fresnes pendant six semaines pour subir l’expertise du Centre national d’orientation (CNO) qui est appelé à statuer sur leur ‘dangerosité’. La psychiatrisation de l’engagement politique est une des pratiques les plus dangereuses que mettent en place des sociétés sécuritaires comme la France de 2008.

Soumettre des militants révolutionnaires à cette expertise après plus de 21 ans de prison, c’est tenter une fois encore de les briser psychologiquement par la succession d’intervenants médicaux, sociaux et pénitentiaires, et le retour aux conditions de détention particulièrement sévères d’une maison d’arrêt.

Pour nous, il ne fait aucun doute que Georges Cipriani et Régis Schleicher doivent sortir de prison tout comme le militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah qui s’est vu notifier une convocation au CNO à partir du 10 août prochain. Il est essentiel donc que nous continuions à nous battre pour la libération de tous les prisonniers d’Action Directe et les militants politiques révolutionnaires emprisonnés et pour dénoncer les législations d’exception auxquelles ils ont été et sont encore en butte depuis les années 1980.

Collectif ‘Ne Laissons Pas Faire!’ – Paris, le 18 juillet 2008, modifié le 12 août 2008.

Communiqué de NLPF:

Ce jeudi 6 décembre, la cour d’Appel de Paris n’a pas rejeté l’aménagement de peine accordé à Jann-Marc Rouillan le 26 septembre 2007 par la cour d’application des peines de Paris. Il devrait se retrouver le 17 décembre à Marseille. Après bientôt 21 ans d’emprisonnement, c’est, pour Jann-Marc Rouillan, un premier pas vers la liberté et le collectif ‘Ne Laissons Pas Faire’ s’en réjouit.

Mais un aménagement de peine n’est pas la liberté. Comme pour Nathalie Ménigon, qui a obtenu une décision similaire appliquée à partir du 2 août 2007, Jean-Marc Rouillan devra rester en semi-détention, avec obligation de travailler la journée et de retourner en prison, en règle générale, le soir et le week-end. Il s’agit cependant d’une victoire pour les militants d’Action Directe qui sortent sans reniement. Joëlle Aubron, Georges Cipriani, Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan ont toujours été fidèles à leurs engagements politiques anti-impérialistes et anticapitalistes et sont restés solidaires durant toutes ces années d’enfermement souvent dans des conditions extrêmes.

Georges Cipriani a déposé une demande de libération conditionnelle en novembre 2007. Cette demande devrait être examinée dans les 6 mois à venir et rien ne saurait justifier un refus. Régis Schleicher, quant à lui, arrêté en 1984, est dans sa 24ème année de prison! Il pourra déposer une demande de libération au début de l’année 2008 et comme pour Georges Cipriani, un refus de la part de la justice serait inacceptable.

NOUS CONTINUONS A NOUS MOBILISER POUR LA LIBERATION DE TOUS LES PRISONNIERS D’ACTION DIRECTE!

Paris le 6 décembre 2007

Communiqué de presse de NLPF:

Georges Cipriani, militant révolutionnaire d’Action Directe, est incarcéré depuis plus de 20 ans. Condamné à perpétuité avec ses camarades Joëlle Aubron, Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan pour des actions revendiquées par leur organisation, il a terminé en février 2005 la peine de sûreté de 18 ans assortie à sa condamnation. Il est donc libérable. Hospitalisé jadis pour des troubles causés par des années d’isolement carcéral, il est depuis plusieurs années totalement rétabli. Il a même entrepris des études supérieures et passé avec succès plusieurs examens. L’information fréquemment reprise par certains médias affirmant qu’il souffre de troubles psychiatriques est fausse. Soit il s’agit d’une erreur résultant de la reprise d’une information vieille de plusieurs années et nous demandons aux journalistes qui la commettent de ne plus la reproduire, soit il s’agit d’un acte délibéré s’inscrivant dans une campagne de dénigrement des militants d’Action Directe et nous dénonçons avec force cette campagne. Depuis plus de 20 ans, Georges résiste aux années d’incarcération dans des conditions particulièrement dures et c’est en toute conscience, sans reniement et solidairement avec ses camarades, qu’il reste fidèle à son engagement politique.

Paris le 19 octobre 2007 – Collectif ‘Ne laissons pas faire’!

Hommage à Joëlle Aubron

Hommage à Joëlle Aubron

Marche en hommage à Joëlle Aubron

Marche en hommage à Joëlle Aubron

Hommage à Joëlle Aubron

Hommage à Joëlle Aubron

Une délégation du Secours Rouge/APAPC participe à la manifestation d’hommage à Joëlle Aubron organisée au cimetière du Père Lachaise, à Paris, devant le Mur des fédérés, puis, dans la soirée, au centre La Belle Etoile.

Compte rendu de la journée d’hommage

Aujourd’hui, 19 juillet, la chambre d’application des peines de la cour d’appel de Paris a décidé que Nathalie Ménigon, militante d’Action Directe, pouvait bénéficier d’un aménagement de peine. Elle devrait quitter le centre de détention de Bapaume le 2 août. La cour a donc enfin accordé une semi-liberté à Nathalie, plus de deux ans après la fin de sa peine de sûreté. Nulle faiblesse ou complaisance dans cette décision pourtant, puisque cet aménagement de peine, ‘ouvrant sur une possibilité de libération conditionnelle’, est accordé à des conditions très restrictives pour Nathalie:

➔ Elle sera en fait transférée dans une prison proche de son lieu de travail et, du lundi au vendredi, elle devra réintégrer chaque soir sa cellule, l’horaire de retour étant à respecter impérativement, sinon elle sera considérée comme évadée. Le week-end devra être passé en détention, sauf en cas de permission de sortie accordée au coup par coup.

➔ Elle devra respecter une interdiction absolue de toute expression publique (orale, presse, livre…), une condition qui supprime donc les possibilités de s’exprimer dont elle pouvait encore paradoxalement user jusqu’à maintenant, notamment en soutien à ses camarades empri-sonnés.

Le Collectif ‘Ne laissons pas faire!’ prend acte avec satisfaction de la décision rendue aujourd’hui. Il tient à rappeler que les militants d’Action Directe ont mené leur combat ensemble, qu’ils ont été condamné ensemble et qu’ils ont tous subi, durant des années, les mêmes conditions d’incarcération particulièrement dures. Ils ont résisté collectivement pendant plus de vingt ans à l’anéantissement et au chantage au reniement. La justice n’a d’ailleurs jamais voulu dissocier leurs cas, et ils ont été condamnés collectivement. La libération conditionnelle devra donc être appliquée également à chacun d’entre eux, la prochaine échéance étant la mi-septembre pour Jean-Marc Rouillan.

Le Collectif ‘Ne laissons pas faire!’ – Le 19 juillet 2007