Afin de « sortir » de l’état d’urgence, le gouvernement d’Edouard Philippe concocté un avant-projet de loi « renforçant la lutte contre le terrorisme et la sécurité intérieure » qu’il a transmis au Conseil d’Etat, mercredi 7 juin. Avec ce texte, ce sont quasiment toutes les mesures de l’état d’urgence qui vont se retrouver dans le droit commun. L’exécutif entend ainsi confier de manière permanente aux préfets et au ministre de l’Intérieur le pouvoir d’assigner des individus dans un « périmètre géographique déterminé », et de perquisitionner de jour comme de nuit, deux mesures jusqu’ici indissociables de l’état d’urgence. Les représentants de l’Etat pourraient aussi interdire des lieux de culte, exploiter des téléphones ou ordinateurs, ordonner fouilles et palpations, et placer sous bracelet électronique, « aux seules fins de prévenir un acte de terrorisme ». Le contrôle reposerait sur la justice administrative.

Jusqu’ici, de telles contraintes ne peuvent être exercées, hors procédure judiciaire, que dans le cadre de l’état d’urgence. Ce projet de loi devrait être présenté au conseil des ministres du 21 juin en même temps que le sixième projet de loi de prorogation de l’état d’urgence, jusqu’au 1er novembre, lui aussi transmis mercredi au Conseil d’Etat.

Etat d'urgence en France

Etat d’urgence en France

Ce 18 juin, Antifa NP2C et les Objecteurs de Croissance de Lille organisent une projection et une rencontre/discussion sur la répression et les violences policières contre les habitants des quartiers populaires, les militants révolutionnaires, les hommes et les femmes noirs, arabes, rroms, musulmans, et tout ceux que l’état harcèle. L’entrée sera gratuite (une caisse de soutien à prix libre sera proposée). Au Cinéma l’Univers, 16 rue Georges Danton, Lille.

Intervenants:
– Assa Traoré, soeur d’Adama Traoré, tué par les gendarmes l’été dernier.
Anto, incarcéré prés d’un an suite à un montage judiciaire qui vise à criminaliser des acteurs de la lutte contre la loi travail.
Antoine, militant syndicaliste interpellé et incarcéré l’an dernier à Lille durant le mouvement contre la loi travail.
Jann-Marc Rouillan, écrivain et ancien militant révolutionnaire d’Action Directe.
– Le Collectif des Olieux, collectif de lutte des migrans du parc des olieux à Lille, qui subit une lourde répression depuis l’été 2015.
– Des interventions d’organisation sur la répression et les violences policières qu’elles ont subi.

Journée contre la répression ce 18 juin

Journée contre la répression ce 18 juin

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Samedi soir au Cloître Saint-Thegonnec (Bretagne) avait lieu le Fest Noz en soutien aux révolutionnaires du Rojava organisé par la gauche indépendantiste bretonne. Ce fut une réussite avec une centaine de personnes qui sont venus profiter de la soirée, des artistes engagés, des étales informatives fournies et d’une restauration forte appréciée. L’argent récolté va pouvoir servir à acheter une dizaine de pansements CELOX dans le cadre de la campagne de soutien au bataillon international de libération du Rojava. Cela a également permis de renforcer les liens avec les travailleurs Kurdes présent. D’autres initiatives auront lieu bientôt.

Bretagne: Succès du Fest Noz en soutien au Rojava

Bretagne: Succès du Fest Noz en soutien au Rojava

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Deux étudiants français d’origine arménienne sont poursuivis. Les faits qui leur sont reprochés sont, pour l’un, d’avoir lancé de l’eau colorée en rouge (du jus de grenade) sur l’ambassadeur de Turquie en mars 2015 et, pour l’autre, d’avoir diffusé la scène sur les réseaux sociaux. Après 48 heures de garde à vue, ces militants seront jugés le 17 octobre 2017 pour « violences volontaires avec préméditation ou guet apens ».

Deux étudiants d’origine arménienne poursuivis

Deux étudiants d’origine arménienne poursuivis

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Salim, un homme de 39 ans, fiché pour son « appartenance à la mouvance d’extrême-gauche » sera jugé le 3 juin prochain pour « violences avec arme par destination » à l’encontre de Myriam El Khomri. L’arme étant le contenu d’un verre d’eau balancé dimanche 28 mai dernier, en pleine canicule, avec pour objectif de « simplement rafraîchir la mémoire sur l’opinion qu’ont d’elle des millions d’entre nous ». L’auteur a été immédiatement arrêté et embarqué au commissariat de la Goutte d’Or où il a refusé le prélèvement ADN (il est donc également accusé de « refus de prélèvements génétique »). Une cinquantaine de solidaires s’étaient rassemblés devant le commissariat. Le procès aura lieu le 3 octobre prochain.

La Loi Travail appliquée à coup de canons à eau à Paris

La Loi Travail appliquée à coup de canons à eau à Paris

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Pendant l’entre-deux tours de l’élection présidentielle, le 27 avril dernier, des rassemblements et des manifestations ont lieu dans toutes les grandes villes de France avec pour mot d’ordre « Ni Le Pen Ni Macron ». À Rennes, le centre-ville est complètement bouclé et occupé par des centaines de policiers. Malgré cela, 1.500 à 3.000 manifestants se retrouvent. Afin d’éviter d’être nassés, ils s’élancent en un parcours improvisé. Deux motards de la police se positionnent sur le pont Féval, l’avant du cortège court dans leur direction. L’un démarre, l’autre descend de son véhicule, saisit son arme de service et menace la foule en la mettant en joue. Il y aura trois arrestations arbitraires (notamment pour récupérer la caméra d’un manifestant). La fin de la manifestation s’est soldée par un kessel où les derniers lycéens présents ont subis des violences graves de la part des policiers.

Mardi 30 mai, 6h, à Rennes. Des policiers font sauter des portes : bélier, boucliers, cagoules, armes de poing, fusils d’assaut. Des appartements sont retournés et sept personnes arrêtées. Cinq d’entre elles seront envoyées en détention préventive en attente de leur procès le 21 juin. Ce vendredi 2 juin, une des trois personnes arrêtées le jour de la manifestation passera devant le juge.

A Rennes, le 27 avril

A Rennes, le 27 avril

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La Maire de Paris Anne Hidalgo a fait savoir via Twitter qu’elle voulait faire interdire le festival afroféministe Nyansapo, dont certains ateliers devaient se tenir dans des locaux appartenant à la capitale, et d’autres seront non-mixtes. Les déclarations de la maire font suite à celles de la Licra qui dénonce « un festival interdit aux Blancs« , déformant le programme du festival qui est en fait organisé en quatre espaces dont trois non-mixtes (c’est le seul espace complètement mixte qui devait se tenir dans les locaux de la mairie). La formule « festival interdit aux Blancs » vient en fait de militants FN et du site fasciste « FdeSouche ». La préfecture de police a annoncé qu’elle n’avait pas encore été saisie mais qu’elle « veillera au respect rigoureux des lois, valeurs et principes de la République« . Le festival est censé se tenir du 28 au 30 juillet.

Festival Nyansapo

Festival Nyansapo

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Dans son ouvrage Révolution publié en novembre 2016, Macron appelait à une sortie de l’état de siège « dès que cela sera possible », précisant que « sa prolongation sans fin, chacun le sait, pose plus de questions qu’elle ne résout de problèmes ». Ce mercredi, deux jours après l’attentat de Manchester, il vient d’annoncer un renouvellement de l’état d’urgence qui arrivait à échéance le 15 juillet. A l’issue du conseil de défense, il a précisé que le Parlement serait saisi d’une prolongation jusqu’au 1er novembre. Il réclame, en outre, une nouvelle loi dans les prochaines semaines qui viendrait s’ajouter aux textes qui se multiplient depuis trente ans pour « renforcer la sécurité face à la menace terroriste ».

La décision de Macron, si elle est suivie par le Parlement, marquerait la sixième prolongation de l’état d’urgence, instauré par François Hollande après les attentats du 13 Novembre. La France connaîtrait donc une période inédite de vingt-trois mois ininterrompus sous ce régime législatif d’exception. Créé en 1955 durant la guerre d’Algérie, il permet notamment d’assigner à résidence toute personne « dont l’activité est dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics » et autorise des perquisitions à domicile de jour comme de nuit sans passer par l’autorité judiciaire.

État d'urgence en France

État d’urgence en France

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L’ancien membre d’Action Directe Jean-Marc Rouillan a été condamné mardi en appel à Paris à dix-huit mois de prison dont dix mois assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve pour apologie du terrorisme, une peine plus lourde qu’en première instance (voir notre article). Aménageable, la peine ferme prononcée n’implique pas un retour en prison pour Rouillan, toujours en liberté conditionnelle depuis 2012 après vingt-quatre années passées en détention.

Le 23 février 2016, interrogé sur les attentats de novembre 2015 à Paris sur une radio associative marseillaise, il avait déclaré que les auteurs des attentats parisiens «se sont battus courageusement», tout en se disant «totalement hostile» à l’idéologie «mortifère» des jihadistes. La cour d’appel n’a pas été aussi loin que le souhaitait l’accusation. Les magistrats ont cependant assorti le sursis avec mise à l’épreuve de conditions draconiennes, en particulier une interdiction pour l’ancien d’Action directe de commenter l’affaire en public. Ils lui demandent également de verser 1.000 euros à l’Association française des victimes du terrorisme, partie civile.

Jean-Marc Rouillan

Jean-Marc Rouillan

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Adem Yildiz, Ilgin Guler et Memet Dogan, trois militants antifascistes turcs sont menacés d’expulsion (voir notre dernier article ici). Memet Dogan passera en commission d’expulsion le mercredi 24 mai à 9h au TGI de Melun. Nihat Karakaya passera quant à lui en audience à la Cour Nationale du Droit d’Asile la veille, le mardi 23 mai à 14h, pour statuer sur le retrait de sa protection. L’avocate appelle à une présence massive de soutiens.

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