Le mercredi 11 février à 19h, le film de Lise Baron, Dans nos prisons, histoire d’une lutte (52’), sera projeté au Chat Noir à Toulouse (270 avenue de Muret). Le documentaire retrace les mobilisations des années 1970, quand détenues, familles et militants, dont le Groupe d’information sur les prisons, ont mené mutineries et actions collectives pour dénoncer les conditions de détention inhumaines. Ces luttes ont permis de mettre en lumière la « question carcérale », un enjeu toujours d’actualité dans le débat sur la justice et les droits des prisonniers.

Après les révélations visant Capgemini (voir notre article), une enquête de presse met en cause deux autres groupes français, Parrot et Thales, pour leurs collaborations avec des agences états-uniennes liées au contrôle migratoire. Parrot a fourni des drones de surveillance au département de la Sécurité intérieure, utilisés notamment par l’ICE pour des opérations de contrôle aux frontières, tandis que Thales a contribué à des systèmes d’identification biométrique exploitant reconnaissance faciale et empreintes digitales. Ces partenariats suscitent de nombreux appels à la mobilisation pour s’opposer à ces coopérations, ainsi que pour dénoncer le rôle de l’État français, actionnaire de plusieurs entreprises du secteur.

À Toulouse, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant l’usine Thales ce mercredi 4 février. En déployant des banderoles et en collant des affiches, les manifestants ont dénoncé la coopération du fleuron industriel français avec l’ICE, mais aussi Israël, les Émirats arabes unis ou encore la Turquie. Cette entreprise française est détenue à 26,06 % par l’État, qui est donc directement responsable des activités du groupe. Thales est l’un des piliers du complexe militaro-industriel mondial, produisant drones militaires, systèmes de missiles, technologies de surveillance et véhicules blindés.

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En pleine campagne pour les municipales de 2026, le maire sortant de Toulouse, Jean Luc Moudenc, place la sécurité au cœur de son programme en proposant d’assister le réseau de vidéosurveillance par l’intelligence artificielle sans recours à la reconnaissance faciale, interdite pour le moment dans l’espace public. Il promet également l’installation d’au moins une caméra par rue, ce qui impliquerait de doubler voire de quadrupler le parc actuel de 710 caméras pour couvrir les 3 801 voies de la ville. Selon les estimations fondées sur les coûts actuels, cette extension représenterait un investissement compris entre 30 et près de 80 millions d’euros, ou entre 20 et 53 millions pour la commune après subventions, sans compter les frais de maintenance, de gestion des données et la création d’un centre de supervision centralisé. Cette orientation sécuritaire, au coût massif et à l’efficacité contestée, contraste avec les fortes réductions budgétaires opérées dans les politiques sociales locales.