La CRPF va bientôt déployer de nouvelles forces vives appartenant aux bataillons CoBRA spécialisés dans la lutte contre la guérilla dans le district de Sukma (Chhattisgharh) pour lutter contre les maoïstes. Cette offensive des autorités fait suite aux succès des attaques menées en mars et en avril au cours desquelles un total de 37 soldats ont été tués dans ce district. Vingt cinq companies CoBRA vont être aéroportées dans la zone, sachant que chacune d’elle compte cent hommes; « Les CoBRA mène des opérations basées sur des renseignements fournies par l’administration et a été créée pour former une équipe de commandos hautement entrainés pour neutraliser l’ennemi et détruire ses planques. Les équipes CoBRA seront spécifiquement utilisées pour augmenter la proportion de morts dans les rangs de la guérilla et pour porter de sévères coups à cette dernière ». Pour assister ces commandos, il est également prévu d’ajouter des heures de vol à la Indian Air Force afin qu’elle effectue davantage de sorites pour soutenir les opérations CoBRA. Entre outre, les membres de la CRPF se verront assister par des experts en IED et autres explosifs, ceux-ci ayant blessé ou tué plus de 300 soldats cette année.

Commando CoBRA

Commando CoBRA

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Les spécialistes de la sécurité indiens affirment que les maoïstes s’adaptent actuellement très rapidement aux changement sur le terrain, et notamment à l’augmentation continuelle des troupes des forces de sécurité (actuellement 118 bataillons paramilitaires, soit plus de 120.000 soldats) en prenant maintenant la voie aérienne. « Au plus nous étudions leurs tactiques, au plus ils s’inspirent des nôtres. Nous nous améliorons, eux aussi » affirme un officier de la CRPF. Lors de l’attaque à Sukma où 25 soldats de la CRPF sont décédés, cinq différents types de projectiles aéroportés ont été utilisés par la guérilla. L’un d’eux a été identifié comme étant une « Rambo arrow », flèche tirée avec un arc traditionnel contenant de la poudre à canon qui explose à l’impact. Elles provoquent la formation d’un dense brouillard empêchant tout déplacement structuré des troupes de soldats et permettant aux guérilleros d’intervenir.

Rambo arrow

Rambo arrow

Ce lundi, le ministre de l’Intérieur Rajnath Singh a rassemblé les chefs des gouvernements des états où est active la guérilla maoïste afin d’établir une stratégie globale pour intensifier les opérations de contre-insurrection. Au cours d’une réunion qui a duré toute la journée, Singh a d’abord demandé à ce que les soldats déployés sur le terrain apprennent à respecter les habitudes et les traditions des tribaux. Dans le rapport de la réunion, on lit « Sur le front de l’extrémisme de gauche, la mise en place d’une coordination et d’un commandement unifiés est nécessaire. Aux côtés d’un commandement stratégique, un commandement uni est également requis au niveau opérationnels. Les cadres extrémistes tentent continuellement d’infliger des pertes aux forces de sécurité pour booster le moral de leurs cadres. Aujourd’hui, nous devons nous demander s’il ne faut réagir qu’en cas d’incident, ou s’il faut que nous soyons plus proactifs. Les campements résidentiels des forces de sécurité doivent être équipés convenablement, avec des équipements électriques et des installations d’eau, ainsi qu’une meilleure connectivité. Nous devons aussi nous assurer que les forces de sécurité adhèrent aux modes opératoires standards ». Enfin, le ministre a souligné la nécessité d’augmenter les outils technologiques mis à disposition des forces de sécurité (caméras, GPS, imagerie thermique, etc), terminant par une demande ouverte d’augmentation des fonds financiers attribués à la contre-insurrection.

Réunion stratégique contre la guérilla maoïste

Réunion stratégique contre la guérilla maoïste

Dans un texte publié sur les médias sociaux, Varsha Dongre, adjointe de direction à la Central Jail de Raipur, a dénoncé les tortures subies par les jeunes femmes tribales interpellées dans le Bastar. Elle y affirmait avoir vu des jeunes tribales se faire déshabiller pour être torturées dans certains commissariats du Bastar. Elle a rapidement supprimé sa publication après qu’elle soit devenue virale en quelques heures. Le département pénitentiaire de la police du Chhatisgarh a ouvert une enquête après avoir ordonné sa suspension « Varsha Dongre a été suspendue et une enquête a été ouverte après qu’il se soit avéré dans une enquête préliminaire que sa conduite violait plusieurs règles liées à sa fonction » a déclaré le directeur général de la police.

Varsha Dongre

Varsha Dongre

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Red Voices of India… une plateforme créée à l’initiative du Secours Rouge International pour permettre aux personnes qui s’y intéressent d’avoir accès à une multitudes de renseignement concernant les luttes progressistes en Inde.

Tout en étant conscients qu’il existe de nombreuse autres sources d’informations sur la toile, nous souhaitons à travers ce site nous concentrer sur les luttes populaires, les luttes des femmes, des minorités, des prisonniers de la guerre populaire ainsi qu’aux luttes ouvrières afin d’offrir une ouverture vers la réalité d’un pays peu connu en Occident en termes de combats révolutionnaires et de résistance des populations face au capitalisme ravageur.

Depuis de longues années, nous avons construit un réseau de liens et de contacts avec des militants de terrain locaux. C’est avec leur collaboration que cette plateforme se nourri au jour le jour. Grâce à leurs contacts avec les avocats, leurs visites aux prisonniers et les campagnes qu’ils mènent sur place, ils peuvent nous fournir des informations de premier plan. Avec leur soutien, nous travaillons sur des éléments précis qui aident à comprendre la situation actuelle, que ce soient des statistiques, des données historiques, etc. et les compilons sous forme de dossiers.

Rendez-vous sur redvoices.org

Red Voices of India

Red Voices of India

Une nouvelle voie détournée vient d’être ouverte pour diviser les Adivasis et les distancer les uns des autres. Le Premier Ministre indien, lors de sa visite officielle dans le Jharkhand le 6 mars dernier, a posé la première pierre d’un pont sur le Gange qui reliera le Jharkhand et le Bihar. En même temps, il a inauguré le ‘Special Primitive Tribe Police Battalion’, exclusivement composé d’hommes et de femmes issus de tribus autochtones. Il s’est plus tard avéré que ce bataillon avait déjà été constitué et qu’il était déjà entré en fonction, mais ses membres ont été alignés afin de faire “comme si” c’était le ministre lui-même qui l’inaugurait. 956 personnes, dont 252 femmes, de différentes tribus autochtones ont été sélectionnés. Les femmes occuperont des postes d’agents de police, tandis que les hommes formeront le ‘Special Primitive Tribe Police Battalion’ qui modelé selon le même schéma que la Central Paramilitary Force. La nature exacte que leur tâche n’a pas encore été dévoilée. Mais il est déjà certain qu’ils seront employés par le gouvernement et auront un salaire stable, alors que tous les jeunes tribaux sont sans-emploi et dans l’impossibilité d’en trouver en raison de leur origine tribale.

La stratégie des autorités est de briser l’unité des Adivasis. Il y a 32 tribus dans le Jharkhand et neuf d’entre elles ont été cataloguées comme Promitive Vulnerable Tribal Groups (PVTG). Ces groupes tribaux sont les Asur, les Birhor, les Hill Kharia, les Birajia, les Korwa, les Parahiya (Baiga), les Sabar, les Mal Pahariya et les Souriya Pahariya, constituant une population d’environ 2.230.0000 habitants sur un total de 708.700.000 tribaux. Le facteur de différentiation est une source d’inquiétude dans la mesure où la communauté adivasi se divisera et il sera beaucoup plus difficile pour les tribaux de lutter ensemble pour leurs droits économiques, sociaux, culturels et politiques. C’est exactement ce que les autorités souhaitent.

La tâche qui sera assignée à cette nouvelle force paramilitaire PVTG est une autre source d’inquiétude. Il est à espérer que ses membres ne seront pas enrôlés dans les opérations anti-maoïstes, ce qui dans les faits signifierait qu’ils combattraient d’autres Adivasis, créant de fait une situation de guerre civile dans l’état.

Inauguration du Special Primitive Tribe Police Battalion

Inauguration du Special Primitive Tribe Police Battalion

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Un soldat de l’unité spéciale anti-maoïste C-60 de la police du Maharashtra a été tué et 19 autres blessés par l’explosion d’un IED déclenché par les maoïstes contre le véhicule blindé dans le district de Gadchiroli (Maharashtra) mercredi soir. Le commando Suresh Talami (26 ans) a succombé à ses blessures, les autres ont été transféré à Nagpur. Cette attaque est la quatrième contre les forces de sécurité dans le district de Gachiroli, frontalier du Chhattisgarh, au cours des dernières 48 heures.

L’attaque a eu lieu alors que 20 commandos du C-60 étaient en route vers le village de Koaprsi, où un combat avait opposé des guérilleros et la police plus tôt dans la journée de mercredi. Un soldat de la CRPF et deux policiers de la police du Maharashtra avait été blessé dans l’explosion d’une mine. Les 20 commandos menaient une opération de ratissage à la recherche des guérilleros à l’origine de l’attaque. Le communiqué de presse fait état de la chose suivante: « Les maoïstes ont déclenché une mine sur la route entre les villages de Hemalkasa et Karampalli. Malgré leurs blessures, les soldats du C-60 ont répliqué et ont forcé les guérilleros à battre en retraite ».

Véhicule blindé détruit par un IED

Véhicule blindé détruit par un IED

L’inspecteur général de la CRPF du secteur du Bihar, MS Bhatia, a demandé à ses commandants, y compris à ceux de la force CoBRA (Commando Battalion for Resolute Action), de maintenir le haut niveau d’alerte dans les districts où la guérilla maoïste est active suite à l’attaque ayant entrainé la mort de 25 soldats dans la région de Sukma (Chhattisgarh). Prenant la parole lors d’une réunion à Patna mercredi, il a demandé à ses commandants d’établir des plans opérationnels efficaces et ils ont discuté stratégie contre la campagne de contre-offensive tactique menée par les guérilleros depuis le début du mois de mars contre les forces de sécurité afin de reprendre du terrain et de se regrouper.

22 des 38 districts de l’état sont occupés par la guérilla, le Bihar se trouve à la troisième place des états les plus touchés par l’insurrection, selon les informations mises à disposition par le ministère de l’Intérieur. Bhatia a demandé à ses officiers de ne pas se déployer en grand nombre dans les forêts durant l’été. Les forêts étant défoliées durant cette période, les soldats peuvent être facilement repérés et pris pour cible d’attaques maoïstes. « Collez aux procédures d’opération standard afin d’éviter toute perte » a-t-il conclu, tout en insistant sur un solide réseau de renseignement dans les zones visées.

Réunion des autorités du Bihar

Réunion des autorités du Bihar

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Ce mercredi, les autorités de l’Odisha ont annoncé la reddition d’une guérillero maoïste, Rasmita Sikoka (20 ans), ainsi que de cinq de ses camarades. Toujours selon la police, la tête de la jeune femme était mise à prix depuis de nombreux mois en tant que membre de la Niyamgiri Dalam, une escouade maoïste. Elle est accusée d’être impliquée dans plusieurs actions violentes attribuées à la guérilla.

Or, il est très vite apparu que la jeune femme avait été enlevée au domicile de sa belle-famille dans la nuit du 1er mai. Elle est, en fait, la belle-fille de Dadhi Pusika, un militant de premier plan du Niyamgiri Suraksha Samiti, un comité de de la région des Niyamgiri Hills contre les déplacements des communautés tribales en raison des extractions minières menées par les multinationales. Après plus de 36 heures de détention illégale, la police a été contrainte de la présenter comme une cadre maoïste qui se serait rendue et déposé les armes. Plusieurs activistes de la région et certaines organisations ont mis en avant la mise en scène menée par les autorités.

Rasmita Sikoka

Rasmita Sikoka

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La chef du gouvernement du Bengale occidental Mamata Banerjee a annoncé ce mardi que 328 « extrémistes de gauche » avaient rendu les armes depuis son arrivée au pouvoir en 2011. Rappelons que les campagnes de reddition (et les chiffres gonflés allant avec elles) font partie des campagnes de contre-insurrection menées par les autorités à travers toute l’Inde. « Jusqu’à présent, au Bengale occidental, 328 extrémistes se sont rendus. Cela comprend 111 maoïstes en 2017 » a déclaré la ministre sur les médias sociaux. Parmi ceux qui ont déposé les armes, 205 se seraient déjà enrôlés en tant que Special Home Guards, poste faisant partie des contre-parties promises par les autorités en cas de reddition. « Outre un nouvel emploi, les maoïstes qui se rendent obtiennent des incitants financiers ainsi qu’un soutien afin de se loger, ainsi que pour les soins médicaux et l’éducation de leurs enfants ».

Mamata Banerjee

Mamata Banerjee

Malgré les déclarations de succès de Banerjee dans sa stratégie de contre-insurrection, les militants affirment qu’elle n’a pas tenu sa parole de campagne de libérer tous les prisonniers politiques. « En 2011, le gouvernement avait mis en place un comité, lequel a recommandé la libération de tous les prisonniers politiques, y compris les maoïstes. Mais le gouvernement n’a pas suivi ces recommandations » déclare Sujato Bhadra, membre de ce comité. Bhadra a indiqué que malgré les déclarations de paix au Jangalmahal (qui était à l’époque un foyer de la guérilla maoïste), les forces de sécurité s’y trouvent toujours en poste et n’ont pas été rappelées.

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