La police nationale philippine (PNP) a déclaré que deux membres présumés de la Nouvelle Armée du Peuple avaient été tués, lundi passé, dans un affrontement avec ses troupes à Santa Catalina, dans le Negros Oriental. C’est un commando de la Force d’action spéciale de la police qui a abattu les deux présumés maoïstes. La police affirme avoir récupéré sur le terrain des armes et des équipements de télécommunication.

Des membres du Special Action Force Commando de la police des Philippines

Samedi 27 mars, des manifestations se sont à nouveau tenues dans les différentes villes du pays. Les militants avaient appelé à une grande mobilisation ce samedi 27 mars, « journée des forces armées », où un grand défilé militaire est organisé dans la capitale Naypyidaw. Les forces de sécurité déployées dans les différentes villes ont commencé à réprimer avant même le début des manifestations. En fin de journée, on comptait près de 110 personnes tuées, journée la plus sanglante depuis le 1er février. Au total, depuis cette date, plus de 400 personnes ont été tuées et plus de 3 000 ont été arrêtées.

 

Myanmar - 27 mars 2021

Myanmar – 27 mars 2021

Deux guérilleros maoïste et un soldat du bataillon d’élite des forces spéciales de l’armée ont été tués après un affrontement de quatre heures à Barangay San Rafael (Bukidnon), samedi 20 mars. Un autre soldat a été blessé et emmené à l’hôpital du Camp Evangelista à Cagayan de Oro. Le combat a opposé un détachement du 1er bataillon des forces spéciales à une colonne de quelque 70 combattants communistes dans l’arrière-pays de Sitio Kimutya, vers 9h30.

Combattants de la NPA

Combattants de la NPA

Depuis l’été dernier, un vent de fronde secoue le royaume avec des manifestations qui ont réuni jusqu’à des dizaines de milliers de personnes dans la capitale au plus fort des protestations, entre juillet et décembre 2020. Elles ont repris après l’inculpation en février pour lèse-majesté de quatre dirigeants du mouvement qui se voient régulièrement refuser une remise en liberté sous caution. Au moins 57 autres manifestants, dont trois mineurs, sont inculpés dans le cadre de la législation sur le lèse-majesté.

Vendredi 19, une nouvelle manifestation a eu lieu à Bangkok où 3000 policiers étaient déployés. Des manifestants se sont servi de cordes afin de déplacer un mur de conteneurs placés devant le palais royal pour le protéger. Ils ont réussi à se frayer ainsi un chemin en cirant « Libérez nos amis! », avant de jeter des cocktails Molotov sur les policiers qui ont ouvert le feu avec des balles en caoutchouc et lancé des gaz lacrymogènes. Des policiers avaient fait auparavant une descente dans la maison d’édition « Thai » afin d’y saisir les copies de l’ouvrage sur la monarchie d’un militant et avocat spécialisé dans la défense des droits humains. Les manifestants ont réagi en plaçant l’ouvrage en ligne et en appelant leurs sympathisants à l’imprimer et à le lire pendant la manifestation.

Dimanche, le quartier industriel de Hlaing Tharyar, à Rangoun, a été le théâtre d’affrontements entre forces armées et manifestants, parmi les plus sanglants depuis le coup d’État du 1er février. Accusant la Chine de soutenir la junte militaire, les manifestants ont volontairement incendié plusieurs dizaines d’entreprises chinoises dans ce quartier pauvre de la ville. Face aux manifestants, les militaires ont ouvert le feu, tuant au moins 22 civils, auxquels s’ajoutent 16 décès dans différentes villes du pays, ainsi que celui d’un policier, le deuxième depuis le coup d’État. Ces 39 morts font de dimanche la journée la plus sanglante depuis le début du mouvement de protestation. Ils portent à 138 le bilan humain officiel de la répression. Après avoir décrété la loi martiale dans deux quartiers de Rangoun dimanche soir, la junte militaire a fait savoir lundi matin que cinq autres de l’ex-capitale étaient désormais concernés, ainsi que certains quartiers de la ville de Mandalay.

Construction d’une barricade à Rangoun

Deux policiers du poste de police municipal de Lambunao ont été blessés et leur voiture de patrouille a été endommagée lors d’une embuscade de la guérilla maoïste à Barangay Pughanan (Iloilo) vendredi matin. Le véhicule transportant une équipe de neuf policiers a versé sur le bord de la route à la suite de l’explosion d’un IED déclenché par les guérilleros qui ont ensuite tiré quelques coups de feu avant de se retirer. La veille, deux escarmouches avaient eu lieu entre des guérilleros et des détachements de l’armée, des coups de feu ont été échangés sans faire de blessé.

A la fin de la semaine dernière, le président Duterte a prononcé un discours dans lequel il a décrit les combattants communistes comme des « bandits » en ordonnant à la police de se montrer « impitoyable »: « Si vous en rencontrez armés, tuez-les, tuez-les, ne vous souciez pas des droits de l’homme », a déclaré Duterte. L’approche du « pas de prisonnier » à l’égard des insurgés s’est accompagnée du phénomène du « marquage rouge », selon lequel les opposants sont qualifiés de communistes ou de terroristes par des partisans du gouvernement ou des représentants de l’État, presque toujours sans preuve. Cette campagne ne fait plus aucune distinction entre les rebelles armés et les militants non combattants, les dirigeants syndicaux et les défenseurs des droits.

Au cours du week-end, la police philippine, appuyée par des unités militaires, a ainsi tué neuf personnes dans une série d’opérations dans la partie sud de l’île de Luzon. Ces opérations ont été menées dans les provinces de Cavite, Laguna, Batangas et Rizal, dans l’application d’au moins 24 mandats de perquisition. La police a affirmé que toutes les personnes tuées étaient associées à des « groupes terroristes communistes » et avaient tiré sur des policiers alors qu’elles se voyaient signifier des mandats de perquisition, et que six autres suspects avaient été arrêtés et neuf se sont échappés. En fait, les personnes tuées étaient pour la plupart des syndicalistes non armés et des militants de gauche.

Policiers philippins (archive)

 

Tôt dans la journée de lundi, trois manifestants ont été tués et plusieurs blessés. Des images diffusées de Myitkyina (centre) sur les réseaux sociaux ont montré des contestataires inanimés et couverts de sang, l’un d’entre eux gisant face contre terre, une partie du crâne arrachée. Fonctionnaires, agriculteurs et salariés du privé étaient descendus en nombre lundi dans les rues, en réponse à l’appel des principaux syndicats à intensifier la grève générale. Des usines de textile, un secteur en plein essor avant le coup d’Etat du 1er février, des magasins et les banques sont restés fermés. La junte a pour sa part mis en garde les fonctionnaires : ceux qui n’auront pas repris le travail à partir de lundi seront licenciés.

Dans la nuit de lundi à mardi, des centaines de contestataires, dont de nombreuses Birmanes sorties célébrer la Journée internationale des droits des femmes. Ces rassemblements épars ont eu lieu dans le pays, écourtés à l’aide de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes. Les manifestantes ont été acculées pendant des heures dans le quartier de Sanchaung à Rangoun. Les forces de sécurité ont fouillé les appartements à la recherche de manifestants et des détonations ont été régulièrement entendues. Quiconque sera surpris en train de cacher des protestataires sera puni, avaient averti les médias d’Etat. 60 civils ont péri depuis le putsch. Plus de 1800 personnes auraient en outre été arrêtées ces dernières semaines.

La police birmane a ouvert le feu sur des manifestants dimanche à Rangoun et dans plusieurs autres villes du pays, faisant au moins onze morts en cette journée la plus sanglante depuis le début du mouvement de contestation contre le coup d’Etat. Dans plusieurs quartiers de l’ancienne capitale Rangoun, la police renforcée par des éléments de l’armée a tiré à balles réelles après avoir échoué à disperser la foule avec des grenades assourdissantes, du gaz lacrymogène et des tirs de sommation. Plusieurs blessés ont été évacués à dos d’homme, laissant des traînées ensanglantées sur le pavé. Un homme est décédé à l’hôpital après avoir reçu une balle dans la poitrine. La police a aussi ouvert le feu contre ses partisans à Dawei, une ville du sud du pays, tuant trois manifestants et en blessant plusieurs autres. Deux personnes ont aussi perdu la vie à Mandalay, la deuxième ville du pays.

La police thaïlandaise a fait usage de balles en caoutchouc, de canons à eau et de gaz lacrymogène dimanche contre des manifestants rassemblés à Bangkok devant la résidence du Premier ministre. Les manifestants ont défilé jusque devant une ancienne caserne où vit le Premier ministre, l’ancien chef de l’armée, dont ils réclament la démission. Des affrontements ont éclaté entre les manifestants et la police antiémeute déployée devant l’entrée de la caserne, protégée par des barbelés et des conteneurs. Les policiers ont tenté de disperser la foule avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes. Plus tard, la police a tiré des balles en caoutchouc. Des manifestants ont lancé des bouteilles de verre, des pierres et des briques en direction des policiers. 19 personnes ont été interpellées dont l’une âgée de 16 ans.

Le mouvement de protestation réclamant la démission du gouvernement, qui avait rassemblé des dizaines de milliers de manifestants, en majorité des jeunes, entre juillet et décembre 2020, a perdu en intensité en raison de la pandémie. Mais la récente arrestation de quatre leaders du mouvement a remobilisé les manifestants. Au total, 58 manifestants ont été inculpés de lèse-majesté, un crime passible d’un maximum de 15 ans de prison, depuis le début du mouvement, qui réclame également une réforme de la richissime monarchie thaïlandaise.