Secours Rouge

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La police a tiré des balles en caoutchouc sur un rassemblement d’anciens ouvriers de l’usine de confection dont l’immeuble s’est effondré il y a six semaines. Ils s’étaient réunis pour dénoncer le traitement dont les autorités font preuve à leur égard. La manifestation a eu lieu à proximité de l’ancienne usine aujourd’hui entièrement détruite à Savar (dans la banlieue de Dhaka), où se trouvent concentrées la majorité des usines. Des centaines de manifestants, parmi lesquels d’anciens ouvriers, mais aussi des proches des victimes tuées ou blessées, manifestaient pour réclamer un dédommagement ainsi que pour exiger l’augmentation de salaire promise par le gouvernement et le principal organisme représentant les employeurs locaux, la Bangladesh Garments Manufacturers and Exporters Association (BGMEA). Ils ont bloqué la route durant trois heures, entrainant une violente intervention policière. Les forces de l’ordre ont tiré des balles en caoutchouc et ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule avant de charger avec des bâtons et des matraques. Plus de cinquante personnes ont été blessées. Deux manifestants ont également été interpellés.

Quelques 20.000 ouvriers s’étaient rassemblés dans la banlieue de Dacca ce lundi matin pour réclamer des hausses salariales. Un minimum salarial mensuel a été fixé à 38 dollars en novembre dernier, alors que les syndicats réclamaient qu’il soit fixé à 100 dollars. Ce matin, les ouvriers ont bloqué une autoroute dans une zone industrielle où sont rassemblées des centaines d’usines de confection pour des groupes occidentaux. La police a tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes pour libérer le passage. Une cinquantaine de personnes ont été blessées dans la violente intervention policière.

Alors que le propriétaire de l’immeuble qui s’est effondré la semaine dernière faisant près de 400 morts a été interpellé et placé en détention, des centaines d’ouvriers sont à nouveau descendus dans les rues ce mardi. Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs zones industrielles de la banlieue de Dacca. Les ouvriers ont crié leur colère, dénonçant notamment les conditions de travail dans l’industrie textile avant d’endommager une série de véhicules. La police anti-émeute est rapidement intervenue pour les disperser violemment. Elle a fait usage de matraques et de bâtons pour disloquer les différents cortèges.

Violence policière à Dacca

Violence policière à Dacca

Des rassemblements de masses de travailleurs bengladais ont eu lieu vendredi pour réclamer l’arrestation et l’exécution des propriétaires de l’usine qui s’est effondré à Savar, tuant au moins 300 ouvriers et ouvrières. Les manifestants ont attaqué des usines et des véhicules, et la police bangladaise a tiré des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Les manifestants, dont certains étaient armés de bâtons de bambou, ont bloqués des routes à Gazipur, près de Dacca.

Un vaste appel avait été lancé pour que hier soit une journée de grève générale à Dhaka. La population entendait dénoncer la hausse des prix des carburants. La plupart des écoles, des magasins étaient fermés et la capitale vidée de ses habitants, affectant toutes les activités commerciales, et notamment portuaires. Des manifestants s’étaient rassemblés devant le quartier général d’un parti de l’opposition pour tenter d’ériger des barricades sur une voie de circulation importante de la ville. Les forces de l’ordre sont immédiatement intervenues. Pour les disperser, elles ont fait usage de gaz lacrymogène et de canon à eau colorée. Plusieurs personnes ont été blessées.

Canon à eau colorée à Dhaka

Canon à eau colorée à Dhaka

De nouveaux heurts ont opposé, lundi 3 décembre, au Bangladesh la police à quelque 10.000 ouvriers du textile manifestant pour de meilleures conditions de travail, après l’incendie qui a coûté la vie à 112 d’entre eux, le 24 novembre, dans une usine d’Ashulia, une zone industrielle abritant plus de cinq cents usines de confection dans la périphérie de Dacca. Environ 10.000 ouvriers ont bloqué une route à Ashulia et s’en sont pris à des véhicules et à des usines. La police a tiré des balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants, qui ont répliqué en jetant des pierres. Une cinquantaine d’usines avait fermé par crainte d’âtre attaquée par les ouvriers.

Les manifestations consécutives à l’incendie de l’usine Fashions Tazreen qui a tué plus 111 ouvriers, et blessé plus de 150 autres, font rage depuis trois jours. Des milliers d’ouvriers du textiles ont manifestés pour des usines plus sûres et des sanctions pour les responsables de l’incendie mercredi à Ashulia, une banlieue industrielle de la capitale. Ils bloquent la circulation, et affrontent la police qui use de gaz lacrymogènes et de matraques. Au moins 20 personnes ont été blessées dans les heurts rien que pour la journée de mercredi. La plupart des 300 usines de confection dans la région sont à l’arrêt.

Trois surveillants de l’usine textile ont été arrêtés pour négligence mercredi, mais une vidéosurveillance indiquerait une incendie volontaire. Certains survivants ont déclarés que les directeurs d’usine ont quitté le bâtiment à temps parce que, pour eux, une alarme incendie s’est déclenchée. Wal-Mart Stores Inc, la plus grande société de commerce de détail au monde, qui s’approvisionnait (via un réseau de sous-traitants chre Fashions Tazreen), a déclaré qu’elle définirait de nouvelles procédures pour contrôler la sous-traitance. Le Bangladesh compte environ 4.500 fabriques de vêtements et est le premier exportateur mondial d’habillement après la Chine.

Bengladesh: Emeutes ouvrières à Ashulia

Mardi, de violents affontements ont opposé des employés du groupe Hallmark et la police. Tôt mardi matin, lorsqu’ils ont appris qu’ils ne toucheraient pas encore leurs arriérés de salaires ni la prime pour l’Eid-ul-Adha, entre 5000 et 6000 travailleurs se sont rassemblés pour bloquer l’autoroute entre Dhaka et Aricha pour réclamer leur argent. Vers 11h, la police est intervenue pour tenter de disperser la foule afin de rétablir la circulation. Elle a fait usage de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc, ce à quoi les travailleurs ont répliqué avec des jets de pierre. Plus de 200 manifestants ont été blessés.

Heurts au Bangladesh

Heurts au Bangladesh

100.000 ouvriers ont quitté leurs usines et ont manifesté à Narayanganj, à 20 kilomètres au sud de Dakha et ont affronté la police. Une rumeur sur un meurtre d’un travailleur dans une usine de la zone économique spéciale d’Adamjee, où sont fabriqués des vêtements pour les principales chaînes internationales, comme H&M, a lancé le mouvement de protestation.

Au moins 50 personnes, dont cinq policiers et deux journalistes ont été blessés lors d’affrontements. Un poste de police, un pick-up et quatre motos de la police ont été incendiés par les ouvriers qui ont été refoulés par les forces de l’ordre usant de balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes. Les affrontements ont interrompu le trafic sur les axes Dhaka-Chittagong et Dhaka-Sylhet, provoquant des embouteillages énormes.

Les 3.000.000 de travailleurs du textile du Bangladesh travaillent généralement 10 heures d’affilée (certains jusqu’à 16 heures par jour) pour un des salaires les plus bas du monde dans le secteur: 37 $ par mois. Lors des manifestations, les ouvriers d’Adamjee ont exigé la limite de la durée du travail. Le Bangladesh est le deuxième plus grand exportateur mondial de vêtements, le secteur a représenté 19 milliards de dollars l’an dernier, soit 80% du total des exportations nationales.

Bangladesh: Emeutes ouvrières

Les activités de la mine de charbon de la Barapukuria Coal mining Company Ltd (BCMCL) sont à l’origine d’un gigantesque affaissement de terrain ayant touché une dizaine de villages. Les habitants de ces villages n’ayant reçu aucun secours après trois semaines d’attente et de promesses, ont organisé un mouvement de protestation avec grève, manifestation, et blocus de la mine.

Hier, 2.500 villageois bloquaient ainsi la mine et la route Phulbari-Parbatipur. La police a chargé, blessant au moins 20 manifestants. Ceux-ci ont répliqué en lançant des briques sur les forces de l’ordre, blessant un commissaire, un inspecteur et trois autres policiers. La police a alors tiré des gazs lacrymogènes transformant la zone en un champ de bataille.

Bengladesh: Violentes protestations de villageois sinistrés