Aujourd’hui, une cinquantaine de prisonniers et une vingtaine d’anciens prisonniers du mouvement de libération nationale basque subissent les conséquences de l’application du FIJAIT (Fichier national automatisé des auteurs d’infractions terroristes). Peio Irigoien est un d’entre eux. Arrêté en mars 2010, il a été libéré après deux ans et demi d’incarcération après avoir été accusé d’avoir placé, avec un autre militant, des engins explosifs devant des agences immobilières, (engins qui n’avaient pas explosé).

Demain 11 septembre, il sera jugé à Bayonne pour avoir refusé les mesures appliquées par ce fichier créé dans le cadre de la lutte contre le terrorisme islamiste. Les anciens prisonniers organisent un rassemblement à 13h30 le même jour devant le tribunal de Bayonne afin de dénoncer l’application des FIJAIT. Ils lancent un appel aux acteurs politiques, sociaux et syndicaux pour y participer. Un point presse aura lieu pour apporter plus d’informations sur le procès envers Peio Irigoien.

Peio Irigoien à sa libération

Peio Irigoien à sa libération

Aux dires de la SNCF, 440 infractions ont été constatées donnant lieu à 120 plaintes, pas toutes enregistrées par les procureurs. Ils sont déjà au moins une vingtaine de syndicalistes CGT ou Sud-Rail à être convoqué pour des sanctions disciplinaires. La dernière en date est Christelle, militante Sud-Rail à Lyon dont l’entreprise réclame le licenciement. Son sort sera fixé aujourd’hui lors d’un conseil de discipline. En juillet, un autre représentant de Sud-Rail, cette fois à Rennes, a été convoqué par l’entreprise en conseil de discipline qui a décidé du licenciement. Il lui était reproché d’avoir voulu nuire à l’entreprise en interrompant le trafic des trains. Étant protégé par un mandat syndical, c’est maintenant à l’inspection du travail de se prononcer sur la validité de sa radiation.

À Nîmes, un autre licenciement est examiné par l’inspection du travail: Jean-François s’est vu reprocher l’utilisation d’une torche lors d’une occupation des voies, qui aurait occasionné une grave blessure à l’œil d’un conducteur de train non gréviste. Jean-François et la CGT cheminot dénoncent un montage: le conducteur en question a conduit son train à destination après sa blessure à l’œil, accompagné en cabine par un supérieur. Le surlendemain, le médecin chez qui il s’est rendu ne lui a pas prescrit d’arrêt de travail.

Dans les Hauts-de-France, plusieurs dizaines de cheminots ont reçu des convocations au commissariat ou devant leur direction. Parmi eux, six grévistes encourent des sanctions allant de mises à pied jusqu’au licenciement pour au moins l’un d’eux, convoqué devant un conseil de discipline en septembre. À Hendaye, Laurent, un contrôleur de train est accusé par sa direction d’avoir ceinturé une cadre lors d’une journée de grève en juin. Au mois d’août, ce sont six nouvelles procédures qui sont déclenchées contre des militants du syndicat Sud à Grenoble, parfois pour des motifs ridicules, comme avoir traversé les voies sans gilet ou avoir montré un cadre du doigt. Pour autant, la direction réclame des sanctions, dont la radiation pour l’un des six grévistes.

La grève à la SNCF

La grève à la SNCF

Le procès des militants fascistes et assassins de Clément Méric (antifasciste de 19 ans assassiné le 5 juin 2013 à Paris) s’ouvre cette semaine à la Cours d’Assises de Paris.
A cette occasion, le Comité pour Clément organise différentes initiatives (voir photo). Parallèlement, l’Action Antifasciste Paris Banlieue annonce un meeting samedi 8 septembre dès 12H à la Bourse du Travail intitulé « Meeting pour Clément : 5 ans de lutte antifasciste ».

Programme des activités du Comité pour Clément

Programme des activités du Comité pour Clément

Le parquet général de Rennes a formé un pourvoi en cassation ce lundi après la relaxe en appel d’un manifestant de 32 ans, qui était en détention depuis son interpellation en avril lors des expulsions sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

Interpellé en avril à Vigneux-de-Bretagne (Loire-Atlantique) lors des opérations d’évacuation du site prévu pour le projet avorté d’aéroport, le prévenu avait été mis en examen pour «violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité», «violence aggravée» sur deux gendarmes mobiles et refus de prélèvement ADN. Il avait été condamné à un an de prison le 17 mai par le tribunal correctionnel de Nantes. Mais, dans un arrêt rendu mercredi dernier (voir notre article), la cour d’appel de Rennes a considéré que les faits de violence, que le prévenu a toujours contestés, n’avaient pu être établis, tout en le déclarant coupable d’avoir refusé un prélèvement ADN.

Rassemblement solidaire avec le zadiste devant le palais de justice de Rennes

Rassemblement solidaire avec le zadiste devant le palais de justice de Rennes

Cent trente-six ans après sa création par le Français Alphonse Bertillon, la police technique et scientifique (PTS) organise son congrès mondial à Lyon du 27 au 31 août. Pour cet évènement, pas moins de 800 spécialistes seront réunis pour échanger, débattre et analyser leurs différentes méthodes de recherche et d’investigation. L’enquête sur l’affaire Maëlys sera au cœur de toutes les discussions. La PTS a fourni un immense travail pour détecter les plus petites taches de sang, même recouvertes auparavant par des produits chimiques. Cette semaine, ce sera aussi l’occasion pour les scientifiques du monde entier d’échanger leurs différentes innovations comme le portrait-robot génétique. Cette technique à la pointe de la technologie se base sur les traces d’ADN recueillies sur une scène de crime. Grâce à elles, la police scientifique peut dresser le portrait-robot d’un suspect.

PTS

PTS

Après l’audience du 23 mai qui avait vu la comparution devant le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc de plusieurs zadistes de Bure, d’autres sont déjà convoqués pour le 16 octobre. Dont un jeune homme de 22 ans qui devra répondre d’outrages sur agent de la force publique. Les faits se sont passés quand les gendarmes mobiles en poste dans le secteur procèdent au contrôle des occupants d’une voiture à Bure. Un contrôle repéré par les occupants de la maison de la résistance qui sont alors sorti. Le futur interpellé est accusé d’avoir, à cette occasion traité un gendarme mobile de « connard ».

Interpellé, le jeune opposant dont le casier judiciaire est vierge a été placé en garde à vue et présenté ce lundi après-midi au procureur qui lui a remis une convocation pour comparaître devant le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc le 16 octobre. Le juge des libertés et de la détention lui a interdi de rester en Meuse à compter de mardi minuit (il est originaire du nord de la France).

La Maison de la résistance à Bure

La Maison de la résistance à Bure

Mardi 21 août, un rassemblement de soutien à Laurent, militant CGT-Cheminots, s’est tenu à Bayonne. Laurent avait participé aux grèves contre le pacte ferroviaire au printemps. Il est menacé de licenciement par la direction de la SNCF sur base d’un dossier vide. La direction l’accuse, en effet, sans aucune preuve d’avoir ceinturé une directrice d’établissement au cours d’une manifestation le 22 juin. Cette menace de licenciement se produit dans le cadre d’une attitude revancharde de la direction de la SNCF suite aux grèves (voir notre article). Le rassemblement de mardi, organisé par la CGT-Cheminots et SUD-Rail, a réuni 400 cheminots. Un autre rassemblement se tiendra à Bordeaux le 4 septembre. Plus d’infos ici

Manifestation de grévistes à la SNCF (archive)

Manifestation de grévistes à la SNCF (archive)

Interpellé en avril lors d’affrontements avec les gendarmes après l’évacuation de la Zad de Notre-Dame-des-Landes, un homme de 33 ans, condamné à un an de prison ferme en première instance, a été relaxé par la cour d’appel de Rennes. Le 15 avril dernier, l’homme avait été interpellé lors d’un affrontement avec les gendarmes mobiles, aux Fosses-noires, il se trouvait dans un groupe de manifestants qui jetaient des projectiles sur un escadron chargé de la sécurité.

Il était porteur d’un bouclier artisanal, d’un gilet pare-balles et de protège-tibias. En première instance, à Nantes, il avait écopé d’un an de prison ferme et d’une interdiction de séjourner en Loire-Atlantique pendant six ans. Le manifestant a toujours nié avoir jeté des pierres. Le parquet avait requis la confirmation de la peine. L’homme a finalement été relaxé sur les faits de violences mais a été condamné à 500 euros d’amende avec sursis pour avoir refusé de se soumettre au relevé d’empreintes.

Rassemblement solidaire avec le zadiste devant le palais de justice de Rennes

Après quatre mois d’une grève qu’elle n’a pas digérée, la direction de la SNCF aurait l’intention de faire payer aux agents leur implication dans le mouvement. Des dizaines de cheminots risquent gros, certains pourraient être menacés de licenciement. En quatre mois de conflit, la SNCF affirme avoir recensé plus de 440 faits de malveillance. 120 plaintes ont été effectivement déposées. Courant juillet, de nombreux grévistes ont été convoqués par leur direction en septembre.

Manifestation de grévistes à la SNCF (archive)

Durant trois mois, les travailleurs de la SNCF luttent contre toute forme de privatisation, contre toute attaque contre leur statut, et avec lui ce qu’il reste d’acquis sociaux à l’ensemble des travailleurs. La répression frappe plusieurs animateurs de cette lutte. Nicolas est technicien SNCF à la gare de Lille Flandres. Gréviste des le 1er jour du mouvement, il a été de toutes les manifs et de toutes les actions. Syndiqué et très mobilisé, il est identifié par la direction comme un leader à abattre. Prenant pour prétexte l’envahissement d’un bureau de la direction pendant le mouvement, Nicolas subit une dizaine de plaintes déjà déposées contre lui (et la menace de nouvelles) ainsi qu’une une procédure de licenciement. Comme tous les grévistes, la perte d’une grande partie de son salaire (22 jours au total) mais en plus des journées travaillées devraient rester non payées car des cadres l’ont unilatéralement déclaré en grève (ce qui est bien entendu illégal)

Une cagnotte Leetchi a été ouverte pour collecter des fonds (frais d’avocats, organisation d’événements en solidarité…). L’ensemble de l’argent ira à Nicolas ou à d’autres victimes de la répression

Voir le groupe FB de soutien

La grève à la gare de Lille-Flandres

La grève à la gare de Lille-Flandres