Secours Rouge

Abattre le capitalisme, construire la solidarité.

Au moins 42 personnes sont mortes, dont 19 ont été tuées par la police, depuis mi-septembre en Haïti, pays secoué par une nouvelle vague de protestation populaire contre le président corrompu. Ces 42 personnes sont mortes lors de l’escalade des tensions depuis le début de la dernière vague de manifestations, le 15 septembre. 86 personnes ont été blessées, la grande majorité d’entre elles par balle. Des policiers, équipés d’armes semi-automatiques, ont tiré à balles réelles pendant des manifestations, ils ont aussi procédé à des tirs répétés, à bout portant, de balles dites à létalité réduite.

Manifestation à Port-au-Prince le 30 octobre

Protesters, medical professionals, and political opponents demonstrate during a demonstration demanding the resignation of President Jovenel Moise in the Haitian capital in Port-au-Prince on October 30, 2019. Over the past year, Haiti has sunk deeper into political crisis amid anti-corruption protests demanding President Jovenel Moise’s resignation. / AFP / Valerie Baeriswyl

 

Les affrontements violents entre policiers et manifestants se sont poursuivis en Haïti vendredi, au lendemain de la mort du journaliste Néhémie Joseph, abattu à Mirebalais. Des milliers de protestataires ont pillé des commerces et tenté de franchir les barricades protégeant la résidence du président du pays, Jovenel Moïse, dont ils réclament la démission depuis plusieurs mois. Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes et ont tiré en l’air. Des manifestants ont brûlé des pneus et déversé de l’essence dans certains quartiers de la ville. Les manifestants reprochent à Jovenel Moïse la corruption de son régime et la pénurie de produits de consommation de base. Le journaliste Néhémie Joseph, qui couvrait les manifestations qui paralysent le pays depuis près d’un mois, a été retrouvé mort dans sa voiture jeudi soir à Mirebalais, une ville située au nord-est de Port-au-Prince. Il avait révélé en septembre, avoir été menacé par des politiciens qui l’accusaient d’avoir incité les manifestations. Les manifestations ont fait une vingtaine de morts et quelque 200 blessés.

Répression de la manifestation d'hier en Haïti

 

A Haïti, des dizaines de milliers de manifestants ont gagné les rues de la capitale Port-au-Prince et de plusieurs villes de province, notamment Cap-Haïtien, Gonaïves, Saint-Marc, Miragoåne, Cayes et Jérémie, ce dimanche. Cette mobilisation ont pour objectif principal est de parvenir à la démission du président Moïse, accusé de détournement de fonds dans un rapport de la cour des comptes sur PetroCaribe.

A Port-au-Prince, la situation a été particulièrement tendue au Champ de Mars à partir de midi. Alors que le cortège qui suivait le parcours officiel atteignait Pétion-ville, un autre groupe se trouvait déjà dans les parages de cette place publique. Des affrontements ont éclaté entre policiers et manifestants quand des manifestants ont tenté de s’attaquer à des véhicules se trouvant dans le parking de la Direction départementale de l’Ouest de la police nationale. Les locaux de plusieurs institutions publiques ont été pris à partie. Le bilan officiel est de 2 morts par balle et 4 blessés dans le département de l’Ouest.

Les manifestations de ce dimanche à Haïti

Les manifestations de ce dimanche à Haïti

Des coups de feu sont entendus dimanche un peu partout dans Port au Prince après une journée très mouvementée avec des dégâts matériels considérables. Une pompe à essence incendiée au bas de Lalue, des banques attaquées, des bâtiments publics pillés et des véhicules brûlées, un mort dans le Sud Est du pays et plusieurs personnes blessées par balles, c’est le bilan partiel de ces manifestations organisées un peu partout dans le pays pour demander au président Jovenel Moïse de quitter le pouvoir.

Les rues sont désertes, les magasins sont restés fermés. Aucune activité mondaine n’a lieu et tous les rendez vous du weekend ont été renvoyés à cause des contestations populaires. Les Compagnies aériennes ont dû renvoyer leur vol en direction de Port au Prince. La police a tiré à hauteur d’homme pendant les manifestations, tuant un jeune adolescent de 14 ans Robertho Thélusma. Des agents de l’Unité spécialisée du palais national et de l’Unité départementale de maintien d’ordre ont été déployés pour sécuriser les périmètres du palais national.

Forces de l’ordre patrouillant dans Port au Prince

Forces de l'ordre patrouillant dans Port au Prince

Au moins quatre personnes sont mortes ce jeudi lors des manifestations anti-gouvernementales organisées dans les grandes villes du pays à l’occasion du 7 février qui marquait le deuxième anniversaire de la présidence de Jovenel Moise dont la démission est de plus en plus réclamée par l’opposition. C’est dans la ville du Cap-haitien que l’on dénombre le plus grand nombre de victimes avec quatre jeunes tués par balles lors de heurts avec les forces de l’ordre.

A Mirebalais, une jeune femme a été mortellement frappée par un véhicule lorsqu’elle quittait une zone où la police avait lancé des gaz lacrymogènes contre des manifestants. Une foule furieuse s’en est pris par la suite au commissariat de la ville jetant des pierres sur les policiers. Les affrontements ont occasionné plusieurs blessés. Dans la capitale qui a rassemblé le plus grand nombre de manifestants, au moins 5 personnes ont été des blessées par des jets de pierres. Au moins 6 véhicules ont été incendiés par les manifestants à Pétion-ville.

Manifestation jeudi à Haiti

Manifestation jeudi à Haiti

Depuis cet été, les manifestations se multiplient pour réclamer la reddition des comptes dans le dossier Petrocaribe, du nom du programme de prêt consenti, depuis 2008, par le Venezuela dans le cadre d’achats des produits pétroliers. En 2016 puis en 2017, deux enquêtes du Sénat haïtien sur le mauvais usage de près de deux milliards de dollars de ce fonds avaient épinglé une douzaine d’anciens ministres, du parti actuellement au pouvoir, mais jamais les rapports n’avaient été suivis de poursuites judiciaires.

Dimanche, de larges manifestations ont paralysé toute activité dans les centres urbains, et lors desquelles plusieurs milliers de personnes, dont une large majorité de jeunes, ont défilé dans les principales villes du pays. 11 manifestants ont été tués selon l’opposition, trois selon la police. La situation est restée tendue lundi dans le pays, particulièrement dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, désertée suite à un appel à la grève lancé par l’opposition. Habituellement encombrées de trafic et de commerces informels, les principales artères de la capitale sont restées vides, sans aucun véhicule de transport en commun visible. La présence policière était notable aux principaux carrefours de la ville mais des barricades, parfois enflammées, empêchaient tout passage sur certains axes.

Manifestation dimanche à Haïti

Manifestation dimanche à Haïti

De nombreux incidents ont éclaté et trois personnes ont été blessées par balle lundi à Port-au-Prince, où des syndicats de transport ont lancé une grève de deux jours pour exiger une baisse de 100 gourdes (un peu plus de 2 dollars) sur le litre de l’essence. Au moins trois personnes ont été blessées par balle dans un quartier au sud de la capitale suite à des échauffourées entre des jeunes et une patrouille de la police. Des vitres de véhicules ont été cassées par des jets de pierres dans des quartiers du centre de Port-au-Prince où des jeunes ont bloqué des artères pour contraindre des automobilistes à respecter le mot d’ordre de grève.

Des patrouilles de la police haïtienne ont ouvert le feu et lancé des grenades lacrymogènes pour disperser des rassemblements de jeunes qui bloquaient des rues avec des pierres et des branches d’arbre. Les établissements scolaires et commerciaux ainsi que l’administration étaient très perturbés en raison de l’absence de véhicules de transport en commun.

Plusieurs milliers de manifestants sont descendus hier dans les rues pour exiger le départ du chef de l’Etat et la libération des prisonniers politiques. Les manifestants lancent des slogans très hostiles au chef de l’Etat et aux membres de son gouvernement, qu’ils accusent de mauvaises gestions des affaires de l’Etat. Aussi, les protestataires appelaient la communauté internationale à ne pas s’immiscer dans les affaires internes du pays et réclamaient des élections générales avant la fin de l’année.

Très tôt hier matin, la police avait établi un périmètre de sécurité en plaçant des barricades en fer forgé. La manifestation a été dispersée dans les parages du Palais national, à hauteur de la Faculté de droit et des Sciences économiques. La police a fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogène pour disperser cet énième rassemblement de l’opposition politique. La manifestation est partie du Bel-air, vers midi, pour rejoindre le Parlement, où les responsables ont délivré un message. avant de s’orienter vers le Palais national.

Hier, plusieurs villes du pays ont été la scène de violents affrontements entre forces de l’ordre et manifestants. Ces derniers étaient descendus dans la rue pour exiger la démission du président ainsi qu’une amélioration de leurs conditions de vie. La police ainsi que les troupes de la mission de l’ONU (Minustha) avaient été déployées en nombre. A Cap-Haïtien, les forces de l’ordre ont d’abord fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule avant de tirer à balles réelles. Au moins six personnes ont été blessées par balles. A Port-au-Prince, la police a dès le matin utilisé du gaz lacrymogène contre des étudiants hostile au pouvoir en place, avant de faire de même plus tard dans la journée contre les manifestants de l’opposition.

Police contre manifestants à Cap-Haïtien

Police contre manifestants à Cap-Haïtien

De violentes manifestations ont éclaté mercredi dans plusieurs quartiers de la capitale d’Haïti, Port-au-Prince, opposant des forces de l’ordre et des groupes de jeunes au lendemain de l’arrestation d’un avocat de l’opposition. Plusieurs rues étaient bloquées par des barricades en feu et des tas de pierres entreposées par des manifestants en colère qui réclament la libération du jeune avocat André Michel, un farouche opposant au président à la base d’une plainte pour corruption visant l’épouse et le fils du chef de l’Etat haïtien.

Des centaines de manifestants ont scandé des slogans contre le pouvoir en place réclamant la démission de M. Martelly qu’ils accusent de vouloir réinstaurer la dictature en Haïti. “Qu’il le veuille ou non, Martelly doit partir. Il n’a pas sa place en Haïti”, chantent des étudiants qui ont échangé des jets de pierre avec des patrouilles de la police, qui a riposté en lançant des gaz lacrymogène.