Le prisonnier républicain Niall Sheerin, condamné en 2022 par un tribunal sans jury à sept ans de prison pour possession d’arme, s’est vu refuser sa libération anticipée après avoir purgé la moitié de sa peine. En cause : l’application du Counter-Terrorism and Sentencing Act 2021 et du dispositif MARA (Multi-Agency Review Arrangements), un mécanisme piloté par les autorités britanniques et impliquant notamment le MI5, qui soumet les détenus considérés comme “à risque terroriste” à une évaluation renforcée avant toute sortie. Désormais, les prisonniers républicains doivent purger au moins deux tiers de leur peine et ne bénéficient plus d’une libération automatique, leur sort dépendant d’avis sécuritaires pouvant bloquer tout retour auprès de leurs familles.

Shea Reynolds et Dee (Damian) Duffy, républicains irlandais condamnés respectivement à 11 ans et demi et 12 ans et demi de prison, ont vu leur peine prononcée le 19 décembre 2025 à l’issue d’un procès tenu devant un tribunal sans jury à Belfast. Ils sont accusés d’avoir installé une caméra de surveillance dans l’allée du domicile d’un policier retraité en Irlande du Nord afin de recueillir des informations pour préparer une opération contre lui. Le silence des accusés, exercé comme un droit face à un système qu’ils dénoncent comme colonial, aurait été interprété comme un aveu implicite.

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L’Association irlandaise de défense des prisonniers républicains (IRPWA) a récemment dénoncé des agressions commises contre des prisonniers républicains à la prison de Maghaberry, ainsi que la résistance qui en a découlé, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’établissement. Parmi les victimes, les détenus républicains Shea Reynolds et Gavin Coyle ont été violemment traînés hors de leur cellule et soumis à une fouille à nu le 23 octobre dernier. Par la suite, ils ont été placés en isolement. En réponse à ces mauvais traitements, plusieurs prisonniers républicains ont décidé de se mobiliser en refusant les ordres pour protester contre les abus continus et les conditions de détention à Maghaberry. En réaction à cette mobilisation, les autorités pénitentiaires ont déployé plus de 100 gardiens en tenue antiémeute.

Le 15 septembre, le procès d’un ancien soldat britannique s’est ouvert à Belfast. Surnommé « soldat F », l’ancien parachutiste est accusé des meurtres de James Wray et William McKinney, et de cinq tentatives de meurtre, lors de la répression du Bloody Sunday qui a fait 13 morts le 30 janvier 1972 (voir notre article). En décembre, il avait plaidé non coupable devant le tribunal de Belfast. Le parquet nord-irlandais avait engagé des poursuites pénales contre le « soldat F » en 2019 (voir notre article). Elles avaient ensuite été abandonnées, puis relancées en 2022.

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Mardi 2 septembre, un militant de l’IRPWA (Association républicaine irlandaise pour le bien-être des prisonniers) de Belfast a été arrêté par la police espagnole à l’aéroport de Palma. Jusqu’à six policiers espagnols ont arrêté l’activiste, l’ont escorté dans une pièce annexe et l’ont détenu pendant 45 minutes. Deux hommes sont entrés dans la pièce et se sont identifiés comme étant du MI5 (service de renseignement responsable de la sécurité intérieure du Royaume-Uni). Ils ont porté une série d’accusations contre l’activiste, puis l’ont menacé de mort à plusieurs reprises et sont repartis. Il s’agit d’un nouvel exemple des innombrables tentatives d’intimidation des militants républicains par les autorités britanniques.

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Stephen Murney, président national de Saoradh, a été arrêté par la RUC (gendarmerie britannique pour l’Irlande du Nord) à son domicile à 1h du matin jeudi 24 juillet. Saoradh (en gaélique « Libération ») est un parti de la gauche révolutionnaire fondés en 2016 par des républicains irlandais déconçant les Accords de paix comme une capitulation. Stephen Murney est accusé d’avoir participé à un piquet de grève en soutien aux prisonniers républicains organisé par l’IRPWA et qualifié de défilé illégal.

 

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La Crown Court de Belfast, un tribunal sans jury, a déclaré que deux militants républicains irlandais étaient coupables d’infractions terroristes. Mien Duffy, 55 ans, de Westclare Court à Dungannon, et Shea Reynolds, 31 ans, de Kilwilkie Road à Lurgan, étaient accusés de six infractions conjointes commises entre le 3 et le 21 septembre 2016. La juge les a déclarés coupables de deux chefs d’accusation de préparation d’actes terroristes, de deux chefs de possession d’articles destinés à être utilisés à des fins terroristes et de deux chefs de tentative de collecte ou d’enregistrement d’informations susceptibles d’être utiles à une personne commettant ou préparant un acte terroriste.

Les accusations portent sur le déploiement d’une caméra de surveillance de la faune sauvage installée par les accusés dans le but de « recueillir des informations à des fins terroristes » visant un policier à la retraite. Le soir du 4 septembre 2016, les deux hommes auraient participé au déploiement de la caméra sur Annaghone Road, à Coalisland. La caméra est restée sur place jusqu’au 8 septembre 2016, date à laquelle les deux hommes sont revenus la récupérer.

Shea Reynolds et Dee Duffy

 

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Mo Chara, le rappeur du trio nord-irlandais Kneecap, a comparu ce mercredi pour « infraction terroriste » devant un tribunal de Londres. Accueilli sous les acclamations et les applaudissements, Mo Chara a dû traverser une foule compacte brandissant des drapeaux irlandais, palestiniens et des pancartes « Libérez la Palestine ! ». Son groupe originaire de Belfast rappe en anglais et en irlandais, revendique haut et fort son engagement en faveur de la cause palestinienne. Liam O’Hanna (Liam Og O Hannaidh en gaélique), nom de scène Mo Chara est accusé de s’être couvert d’un drapeau du Hezbollah classé terroriste pendant un concert à Londres le 21 novembre 2024 et d’avoir crié « Allez le Hamas ! Allez le Hezbollah ! ». Le rappeur sous le coup d’une enquête depuis le 1er mai (notre article ici) a été inculpé le 21 mai. Les avocats du rappeur, ont affirmé que son inculpation avait eu lieu hors délai légal. Mo Chara, qui était accompagné des autres membres du trio, Móglaí Bap et DJ Próvaí, est reparti libre. La prochaine audience est prévue pour le 20 août.

Le républicain irlandais Shea Reynolds a passé plus de six ans en détention provisoire à la prison de Maghaberry, une prison sous le contrôle des services de renseignements militaires britanniques (MI5). Shea n’a pas été condamné et sa dernière demande de mise en liberté sous caution a de nouveau été refusée. Il est accusé d’être membre de la nouvelle Armée républicaine irlandaise (New IRA).

La détention provisoire fait partie d’une politique de guerre psychologique plus large créée pour briser les prisonniers en utilisant des méthodes d’isolement et de torture. Reynolds est le plus ancien détenu provisoire de sa juridiction. Plusieurs organisations et prisonniers républicains exigent sa libération immédiate.

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Billy Wright avait adhéré en 1975 à l’Ulster Volunteer Force. L’UVF était une organisation paramilitaire loyaliste d’Irlande du Nord créée en 1912 pour lutter contre le mouvement indépendantiste. Refondée en 1966, officiellement interdite mais bénéficiant de profondes complicités dans les forces de sécurité, elle tuera 426 personnes, des militants républicains mais aussi, dans une volonté de terreur, des Irlandais qui étaient simplement catholiques. Dirigeant de l’UVF à Portadown, Wright avait dénoncé en 1986 les négociations de paix et avait profité des grandes marches protestantes, qui célèbrent l’écrasement des catholiques et la soumission de l’Irlande à la couronne britannique, pour organiser une violence de rue dirigée contre les catholiques.

Après une éclipse de cinq ans en politique, il affirme au début des années 90 avoir « rencontré Dieu » et consacré sa vie « à la défense du peuple protestant ». Il réintègre alors l’UVF et reprend son activité dans les escadrons de la mort, mais peu après, en 1994, l’UVF accepte le cessez-le-feu proposé (et entamé) par l’IRA. Billy Wright entre en dissidence et avec une centaine de clandestins de l’UVF de Portadown, il fonde la LVF (Loyalist Volunteer Force). La LVF va poursuivre une politique d’assassinats, essentiellement des prolétaires catholiques sans activité politique.

Billy Wright
Billy Wright

Surnommé le « Rat roi », Wright était un anticommuniste déclaré, lié à des groupes d’extrême droite chrétiens des États du sud des États-Unis, et entretenant des relations étroites avec l’organisation néo-nazie « Combat 18″, basé à Bolton. Véritable psychopathe, Billy Wright prolongeait l’exécution en »discutant » avec ses victimes avant de les abattre. Billy Wright avait été condamné à mort par l’IRA (qui a tenté à six reprises de l’exécuter, parvenant une fois à le blesser). Son ancienne hiérarchie paramilitaire protestante, adhérant au processus de paix, lui avait ordonné de quitter l’Irlande du nord le 1er septembre 1997 avant minuit, sous peine de mort. Arrêté pour un motif mineur mais convaincu par la suite de trois meurtres (il en aurait personnellement commis une dizaine et ordonné des dizaines), Wright avait été enfermé au bloc 6 de la prison de Maze.

Dans la matinée du samedi 27 décembre 1997, trois prisonniers de l’INLA – Christopher « Crip » McWilliams, John « Sonny » Glennon et John Kennaway, armés de deux pistolets, ont quitté l’aile des prisonniers de l’INLA, ont traversé le terrain de sport voisin, sont passés par un trou préparé à l’avance dans le grillage, sont montés sur le toit de leur aile pour accéder à la cour où Wright montait dans le van amenant les prisonniers au bloc des visites. Après avoir tiré sept balles sur Wright, les trois volontaires de l’INLA se sont rendu en présentant un communiqué de l’INLA. L’opération, ordonné par le commandement de l’INLA (qui n’avait pas encore acceptée le cessez-le-feu) avait été soigneusement planifiée et parfaitement exécutée.

Le plan de l'opération
Le plan de l’opération

 

Le plan général de la prison de Maze
Le plan général de la prison de Maze

Les paramilitaires de la LVF ont répliqué à leur manière: en s’en prenant à des civils de l’autre communauté. La nuit même, un de leur commando mitrailla des jeunes gens qui sortaient d’une discothèque d’un quartier catholique. Plusieurs meurtres suivirent. Le 20 octobre 1998, les trois membres de l’INLA qui avaient exécuté Billy Writht ont été condamnés à la prison à vie. Dans l’intervalle, l’INLA avait rallié le cessez-le-feu et ses prisonniers allaient progressivement être libéré dans le cadre du programme de libérations anticipées liée aux accords de paix.

symbole de l'INLA
symbole de l’INLA

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