Nous publions ici les traductions en français de deux textes de Nikos Maziotis. Le premier, très court, est un message de solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah, publié le 18 octobre à l’occasion de la semaine de solidarité. Le second a été publié le 31 octobre dans le cadre du procès en appel contre Lutte Révolutionnaire et concerne l’attaque contre la police anti-émeute grecque en représailles au meurtre d’Alexis Grigoropoulos le 6 décembre 2008.
Dans le cadre du festival Palestine, un soirée de soutien à Georges Ibrahim Abdallah aura lieu le mardi 8 novembre, au théâtre de la Verrière, 28 rue Alphonse Mercier, à Lille. Prendront la parole Suzanne Le Manceau du Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah (CLGIA) et Jean Louis Chalanset, avocat de Georges Abdallah. Concert de solidarité avec Dominique Grange accompagnée de Jonathan Malnoury (guitare, hautbois, oud) et Franck Chenal (batterie/percussions).
De vifs affrontements ont éclaté mardi dans trois camps de réfugiés entre jeunes manifestants et forces de sécurité de l’Autorité palestinienne (AP). Au moins deux personnes auraient été blessées par des balles réelles au cours des affrontements, qui ont eu lieu dans les camps de réfugiés d’al-Amari, près de Ramallah, de Balata, près de Naplouse, et de Jénine. Les affrontements ont commencé quand l’AP a interdit une manifestation de soutien à Jihad Tummaleh, originaire du camp d’al-Amari, exclu sans explication dimanche du Fatah par le président Mahmoud Abbas. Très populaire, Jihad Tummaleh est entré au Parlement palestinien en 2006 en tant que représentant régional de Ramallah et El Bireh.
Quelques 400 manifestants ont défilé comme chaque année de la gare à la prison de Lannemezan en solidarité avec Georges Ibrahim Abdallah. Cette manifestation marque le début de sa 33eme année de détention. Notre section belge du Secours Rouge International a décidé cette année de manifester sur place aux côtes de l’OCML Voie Prolétarienne dans un bloc commun « De la Palestine au Kurdistan, Vive la Résistance des peuples ». Les sections italienne et turque du SRI étaient également présentes ainsi que le Secours Rouge Arabe et de nombreux partis, organisations et comités français. Plusieurs bus de manifestants sont venus de toute la France: Toulouse, Paris, Grenay, Saint-Denis, Bordeaux.
Bloc VP/SRI
France : 400 manifestants rassemblés pour Georges Ibrahim AbdallahBloc VP/SRI
Cinq autobus transportant des centaines de colons et escortés par des soldats israéliens ont pénétré dans le tombeau de Joseph, situé dans une zone sous contrôle palestinien, à l’est de Naplouse. Ils ont exécuté des rituels religieux, provoquant des affrontements avec les résidents palestiniens. Un manifestant de 23 ans, a été blessé par une balle en acier recouvert de caoutchouc dans la tête. Il a été transféré à l’hôpital.
Les forces israéliennes ont arrêté des dizaines de Palestiniens de Jérusalem-Est annexée et occupée, depuis l’attaque de dimanche au cours de laquelle un Palestinien a tué deux Israéliens dont un policier avant d’être abattu. Trente-et-un Palestiniens qui voulaient participer dimanche après-midi à des célébrations en mémoire de l’auteur de l’attentat ainsi que des membres de sa famille ont été interpellés à Jérusalem-Est. Une quinzaine d’autres jeunes Palestiniens ont été arrêtés pour avoir lancé des pierres, des feux d’artifices et des cocktails Molotov en direction des forces de l’ordre dans plusieurs quartiers de Jérusalem-Est.
Aux alentours de 16h ce 5 octobre, le contact a été perdu avec les 13 femmes qui participaient à une opération de solidarité avec la Bande de Gaza à bord du Zaytouna. Les 13 avaient déjà annoncé qu’elles s’attendaient à être interceptées avant d’arriver à bon port, comme c’est pratiquement toujours le cas lors des « Flottilles de la Liberté » qui tentent de briser le blocus sioniste depuis 2007. Cela n’a pas empêché de nombreux Palestiniens d’attendre en vain sur la plage afin d’accueillir cette nouvelle flottille. Les 13 avaient pris la mer le 14 septembre dernier à Barcelone. Elles sont à présent détenues, elles seront interrogées puis expulsées via l’aéroport Ben Gurion de Tel Aviv. Leurs noms seront également inscrits sur la liste noire israélienne leur interdisant le passage du Pont Allenby (frontière entre la Jordanie et la Cisjordanie) ainsi qu’aux territoires sous contrôle israélien.
Hier vendredi, les forces de sécurité israéliennes ont blessés plusieurs Palestiniens lors de la répression de manifestations le long de la clôture dans le nord et le centre de Gaza, aux limites de la « zone tampon » – une zone entourant la frontière où les Palestiniens ne sont pas autorisés à entrer. Les soldats israéliens ont fait usage de matériel anti-émeute (balles en caoutchouc, lacrymogènes etc.) mais aussi de tirs à balles réelles contre les soi-disant «meneurs». Plusieurs Palestiniens ont été blessés, deux sont dans un état grave.
Le 16 août dernier, des centaines de soldats israéliens ont fondu sur Al-Fawwar – un camp de réfugiés pauvres, le plus au sud de la Cisjordanie (voir notre article). L’opération a été l’occasion de nouvelles exactions commises de sang froid. L’homme sur la vidéo, Mohammed Amassi est le fils aîné du boulanger du camp. Leur boulangerie familiale est la plus ancienne d’Al-Fawwar, elle date de la fondation du camp de réfugiés au début des années 1950. Mohammed a étudié l’aménagement intérieur de maison, mais s’est fait boulanger, pour répondre aux besoins de sa famille. Il travaille en deux équipes chaque jour, le matin et l’après-midi, sept jours par semaine. Il n’a jamais été arrêté ni même interrogé par les autorités israéliennes.
Comme tout le reste du camp, Amassi était sur sa terrasse observer l’opération israélienne. Tout est calme car dans cette partie du camp il n’y a pas d’affrontements. Vers 9 h du matin, il en train de parler aux journalistes sur la terrasse d’à côté quand il entend un soldat l’interpeller en arabe d’une terrasse voisine : « Où veux-tu la recevoir ? », autrement dit : dans quelle partie de ton corps veux-tu être touché par ma balle ? Et le soldat tire. La première balle de petit calibre le touche Amassi à la jambe gauche, la deuxième pénètre entre la hanche et sa cuisse gauche, et la troisième lui fracasse la jambe droite. Quand il lève les mains et crie : « Assez, assez », le soldat une fois encore, et la dernière balle transperce la main levée.