À Tacloban, la journaliste communautaire Frenchie Mae Cumpio et l’humanitaire Marielle Domequil ont été condamnées pour « financement du terrorisme », à l’issue d’une procédure liée à des faits remontant à 2019, dans lesquels elles sont accusées d’avoir apporté un soutien financier à la guérilla communiste menée par le Parti Communiste des Philippines et sa Nouvelle Armée Populaire. Le tribunal les avait toutefois précédemment acquittées des chefs de détention illégale d’armes et d’explosifs. L’affaire s’appuie notamment sur des éléments recueillis lors d’une perquisition en 2020 et sur l’application des lois antiterroristes philippines, dans un contexte sécuritaire marqué par une forte mobilisation des autorités contre les réseaux soupçonnés de liens avec l’insurrection.

Un guérillero de la Nouvelle Armée populaire (NPA) a été tué mardi 20 janvier par les troupes gouvernementales dans la province de Sorsogon. Des soldats du 31e bataillon d’infanterie de la 9e division s’étaient déployés dans la région à la frontière des  municipalités de Banban (Donsol) et de Catamlangan (Pilar). À leur arrivée, les soldats ont accroché environ sept membres de la NPA. Un maoïste est mort sur place, tandis que les autres sont parvenus à s’échapper. Les militaires ont récupéré deux armes à feu de gros calibre et renforcé les mesures de sécurité dans la zone.

Combattants de la NPA

Des organisations internationales et du mouvement philippin, dont Bagong Alyansang Makabayan (Bayan) et Migrante, demandent la libération immédiate de Chantal Anicoche, militante Fil-Am détenue illégalement par l’armée philippine après avoir été arrêtée le 1er janvier près d’un affrontement entre l’armée et la Nouvelle Armée Populaire (voir notre article). Les groupes dénoncent également les bombardements dans les communautés indigènes de la région et exigent que l’armée philippine soit tenue responsable de ses crimes. La campagne pour sa libération a pris une dimension internationale avec des protestations aux États-Unis (Seattle, Washington DC, New York), au Canada (Vancouver, Toronto, Ottawa, Alberta), et au Royaume-Uni (Londres), où des lettres et pétitions ont été remises aux consulats et ambassades philippines malgré le blocage des autorités diplomatiques. À Manille, Migrante International a également manifesté devant le ministère de la Défense et a dénoncé le harcèlement et l’intimidation exercés sur Chantal pour prolonger sa détention. Des chapitres de Migrante en Europe, Hong Kong, Nouvelle-Zélande et Thaïlande, ainsi que des organisations comme l’Asia Pacific Coalition for Human Rights in the Philippines et ICHRP-USA, continuent de réclamer sa libération et la fin de la répression contre les militant·es et communautés civiles affectées.

Aux Philippines, Renato Reyes Jr., président de l’alliance d’organisations de gauche Bagong Alyansang Makabayan (BAYAN), fait l’objet d’accusations de sédition et de violations de la loi sur la cybercriminalité, liées à une manifestation du 21 septembre, que les syndicats et organisations de la société civile dénoncent comme entièrement fabriquées. Les images et reportages montrent que Reyes a lui-même été blessé lors du rassemblement, contredisant les allégations de provocation. Ces poursuites s’inscrivent dans une stratégie du régime Marcos pour intimider les militants et freiner la mobilisation croissante contre la corruption et les scandales budgétaires.

Aux Philippines, Amanda Echanis, écrivaine et organisatrice de femmes paysannes à Cagayan, a été acquittée le 14 janvier 2026 après plus de cinq ans de détention pour des accusations de possession illégale d’armes à feu et d’explosifs. Son arrestation, survenue en décembre 2020 alors qu’elle s’occupait de son nourrisson, faisait partie d’une répression coordonnée ciblant les leaders paysans, avec perquisitions militaires et policières et l’utilisation de preuves falsifiées. Durant sa détention, Echanis a poursuivi ses études et a été élue au conseil étudiant de l’Université des Philippines.

L’organisation Desaparecidos a appelé les forces de sécurité philippines à révéler le sort de Chantal Anicoche, chercheuse volontaire américaine de 25 ans disparue le 1er janvier 2026 lors d’opérations militaires à Occidental Mindoro, et de Scarlet Lyne Gayo, membre du Front National Démocratique, dont on est sans nouvelles depuis le 9 décembre 2025. Le groupe affirme que les deux femmes pourraient être détenues par l’armée, dénonce de possibles disparitions forcées en violation du droit international humanitaire et rappelle qu’au moins 15 cas similaires ont été recensés depuis l’arrivée au pouvoir du président Marcos Jr.

Le 1er janvier 2026, des bombardements et des opérations militaires menés par l’Armée des Philippines à Barangay Cabacao ont causé la mort de trois enfants Mangyan et de deux jeunes étudiants, selon le Front national démocratique (NDF)-Mindoro. Un autre civil a été gravement blessé. Parmi les victimes figure Jerlyn Rose Doydora, une jeune chercheuse décédée après une crise liée à sa maladie au moment des frappes. Les corps des enfants Mangyan ont été retrouvés deux jours plus tard, et leur mère a été blessée. Les bombardements ont également détruit des biens agricoles et forcé 769 personnes de 188 familles à se réfugier temporairement, tandis que d’autres familles ont trouvé abri chez des proches. Le NDF-Mindoro appelle à l’ouverture d’un corridor humanitaire, à la restitution des corps des victimes et à la justice pour les morts et blessés civils.

Aux Philippines le 23 décembre 2025, Warlita Jimenez, une dirigeante paysanne de 55 ans à Kabankalan City, a été tuée à son domicile par des hommes armés liés aux forces de l’État, dans un contexte de militarisation et de harcèlement contre les activistes et les familles de paysans dans cette région. Ce meurtre s’inscrit dans un schéma d’exécutions extrajudiciaires et de violences d’État visant des militants, souvent accusés de liens avec la guérilla communiste. La victime était ciblée pour sa résistance au programme gouvernemental de contre-insurrection, tandis que les défenseurs des droits humains appellent à une enquête indépendante et à la fin de la militarisation dans l’île.

Le Parti communiste des Philippines a annoncé un cessez-le-feu de quatre jours de la guerilla, organisée par la Nouvelle Armée Populaire (NPA), afin de coïncider avec les célébrations traditionnelles de Noël et du Nouvel An, ainsi que le 57ᵉ anniversaire du parti le 26 décembre 2025. La trêve, qui s’étend du 25 au 26 décembre et du 31 décembre au 1er janvier 2026, vise à permettre aux populations locales de célébrer en toute sécurité et aux militants de mener des activités culturelles et éducatives. Malgré cette suspension des hostilités, les unités de la NPA restent en posture de défense et prêtes à contrer toute attaque des Forces armées des Philippines.

Dimanche 23 novembre, des affrontements ont opposé les troupes gouvernementales à des membres de la Nouvelle Armée populaire (NPA) dans l’arrière-pays de Gandara et de San Jorge. Une maoïste, membre du comité sous-régional de la NPA pour la région de Visayas orientales, a été tuéepar les soldats du 46e bataillon d’infanterie (8e division). Sur le lieu de la fusillade, les militaires ont récupéré deux fusils M16, un fusil M14, du matériel de guerre et des effets personnels.

Le 3 décembre, des combattants de la NPA du Samar occidental ont tué deux soldats du Service de renseignement des Forces armées philippines (ISAFP) et du Bataillon de renseignement militaire (MIB). La fusillade s’est produite vers 1 h 32 du matin dans le barangay de Babaclayon, à San Jose de Buan. Deux maoïstes se trouvaient dans la communauté pour consulter la population, victime de la militarisation de la population par les soldats. À l’aube, des agents de l’ISAFP/MIB ont encerclé la maison où ils se trouvaient et les ont sommé de se rendre. Les maoïstes ont pu se dégager en tuant deux militaires à coups pistolets. L’un des deux maoïstes a été légèrement blessé par balle. Enfin, un combattant de la NPA a été tué le 10 décembre lors d’un affrontement avec des soldats à Barangay Gusaran, à Silvino Lobos. Les militaires de la même 8e division ont récupéré un fusil M16, deux chargeurs, des effets personnels et des documents politiques.

Combattants de la NPA

Combattants de la NPA