Aux Philippines le 23 décembre 2025, Warlita Jimenez, une dirigeante paysanne de 55 ans à Kabankalan City, a été tuée à son domicile par des hommes armés liés aux forces de l’État, dans un contexte de militarisation et de harcèlement contre les activistes et les familles de paysans dans cette région. Ce meurtre s’inscrit dans un schéma d’exécutions extrajudiciaires et de violences d’État visant des militants, souvent accusés de liens avec la guérilla communiste. La victime était ciblée pour sa résistance au programme gouvernemental de contre-insurrection, tandis que les défenseurs des droits humains appellent à une enquête indépendante et à la fin de la militarisation dans l’île.

Le Parti communiste des Philippines a annoncé un cessez-le-feu de quatre jours de la guerilla, organisée par la Nouvelle Armée Populaire (NPA), afin de coïncider avec les célébrations traditionnelles de Noël et du Nouvel An, ainsi que le 57ᵉ anniversaire du parti le 26 décembre 2025. La trêve, qui s’étend du 25 au 26 décembre et du 31 décembre au 1er janvier 2026, vise à permettre aux populations locales de célébrer en toute sécurité et aux militants de mener des activités culturelles et éducatives. Malgré cette suspension des hostilités, les unités de la NPA restent en posture de défense et prêtes à contrer toute attaque des Forces armées des Philippines.

Dimanche 23 novembre, des affrontements ont opposé les troupes gouvernementales à des membres de la Nouvelle Armée populaire (NPA) dans l’arrière-pays de Gandara et de San Jorge. Une maoïste, membre du comité sous-régional de la NPA pour la région de Visayas orientales, a été tuéepar les soldats du 46e bataillon d’infanterie (8e division). Sur le lieu de la fusillade, les militaires ont récupéré deux fusils M16, un fusil M14, du matériel de guerre et des effets personnels.

Le 3 décembre, des combattants de la NPA du Samar occidental ont tué deux soldats du Service de renseignement des Forces armées philippines (ISAFP) et du Bataillon de renseignement militaire (MIB). La fusillade s’est produite vers 1 h 32 du matin dans le barangay de Babaclayon, à San Jose de Buan. Deux maoïstes se trouvaient dans la communauté pour consulter la population, victime de la militarisation de la population par les soldats. À l’aube, des agents de l’ISAFP/MIB ont encerclé la maison où ils se trouvaient et les ont sommé de se rendre. Les maoïstes ont pu se dégager en tuant deux militaires à coups pistolets. L’un des deux maoïstes a été légèrement blessé par balle. Enfin, un combattant de la NPA a été tué le 10 décembre lors d’un affrontement avec des soldats à Barangay Gusaran, à Silvino Lobos. Les militaires de la même 8e division ont récupéré un fusil M16, deux chargeurs, des effets personnels et des documents politiques.

Combattants de la NPA

Combattants de la NPA

Un sergent-chef, membre du 3e peloton de manœuvre de la 1re compagnie mobile provinciale de la police du Negros Occidental (NOPMFC), a été tué lors d’un affrontement avec des membres de la Nouvelle Armée Populaire (NPA) à Barangay Menchaca le 7 décembre. La guérilla maoïste  a également revendiqué l’exécution d’un informateur de police, Mando Ugdiman, 58 ans, à Barangay Dolis, plus tôt ce matin-là.

Le 3 décembre 2025, à l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec les prisonnieres politiques, les organisations Karapatan et Selda ont organisé une manifestation devant le Département de la Justice aux Philippines pour réclamer la libération des 696 prisonniers politiques (voir notre article). En particulier, elles dénoncent l’utilisation des lois anti-terroristes comme instruments de répression.

L’organisation de défense des droits humains Karapatan a publié une infographie présentant un état des lieux des prisonniers politiques aux Philippines en novembre 2025. Elle indique qu’au total 696 personnes sont détenues pour des motifs politiques, dont 163 ont été arrêtées sous la présidence de Marcos Jr. Parmi ces détenus figurent 136 femmes, 93 personnes âgées et 89 prisonniers malades. L’infographie signale également la présence de 12 consultants ou membres du NDFP (National Democratic Front of the Philippines) parmi les prisonniers. Par ailleurs, l’organisation souligne qu’il y a eu 134 exécutions extrajudiciaires et 822 arrestations arbitraires entre juillet 2022 et novembre 2025.

Un webinaire international se tiendra le 3 décembre 2025 pour la Journée mondiale de solidarité avec les prisonniers politiques aux Philippines, afin d’appeler au développement de la mobilisation de soutien. En particulier, l’événement vise à informer sur la situation des prisonniers politiques, à défendre la libération des consultants du Front national démocratique des Philippines (NDFP) et à mettre en avant le rôle crucial de la solidarité internationale.

Pour s’inscrire : https://www.ichrp.net/Dec3Webinar

SELDA, une organisation d’anciens prisonniers politiques de la dictature Marcos, dénonce la décision récente de la Cour suprême des États-Unis autorisant le gouvernement philippin à prendre le contrôle de 40 millions de dollars de fonds mal acquis de Marcos, déposés chez Merrill Lynch sous le nom d’une société écran panaméenne. Bien que la justice américaine et philippine ait déjà reconnu l’origine frauduleuse de ces avoirs, les victimes de la loi martiale — qui avaient remporté en 1992 un procès civil de 2 milliards de dollars contre la famille Marcos — voient dans ce jugement un nouveau revers. Le porte-parole de SELDA, Bonifacio Ilagan, accuse l’administration Marcos Jr. de vouloir verrouiller l’accès à ces fonds et d’alimenter un schéma inquiétant d’effacement des affaires de corruption visant le clan. Évoquant la torture, les disparitions et les décennies de quête de justice, il rappelle que ces sommes représentent plus que des chiffres : elles incarnent des vies brisées. Malgré la décision américaine, SELDA affirme qu’elle poursuivra son combat pour la réparation et la responsabilisation des auteurs des violations sous la loi martiale.

Trois membres présumés de la Nouvelle Armée populaire (NPA) ont été tués par les forces gouvernementales dans les montagnes du village de Pange, à Jaro (Leyte), ce lundi matin. La fusillade a éclaté peu après 6 heures du matin lorsque des soldats du 93e bataillon d’infanterie de l’armée philippine ont ouvert le feu sur un groupe de six guérilleros qui appartiendraient à l’escouade 2 du Comité insulaire Levox de la NPA, dépendant du Comité régional du Parti communiste des Philippines pour les Visayas orientales.

Combattants de la NPA

Combattants de la NPA

Le tribunal régional de première instance de la 7e chambre de Bayugan City a rejeté une requête urgente de permission de sortie déposée par la prisonnière politique et organisatrice paysanne Virgie Valdez, qui demandait une permission temporaire pour assister à l’enterrement de sa mère le 13 novembre dernier. La décision du tribunal a invoqué des « préoccupations sécuritaires extrêmement élevées et non atténuables ». Cette décision a été soutenue par le Bureau de gestion des prisons (BJMP) qui a indiqué que Mme Valdez est « actuellement classée comme détenue à haut risque » en raison de son prétendu « ancien statut de membre haut placée de la Nouvelle Armée populaire (NPA) ».