Les forces gouvernementales ont ouvert le feu ce dimanche à Sanaa sur des manifestants revendiquant le départ du président Ali Abdallah Saleh, faisant au moins six morts au lendemain d’une journée marquée par des affrontements sanglants. Quatre manifestants et deux soldats dissidents ont été tués et 59 personnes blessées dans ces tirs suivis de combats. Samedi, 12 Yéménites avaient déjà péri à Sanaa dans la répression d’une manifestation et une centaine avaient été blessés. Des soldats de la Première division blindée, ralliée à la contestation, marchaient devant le cortège. Les soldats dissidents ont riposté aux sources de tirs.

Cette nuit déjà, l’armée a attaqué le campement situé sur la ‘Place du Changement’ où campent depuis plus de huit mois des militants opposés au régime. L’offensive a fait 17 morts et 55 blessés. Cet après-midi, le corps d’élite de l’armé a bombardé les abords de la place, visant principalement le camp d’une division de l’armée qui s’est récemment alliée aux manifestants et qui s’était déployée autour de la place pour les protéger. Soixante obus ont été largués au moment où des centaines de milliers de manifestants commençaient à défiler aux abords de la place, faisant onze morts et 112 blessés.

Après les violents affrontements d’hier, des milliers de manifestants s’étaient à nouveau massés dans les rues de Sanaa, mais également dans plusieurs autres villes du pays, pour exiger un changement de régime ainsi que pour dénoncer les violences des autorités. Cette nouvelle manifestation de contestation ne les a pourtant pas empêcher de réitérer leur répression ce matin. A Taïz (sud-ouest), deux manifestants ont été tués et des dizaines d’autres blessés dans des affrontements avec les forces gouvernementales. A Sanaa, le corps d’élite de l’armée s’set massivement déployé en milieu de matinée et des explosions ont été entendues à travers tout le centre-ville. Au total, ce sont vingt personnes qui ont été tuées, soit par des tirs de snipers, par ceux des forces de sécurité ou des partisans armés du régime.

Répression et blessés à Sanaa

Répression et blessés à Sanaa

Ce dimanche, des dizaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées sur le ‘Place du changement’ à Sanaa où campent, depuis le mois de février, des manifestants qui réclament le départ du président. Les autorités ont violemment dispersé le rassemblement. Elles ont utilisé des balles réelles, du gaz lacrymogènes et des canons à eau, faisant vingt morts et plus de 500 blessés. 25 d’entre eux se trouvent dans un état très grave et plusieurs manifestants souffrent de problèmes respiratoires à cause du gaz. D’autres manifestations ont également eu lieu dans trois villes situées au sud de la capitale (Taëz, Ibb et Dhammar) ainsi qu’à Saada (nord) pour dénoncer les violences récurrentes des forces de l’ordre.

Cette nuit, les chars et les blindés des forces du président ont pris d’assaut la place de la Liberté à Taëz, au sud de Sanaa. C’est sur cette place que campent depuis le début du mois de janvier des manifestants qui réclament la fin du régime. Les forces de sécurité ont déferlé sur le camp où elles ont violemment dispersé la foule avant de mettre le feu aux tentes et d’arrêter plusieurs centaines de personnes qui tentaient de fuir. 37 blessés qui se trouvaient dans l’hôpital de campagne érigé sur la place ont aussi été embarqués. Vingt personnes sont décédées au cours de ce raid, alors que durant la journée d’hier, quatre manifestants avaient déjà été tués par des tirs policiers à Taëz. Plus de 3000 personnes s’étaient rassemblées devant un poste de police de la ville pour exiger la libération d’un manifestant arrêté avant que les policiers ne leur tirent dessus pour les disperser. Outre les quatre morts, les sources hospitalières dénombrent plusieurs dizaines de blessés.

L’opposition yéménite a décidé dimanche d’intensifier la protestation populaire suite au refus du président de signer un accord de transition. Dès hier, de violents affrontements ont opposé la police et les partisans du mouvement de contestation à Sanaa. Selon plusieurs sources, ceux-ci auraient fait deux morts et plus de 25 blessés. Par ailleurs, les jeunes qui campent depuis trois semaines sur la Place du Changement, au centre de la capitale, ont également décidé d’intensifier le mouvement et ont appelé à la grève générale quatre jours par semaine. Mais le gouvernement en place n’entend pas renoncer à la violence. La révolte au Yémen a déjà fait 181 morts.

Depuis hier, la répression fait rage de plus belle au Yemen. Au moins seize personnes sont décédées au cours des dernières 24 heures, et des centaines d’autres blessées. Hier, plusieurs manifestations ont eu lieu dans diverses villes du pays pour réclamer un changement de régime. Partout, les forces de sécurité, souvent accompagnées d’hommes armés en civil, ont ouvert le feu sur la foule. A Sanaa, un médecin a déclaré que 226 manifestants avaient été blessés par balle, 141 autres par des objets tranchants et des bâtons et que 735 souffrent de troubles suite à l’inhalation de gaz lacrymogènes. Les villes de Taez et de Dhamar ont également été le théâtre de la violence policière. Là aussi, il y a eu plusieurs morts et des dizaines de blessés. A Sanaa, en plus des coups de feu et des gaz lacrymogènes, les forces de sécurité ont aussi projeté de l’eau bouillante contre les manifestants.

Dimanche soir, pour dénoncer les violences policières ayant entraîné la mort de deux élèves, des centaines de personnes se sont réunies en sit-in sur la principale avenue de Taëz (deuxième plus grande ville du pays, au sud de Sanaa). Ce matin, les forces de l’ordre sont intervenues pour les déloger. Elles ont lancé des bombes lacrymogènes avant de tirer à balles réelles dans la foule. Le bilan s’élèverait à cinq morts et des dizaines de blessés.

Ce samedi, des centaines d’élèves réclamant le report de leurs examens suite aux grèves ayant accompagné le mouvement de révolte s’étaient rassemblés dans un village au sud de Sanaa. Ils ont rapidement été rejoints par des milliers de manifestants anti-régime. Les forces de l’ordre ont tenté de disperser la foule à coups de matraques, avant de tirer à balles réelles. Deux élèves sont décédés des suites de ces coups de feu, et quinze autres ont été blessés.

Ce mercredi à Sanaa, les troupes yéménites et des policiers en civil ont ouvert le feu sur des manifestants qui tentaient de rejoindre une zone au-delà du district urbain où ils campent depuis plusieurs semaines. Au lendemain de l’accord passé entre le gouvernement et l’opposition, les manifestants souhaitaient dénoncer l’immunité accordée au président en vertu de cet accord. Au moins douze d’entre eux ont été tués par les tirs des forces de l’ordre et plusieurs dizaines d’entre eux ont été blessés, par balles ou à coups de poignards. Depuis le début du mouvement au Yemen au mois de janvier, plus de 130 personnes ont été tuées par les forces de sécurité et les partisans du président.

Manifestation à Sanaa

Manifestation à Sanaa