Trois personnes, dont l’avocate spécialisée en droits civiques Nekima Levy Armstrong, ont été arrêtées après avoir perturbé un office religieux dans une église de Saint Paul (Minnesota) lors d’une manifestation contre la police de l’immigration (ICE), ont indiqué les autorités états-uniennes. Ces arrestations interviennent dans un contexte de fortes tensions liées aux opérations de l’ICE dans l’État, exacerbées par la mort de Renee Good, tuée par un agent le 7 janvier (voir notre article), ainsi que par la visite du vice-président JD Vance, venu rencontrer des responsables de l’ICE et des acteurs locaux. Cela intervient alors qu’une grande manifestation contre ICE est organisée le vendredi 23 janvier dans la ville.

Le responsable de la Maison Blanche pour les questions frontalières, Tom Homan a déclaré le 17 janvier sur Fox News que ses services constituaient des listes d’antiracistes afin d’exposer publiquement leurs visages, d’alerter leurs employeurs, revendiquant ouvertement une stratégie d’intimidation politique. Ces menaces s’inscrivent dans une logique rappelant le maccarthysme des années 1950, période de chasse aux sorcières anticommuniste aux États-Unis, et illustrent une fascisation accélérée de l’appareil d’État, où toute opposition au trumpisme est criminalisée et traitée comme un ennemi intérieur.

Immigrant nicaraguayen arrêté le 6 janvier à Minneapolis dans le cadre de l’opération fédérale Metro Surge, Victor Manuel Diaz, 36 ans, est décédé le 14 janvier dans un centre de détention ICE au Texas d’un suicide présumé, a indiqué l’agence états-unienne chargée de l’immigration, même si une enquête se poursuit. Les agents de sécurité l’ont trouvé inconscient dans sa cellule, et malgré les tentatives des équipes médicales et des services d’urgence il a été déclaré mort à 16h09 (heure locale). Il s’agit déjà de la troisième mort signalée cette année au centre de Camp East Montana, tandis qu’au moins six personnes en détention ICE sont décédées en 2026. Sa mort survient dans un climat de forte tension à Minneapolis après la mort de Renee Good par un agent ICE, le déploiement de milliers d’agents fédéraux et la mise en alerte de 1 500 militaires suite aux manifestations et aux menaces d’invoquer l’Insurrection Act par Donald Trump pour « rétablir l’ordre » (voir notre article).

Le Pentagone a placé 1500 militaires, basés en Alaska et spécialisés dans les opérations en conditions hivernales, en état d’alerte en vue d’un possible déploiement au Minnesota, alors que les manifestations s’intensifient à Minneapolis après la mort de Renee Good, une femme de 37 ans tuée par un agent de la police de l’immigration (ICE). Donald Trump a menacé d’invoquer l’Insurrection Act, une loi d’exception permettant l’intervention de l’armée sur le territoire américain, si les autorités locales ne parviennent pas à rétablir l’ordre face aux protestations et aux attaques visant l’ICE.

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Dans un contexte de fortes tensions à Minneapolis, où environ 3 000 agents de la police fédérale de l’immigration (ICE) sont déployés depuis début décembre pour traquer les personnes sans-papiers, une juge fédérale a imposé des limites aux méthodes de l’agence. Saisie par six habitants dénonçant des abus lors de manifestations contre les raids de l’ICE, la juge Kate Menendez a interdit aux agents d’arrêter ou de détenir des manifestants pacifiques dans leurs véhicules, ainsi que d’utiliser du spray au poivre ou des munitions contre eux, tant qu’ils n’entravent pas les opérations. Cette décision intervient alors que des collectifs citoyens s’organisent pour documenter et ralentir les actions de l’ICE, et que les autorités locales démocrates, dont le gouverneur Tim Walz et le maire Jacob Frey, s’y opposent ouvertement, suscitant une enquête du ministère de la Justice pour entrave. Le département de la Sécurité intérieure dispose de 72 heures pour se conformer à ce jugement, susceptible toutefois d’être contesté en appel.

Militant de Dallas–Fort Worth et fils de survivants du génocide du Bangladesh, Raunaq Alam est visé par une campagne de répression en raison de son engagement pro-palestinien. Arrêté en mars 2024 après une action symbolique contre une église soutenant Israël, il a subi perquisitions, inculpations et réincarcérations répétées, malgré le refus initial d’un grand jury de l’inculper. Le 24 septembre 2025, alors qu’il participait à une conférence de presse, un juge a déclaré sa liberté sous caution insuffisante et ordonné son arrestation. Raunaq s’est rendu volontairement au tribunal, accompagné de ses parents. Il a ensuite été placé en isolement total en quartier de haute sécurité à la prison du comté de Tarrant, dans des conditions inhumaines : cellule sale, sans lumière naturelle ni air frais, infestée d’insectes, privation d’accès à la cantine, entraves lors des visites de ses avocats et contacts familiaux limités à un écran. Le 27 septembre 2025, à l’issue d’une audience de deux heures, deux cautions totalisant 40 000 dollars ont été fixées, assorties d’une assignation à résidence de 30 jours sous bracelet électronique. Bien que le jury l’ait ensuite condamné uniquement à cinq ans de probation et à une amende de 10 000 dollars, rejetant l’accusation de crime de haine, le juge Brian Bolton a ignoré cette clémence et a imposé une peine de six mois de prison, le maximum autorisé, au titre des conditions de probation. Détenu depuis décembre 2025, Raunaq fait aujourd’hui l’objet d’un appel, tandis que sa défense et ses proches sollicitent un soutien financier pour couvrir les frais juridiques (voir ici).

La police de l’immigration états-unienne ICE utilise un outil développé par Palantir, nommé ELITE (Enhanced Leads Identification & Targeting for Enforcement), pour localiser et dresser des dossiers sur des personnes pouvant être potentiellement détenues ou expulsées. L’application combine des adresses et données provenant de diverses agences gouvernementales et sources commerciales, attribue un « score de confiance » aux résidences et permet de visualiser sur une carte des zones à forte densité de cibles potentielles. Témoignages et documents internes montrent qu’ELITE est utilisé pour planifier des raids, comme celui de Woodburn (Oregon), où plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées. Palantir, qui travaillait auparavant avec ICE pour des enquêtes criminelles, s’est concentré sous l’administration Trump sur les efforts d’expulsion, dans le cadre d’un contrat de près de 30 millions de dollars. L’outil illustre l’usage massif de la surveillance et de l’IA pour prioriser et coordonner des opérations d’arrestation.

Le secrétaire à la Défense états-unien, Pete Hegseth, a annoncé que le chatbot d’IA Grok d’Elon Musk sera intégré aux réseaux du Pentagone, y compris les systèmes classifiés, dans le cadre d’une initiative visant à exploiter les données militaires pour renforcer l’IA. Malgré les controverses récentes autour de Grok, notamment la diffusion d’images deepfake sexualisées et de contenus antisémites, ainsi que son blocage en Malaisie et en Indonésie, Hegseth défend son usage pour l’innovation rapide et la performance militaire. Il souligne que les données historiques opérationnelles et de renseignement garantiront la qualité des systèmes, qu’il souhaite « responsables mais sans contraintes idéologiques », en rejetant toute IA jugée trop « woke ». Cette décision s’inscrit dans un contexte où l’administration précédente avait déjà mis en place un cadre réglementaire encadrant l’IA militaire tout en interdisant certaines applications sensibles.

Une source au sein du Département de la Sécurité intérieure a révélé l’identité de 4500 agents et anciens agents de l’ICE, marquant la plus grande fuite de données jamais enregistrée dans cette agence. Cette divulgation survient après la mort de Renee Nicole Good, tuée par un agent à Minneapolis (voir notre article), et illustre un profond mécontentement interne face aux pratiques de l’ICE, régulièrement accusée de violences et racisme. La fuite permet de documenter les agents et leurs activités, soulignant la défiance croissante envers l’agence fédérale et révélant les tensions au sein même du gouvernement états-unien concernant la surveillance et les méthodes répressives de l’ICE.

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Lors d’une visite de Donald Trump dans une usine Ford à Dearborn, dans le Michigan, un ouvrier ayant interpellé le président sur l’affaire Jeffrey Epstein a été suspendu par son employeur à l’issue de cette interaction. Le salarié, membre du syndicat United Auto Workers, dénonce une « vengeance politique » et affirme être sanctionné pour avoir exercé sa liberté d’expression.