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Inde-Népal 1890

En Inde, un dispositif controversé est censé aider à la résolution de certaines affaires policières : le Brain Electrical Oscillation Signature profiling (BEOS) ou « profilage de la signature des oscillations électriques cérébrales ». Les policiers équipent le suspect à l’aide d’un casque à électroencéphalogramme (EEG) et le soumettent à l’écoute de courtes phrases en lien avec le crime. En enregistrant l’activité cérébrale de l’individu, les enquêteurs espèrent assister à l’activation de certaines zones du cerveau permettant de révéler un souvenir et donc, une « connaissance expérientielle » du crime.

La méthode permet en théorie d’analyser plusieurs types d’ondes cérébrales reflétant l’activation de réseaux neuronaux en lien avec la mémoire autobiographique. Autrement dit, il s’agit de savoir si le suspect a réellement vécu le fait qui lui est reproché. Les recours au BEOS se comptent par centaines et ce, depuis son apparition en Inde au début des années 2000 sous l’impulsion du psychologue clinicien Champadi Raman Mukundan et sa société Axxonet. Or, bien que le fruit de cette méthode ne soit pas recevable comme preuve directe depuis 2010 et la parution d’un arrêt de la Cour suprême du pays, l’influence sur les décisions de justice est bien présente. De plus, le BEOS a tendance à dépasser les frontières indiennes depuis quelques années.

Pourtant, le protocole de la méthode est assez lunaire. En effet, le BEOS implique l’écoute par le suspect de phrases énoncées par les enquêteurs eux-mêmes, se basant sur leur propre version des faits. Or, il existe un fort risque d’orienter la perception de l’individu et surtout, d’induire chez ce dernier une charge émotionnelle capable d’influer sur son activité cérébrale. Il n’existe aucune preuve que la « connaissance expérientielle » relève d’un vrai souvenir ou d’une confusion mentale. La possibilité de lire électriquement un souvenir est douteuse. Aucun protocole n’encadre la phase de création et d’écoute des fameuses phrases prononcées par les enquêteurs. Surtout, aucune étude digne de ce nom n’a fait l’objet d’une publication dans une quelconque revue scientifique.

Depuis 2020 et la proclamation de la loi sur la sécurité nationale, tout acte, même minime, de dissidence, est contrôlé de près par les autorités de Pékin.. Dans un jeu taïwanais, les joueurs pouvaient renverser le pouvoir de Pékin. Le jeu vidéo Reversed Front ( Front renversé ) met en scène tout ce qui déplait au pouvoir central, le joueur peut choisir son camp et toutes les régions ou presque qui contestent l’hégémonie de Pékin sont représentées. Taïwan, le Tibet, les Kazakhs, Ouïghours, Hong Kong ou encore la Mongolie permettent de mener une armée qui doit renverser le pouvoir du parti communiste chinois. Il est toutefois aussi possible de choisir l’Armée populaire de libération pour vaincre tous les ennemis. La police hongkongaise considère que toute personne qui télécharge ou achète le jeu, dans l’application, est en possession de matériel séditieux et/ou finance des activités subversives et s’expose à des poursuites judiciaires. Le jeu a disparu mercredi du magasin App Store à Hong Kong, où il était encore disponible la veille et ne figurait plus sur Google Play dès mardi.

Le 10 Juin, l’Armée populaire de libération (PLA), branche armée du Parti Communiste de Birmanie (CPB), a abattu un avion de chasse Guishou JL-9 (FTC-2000G) de la junte dans la région de Sagaing. Les guérilleros ont réussi à abattre l’avion avec seulement une mitrailleuse Browning M2 montée au sol. L’avion volait à basse altitude pour apporter un soutien aérien aux soldats du Tatmadaw au sol, lorsqu’il a été frappé par des tirs d’artillerie. Pas plus de 10 avions du régime ont été abattus par les forces anti-Junte. Ironiquement, l’avion a été fabriqué en Chine pour être utilisé par l’Armée populaire de libération chinoise, et vendu à la Tatmadaw pour écraser la résistance.

Dimanche soir, des guérilleros maoïstes ont incendié une excavatrice dans une entreprise minière dans les environs de Dondra (district de Sukma, état du Chhattisgarh). Lundi matin, ils ont tendu une embuscade contre l’équipe de policiers qui venait procéder à l’enquête. Un commissaire de police adjoint a été tué lors de l’une attaque. Les maoïstes ont pris pour cible le véhicule de police et déclenché un puissant IED. Le commissaire Akash Rao, grièvement blessé lors de l’explosion, a été transporté d’urgence à l’hôpital de Konta, mais a succombé à ses blessures peu après. Plusieurs autres policiers ont également été blessés dans l’embuscade et ont été transférés à l’hôpital de Jagdalpur pour y être soignés.

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Quatre membres de la Nouvelle Armée du Peuple ont été tués et deux autres ont été capturés mardi lors d’une série d’affrontements avec les troupes gouvernementales sur les hauteurs de Catubig, dans le Samar du Nord. Les maoïstes faisaient partie de l’unité régionale de guérilla et du comité sous-régional Arctic, dépendant du Comité régional du Parti des Visayas orientales, qui ont affronté les soldats. Plusieurs armes à feu ont été saisies par les militaires. Lundi, des soldats du 20e bataillon d’infanterie ont découvert dans le village de Roxas, également situé dans la ville de Catubig une cache contenant plusieurs autres armes. Ils ont été retrouvés deux fusils M14, un fusil M16, un fusil M653, trois grenades artisanales et divers accessoires (photo).

Le 28 mai, des combattants maoïstes se sont emparé d’un camion transportant 4 tonnes d’explosifs près de la carrière de pierre de Banko, dans le district de Sundargarh. Cette opération a été déclarée par les autorités  « menace pour la sécurité nationale ». Une équipe spéciale d’enquête (SIT) a été formée et l’Agence nationale d’enquête (NIA) a été mobilisée. Le propriétaire du camion, le chauffeur et le propriétaire de l’entrepôt qui a fourni les explosifs ont été arrêtés. Des opérations de ratissages ont été menées par différentes forces paramiliatiares antiguérilla (CRPF, SOG et COBRA) ont permis de retrouver d’abord 2500kg, puis 700kg ce mercredi 4 juin (photo). Ces explosifs étaient cachés dans la forêt de Saranda, à la frontière entre l’Odisha et le Jharkhand.

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L’Armée populaire de libération (PLA), branche armée du Parti Communiste de Birmanie, a intercepté et attaqué un conseil militaire patrouillant dans un village de la région de Sagaing en Birmanie. Frontalière des États indiens du Nagaland et du Manipur au nord, de l’État kachin, de l’État shan et de la région de Mandalay à l’est, de la région de Magway au sud, et de l’État Chin à l’ouest, cette région est considérée comme d’une importance stratégique par les maoïstes. Il a été initialement rapporté que huit soldats du Tatmadaw, dont un sous-lieutenant, ont été tuées dans l’attaque, et que deux fusils et des munitions ont été saisis.

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Vendredi 30 mai, une juge d’instruction a modifié le contrôle judiciaire de l’indépendantiste Kanak Frédérique Muliava, poursuivie pour son rôle dans la mobilisation contre la loi sur le dégel du corps électoral en Kanaky visant à renforcer le colonialisme de peuplement français dans l’archipel. Cette décision permet à la militante de pouvoir rentrer en Kanaky après avoir été déportée en France et emprisonnée tout comme six autres responsables de Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), dont le président du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) Christian Tein, accusés d’être responsables des mobilisations du printemps dernier (voir notre article). Elle avait été incarcérée à la prison de Riom, puis assignée à résidence sous surveillance électronique, avant d’être placée sous contrôle judiciaire. Cette décision peut faire l’objet d’un appel.

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Ce vendredi 30 mai, après plus de quatre années derrière les barreaux, pour atteinte à la sécurité nationale : Kinda Li, Roy Tam, Henry Wong et Jimmy Sham, militants politiques et LGBTQI+ ont été libérés. Jimmy Shan avait dirigé le Front civil des droits de l’homme, l’un des plus grands groupes pro-démocratie, connu pour avoir organisé les gigantesques manifestations anti-gouvernementales de 2019 (voir nos articles ici et ici). Ces 4 militants font partie des 47 militants pro-démocratie arrêtés et inculpés début 2021, en vertu de la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin. En novembre 2024, 45 des accusés avaient été condamnés à des peines allant de 4 à 10 ans de prison. Ce procès avait marqué un tournant dans la répression du mouvement pro-démocratie (voir notre article ici).

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Les forces de sécurité ont appréhendé un maoïste et saisi des armes et de munitions, dont un AK-47, dans le district de Koraput, en Odisha. Kunjam Hidma, originaire de la région de Bijepur, au Chhattisgarh, a été arrêté dans la dense forêt de Petaguda, par la Force volontaire du district (FVD), une unité de police spéciale. Un détachement de la FVD avait remarqué un groupe de maoïstes campant sur la colline et l’a encerclé. Après une fusillade, les maoïstes ont pu disparaitre dans la jungle sauf l’un d’eux. Hidma, membre du comité régional (ACM) de l’organisation interdite, était recherché pour son implication supposée dans sept incidents violents majeurs dans la région.

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