Trois semaines après le lancement de leur grève contre les suppressions d’aides au secteur minier, les mineurs espagnols poursuivent et radicalisent leur combat. Il y a eu de nouveaux affrontements avec les forces de l’ordre, des blocages d’autoroutes et de voies ferrées. Des attaques contre des bureaux du Parti populaire, le parti au pouvoir, ont par ailleurs été signalées dans la province des Asturies.

Des lance-pétards aux allures de lance-roquettes, des barricades enflammées: les rues du village minier de Cinera, dans le nord de l’Espagne, se sont transformées mardi en scène d’émeutes d’une violence rarement vue depuis le début du conflit des mineurs il y a un mois. Tout ce village de 1.000 habitants, la plupart mineurs ou leurs familles, depuis plusieurs générations, se mobilise. Ce n’est pas la première fois que les mineurs coupent le trafic routier et ferroviaire entre Gijon et Leon depuis que les syndicats ont décidé la grève illimitée, le 31 mai.

A la clé, selon eux, la survie de 30.000 emplois directs ou indirects, menacés par la fin programmée des aides publiques au charbon. Lundi, des dizaines de milliers de mineurs et leur familles ont défilé dans les régions minières et plusieurs villes étaient restées mortes, à l’occasion d’une journée de grève générale à l’appel des syndicats.

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Les actions coup de poing se poursuivent dans les régions de Castille-et-Leon et des Asturies pour protester contre la réduction des aides publiques dans l’industrie minière (qui seront divisées quasiment par trois). En pleine restructuration depuis 20 ans, les mines de charbon espagnoles ont progressivement fermé. Une quarantaine sont encore en activité, principalement dans le nord, faisant vivre 8000 mineurs.
Des hommes encagoulés ont déposé des pneus sur des routes et des voies de chemin de fer. Leurs épouses se sont jointes à la manifestation. Les mineurs sont entrés dans leur deuxième semaine de protestation. Des manifestants ont tiré des roquettes artisanales en direction des policiers qui ont répliqué en tirant des balles en caoutchouc. Les affrontements n’auraient fait aucun blessé grave.

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Mardi et mercredi, deux jeunes ont été arrêtés et placés en détention préventive suite aux désordres survenus lors de la grève générale à Barcelone le 29 mars dernier. Ils sont accusés, entre autre, de ‘désordres publics continus’, de ‘participation aggravée à des désordres’, de ‘dégradations’, et de ‘délit contre les droits fondamentaux et les libertés publiques’. En fin de semaine dernière, et en moins de 24 heures, trois locaux du CDC (Convergencia Democratica de Catalunya), parti au pouvoir en Catalogne, ont été la cible d’attaques solidaires à Andreu et à Ruben. Celui de Sabadell a subi un impact explosif, celui de Mataro a été caillassé et les vitres de celui de Premia ont été brisées. Des slogans pour la libération des deux jeunes ont été taggés sur les trois façades.

Attaque contre le siège du CDC

Attaque contre le siège du CDC

Ce jeudi, plus de 10000 mineurs ont défilé dans la capitale espagnole. Depuis quatre jours, les ouvriers mènent une grève pour dénoncer les coupes dans les subventions au secteur minier, et la menace qu’elles font peser sur plus de 25000 emplois directs ou indirects de l’industrie minière espagnole. Le cortège des manifestants a traversé la ville avant de se rassembler devant le ministère de l’industrie, où la police les attendait en force. De violents affrontements ont éclaté. Les pétards des manifestants ont répondu aux matraques et aux balles en caoutchouc des forces de l’ordre. Au moins 14 personnes ont été blessées, et deux personnes arrêtées.

Le 25 avril dernier, la syndicaliste de la CGT-Barcelone Laura Gomez avait été arrêtée et placée en détention pour avoir brûlé une boîte en carton sur un trottoir lors d’une manifestation devant la Bourse de Barcelone. Le juge avait également prononcé une impossibilité de recours. Finalement, le 17 mai et après 23 jours en prison, le juge a décrété sa libération sous une caution de 6000 euros et avec la condition de ne pas participer à des manifestations. Elle reste néanmoins accusée de ‘désordre public’ et de ‘porter atteinte à l’exercice des droits fondamentaux et des libertés publiques’.

Plus d’un millier de manifestants ont réclamé dimanche à Madrid la libération de 18 personnes interpellées à l’aube lorsque la police a investi la place de la Puerta del Sol, après une manifestation organisée pour le premier anniversaire du mouvement des « indignés ». Les 18 personnes interpellés devraient comparaître devant la justice lundi.

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La police a annoncé avoir délogé tôt dimanche matin quelques centaines de manifestants, interpellant 18 d’entre eux, qui passaient la nuit sur la place de la Puerta del Sol à Madrid, après une manifestation organisée pour le premier anniversaire du mouvement des « indignés ». En quelques minutes, les policiers antiémeutes ont évacué les manifestants restés sur la place en dépit de l’interdiction officielle, en vertu de laquelle ils étaient obligés de quitter les lieux samedi à 22H00 (20H00 GMT). En réaction à l’évacuation des manifestants, un nouveau rassemblement est prévu pour 15H00 GMT dimanche sur la Puerta del Sol.

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La police a également délogé tôt dimanche matin, cette fois sans incidents, plus de 100 manifestants à Palma de Majorque, dans l’archipel des Baléares, et environ 70 « indignés » à Valence, ont indiqué les médias espagnols. Dans la soirée, des dizaines de milliers d’ »indignés » avaient manifesté à Madrid, où ils étaient environ 30.000 selon la police, un an après la naissance de ce mouvement de contestation inédit, qui avait surpris l’Espagne en pleine crise économique. A Barcelone, la deuxième ville de ce pays, ils étaient entre 45.000 selon la police et 220.000 selon les organisateurs. Au total, des manifestations étaient organisées dans 80 villes d’Espagne. Le gouvernement conservateur avait annoncé cette fois qu’il interdirait tout nouveau campement, et avait imposé aux manifestants de quitter la place samedi soir à 22 heures.

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Alors qu’il purge actuellement une peine de douze ans de prison en France, Felix Alberto Lopez de la Calle Gauna, alias ‘Mobutu’, vient d’être condamné à 81 ans de prison par le haut tribunal pénal espagnol. A la mi-avril, il avait été livré temporairement aux autorités espagnoles par la France afin d’être jugé dans une affaire datant du 4 octobre 1980. L’Audience nationale a reconnu ‘Mobutu’ responsable de l’assassinat de trois gardes civils à Salvatierra, dans la province d’Alava au Pays-Basque. ‘Mobutu’, qui a reconnu son appartenance à l’ETA, n’a fait aucun déclaration lors de son procès le 19 avril dernier. Deux autres membres de l’ETA avaient déjà été condamnés dans le cadre de cette affaire en novembre 2011: Ignacio Aracama Mendia avait été condamné à 61 ans de prison pour sa participation à l’action et Isamel Arrieta Perez de Mendiola à 30 ans pour avoir fourni des informations. Felix Alberto Lopez de la Calle Gauna écope de 81 ans de réclusion pour avoir été membre du groupe responsable de l’action.

Felix Alberto Lopez de la Calle Gauna

Felix Alberto Lopez de la Calle Gauna

Le 3 mai prochain, la réunion mensuelle de politique monétaire de la Banque Centrale Européenne se tiendra à Barcelone. A cette occasion, les autorités ont déployé un large dispositif policier et pris diverses mesures en vue d’empêcher toute potentielle manifestation de contestation. Depuis mardi dernier, l’Espagne a rétabli les contrôles à sa frontière avec la France et dans certains aéroports, suspendant ainsi les accords de Schengen et limitant la libre-circulation des personnes. Depuis vendredi, et jusqu’au 4 mai, 4500 agents de police régionale sont mobilisés et cet effectif pourrait être renforcé par 2000 agents de police et de la Garde Civile.

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Le gouvernement catalan avait gracié cinq policiers reconnus coupables de blessures, torture, mauvais traitements et détention illégale, délits pour lesquels ils devaient purger une peine d’interdiction professionnelle, plusieurs années de prison et une amende. Suite à l’approbation d’un décret royal, ces agents « retourneront et se réintégreront la police étant donné que le Conseil des ministres a commué la peine d’interdiction – qui les empêchait d’exercer de nouveau – en celle de suspension…

Quelques jours plus tard, la secrétaire à l’organisation de la CGT de Barcelone, Laura Gómez, était arrêtée et emprisonnée pour sa participation le 29 mars à une performance à la porte de la Bourse de Barcelone, au cours de laquelle ont été symboliquement brûlées des boîtes en carton avec des papiers à l’intérieur. Une action de protestation pour laquelle le ministère public a demandé et que la juge a décrété « la détention provisoire avec droit de visite et sans possibilité de libération sous caution étant donné la gravité des faits et pour éviter le risque de fuite, de dissimuler des preuves et l’empêcher de commettre d’autres délits ». Cette syndicaliste est pourtant sans antécédents judiciaires, avec domicile fixe, emploi stable et une fille qui vit avec elle. La campagne pour Laura Gomez se développe.

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