C’était le 10e « jour de colère » en Palestine. Cinquante-sept Palestiniens ont été blessés dont deux grièvement près de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza. Des manifestations ont eu lieu en 13 endroits, devant les barrières de sécurité qui isolent l’enclave. Les manifestants ont lancés des pierres et les militaires de l’armée d’occupation ont tiré des lacrymogènes, des balles acier-caoutchouc, et des balles de guerre. Des affrontements ont également eu lieu en Cisjordanie, à Hébron, Ramallah et Naplouse.

Manifestants hier à Gaza

Manifestants hier à Gaza

Il y a un an débutait à Al-Hoceima, ville côtière du nord du Maroc, une vague de répression contre un mouvement de contestation sociale surnommé le Hirak (« la mouvance »), déclenchés en octobre 2016 par le décès d’un jeune vendeur de poissons d’Al-Hoceima. Mouhcine Fikri, 31 ans, broyé dans une benne à ordures alors qu’il tentait d’empêcher la destruction de sa cargaison saisie par la police. Des centaines de personnes, principalement des jeunes, ont été arrêtées. Plusieurs ont été condamnés par les tribunaux d’Al-Hoceima. 54 ont été emmenés à Casablanca, à 550 km de distance, où ils sont détenus dans la prison d’Oukacha.

Leur procès, amorcé en octobre, vient seulement de réellement commencer. Dans le box des accusés figure Nasser Zefzafi, 39 ans, devenu au fil des mois le visage du Hirak. Les mis en cause sont poursuivis notamment pour, « atteinte à la sécurité intérieure de l’État », « tentatives de sabotage, de meurtre et de pillage », « réception de fonds, de donations et d’autres moyens matériels destinés à mener et à financer une activité de propagande à même d’attenter à l’unité et la souveraineté du Royaume », « ébranler la loyauté des citoyens envers l’État marocain et les institutions nationales », « participation à l’organisation d’une manifestation non autorisée » et « tenue de rassemblements publics sans autorisation ».

Manifestation de soutien à Nasser Zafzafi lors de l'ouverture du procès

Manifestation de soutien à Nasser Zafzafi lors de l’ouverture du procès

Dossier(s): Archives Monde arabe et Iran Tags:

Les forces israéliennes mènent de vastes et brutales opérations policières pour capturer un palestiniens qui a poignardé un israélien, provoquant des affrontements avec des centaines de jeunes palestiniens. Mardi soir à Naplouse, un manifestant palestinien a été tué et une quarantaine d’autres ont été blessés lors des affrontements. Khaled Walid Tayeh, 22 ans, originaire d’Irak al-Tayeh près de Naplouse, a été gravement blessé après avoir reçu une balle dans la poitrine. Il est mort de ses blessures à l’hôpital Al-Najah de Naplouse. Parmi les blessés, une demi-douzaine sont dans un état critique. Un homme a été gravement blessé après avoir reçu une balle dans la cuisse et la balle a pénétré dans son artère fémorale, un autre homme était dans un état critique après avoir été écrasé par une jeep de l’armée. Sept Palestiniens ont en outre été arrêtés.

Les blindés israéliens entrent à Naplouse

Les blindés israéliens entrent à Naplouse

Une manifestation contre les hausses de prix dans la ville jordanienne d’As-Salt, à l’ouest d’Amman, est tourné à l’émeute lorsque les manifestants ont brûlé des pneus et affronté les forces de sécurité. La manifestation dénonçait les augmentations de taxes et les réductions de subventions de produits de base. Les forces de sécurité ont tenté de disperser les manifestants tandis que les dirigeants civils et tribaux tentaient de calmer la situation. Les manifestations se poursuivent depuis maintenant quatre jours. Le gouvernement a augmenté les taxes sur plus de 150 produits et levé les subventions gouvernementales sur le pain, dont le prix a augmenté jusqu’à 60 pour cent, suivant en cela les consignes du FMI.

Barricade à As-Salt

Barricade à As-Salt

L’armée israélienne a mené un raid samedi à Burquin près de Jénine en Cisjordanie. Elle a bouclé le village, instauré un couvre-feu et entamé une série de perquisitions; Des affrontements s’en sont suivis et les militaires ont grièvement blessé un jeune manifestants à la tête par un tir à balle réelle. Ce manifestant vient de succomber à ses blessures.

Le raid israélien à Burquin

Le raid israélien à Burquin

La police iranienne a arrêté 29 femmes (chiffre officiel) à Téhéran pour avoir enlevé leur voile en public pour protester contre son port obligatoire depuis la révolution islamique de 1979. Ces derniers jours, les réseaux sociaux ont publié des photos apparemment prises à Téhéran mais aussi dans d’autres villes de femmes tête nue dans la rue, leur voile pendu au bout d’une perche en signe de défi. Ces actions de contestation contre le port obligatoire du voile ont suivi l’exemple d’une Iranienne arrêtée fin décembre après être montée tête nue sur une armoire électrique dans une artère animée de Téhéran en arborant son voile au bout d’une perche. La jeune femme a été emprisonnées un mois. La justice avait fixé à près de 90.000 euros la caution pour la libération d’une autre contestatrice arrêtée cette semaine.

La pionnière du mouvement

La pionnière du mouvement

36 lycées, sur les 49 que compte la région de Bilda, sont complètement paralysés en raison d’un débrayage des professeurs de l’enseignement secondaire et technique, et qui dure depuis pas moins de six semaines. La justice a jugé cette grève illégale, estimant que les revendications des enseignants «ne sont pas claires et trop généralistes». La direction de l’éducation de Blida a a mis à exécution les menaces du ministère de licencier les enseignants grévistes. A l’annonce du licenciement des enseignants du lycée Commandant Ali Mokrani de Meftah, les élèves solidaires ont manifesté leur refus quant à l’affectation de nouveaux enseignants pour le reste de la saison scolaire. Ils refusent de rejoindre leurs classes avant l’annulation de la décision de licenciement.

Sit-in devant le lycée de Meftah

Sit-in devant le lycée de Meftah

Les militaires de l’armée d’occupation ont fait irruption à l’aube dans le village à Bayt Rima au nord-ouest de Ramallah. ils ont commencer à défoncer les portes d’une série de maison pour délivrer à plusieurs de familles des convocations à se présenter devant les services secrets israéliens pour interrogatoires. Des affrontements ont alors éclaté avec la jeunesse locale. Les soldats israéliens ont tiré des balles en métal revêtues de caoutchouc, touchant en plein visage un jeune manifestant.

Le village de Bayt Rima

Le village de Bayt Rima

Depuis plusieurs semaines, le Soudan connaît d’importance manifestations contre le doublement du prix du pain, manifestations ayant tourné à l’affrontement le 16 janvier (voir notre article du 18 janvier). La hausse du prix du pain fait suite à la décision du régime d’augmenter les tarifs des droits de douane et de confier les importations céréalières au secteur privé. Le régime islamiste répond aux manifestations par une répression brutale qui a fait plusieurs morts et blessés et par des arrestations politiques nombreuses. Comme ces mobilisation avaient été initiées par le Parti communiste Soudanais et les étudiants, la répression s’est tourné contre eux: le Secrétaire Général du Parti, Mohamed Mokhtar Al-Khatib, ainsi que celle de plusieurs membres du Comité Central et de cadres dirigeants, ont été arrêtés. Ces arrestations s’accompagnent de la détention de dirigeants et de militants politiques de l’opposition et de la confiscation de journaux, dont Al-Midan, l’organe central du Parti communiste.

Mohamed Mokhtar Al-Khatib, Secrétaire Général du Parti Communiste Soudanais

Mohamed Mokhtar Al-Khatib, Secrétaire Général du Parti Communiste Soudanais