À peine arrivé au Royaume-Uni après sa libération d’Égypte (voir notre article), le militant britannico-égyptien Alaa Abdel Fattah se retrouve au cœur d’une controverse liée à la résurgence d’anciens tweets appelant à la violence contre la police et les sionistes, publiés il y a plus de dix ans. L’affaire a provoqué une vive réaction politique, notamment à droite et à l’extrême droite, qui accusent le gouvernement de laxisme et réclament des sanctions allant jusqu’au retrait de sa nationalité. Face à la polémique, la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper a annoncé l’ouverture d’une enquête sur de « graves manquements des autorités » ayant permis son retour au Royaume-Uni.

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Les grévistes de la faim emprisonné·es pour la Palestine approchent des 60 jours de grève, dans un état de santé alarmant. Heba Muraisi (59e jour) souffre de graves carences, de douleurs intenses et de troubles cognitifs, tandis que ses proches subissent des fouilles abusives et des humiliations en prison. Teuta Hoxha (53e jour) est presque alitée, victime de pertes de connaissance, d’une fatigue extrême et ses visiteurs sont harcelés par l’administration pénitentiaire. Kamran Ahmed (52e jour) subit des vertiges sévères, une perte auditive intermittente et des baisses de rythme cardiaque. Lewie Chiaramello (38e jour), diabétique, continue de jeûner malgré de forts risques pour sa santé. Face à cette situation critique, Prisoners For Palestine appelle à intensifier la mobilisation contre la complicité britannique dans le génocide sioniste et à agir en solidarité avec les prisonnier·es (plus d’infos), à l’image des actions menées contre de nombreuses ambassades britanniques comme à Tunis (photo) et Bruxelles (voir la vidéo).

En Russie, le parquet du kraï de Transbaïkalie aurait saisi la justice afin de faire reconnaître le « Collectif de gauche de Transbaïkalie » comme organisation terroriste et d’en interdire toute activité. Selon l’accusation, ce groupe correspondrait essentiellement à un canal Telegram diffusant par le passé des informations sur des mobilisations antimilitaristes et des actions militantes locales, aujourd’hui inactif. Deux anarchistes déjà condamnés pour des publications et des graffitis seraient présentés comme des « dirigeants » présumés du collectif, Alexander Snezhkov et Liubov Lizunova, tandis qu’un jugement attendu en janvier pourrait entraîner de lourdes peines pour toute activité jugée liée à cette structure.

À Ljubljana, des antifascistes se sont rassemblé·es pour exprimer leur solidarité avec les militant·es d’Antifa Ost actuellement poursuivi·es en justice (voir notre article), affirmant leur soutien dans la lutte contre le néonazisme, le fascisme et toutes les formes de haine d’extrême droite. Cela intervient alors que l’antifascisme est de plus en plus largement criminalisée en Europe, tout comme aux Etats-Unis.

Au Royaume-Uni, plusieurs unités de police testent un système d’intelligence artificielle développé par Faculty AI qui analyse les données du vaste réseau de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ANPR) afin d’identifier des trajets considérés comme « suspects ». Contrairement à l’usage traditionnel ciblé de ces caméras, le programme apprend à reconstituer des parcours complets et à détecter des schémas de déplacement associés à des réseaux criminels, à partir de millions de données. Présenté par les autorités comme un projet expérimental encadré sur le plan éthique, ce dispositif suscite de fortes inquiétudes parmi de nombreuses personnes et organisations qui dénoncent un risque de surveillance de masse, d’atteinte généralisée à la vie privée et d’évolution progressive vers le suivi des déplacements de l’ensemble de la population.

Le 28 décembre 2025, la prisonnière pro-palestinienne Heba Muraisi en est à son 56ᵉ jour de grève de la faim pour dénoncer la complicité du Royaume-Uni avec le principal fabricant d’armes israélien, Elbit Systems, et pour exiger son transfert à la prison de HMP Bronzefield. Actuellement détenue à HMP New Hall, elle souffre d’un profond isolement, ayant été éloignée de sa famille et de ses proches de Londres. Sa mère, en raison de problèmes de santé, ne peut pas parcourir les plus de 286 km jusqu’à Wakefield et n’a pas vu sa fille depuis plus de quatre mois, tandis que les visites sont rarement autorisées, y compris pour les proches en mesure de se déplacer. Un appel à l’action invite à contacter HMP Bronzefield et les autorités compétentes afin qu’elles acceptent sans délai sa demande de transfert (plus d’infos).

Parallèlement, la mobilisation se poursuit en soutien aux grévistes de la faim qui luttent pour la libération sous caution de toutes les personnes réprimées pour leur engagement contre le génocide en Palestine au Royaume-Uni : Heba Muraisi, Teuta Hoxha, Kamran Ahmed et Lewie Chiaramello. Ces derniers jours, plusieurs rassemblements ont été organisés au Royaume-Uni, notamment devant les prisons des détenus, mais aussi à Paris, Madrid, Ramallah ou encore Bruxelles (voir photo).

Samedi 27 décembre, une marche était organisée jusqu’à la prison de Zaballa, en Álava, pour dénoncer la situation des prisonniers politiques basques et appeler à intensifier la lutte pour l’amnistie globale. Des dizaines de personnes ont participé, sous une forte surveillance policière : tous les manifestants ont été fouillés individuellement, la mobilisation a été filmée et contrôlée par drone et hélicoptère, et les autorités ont imposé des contrôles stricts tout au long du parcours. Les organisateurs dénoncent une tentative de criminalisation du réseau de solidarité, évoquant des amendes pouvant atteindre 153 600 euros pour les mobilisations devant les prisons, et affirment que ces mesures visent à affaiblir le mouvement basque.

Lowkey est un rappeur et activiste britannique‑irakien connu pour son engagement politique à travers sa musique. Régulièrement, il est la cible du lobby pro-israélien qui tente de censurer ses sons et productions. En featuring avec Mai Khalil, il a sorti un morceau de musique le 26 décembre dernier en soutien aux 33 prisonniers pro-palestiniens actuellement détenus au Royaume-Uni. Plusieurs d’entre eux sont toujours en grève de la faim pour dénoncer leur détention provisoire ainsi que la complicité des autorités britanniques avec le principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems (voir notre article).

Le militant de gauche et critique du Kremlin Sergei Oudaltsov a été condamné à six ans de colonie pénitentiaire pour « apologie du terrorisme », en lien avec un article soutenant des activistes russes récemment condamnés (voir notre article). Figure de l’opposition au retour de Vladimir Poutine entre 2011 et 2013, déjà emprisonné de 2014 à 2017, il a dénoncé une décision « honteuse » après le verdict.

Deux militants ont récemment bloqué les locaux d’Aspen Insurance, une entreprise assurant le principal fabricant d’armes israélien Elbit Systems. Placés en détention provisoire à la suite de l’action, ils ont été libérés sous caution le lendemain, mercredi 24 décembre. Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte d’intensification des opérations militaires israéliennes au Liban et de raids en Cisjordanie, tandis que des actions militantes se poursuivent pour perturber l’approvisionnement en armes d’Israël et soutenir la libération de la Palestine.