Pour le 5e week-end consécutif en Croatie et en Slovénie, les gens se réunissent pour s’attaquer aux barbelés posées par l’armée slovène à la frontière avec la Croatie pour empêcher le passage des réfugiés. Samedi et dimanche derniers c’est à l’appel du collectif “coupons le fil”, animé par des militants de Radnička Fronta (Front ouvrier), que quelques dizaines de personnes ont répondu avec les cisailles à la main.

Même si cette fois les médias étaient présents, en général ces actions se déroulent en toute discrétion et anonymat -que ce soit du côté slovène ou du côté croate- étant donné que les sanctions sont très sévères. En Slovénie ces sanctions peuvent aller jusqu’à 8 ans de prison ferme. Un militant anarchiste de Pula (Croatie) a été déjà condamné il y a 3 semaines à deux ans de prison. A côté des organisations politiques de gauche et des collectifs antifasciste et antiraciste, ce sont bien les associations locales croates et slovènes (culturelles, sportives etc.) qui font le plus d’appels et qui mobilisent le plus de gens depuis plus d’un mois.

A la frontière croato-slovène ce week-end dernier

A la frontière croato-slovène ce week-end dernier

La police slovène a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser lundi soir une manifestation à Maribor, deuxième ville de Slovénie, environ 10.000 personnes qui exigeaient la démission du maire soupçonné de corruption. Une soixantaine de personnes ont été interpellées. L’agence de presse slovène fait état de neuf blessés, quatre policiers et cinq manifestants. Le 26 novembre, une manifestation avait déjà réuni 10.000 personnes et des incidents avaient éclaté entre manifestants et forces de l’ordre.

A Ljubljana, 4.000 personnes ont manifesté, sans incident, contre la politique d’austérité du gouvernement conservateur. A Celje (à 80 km au nord-est de Ljubljana), 4.000 personnes ont manifesté lundi soir et 13 personnes ont été interpellées par la police à la suite d’affrontements. La Slovénie est gravement frappée par la crise économique et financière.

Slovénie: Emeutes à Maribor et à Celtje

Une manifestation de 10.000 personnes contre le maire corrompu de Maribor, la deuxième ville de Slovénie, s’est transformée mardi en émeute. Une douzaine de policiers ont été blessés et une vingtaine de manifestants ont été arrêtés. En outre, trois chevaux de la police ont été légèrement blessés et 14 voitures de police ont été détruites par les manifestants.

L’agitation sociale est la plus grande depuis que la Slovénie a déclaré son indépendance en 1991. Ministre de l’Intérieur slovène a déclaré que les manifestations sont illégales. Il a condamné les organisateurs de la manifestation pour avoir “incité à la violence” et a appelé au calme.

Slovénie: Emeutes contre un maire corrompu