Deniz Gider, responsable de l’organisation du syndicat des travailleurs du bâtiment İnşaat-İş, a été interpellé le matin du 13 février 2026 à son domicile de Gebze, dans la province de Kocaeli, pour « défaut de déposition ». Selon le syndicat, malgré le suivi régulier de nombreuses procédures judiciaires liées à leurs actions contre les conditions de travail jugées abusives, Gider a été conduit au parquet pour être entendu et attend actuellement son audition au tribunal de Gebze.

Le 3 février dernier, une vaste opération politico-judiciaire contre l’ESP (Parti socialiste des opprimés) et différentes organisations de la gauche révolutionnaire a été lancée par les autorités turques (voir notre article), sur la base d’accusations d’« appartenance à une organisation interdite » et de « propagande organisationnelle », en raison de liens présumés avec le Parti communiste marxiste-léniniste (MLKP). Ces derniers jours, Onur Yoldaş Mete, İbrahim Halil Doğan et Orhan Çelebi ont été placés en détention après leur arrestation à Adana, Urfa et Dersim, portant finalement à 81 le nombre total de militants socialistes incarcérés.

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Lors d’une conférence de presse le 12 février à Francfort, Alma, internationaliste et participante à la Caravane Populaire, a témoigné avoir subi une tentative de viol et des violences sexuelles de la part de gardiens lors de sa détention en Turquie le 28 janvier, peu avant son expulsion vers l’Allemagne (voir notre article). Séparée de ses camarades, elle décrit des actes de brutalité physique, des menaces de mort et des attouchements forcés, auxquels elle a résisté. Durant son témoignage (voir ici), elle souligne que ces violences ne relèvent pas d’une expérience individuelle mais s’inscrivent dans un système plus large de répression et de violences sexuelles visant notamment les femmes détenues et les militantes politiques.

Dans le cadre d’une vaste opération politico-judiciaire lancée le 3 février par le parquet d’Istanbul contre des organisations socialistes de la gauche révolutionnaire (dont l’ESP, la SGDF et l’agence de presse ETHA), des perquisitions ont visé des locaux et des domiciles, entraînant l’arrestation de 102 personnes, dont 77 ont déjà été incarcérées (voir notre article). Ils sont accusés d’« appartenance à une organisation interdite et de propagande organisationnelle », en l’occurrence le Parti Communiste Marxiste-Léniniste (MLKP). Le 7 février, Hüseyin Gültepe, employé des éditions Ceylan, a été placé en garde à vue puis emprisonné à l’issue de son audience, portant à 78 le nombre total de socialistes détenus dans cette affaire.

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Hacı Haykır, arrêté en 1994 à Cizîr (Cizre) et condamné à la réclusion à perpétuité par le tribunal de sécurité d’État d’Erzurum, a été libéré le 6 février 2026 de la prison de haute sécurité de Burdur après 32 années d’incarcération. Au cours de sa détention, il avait été transféré dans plusieurs établissements, dont Ordu, Trabzon, Amed, Midyad, Şirnex, Trakya, Erzurum et Sêrt. Sa libération, initialement prévue pour le 6 juin 2025, avait été retardée de huit mois par l’administration pénitentiaire pour un prétendu manquement à la déclaration de « neutralité ». À sa sortie, Haykır a été accueilli par sa famille.

À la prison pour femmes de Şakran, à Izmir, les révolutionnaires emprisonnées Tuğçenur Özbay et Güzin Tolga ont entamé une grève de la faim le 1er février après que l’administration pénitentiaire a tenté de les contraindre à porter des badges étiquetés « Terroriste de gauche ». Face au refus des détenues, la direction de la prison a instauré une série de mesures répressives : interdiction des visites familiales et des consultations avec leurs avocats, interdiction des appels téléphoniques et suspension de la réception des colis, imposant un isolement quasi total. Leur grève de la faim vise à obtenir la suppression de ces badges et la levée de toutes les restrictions instaurées sous ce prétexte.

Dans le cadre d’une offensive répressive ciblant le Parti Socialiste des Opprimés (ESP), la Fédération des Associations de Jeunesses Socialistes (SGDF), le Conseil des Femmes Socialistes (SKM), le média ETHA et diverses structures politiques et syndicales de gauche, une centaine de militants ont été interpellés le 3 février lors de perquisitions menées dans 22 villes de Turquie et du Bakur, sous l’accusation d’« appartenance à une organisation interdite et de propagande organisationnelle », en l’occurrence le Parti Communiste Marxiste-Léniniste (MLKP). Lors de plusieurs audiences les 5 et 6 février, 77 d’entre eux ont été placés en détention, tandis que d’autres ont bénéficié de mesures de contrôle judiciaire. Parmi les personnes emprisonnées figurent Berfin Polat (co-présidente de la SGDF), Murat Çepni (co-président de l’ESP) et Tanya Kara (porte-parole du SKM). Lors de son procès, Murat Çepni a déclaré : « Vous pouvez prendre en otage les membres de l’ESP avec des dossiers montés de toutes pièces, mais vous ne ferez jamais capituler son idéologie et sa politique. La lutte du peuple pour la liberté et le socialisme continuera, et l’ESP restera au cœur du combat. Il n’y a ni pessimisme, ni résignation ! »

Ces arrestations ciblent des militants pour leur engagement en faveur du Rojava, de la révolution socialiste, des droits des travailleurs et de la lutte pour l’émancipation des femmes, ainsi que pour la diffusion d’idées socialistes. Le procès et les interrogatoires reposent sur des témoignages d’« informateurs » et incluent des pièces à conviction, telles que des livres de Mahir Çayan, Che Guevara ou le Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels, qualifiés de « preuves d’activité criminelle ». Les militants détenus et leurs avocats dénoncent des procès politiques et appellent à la solidarité, alors que les initiatives de soutien se multiplient en Turquie et dans plusieurs pays européens.

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Le 20 janvier, la journaliste Nujan Mala Hassan a été blessée par des tirs à balles réelles de soldats turcs alors qu’elle couvrait des manifestations pour le Rojava le long de la frontière syro-turque, dans le cadre d’une escalade répressive ciblant manifestants et journalistes. Alors que les forces turques utilisaient initialement canons à eau et gaz lacrymogènes, elles ont ouvert le feu directement sur la foule sans sommation, touchant Hassan à l’abdomen puis à la jambe, ainsi que plusieurs civils. L’incident est une violation du droit international humanitaire et une attaque délibérée contre la liberté d’informer, soulevant de sérieuses questions sur l’impunité des forces militaires et la protection des journalistes dans les zones de conflit.

En Turquie, une large opération policière a visé plusieurs organisations de la gauche révolutionnaire, avec l’arrestation d’une centaine de militants, dont Murat Çepni, co-président du Parti Socialiste des Opprimés (ESP). Des membres et dirigeants de la Fédération des associations de jeunesse socialiste (SGDF), des Conseils socialistes des femmes (SKM) et du syndicat Limter-İş figurent également parmi les personnes interpellées. Des perquisitions simultanées ont touché des domiciles et des locaux politiques, syndicaux et de médias (comme l’agence ETHA) : portes défoncées, lieux saccagés et saisies massives de matériel numérique. Cette offensive, qui concerne aussi des responsables syndicaux, féministes et écologistes, est dénoncée comme une nouvelle étape de la répression politique visant l’opposition socialiste, les mouvements de jeunesse et les organisations de femmes.

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