En Turquie, Irfan Yilmaz, déclaré à 96 % invalide par l’Institut médico-légal (ATK) en raison d’un syndrome cérébelleux, reste incarcéré malgré son incapacité totale à accomplir seul ses besoins fondamentaux (se laver, se nourrir, s’asseoir ou se coucher). La police du district de Sarıyer a refusé sa libération, invoquant un risque hypothétique pour la « sécurité publique ». Les amis, camarades et soutiens de Yilmaz appellent à des actions de solidarité pour exiger sa libération (voir ici).

En Iran, la répression visant la population kurde se poursuit avec l’arrestation de 11 femmes engagées dans les mobilisations en Rojhilat (Kurdistan oriental). Parmi elles, Melîka Kawendî (38 ans), figure des manifestations « Jin, Jiyan, Azadî » (Femme, Vie, Liberté), et sa sœur Sara Kawendî (47 ans) ont été interpellées à leur domicile puis transférées à la prison de Kiçowî à Karaj. À Ilam, sept autres femmes ont été arrêtées et incarcérées, dont Ayda Aramsh, blessée lors de son arrestation. Une mineure de 16 ans, originaire de Kermanshah, reste portée disparue après son interpellation. Par ailleurs, l’écologiste Tahîre Suleymanî a été transférée à la prison de Kermanshah pour purger une peine de trois mois et dix jours pour « propagande contre l’État ».

À Zurich, plusieurs organisations de la gauche révolutionnaire de Turquie ont organisé le 14 février une action pour exiger la fermeture des prisons turques dites de type « puits », dénoncés pour leurs conditions de détention particulièrement inhumaines. Lors de l’événement, les appels se sont multipliés pour soutenir les prisonniers politiques et amplifier la mobilisation internationale.

Deniz Gider, responsable de l’organisation du syndicat des travailleurs du bâtiment İnşaat-İş, a été interpellé le matin du 13 février 2026 à son domicile de Gebze, dans la province de Kocaeli, pour « défaut de déposition ». Selon le syndicat, malgré le suivi régulier de nombreuses procédures judiciaires liées à leurs actions contre les conditions de travail jugées abusives, Gider a été conduit au parquet pour être entendu et attend actuellement son audition au tribunal de Gebze.

Le 3 février dernier, une vaste opération politico-judiciaire contre l’ESP (Parti socialiste des opprimés) et différentes organisations de la gauche révolutionnaire a été lancée par les autorités turques (voir notre article), sur la base d’accusations d’« appartenance à une organisation interdite » et de « propagande organisationnelle », en raison de liens présumés avec le Parti communiste marxiste-léniniste (MLKP). Ces derniers jours, Onur Yoldaş Mete, İbrahim Halil Doğan et Orhan Çelebi ont été placés en détention après leur arrestation à Adana, Urfa et Dersim, portant finalement à 81 le nombre total de militants socialistes incarcérés.

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Lors d’une conférence de presse le 12 février à Francfort, Alma, internationaliste et participante à la Caravane Populaire, a témoigné avoir subi une tentative de viol et des violences sexuelles de la part de gardiens lors de sa détention en Turquie le 28 janvier, peu avant son expulsion vers l’Allemagne (voir notre article). Séparée de ses camarades, elle décrit des actes de brutalité physique, des menaces de mort et des attouchements forcés, auxquels elle a résisté. Durant son témoignage (voir ici), elle souligne que ces violences ne relèvent pas d’une expérience individuelle mais s’inscrivent dans un système plus large de répression et de violences sexuelles visant notamment les femmes détenues et les militantes politiques.

Dans le cadre d’une vaste opération politico-judiciaire lancée le 3 février par le parquet d’Istanbul contre des organisations socialistes de la gauche révolutionnaire (dont l’ESP, la SGDF et l’agence de presse ETHA), des perquisitions ont visé des locaux et des domiciles, entraînant l’arrestation de 102 personnes, dont 77 ont déjà été incarcérées (voir notre article). Ils sont accusés d’« appartenance à une organisation interdite et de propagande organisationnelle », en l’occurrence le Parti Communiste Marxiste-Léniniste (MLKP). Le 7 février, Hüseyin Gültepe, employé des éditions Ceylan, a été placé en garde à vue puis emprisonné à l’issue de son audience, portant à 78 le nombre total de socialistes détenus dans cette affaire.

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Hacı Haykır, arrêté en 1994 à Cizîr (Cizre) et condamné à la réclusion à perpétuité par le tribunal de sécurité d’État d’Erzurum, a été libéré le 6 février 2026 de la prison de haute sécurité de Burdur après 32 années d’incarcération. Au cours de sa détention, il avait été transféré dans plusieurs établissements, dont Ordu, Trabzon, Amed, Midyad, Şirnex, Trakya, Erzurum et Sêrt. Sa libération, initialement prévue pour le 6 juin 2025, avait été retardée de huit mois par l’administration pénitentiaire pour un prétendu manquement à la déclaration de « neutralité ». À sa sortie, Haykır a été accueilli par sa famille.

À la prison pour femmes de Şakran, à Izmir, les révolutionnaires emprisonnées Tuğçenur Özbay et Güzin Tolga ont entamé une grève de la faim le 1er février après que l’administration pénitentiaire a tenté de les contraindre à porter des badges étiquetés « Terroriste de gauche ». Face au refus des détenues, la direction de la prison a instauré une série de mesures répressives : interdiction des visites familiales et des consultations avec leurs avocats, interdiction des appels téléphoniques et suspension de la réception des colis, imposant un isolement quasi total. Leur grève de la faim vise à obtenir la suppression de ces badges et la levée de toutes les restrictions instaurées sous ce prétexte.