L’Assemblée parlmentaire du Conseil de l’Europe (APCE) s’est penchée sur la question de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne et sur ses relations avec le PKK. Le rapport de «dialogue postsuivi avec la Turquie» a été voté et la durée de surveillance démocratique a été prolongée jusqu’en 2015. L’Assemblée a néanmoins félicité les autorités turques pour le processus de paix entrepris avec le «leader du PKK». Le rapport du parlement a réévalué le statut et la nomination du PKK. Le terme de « terroriste » a été remplacé par «activiste» alors que le mot «terrorisme» a laissé sa place au terme «conflit». La chef de la délégation turque s’est opposé au rapport en affirmant que «le fait d’être en négociation avec le PKK ne change pas la réalité qu’il soit une organisation terroriste».

Une jeune fille de 17 ans a été grièvement blessée par la police au cours des heurts qui se sont déroulés hier entre les manifestants et les forces de l’ordre qui empêchaient tout rassemblement à l’occasion du 1er mai. Dilan Alp, qui se trouvait avec un petit groupe, a été frappée à la tête par une cartouche de gaz tirée par la police alors qu’elle tentait d’éviter un barrage. Sur une vidéo, on peut la voir allongée, inconsciente, devant la porte de l’appartement où elle avait tenté de se réfugier après avoir été touchée. Le gaz s’échappait toujours de la cartouche, juste devant son visage. Des amis sont parvenus à la faire entrer, et les secours sont rapidement arrivés. Dilan Alp a été immédiatement emmenée à l’hôpital pour y être opérée. Son état est jugé critique. Des témoins ont affirmé que le policier avait utilisé la cartouche comme une balle qui a explosé au visage de l’étudiante au moment de l’impact. De leur côté, les autorités ont réagi quant aux blessures en affirmant que Dilan alp était tombée dans les escaliers.

Manifestante blessée par la police

Manifestante blessée par la police

Des affrontements se sont déroulés toute la journée à Istanbul, opposants manifestants et policiers anti-émeute. Comme mentionné dans notre article de ce matin, la foule a refusé de ne pas tenir son traditionnel rassemblement sur la place Taksim alors que les autorités en avaient totalement bloqué l’accès. Au total, 72 personnes ont été interpellées. A midi, 16 manifestants avaient déjà du être hospitalisés, notamment pour des intoxications aux gaz lacrymogènes tirés par les forces de l’ordre. Le bilan total du nombre de personnes blessées n’est pas encore connu alors que le gouverneur de la province a annoncé que 22 de ses hommes avaient été blessés par des jets de pierres.

Répression du Premier mai à Istanbul

Répression du Premier mai à Istanbul

A l’aube ce matin, la police d’Istanbul est intervenue avec des jets d’eau et de gaz lacrymogène pour empêcher les manifestants de rejoindre la place Taskim, qui a été fermée à l’occasion du Premier Mai. Des centaines d’ouvriers de la Confederation of Progressive Trade Unions (DISK) et leurs sympathisants s’étaient rassemblés tôt ce matin à Siski pour se diriger vers la place. Mais la police est immédiatement entrée en action contre le groupe qui comprenait également des anarchistes, des sympathisants du DHKP-C,…

Au moins trois manifestants et un journalistes ont été blessés. Refusant d’abandonner, les manifestants se sont à nouveau rassemblés après l’intervention policière alors que selon des témoins, certaines ruelles de la ville ressemblaient à de mini zones de guerre. Le nuage de gaz est tellement dense que les policiers eux-mêmes sont obligés d’utiliser des masques. La répression policière se poursuit actuellement (10h30), les policiers anti-émeute utilisent des gaz lacrymogènes pour disperser les groupes qui tentent de se réunir. Ceux-ci répliquent par des jets de feux d’artifice et des pierres.

Répression du Premier Mai à Istanbul

Répression du Premier Mai à Istanbul

Répression du Premier Mai à Istanbul

Répression du Premier Mai à Istanbul

En 2007, Nazife Babayigit rencontre deux jeunes affirmant connaître son fils, guérillero du PKK actif dans les montagnes de l’est de la Turquie qu’elle n’a pas vu depuis des années. Elle leur demande de bien vouloir lui donner un pull qu’elle a tricoté ainsi qu’une photo d’elle, afin qu’il sache qu’elle est en vie. Mais les deux hommes se font arrêter par les forces de l’ordre avant d’atteindre le campement du PKK. Suite à leur interrogatoire, Nazife Babayigit est poursuivie pour ‘collusion avec une organisation terroriste’ et condamnée à six ans de prison. Sa peine a néanmoins été commuée en deux ans de résidence surveillée en raison de son âge, elle a 77 ans.

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Sans en donner publiquement l’objectif et alors que le leader du mouvement a lancé un appel à l ‘arrêt de la lutte armée, les autorités turques ont mené ce lundi une mission aérienne de repérage visant le PKK. Cinq F-16 ont décollé de la base aérienne de Diyarbakir pour survoler le district de Cukurca (province de Hakkari), le nord de l’Irak ainsi que les camps du PKK situés à la frontière. Le gouvernement turc a annoncé son intention de multiplier ces opérations afin de découvrir et de suivre les mouvements se produisant dans les camps du PKK et d’inspecter la région.

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Dix personnes supplémentaires ont été arrêtées par les forces de sécurité dans le cadre de leur enquête sur la double attaque contre le siège de l’AKP et le ministère de la Justice à Ankara le 18 mars dernier et revendiquée par le DHKP-C. Des descentes, organisées avec l’appui d’hélicoptères, ont eu lieu dans plus de vingt bâtiments situés à Ankara. D’après une agence de presse locale, l’une des personnes arrêtées serait un membre haut placé du DHKP-C à Ankara. Les raids policiers ont également pris pour cible deux syndicats, le Liman-Is Union et le Genel-Is Union suspectés d’être en lien avec l’organisation communiste révolutionnaire.

Dans le cadre de leur enquête concernant la double attaque contre le siège du parti au pouvoir et du ministère de la Justice le 18 mars dernier, les autorités ont effectué une série de descentes dans plusieurs bâtiments dans le district de Mamak (Ankara) ce matin. Soutenue par l’aviation, la police a perquisitionné 14 adresses appartenant prétendument au DHKP-C et qui seraient des ‘repères de militants’. Ces opérations découlent de plus de 200 interrogatoires ainsi que de l’analyse des déplacements des suspects par l’intermédiaire de la vidéo-surveillance. Les trois principaux suspects dans l’affaire ont été arrêtés, ainsi que six autres militants. La police a également saisi l’arme qu’elle suspecte d’avoir été utilisée pour l’attaque contre le siège de l’AKP. Les autorités sont toujours à la recherche d’un homme qu’elles accusent d’avoir déclenché la bombe devant le ministère de la Justice. Dans un communiqué, le DHKP-C avait revendiqué cette double attaque contre des bâtiments qu’il décrit comme étant les ‘symboles de l’injustice dans le pays’.

Ce matin, un député du parti pro-kurde BDP (Peace and Democracy Party) a lu, devant des centaines de milliers de personnes, un communiqué qui aurait été rédigé par Abdullah Ocalan, le leader emprisonné du PKK. Dans ce texte, il appelle au retrait des guérilleros et leur demande de déposer les armes. ‘Nous sommes arrivés à une phase dans laquelle les armes doivent se taire (…) et les éléments armés doivent se retirer en dehors des frontières de la Turquie’.

Accusé d’avoir pris part à une attaque au cours de laquelle douze soldats turcs avaient été tués le 21 octobre 2007 dans le district de Yuksekova (province de Hakkari) et à une attaque contre un poste militaire avancé dans le district de Semdinli (province de Hakkari) dans laquelle 29 soldats turcs avaient été abattus et 38 autres blessés, Bawer Barzan a été condamné ce samedi par un tribunal de Van. Barzan, originaire d’Irak, a revendiqué son appartenance au PKK mais a nié toute implication dans les faits qui lui sont reprochés. Il était également poursuivis pour diverses actions du PKK dans le sud-est de la Turquie ces dernières années. Reconnu coupable par la cour, il a été condamné à 32 peines d’emprisonnement à vie ainsi qu’à 644 ans, 3 mois et 20 jours d’incarcération.