Hier dimanche, des manifestants se sont affrontés avec les forces de sécurité sur la place al Khlani, dans le centre de Bagdad. Des coups de feu ont été entendus lors d’affrontements et la police anti-émeute a utilisé des gaz lacrymogènes et des bombes fumigènes pour disperser les manifestants. Un certain nombre de manifestants ont été blessés lors des affrontements et ont été soignés par des médecins bénévoles dans la rue, tandis que d’autres ont été conduits à l’hôpital. Des tentes appartenant à ceux qui occupaient la place ont été incendiées samedi soir par les forces de sécurité. Des manifestations de masse contre le gouvernement ont éclaté à la fin de l’année dernière, lorsque des milliers d’Irakiens sont descendus dans les rues de Bagdad et des provinces à prédominance chiite du sud de l’Irak pour dénoncer ce qu’ils appellent la corruption endémique du gouvernement, la médiocrité des services et le manque d’emplois. Au moins 500 personnes sont mortes sous le feu des forces de sécurité qui ont utilisé des balles réelles et des gaz lacrymogènes pour disperser les foules.
Mardi 11 février, plusieurs milliers de libanais·es manifestaient à Beyrouth pour dénoncer le nouveau gouvernement dirigé par Hassan Diab et s’opposer au vote de confiance de celui-ci par le parlement. Des affrontements ont éclaté entre contestataires et les forces de de sécurité faisant quelque 200 blessés dont plusieurs ont été hospitalisé·es. Les manifestant·es ont lancé des pierres sur les forces de sécurité et sur les murs protégeant le parlement. Ils ont également tenté de bloquer le chemin des députés. Les forces de sécurité ont quant-à-elle utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Plusieurs groupes de manifestant·es se sont également attaqué aux voitures des députés et des ministre qui se rendaient au parlement. Un groupe a ainsi encerclé la voiture d’un ministre, la recouvrant d’œufs et l’attaquant à coups poings avant que l’armée et des forces de police ne les repoussent. Un autre groupe a également attaqué un député dans sa voiture. Enfin, des manifestant·es ont incendié une banque dans le centre ville. On dénombre plusieurs arrestations dont, Mohamed, un membre de la direction de la jeunesse et des étudiants du Parti Communiste Libanais. Un rassemblement était prévu aujourd’hui pour exiger sa libération.
Affrontements entre manifestant·es et forces de sécurité au Liban
Un manifestant palestinien a été tué vendredi par les forces israéliennes lors d’affrontements en Cisjordanie occupée. Ce décès porte à cinq le nombre de morts lors des manifestations protestant contre le plan Trump. Badr Nafla, âgé de 19 ans, est décédé après avoir été blessé par balles au cou par les forces israéliennes lors de heurts près de la ville de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie occupée. Des affrontements ont éclaté dans plusieurs secteurs de la Cisjordanie vendredi, ainsi au niveau du mur qui sépare le village de Bilin, en Cisjordanie occupée, de la colonie de Modiin Illit, au nord de Ramallah.
Un Palestinien a foncé avec une voiture-bélier dans un groupe de militaires des forces d’occupation dans le centre de Jérusalem mercredi soir, blessant 12 soldats de la brigade d’élite « Golani » avant de parvenir à quitter les lieux. L’un des 12 soldats a été grièvement blessé et a été opéré et un autre a été blessé moins gravement. Les 10 autres ont été légèrement blessés. Toujours mercredi soir, un adolescent palestinien a été tué dans des affrontements qui ont éclaté dans la ville de Jénine, en Cisjordanie, après que les soldats israéliens aient démoli la maison de la famille d’Ahmed Kunba, qui participé à l’action de mitraillage de voitures de colons en septembre 2018 près de Naplouse. Cette mesure visait seulement la famille du résistant puisque celui-ci avait été abattu par les forces de sécurité israélienne en février 2018. C’est la deuxième fois que cette maison est détruite comme représailles contre la famille. Le jeune manifestant assassiné avait 19 ans, il a été touché par une balle dans l’abdomen.
Des émeutes ont également éclaté mercredi à Ramallah, en Cisjordanie, des Palestiniens lançant des pierres et des bombes incendiaires sur un convoi de Tsahal dans la région procédant à des arrestations. Enfin, une militaire israélien a été blessé par des coups de feu tirés d’une voiture près de la colonie de Dolev, au centre de la Cisjordanie.
Les manifestations contre le plan Trump se sont poursuivies dimanche et lundi en Palestine. Des affrontements ont été signalés dans toute la Cisjordanie, y compris à Hébron et Tulkarem. La police des frontières de l’armée d’occupation a été confronté lundi à des manifestants Palestiniens lançant des pierres et des cocktails Moltov à Hébron. Un militaire a été légèrement brûlé (un autre l’avait été la veille), tandis que trois Palestiniens étaient blessés par des balles en caoutchouc et des dizaines d’autres ont souffert d’avoir respiré de trop hautes doses de gaz lacrymogène. De multiples arrestations ont été signalées dans plusieurs villes et localités de Cisjordanie.
Un soldat des forces d'occupation touché par un cocktail Molotov à Hebrton
Lundi 3 février, un manifestant anti gouvernemental a succombé à des blessures au couteau après une attaque menée par des partisans de Moqtada Sadr, sur un campement de contestataires situé à al-Hilla au sud de Bagdad. Trois autres manifestants ont été blessés par des coups de bâtons également infligés par les assaillants. Ces affrontements trouvent leurs origine dans le volte-face de Moqtada Sadr ancien leader chiite de la contestation. Celui-ci a, en effet, décidé de soutenir Mohammed Allawi, le Premier ministre tout juste désigné que la rue rejette parce qu’il a été deux fois ministre d’un système qu’ils veulent revoir de fond en comble.
Jeudi 30 janvier, un tribunal israélien a prolongé la détention de Jonathan Pollak, un des co-fondateur du groupe « Anarchistes contre le mur ». Ce collectif lutte depuis 2003 contre le mur de séparation construit par Israël. Jonathan Pollak avait été arrêté le 6 janvier 2020, il refusait de se présenter devant le tribunal pour répondre d’accusations relayant une plainte de 2018 du groupe d’extrême droite israélienne Ad Kan qui l’accusait d’avoir attaqué des soldats de Tsahal lors de manifestations en Cisjordanie. Au cours de l’audience du tribunal d’instance de Jérusalem jeudi, le militant anticolonialiste israélien refusant de reconnaître l’autorité des tribunaux et de verser une caution, sa détention provisoire a été prolongée de trois mois jusqu’au 27 avril. Elle pourrait l’être de nouveau, et ce jusqu’au mois de juillet. Plus d’infos ici.
La tour de surveillance israélienne surplombant le village Beit Ummar (archive)
L’armée d’occupation a violemment dispersé des marches condamnant le plan de Trump dans toute la Cisjordanie, en ayant recours à des balles réelles, des balles en caoutchouc et des bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants. En plusieurs occasions, de jeunes palestiniens ont caillassé les forces d’occupation après avoir mis le feu dans des pneus. Plusieurs manifestants ont été blessés par les tirs des forces d’occupation, dont un adolescent de 15 ans qui a été gravement blessé. Des dizaines de Palestiniens ont dû être soigné parce qu’ils avaient respiré des doses massives de lacrymogènes.
L’élection présidentielle du 12 décembre 2019 n’a guère desserré l’étau sécuritaire sur la population algérienne. En dépit des appels au dialogue du président contesté Abdelmadjid Tebboune, les autorités algériennes ont arrêté des dizaines de militants qui ont participé à des manifestations pacifiques. D’impressionnants dispositifs policiers quadrillent les rues, des barrages filtrent les entrées de la ville chaque jour de manifestation, les têtes d’affiche du Hirak sont arrêtées, souvent avant même les manifestations. Début janvier cependant, 76 manifestants incarcérés ont été libérées attendant de comparaître devant les tribunaux algériens. Mais si des personnes ont parfois été acquittées, la plupart restent en liberté provisoire, en attente de leur jugement. Il s’agit surtout des personnes qui étaient poursuivies pour port du drapeau amazigh. 35 personnes incarcérées sont des détenus d’opinion antérieurs au Hirak (l’une d’entre elles est morte en prison en juin dernier, après y avoir contracté une infection lors de conditions de détention désastreuses), et une centaine de détenus du Hirak sont toujours derrière les verrous. Le décompte est très difficile en raison du flux continu des arrestations et des extraordinaires disparités du traitement juridique des affaires dans le pays.
Plusieurs procès et rendus de verdicts, attendus en février, seront éclairants sur les dispositions du pouvoir à l’égard du mouvement. Mercredi 5 février, la justice décidera du sort de 33 manifestants d’Aïn Temouchent (à 80 km à l’ouest d’Oran) arrêtés le 13 décembre, au lendemain du scrutin présidentiel. Le procès de 20 des 76 manifestants remis en liberté se tiendra, lui, dimanche prochain, le 9 février. Si des personnes ont été acquittées, plusieurs lourdes condamnations ont récemment été prononcées. Le journaliste de la webradio Sarbacane Abdelkrim Zeghileche a ainsi écopé, le 21 janvier, de six mois ferme de prison, pour avoir émis sans autorisation et pour offense au chef de l’État. Il doit également être jugé pour « attroupement non armé », mercredi 5 février. Le syndicaliste et défenseur des droits humains Kaddour Chouicha purge, lui, une année de prison. Il attend son procès en appel. Et le sort de plusieurs personnalités du mouvement, poursuivies pour atteinte à l’intégrité nationale, inquiète. Ceux, en particulier, de l’activiste Samir Benlarbi, du journaliste Fodil Boumala, de l’ancien secrétaire général du parti d’opposition Front des forces socialistes Karim Tabbou, voire du président du Rassemblement actions jeunesse, Abdelwahab Fersaoui. Autant de figures incarcérées depuis septembre ou octobre 2019.
Des affrontements ont éclaté, mercredi, en Cisjordanie entre des Palestiniens dénonçant le prétendu “accord du siècle” américain et l’armée israélienne. L’armée israélienne a fait recours à des balles réelles, des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogènes pour disperser les Palestiniens. 41 Palestiniens ont été blessés, dont 3 touchés par balles réelles. Deux manifestants ont été deux blessés par balles réelles dans le quartier Jabal al-Tawil, un autre a été la cible de tirs à balles réelles par un colon israélien à Beit Sira. Ces événements interviennent un jour après que le président américain ait révélé le prétendu « accord du siècle », mardi, lors d’une conférence de presse à Washington en présence du Premier ministre israélien. Le plan, qui a été rejeté par l’Autorité palestinienne et toutes les factions de la résistance, prévoit la création d’un État palestinien sous la forme d’un archipel relié par des ponts et des tunnels et de faire de la ville de Jérusalem la capitale “indivisible” d’Israël.