Malgré une pluie incessante, environ 65 000 personnes se sont rassemblées ce samedi 10 janvier à Bilbao, à l’appel du réseau Sare, pour exiger la fin de la législation pénitentiaire d’exception appliquée aux prisonniers basques. Soutenue par une large coalition d’organisations, la marche a revendiqué l’application du droit commun permettant la mise en liberté conditionnelle ou le régime ouvert pour les 120 prisonniers restants, dont beaucoup ont déjà purgé plus de 20 ans de prison.

Une journée de solidarité est organisée le 24 janvier à Txiberrin (Urduliz) en soutien aux personnes de la ville de Berango poursuivies en justice pour leur engagement en faveur de l’accueil et de la solidarité aux personnes migrantes criminalisées.  Cette mobilisation entend dénoncer la répression judiciaire visant des initiatives locales d’entraide et défendre le droit à l’accueil. La journée prévoit une chaîne humaine, des prises de parole, un repas populaire et des concerts, et s’inscrit dans une campagne plus large en faveur de l’amnistie et de la défense des droits civils et politiques face à la criminalisation des mouvements solidaires au Pays Basque.

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Quatre jeunes militants du mouvement indépendantiste U14 ont été interpellés à l’aube du 6 janvier, notamment à Larressore et à Hendaye, lors d’opérations menées par la gendarmerie. Selon le collectif, ces arrestations seraient liées à la manifestation organisée le 14 juillet dernier à Espelette, où environ 200 personnes avaient dénoncé la fête nationale française, la touristification et la marchandisation de la culture basque. En réaction, U14 appelle à un rassemblement de soutien dès 13H devant la gendarmerie de Cambo afin d’exiger la libération des militants arrêtés.

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Le collectif basque antirépressif Tinko recense dix prisonnier·es politiques basques refusant la ligne politique du collectif majoritaire EPPK (qui rassemble 105 prisonnier.e.s). L’EPPK, qui évolue dans le cadre de la Gauche patriote officielle, a récemment accepté d’étudier des démarches individuelles (aménagements de peine, rapprochements) dans le cadre légal espagnol, tout en refusant certaines conditions humiliantes (repentir, collaboration). Ceux et celles soutenu·es par Tinko critiquent cette position et inscrivent leur combat dans la recherche d’une solution politique collective, incluant une amnistie globale pour les prisonnier·es politiques basques et les réprimé·es de ce combat en général, dans la perspective de la continuité de la lutte de libération nationale et sociale du peuple basque, pour l’indépendance et le socialisme.

Le site de Tinko

Le prisonnier politique Patxi Ruiz, qui avait déjà observé en septembre 2025 une grève de la faim de 24 heures pour protester contre la « gestion déplorable » des services médicaux de la prison d’Iruñea (voir notre article), a repris une grève de la faim illimitée face à une situation qu’il estime inchangée. Dans une note adressée à la direction pénitentiaire, Patxi déclare : « Le 9 décembre, j’entamerai une grève de la faim en signe de protestation contre le manque d’attention médicale que nous subissons dans cette prison et qui, cette fois, a provoqué la mort d’une femme âgée nommée Begoña. »

Dans une lettre depuis la prison de Zaballa, le détenu basque Jesús Mari Etxeberria annonce qu’il quitte le Collectif des prisonniers politiques basques (Euskal Preso Politikoen Kolektiboa – EPPK), estimant que cette organisation a renoncé à son engagement politique en privilégiant une logique individuelle de sortie de prison. Par ailleurs, il critique la « politique du retour à la maison » qu’il considère comme une capitulation, l’abandon de la mémoire des militants morts et l’acceptation humiliée du système pénitentiaire. Il dénonce aussi le silence du collectif face au génocide contre le peuple palestinien, attribué selon lui à la peur de compromettre les procédures carcérales. Pour Etxeberria, la lutte, l’amnistie et la dignité restent indispensables malgré les renoncements qu’il observe autour de lui, affirmant que l’avenir du Pays Basque passera par le maintien de cet engagement.

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Patxi Ruiz Romero est un militant politique basque condamné à 30 ans de prison en 2002. Depuis sa prison de Pampelune, il a critiqué la position de dissolution d’ETA, dont il a été exclu en 2017, et a fini par promouvoir le collectif dissident Amnistia Ta Askatasuna (ATA). Dans une lettre publiée en septembre 2025, il annonce avoir fait une journée de grève de la faim contre la détérioration des conditions d’incarcération, notamment pour dénoncer l’interruption de la distribution d’un complément nutritionnel fourni sous prescription médicale.

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Jon Mirena San Pedro, prisonnier politique basque, a été libéré après 30 ans de prison. Originaire du quartier de Deusto à Bilbao, il a été emprisonné plusieurs fois par la France et l’Etat espagnol. Il a d’abord été détenu en Espagne, entre 1991 et 1995, en détention préventive et accusé d’être membre du commandement d’ETA en Biscaye. Il a ensuite pris la fuite puis a été arrêté en France en 1999 et condamné à cinq ans de prison supplémentaires. Après avoir purgé sa peine en 2004, il a été remis aux autorités espagnoles et a depuis été détenu dans différentes prisons. Il aurait dû être libéré depuis longtemps si le critère européen, qui imposait la déduction des peines de prison prononcées dans d’autres pays, avait été appliqué.

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Asier Oyarzabal Txapartegui a été libéré après avoir purgé presque 24 ans de prison. Arrêté par la police française le 23 septembre 2001, il avait été condamné à 30 ans de prison pour son rôle présumé de chef militaire de l’ETA. Il a d’abord été incarcéré à Saint-Maur, à 680 kilomètres de sa ville natale. La politique de distanciation a été assouplie en 2018, lorsqu’il a été transféré à la prison de Lannemezan, plus proche du Pays basque. En octobre 2023, il avait été transféré au Pays Basque Sud à sa demande.

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Quatre personnes ont été arrêtées aujourd’hui à Vitoria-Gasteiz suite à des affrontements ont eu lieu lors de la manifestation organisée en commémoration du 3 mars. Les personnes arrêtées sont accusés de troubles à l’ordre public et d’agression de policiers. La  manifestation, organisée par l’Association des victimes du 3 mars et les syndicats ELA, LAB, ESK et Steilas, s’est déroulée hier dimanche pour marquer l’anniversaire des événements le 3 mars 1976, lorsque la police espagnole avait tué cinq travailleurs et blessé des centaines de personnes en dispersant par la force une assemblée de travailleurs dans l’église de San Francisco de Asís.